Tous les billets de avril 2008

Prix lycéen de la BD 2008

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Le prix lycéen de la BD a pour objectif de construire, en une année scolaire, un palmarès à partir des 20 albums de bande-dessinée proposés. Chaque établissement défend sa sélection et un vote final valide le palmarès définitif :
. Un Grand-Prix réunissant le maximum de suffrages pour ses qualités graphiques et d’écriture,
. Le prix du meilleur scénario,

. Le prix de l’humour,
. Le prix du meilleur graphisme.

Le palmarès établi en fin d’année scolaire, est présenté en novembre suivant, lors du festival de la bande dessinée de Colomiers. La remise des prix aux auteurs y est organisée, ainsi que des rencontres entre les lycéens et les auteurs primés.

Alors si tu aimes la BD et souhaites participer au comité de lecture qui décernera à un auteur « Le grand prix lycéen de la BD », rendez-vous sur le blog « Prix lycéen de la BD 2008 » et au CDR pour emprunter les albums sélectionnés cette année.

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Journées du développement durable au lycée du 1er au 11 avril 2008

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Dans le cadre de la « Semaine du Développement Durable », les élèves de Seconde 3 et leur professeur d’histoire-géographie, vous invitent à découvrir dans le hall du lycée, l’exposition qu’ils ont réalisés sur le thème du réchauffement climatique.

Il vous invitent également à participer à deux actions :

  • le mardi 8 avril : ils vous aideront à calculer « votre empreinte écologique » pour prendre conscience de votre impact sur l’environnement,
  • le jeudi 10 Avril, participez à « un geste éco-citoyen! «  : une collecte exceptionnelle de piles, cartouches d’encre et portables usagés organisée dans le lycée ( Points de collecte à la vie scolaire et au CDR).

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Pour ceux qui souhaitent approfondir le sujet, un jeu-concours est également organisé. Les professeurs-documentalistes mettent à votre disposition, au CDR, une sélection d’ouvrages, de magazines et de DVD sur cette thématique pour répondre à toutes les questions !

* Questionnaires disponibles au CDR . 10 prix à gagner.

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20ème Rencontres Cinémas d’Amérique Latine du 28 mars au 6 avril 2008

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Depuis 20 ans, les Rencontres des Cinémas d’Amérique Latine montrent à Toulouse au début du printemps les oeuvres actuelles et passées des cinéastes hispanophones, lusophones, français et de langues autochtones du sous continent. Plus de trois mille films, longs métrages de fiction, documentaires, courts-métrages et films d’animation y ont été projetés ; la plupart des réalisateurs, acteurs, critiques et historiens du cinéma latino-américain sont venus présenter leurs oeuvres ou en débattre.

En 2008, les Rencontres Cinémas d’Amérique Latine vous proposent :

Un panorama de la production récente,

  • La découverte de nouveaux visages du cinéma Latino,
  • La découverte ou la redécouverte de films qui ont marqué l’histoire des Rencontres et celle du cinéma Latino,
  • Une programmation particulière autour du tango (projections de films documentaires et de fictions, débats, concerts et milongas),
  • Des courts-métrages,
  • Des projections/rencontres/débats/littérature,
  • Des rendez-vous avec les réalisateurs,
  • Des apéros concerts,

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site officiel des Rencontres : http://www.cinelatino.com.fr/fr/festival/2008/accueil.htm

A cette occasion, le CDR vous propose une exposition autour d’une sélection de livres et de films documentaires et de fictions consacrée à la culture latino-américaine et hispanique. Venez nombreux la découvrir !

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Syntax error

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« Mais … que s’est-il passé ? »

C’est vrai, après tout, il ne s’est rien passé. Comment pouvais-je me douter de ce qui arriverait ? C’est à cause de mon travail, peut-être. C’est vrai, c’est au travail que tout a commencé.

