Dissertation : Comment faire son brouillon ?

 

Que ce soit pour les élèves de Terminale ou de classe préparatoire, l’étape du brouillon est cruciale; c’est là que tout se joue. Vous devez donc ne pas la négliger car ce n’est pas une perte de temps, bien au contraire. Pour un épreuve de 4h, il est conseillé de passer au moins 2h à réaliser son brouillon.

A quoi ça sert ? que dois-je y faire ?

Le brouillon, c’est le temps de l’analyse, de l’acclimatation au sujet, de la confrontation même :),  l’appel aux connaissances, de l’organisation et de la mise en forme.

Les conseils qui vont suivre sont purement indicatifs; il s’agit de ma manière de faire que je partage avec vous mais chacun est libre de trouver celle qui lui convient. Veillez cependant à n’omettre aucune étape.

1– Dans un coin du brouillon, je commence par inscrire une liste d’expression type me servant à argumenter, expliquer, introduire (pour les dissertations comme les commentaires), des connecteurs logiques (mais, ou, et, donc…cependant, néanmoins…)et des mots repères. C’est une façon de se décharger de cela pendant qu’on est encore « frais », pour pouvoir s’en servir au moment de la rédaction.

2- Choix du sujet (si besoin)15min : (avant d’éliminer le texte, il faut l’avoir lu trois fois, et avoir bien pesé le pour et le contre; les conseils qui suivent sont valables)

pour choisir un sujet, je ne dois pas « y aller au talent » comme j’ai pu l’entendre dans la bouche de certains élèves. Ce n’est pas de l’art, ni de l’improvisation, il ne s’agit pas d’opter pour un intitulé sous prétexte qu’il vous « inspire » ! Vous êtes évalués sur des critères assez précis et votre correcteur a des attentes. La question que vous devez vous posez c’est : avec quel sujet serai-je le meilleur ? quel est le sujet qui va me permettre de réussir cette épreuve ?

Vous devez savoir vous évaluer ( quelle notion maitrise-je le mieux ? laquelle me pose des problèmes ? ai-je les connaissances suffisantes pour le traiter ?). Inutile de préciser qu’une bonne connaissance du cours est nécessaire pour répondre à cette question…

Un sujet fait référence normalement à des situations, des contextes, des expressions courantes, vous devez savoir les repérer rapidement, le sujet doit vous « parler ».

Il est nécessaire de « donner sa chance » à chaque sujet; parfois un sujet qui ne nous inspire pas au premier abord pourra ne pas se révéler si difficile au final.

2-Le sujet choisi, vous devez ensuite l’analyser(1h). De quoi s’agit-il ?

Mais avant toute chose ATTENTION !! N’écrivez que sur le recto de vos feuilles de brouillon; ceci vous rendra la manipulation et le travail beaucoup plus faciles.

Je vous conseille le Brainstorming (tempête de cerveau). Il faut laisser libre cours à son imagination, tout prendre en compte, ce n’est pas le moment de faire du tri mais au contraire, veiller à ne rien oublier, omettre du sujet.

a- Isolez chaque mot, expressions du sujet et trouvez des synonymes, antonymes, champ lexical, étymologie, mots proches…les présupposés…

ex : Le travail rend-il l’homme heureux ?

Le : est-ce le travail dans son essence ? ou y a-t-il une typologie du travail à faire ? c’est-à-dire certains oui d’autres non ? si oui pourquoi, à quelles conditions ?

travail : tripalium : torture labeur, souffrance, travail de la femme enceinte, manuel, intellectuel, transformation de la nature /emploi…

rend-il : faire devenir, processus, sous-entend que sans le travail il n’est pas heureux, comment rend-il h ? l’est il sans ?…

l’homme : tous les hommes sans exception ? est-ce un propre de l’homme ? /l’animal travaille-t-il ? ouvrier, cadre, artiste, chômeur, rentier…

heureux :bonum augurium :bonne augure, chance courte durée, hasard, bonheur, plaisir, sérénité, félicité quantitatif, qualitatif…

(on peut repérer dans un sujet, un concept opérateur (qui articule, angle d’attaque de la notion) et un concept thématique (notion du programme). Le sujet est à voir comme un prétexte (opérateur) d’élucider, préciser le sens de la notion(thématique).

b- on trouve des exemples culturels, de la vie quotidienne : femme enceinte (travail), travail comme châtiment divin (Genèse), esclavage, ouvrier/artisan, employé…

c- on fait appel à ses connaissances et à celles du cours : on prend chaque notion du programme concernée par le sujet et on fait une liste non triée des références connues.

ex :

travail : Marx, Kant, Nietzsche, Platon, Aristote, Hannah Arendt…

bonheur : épicuriens, stoïciens, Rousseau, Schopenhauer, Kant, Marx…

plus vos références littéraires, cinématographiques… :

ex :Au bonheur des Dames de Zola, Les Temps modernes de Chaplin…

 

d-Trouvez la problématique (15min) (cf Comment trouvez sa problématique ?)

3- L’analyse terminée, vous passez à l’étape qui parait fastidieuse mais qui vous fait gagner un temps considérable lors de la rédaction: la mise en forme.

Selon la place et la disposition que vous a prises l’analyse, vous vous retrouvez (ce qui est souvent mon cas) avec un brouillon qui porte bien son nom : chaotique, anarchique :)

Pas de panique, le cerveau a besoin de s’éparpiller, diviser (analyse) pour mieux se reconstruire (synthèse).

a-Tracez un tableau à plusieurs colonnes (30min) (qui correspondront à vos parties) et essayer de rangez vos idées, arguments, références, concepts… dans chacune d’elles. C’est le moment également de trier et de ne retenir que ce qui est digne de figurer dans votre devoir.

Vous devez voir s’esquisser différents sens des concepts opérateurs et thématiques. Ce sont ces sens qui vous feront trouver vos parties et non une réponse oui ou non.

Je le rappelle, une dissertation est un prétexte pour élucider une notion, autrement dit, à la fin, ce que l’on veut c’est une définition plus précise de celle-ci. C’est donc cela qui doit guider votre plan.

Pour vous aider, vous pouvez faire précéder le titre de chaque partie/réponse par « si je comprends le (travail et le bonheur) comme (…..) alors (réponse).

L’ordre des parties est guidé principalement par deux choses : commencez par le plus évident, intuitif, bien-connu pour finir par le plus élaboré et ce que vous choisissez comme réponse définitive, la meilleure pour vous. Il faut souvent commencer par savoir où on veut arriver pour savoir d’où il faut partir, ce à qu’il faut avoir refusé, contredit initialement.

b-Numérotez vos idées, arguments, références de manière pertinente (du plus évident, moins profond au plus précis, complexe) de sorte qu’au moment de la rédaction, vous n’ayez qu’à suivre ceux-ci pour tenir un propos cohérent, ordonné et logique.

4- Vous avez presque terminé votre brouillon(15min),

a-il ne reste plus qu’à bien le relire pour s’en imprégner, vérifier les oublis possibles;

b-écrire le plan de l’introduction pour le suivre lors de la rédaction, et trouvez son accroche… (cf comment faire une introduction de dissertation ?)

c- Enfin on n’hésite surtout pas à se donner des codes couleurs, typographiques qui aideront à suivre son brouillon.

Si vous avez survécu jusqu’à cette étape, vous devez avoir normalement environ 1h30/2h devant vous pour rédiger en suivant votre tableau. Bon courage !

 

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