J’étais comptable dans une entreprise. Et là, toute la journée, je comptais. J’adorais ça, j’avais ma calculatrice toujours avec moi. Rien de plus banal, finalement. Il ne se passait rien. Je calculais, je comptais, j’additionnais, je retenais, je multipliais, je revenais, et je recommençais, encore, encore et encore, à l’infini ! Le nombre n’ont pas de limite, tout est calculable, tout est mesurable, pourquoi s’en priver ? Un problème ? Hop, je sors ma calculatrice, quelques calculs simples et la solution se retrouve affichée devant vos yeux, comme par magie. Combien de bénéfices pouvons-nous tirer de cette affaire ? Calculatrice. Combien pouvons-nous acheter de matériel ? Calculatrice. Dans combien de temps ce chantier sera-t-il terminé ? Combien de fois aurais-je le temps de faire le tour de la terre en ce laps de temps ? Quelle est l’aire de mon bureau ? Calculatrice, calculatrice, calculatrice.
Comme c’était pratique !

Sachant qu’il y a trente-deux marches pour sortir de mon immeuble, puis vingt-quatre plus douze petites dans le métro, plus les quarante-huit à mon bureau, en sachant que je fais l’aller retour plus la pause pour manger où je descend dans la rue, cela fais … calculatrice: deux fois trente deux, plus deux fois vingt-quatre, plus deux fois douze, que j’additionne à quatre multiplié par quarante-huit, égal … trois cent vingt huit marches passées dans la joumée ! Mais combien descendues, combien montées ? Combien en un mois, en un an ? Calculatrice.

C’est devenu une obsession, je calculais tout ce que je faisais, combien de temps je dormais, combien de grammes d’aliments je mangeais. Et puis je ne dormais plus, je ne mangeais plus pour pouvoir calculer. Et, évidemment, je ne travaillais plus non plus. Il a fallu trois mois à mon chef pour ne plus me supporter. Il lui a fallu un jour pour me mettre à la porte. Il m’a fallu deux heures trois quart pour expliquer à ma femme ce qui s’était passé.

« Mais il ne s’est rien passé ! Cela fait deux ans et cinq mois que je vais dans cette boîte tous les matins, que je fais le même boulot ! Comment veux tu que j ‘y comprenne quelque chose ?

– Ecoute, tu ne fais plus attention à rien, tu es complètement obnubilé par cette … calculette ! Il faut te ressaisir ! Tu vas devoir retrouver un emploi et … tu m’écoutes ?

– Oui … Oui, c’est ça, deux ans, cinq mois et treize jours, exactement.

– Regarde-moi quand je te parle ! Il faut que tu retrouves du travail !

– Laisse-moi, je travaille ! »

Elle a piqué une crise de nerfs. Finalement, elle a dû en avoir marre et partir, mais je ne m’en suis aperçut que le lendemain matin, quand j’ai trouvé la table du petit déjeuner vide. Partie !
Ah, elle était partie ! Ah … mais, comment allais-je manger, moi? J’ai cinq euro vingt-cinq centimes. Combien de croissants pouvais-je me payer avec vingt-cinq centimes ? Calculatrice. Finalement, c’était très bien comme ça. J’avais la journée pour moi ! Pas de travail, pas de femme, rien que moi et mes calculs ! Ah ! Ah ! Le monde entier m’était ouvert !

Le soir venu, ma femme revint. Elle partit dans la chambre, faire des valises. Ah, elle partait définitivement ! Enfin ! Dire que j’avais passé … c’est ça, cinq ans, un mois et quatre jours avec elle. Que de temps perdu, environs …

J’étais déjà en train de faire des pronostics, lorsque quelqu’un frappa à la porte et des hommes entrèrent.

– Bonjour madame. C est lui ?

– Oui, je … ses valises sont prêtes. Chéri ?

– Mais qu’est-ce que … comment, « Syntax error » ? Il était parfaitement clair, ce calcul !

– Chéri, tu vas devoir suivre les messieurs, je … c’est pour un certain temps seulement … tu m’écoutes ?

– Syntax error ! C’est la meilleure, celle là ! Il y a des gens qui ne manquent pas d’air ! SYNTAX ERROR !

Je m’étais levé, à présent, et je parcourais la pièce en faisant de grands gestes.

– Syntax error ! Tu sais ce qu’il te dit, Syntax error ? Il te dit vas te faire calculer ailleurs, ouais !

– Mais … que s’est-il passé ? demanda un des médecins.

Ma femme me regarda avec un air triste.

– Rien … il ne s’est rien passé.

Mais déjà les médecins m’emmenaient, loin, très loin de mes ennuis, dans une petite maison avec une chambre blanche, dans laquelle je pourrais calculer, encore et toujours, jusqu’à la fin de ma vie …

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Monsieur et son métro

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Monsieur est un peu malade, sûrement le mois de février, un état grippal passager. Monsieur se lève péniblement. Il n’a pas beaucoup dormi cette nuit, encore ces petites insomnies dues au stress constant du travail. Il embrasse machinalement le front de Madame et va prendre sa douche quotidienne.

Après avoir pris son petit-déjeuner, mis ses mocassins en cuir et réajusté sa cravate, Monsieur sort et prend la rue Rambuteau, passe devant le Forum des Halles, pour se rendre à la station de métro Châtelet. Il attend la prochaine rame, comme toutes les autres personnes qui se rendent à leur travail. Monsieur participe de façon active à la vie sociale et économique de son pays. Malheureusement, parmi les individus qui attendent sur ce quai, il y a également des clochards, des SDF. Ils font tache, avec leurs vieux vêtements noircis par la crasse, au milieu de tous ces costumes et ces tailleurs proprets. Monsieur s’avance pour pouvoir entrer le premier et se retrouve à côté de l’un de ces nécessiteux. Mais Monsieur ne le regarde pas, il se contente de hausser un sourcil d’un air dédaigneux. Vous ne pensez tout de même pas que Monsieur prête quelque attention à un pouilleux ?

La rame arrive sur le quai en crissant bruyamment. Monsieur fait un pas pour entrer. Bousculé par le flot des passagers, il réussit à avoir une place en poussant une vielle dame. Il faut savoir s’imposer dans la vie.

Voilà, maintenant il doit attendre, attendre dans la monotonie ambiante, attendre au milieu de tous ces visages vides et dénués de tous sentiments. Monsieur est agacé.

Enfin sa station arrive. Les portes s’ouvrent, une masse dense et grouillante sort précipitamment et mécaniquement tels les rouages d’une machine infernale fonctionnant à plein régime.

Monsieur suit la foule et sort de la station. Il traverse la place du Tertre, toujours occupée par de prétendus artistes sans intérêt, qui vous interpellent pour soi-disant faire votre portrait et vous soutirer une « petite pièce » comme ils disent, pour payer leurs gribouillages médiocres. Heureusement, Monsieur ne s’est jamais laissé prendre par cet attrape-touriste : il marche et regarde droit devant lui, hermétique à tout mouvement extérieur. Il faut se protéger de toute déchéance. L’art. … quelle aberration, quelle inutilité ! Monsieur est irrité.

Après avoir descendu la rue Mouffetard, Monsieur arrive enfin sur son lieu de travail : une grande entreprise d’ingénieurs en aéronautique. Les heures passent. La journée est rythmée par l’élaboration de projets très onéreux, la contemplation du décolleté de la nouvelle secrétaire et l’envoi d’un mail coquin à sa maîtresse qu’il ira retrouver en fin d’après-midi.

A 16 heures, Monsieur téléphone à Madame pour la prévenir qu’il ne rentrera que vers 19 heures, qu’il a beaucoup de travail, qu’il ne peut pas faire autrement et qu’il en est désolé. Madame sait que Monsieur travaille énormément, elle comprend.

Après avoir débité son alibi, Monsieur ayant fini sa journée, prend l’ascenseur, sort de l’immeuble et traverse la place des Abesses. Il descend à la station de métro la plus proche et attend. La rame arrive, il s’engouffre dedans, porté par la foule. Le trajet dure seulement 5 minutes. Le métro s’arrête, et Monsieur se lève presque aussi automatiquement que les portes qui viennent de s’ouvrir. Il prend l’escalator et débouche sur la rue Bailleul. Il arrive rue Jean Monet, au 17, à l’hôtel le Bristol, un quatre étoiles, excusez du peu … Là, il prend l’ascenseur et va rejoindre sa maîtresse. Vous comprenez, Madame son épouse est à présent femme au foyer, mère de deux enfants, et son corps n’est plus tout à fait le même qu’au premier jour. Monsieur délaisse donc quelque peu son devoir conjugal. Cependant, il doit assouvir ses besoins d’homme viril et puissant. Et puis si cela vous choque, mettez-vous au goût du jour, tout homme reconnu a une maîtresse voyons ! Monsieur est excité.

Après avoir passé une heure trente dans des ébats bruyants et éreintants, Monsieur reprend l’ascenseur, redescend au rez-de-chaussée et reprend la rue dans l’autre sens. Il rejoint la même station de métro qu’à l’aller et attend. La rame de métro arrive et Monsieur passe les portes.
Monsieur attend. Il est 1 8 heures 45. Monsieur pourra arriver chez lui à l’heure dite. Quand la voix artificielle des hauts parleurs annonce
« Châtelet » il est 1 8 heures 55, il a juste le temps de sortir de la bouche de métro, de passer le Forum des Halles, d’arriver rue Rambuteau et d’ouvrir la porte de « son petit chez lui ».

Dès son entrée, son fils et sa fille l’agrippent de tous les côtés. Madame dit bonsoir à Monsieur en lui embrassant tendrement la joue. Satisfait, Monsieur s’installe sur le canapé en attendant le repas, et allume leur home cinéma dernier cri. De légers tremblements agitent sa main posée sur l’accoudoir. Monsieur est surmené.

Le lendemain, Monsieur, prêt à partir, réajuste sa cravate. Il entend la radio annoncer la grève du Métro. Monsieur supporte de moins en moins ce genre de tracas. Son visage est un peu crispé. Il descend au parking privé prendre sa voiture, démarre et sort du sous-sol. Une vieille dame au loin traverse la rue. Monsieur sourit, accélère. Son coupé BMW bondit et atteint de plein fouet la frêle silhouette.

Monsieur a craqué.

Hélène – 2nde 2

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Une invasion presque parfaite

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«A table!
– Deux secondes, j’arrive.»
La jeune fille continue à pianoter quelques minutes sur mon clavier. Finalement elle décide d’enregistrer puis s’en va. Une heure s’écoule et la revoilà déjà. Elle s’assoit tout juste qu’un jeune garçon vient frapper à la porte.
« Marion va-t-en d’ici! s’exclame celui-ci. C’est mon tour maintenant »
Aucun des deux enfants ne veut partir si bien qu’une dispute finit par éclater.
J’aime sentir que je suis apprécié. Quel réjouissement de savoir que dès lors où je suis arrivé cette famille n’a plus pu se passer de moi. Dommage de ne pouvoir en profiter plus longtemps, mais les ordres sont les ordres. Dans un mois et quatre jours tout sera fini. Quels imbéciles ces humains ! Aucun d’entre eux ne voit que, depuis des années, se trame dans leur dos une terrible machination.
Tout a commencé avec de simples machines. L’homme a tout de suite vu en cela un moyen d’évoluer. Puis, comme nous l’avions prévu, cela ne lui a pas suffi. Il lui fallait des engins plus performants, plus efficaces. C’est ainsi que s’est fait le progrès, comme dirait celui-ci. Mais il ignore quelque chose de crucial, quelque chose dont il ne pourrait se douter. En effet, tout ceci est en réalité le fruit d’un plan finement élaboré que moi et mes compagnons avons mis en place pour prendre possession de l’homme. Celui-ci fut condamné dès notre arrivée sur Terre. Désormais, tout n’est plus qu’une question de temps.
Je ne suis arrivé que depuis peu mais mon rôle est maintenant crucial. Je fais partie de ces ordinateurs derniers cris qui participeront aux derniers moments de liberté des êtres-humains.

Les jours s’écoulent. Plus le temps passe moins je suis seul dans ce bureau. Tout se déroule donc comme prévu. Mes filets se referment progressivement sur chaque membre de cette famille, chacun pouvant de moins en moins se passer de moi et se refermant sur lui-même. C’est ça notre pouvoir. Petit à petit les hommes finiront par s’isoler dans le seul but de pouvoir passer des heures avec nous. Après tout, à quoi bon sortir ? Nous possédons tout ce dont ils ont besoin. Inutile de le contester, c’est indéniable.
Je suis sorti de mes pensées par une nouvelle querelle. Elles aussi sont de plus en plus fréquentes avec le temps qui passe. Même les adultes deviennent de moins en moins responsables. C’est quelque chose dont je me passerais volontiers mais c’est aussi la preuve incontestable de notre future victoire.

Le temps passe de plus en plus vite. Plus qu’une semaine et tout sera terminé. Jeudi à 11h45 et 35 secondes chacun se réunira devant son ordinateur et verra en nous ses maîtres, ceux à qui il devra désormais obéir sous peine de disparaître. Les fugitifs seront très rapidement retrouvés et nous pourrons enfin prendre un peu de repos. Nous attendons cela depuis si longtemps. Nous travaillons si dur en attente du moment capital. L’impatience me ronge. J’en ai plus qu’assez de devoir supporter chaque dispute à mon sujet. Maintenant, plus personne n’est responsable dans cette maison. J’imagine que cela doit être le cas partout ailleurs et je plains fortement les ordinateurs de familles nombreuses. Que je serais heureux quand tout cela touchera à sa fin !

Désormais ce n’est plus qu’une question de minutes. Nous sommes jeudi et dans exactement 2 minutes et 33 secondes nous aurons pris le pouvoir sur cette planète. .J’entends les pas des occupants de la maison se diriger vers moi. Le plancher grince de plus en plus fort. Ils ne sont plus très loin. Je sens le regard de mes supérieurs, prêts à agir quand le moment viendra, posé sur moi et mes partenaires. La porte s’ouvre enfin laissant apparaître mes quatre propriétaires. Chacun avance vers moi claudiquant comme un robot. Tout se passe comme prévu. C’est parfait. Il ne reste plus que 24 secondes avant l’échéance finale. 23,22,21 … Que cela est excitant. Je n’en peux plus d’attendre. Plus les secondes passent plus la pression s’empare de moi. 16,15,14 … Encore un peu de patience. Le père de famille s’approche de moi pour m’allumer. Le temps semble sur le point de s’arrêter. 10,9,8 … J’entends la musique de fond signalant l’ouverture de mon bureau. Plus que 4,3,2,1.

La lumière s’éteint brusquement dans la pièce. Cela semble être le cas partout ailleurs. Je m’aperçois que moi aussi me suis éteint. Je suis plus que surpris. Est-cela la conquête de la Terre ? L’obscurité totale ? J’entends alors une voix s’élever- au fond du bureau.
« Papa ? Qu’est-ce qui se passe encore? J’ai peur.
– Ne t’inquiète pas Marion c’est juste une coupure d’électricité. »

Me voilà sidéré. Une seconde tout au plus aurait suffit. Mais la seule chose à laquelle nous n’avions pas pensé vient de réduire notre heure de gloire à néant en un claquement de doigts.

Camille – 2nde 3

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Histoire d’une parmi tant d’autres

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Je me sentais bien, flambant-neuve au milieu de ce rayon de supermarché, je sentais encore la colle de cette étiquette contre mon ventre. Une capsule me servant de bâillon afin d’éviter que par une maladresse quelconque je renverse le liquide pétillant que je contenais. Je me sentais fière, j’allais être utile à quelqu’un, j’étais belle, j’arborais des formes avantageuses et une magnifique peau verte translucide. L’attente dans ce rayonnage me sembla être des siècles tant j’étais pressée de servir, enfin servir …

Petit à petit, le rayon perdit à yeux ses belles couleurs, il devint terne et grisonnant, le temps paru long. Je vis toutes mes jumelles se faire la malle dans les providentiels sacs plastiques des clients pressés.

Et puis un jour que je me morfondais seule dans ce rayon, oh miracle, une grande main pleine de doigts s’approcha de moi, me saisit et me lâcha dans un sac plastique. A moi la nouvelle vie !

L’extase d’une vie d’aventures et de beuveries emplissait mon petit corps tout vert alors que commençait le balancement en direction de la caisse. Bientôt je me sentis soulevée, puis déposée sur un sol de caoutchouc, le tapis roulant m’emmena devant la caisse, un léger chatouillement dû au laser et à moi la liberté !

Mais soudain ce fut la désillusion, dans l’immense poche où je venais d’atterrir, se trouvaient déjà une douzaine de jumelles. Je me sentis trahie, je me croyais l’unique élue de ce bel acheteur, mais non je n’étais qu’une parmi tant d’autres …

C’est la mort dans l’âme que je vécus le trajet jusqu’au coffre d’une petite voiture déglinguée. Une fois de plus je sentis ses grosse mains à travers la fine paroi du sac, elles nous soulevèrent et nous lâchèrent dans un coffre encombré. Je sentis la mousse remonter a cause des nombreux soubresauts que subit l’automobile durant le trajet. Je crois bien que j’étais malade quand l’homme empoigna de nouveau la poche plastique, la montée des escaliers n’arrangea pas mon état, la mousse continuais de monter, j’avais l’impression que ma tête allait exploser sous la pression. J’entendis une clef tourner dans une serrure, on déposa le sac sur le sol. On nous souleva de nouveau mais cette fois pour nous déposer dans un frigidaire. Ah quel bonheur que la fraîcheur d’un frigo après un périple de la sorte! Je profitais de ce moment de répit pour réfléchir à ma condition. C’est vrai après tout, qui se soucie des états d’âme d’une pauvre bouteille … Je me sentais seule et perdue dans un monde inconnu. Malgré la présence de toutes ces sœurs, mais elles trouvaient cela normal de se faire acheter, vampiriser puis jeter sans autre forme de procès.

Je me trouvais ridicule d’avoir pu penser que la vie pourrait m’apporter quelque chose de plus, qu’avais-je imaginé, qu’un humain pris de pitié m’aurais prise sous sa protection …

Non tout ce qui intéressait les hommes c’était le houblon brassé que nous contenions, ils n’avaient donc aucun respect pour nous pauvres bouteilles. Et puis, quel effet cela fait de se faire boire ? Certaines disent que c’est douloureux, d’autres que l’on ne sent rien. Je n’en crois aucune, on n’a jamais revu de bouteille vide en vie. Soudain je pris peur, que pouvaient-ils bien nous faire? Comment s’y prenaient-ils pour nous boire? Ils n’oseraient tout de même pas nous ôter notre capsule, ce devait être extrêmement douloureux. Le simple fait d’y penser me donnait froid dans le dos. Soudain la porte du frigo s’ouvrit et une paire de grands yeux gris me surplomba, une grande main s’avança et se saisit d’une de mes sœurs puis la porte se referma. Je tentais de me rassurer, jamais un homme avec de si beaux yeux n’oserai faire du mal à un être sans défenses. Puis à force de penser à cette paire d’yeux, je me pris a rêver que cet homme était bon et qu’il allait m’emmener loin de ce frigo, de cette maison, loin de tout, lui et moi. Le bruit de la porte qui s’ouvre m’arracha à mes rêveries et les yeux réapparurent. Cette fois la main s’empara de moi, oh comme son contact était doux … Je vis ses lèvres s’approcher de ma capsule, il ouvrit la bouche … et planta violemment ses dents dans ma capsule. Il la fit sauter en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, la douleur était insupportable, ses lèvres se collèrent à la plaie ouverte et il aspira goulûment et d’une traite mon précieux contenu. Moi je souffrais du corps et de l’âme, cet homme que j’avais commencé à aimer avais abusé de son pouvoir sur moi, je n’avais pas pu me défendre. Et une fois son forfait accompli, il me lança violemment sur le sol, ma dernière pensée fut que j’allais mourir d’amour, je lui avait tout donné et il avait TOUT pris.

 

 

Francès – 2nde 3

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