Peut-on tout dire (à autrui) ?

I- Peut-on tout dire (à autrui) ?

 

Les différentes formes de l’impossibilité de dire : de l’interdiction logique,technique, sociale (tabous), à l’interdiction morale (le respect et le tact), en passant par le problème de la liberté d’expression.

Possibilité technique et logique :

-le contradictoire

-l’irréel : ce qui n’existe pas

-l’insensé, incompréhensible « charabia » : grâce à la structure du langage, phonème/monème pouvoir génératif infini

Pb : en disant tout, on vide la parole de tout contenu, de sa raison d’être et son authenticité.

Impossibilités et interdictions sociales et morales :

  1. A) Le tabou : Ce qui se dit/ce qui ne se dit pas. (Origine et fonction du tabou : d’où viennent les tabous ?) : La  loi du silence  comme instrument de domination et de protection des groupes qui détiennent le pouvoir (cf. : le secret de famille, les villages, petites sociétés) ? Faut-il vivre sans tabous ? Peut-on tout dire (pour autant !) ?

Débat possible : sur Le problème de la liberté d’expression et de ses limites. Films possibles : Chomsky & Cie (Dvd 1, chapitre 5) (ex : propos racistes, Noam Chomsky sur Faurisson). + « C’est dur d’être aimé par des cons » sur le procès de Charlie Hebdo et des caricatures. Se donner la possibilité de différencier le tabou (interdiction silencieuse) et la loi.  

  1. B) Le tact, la délicatesse et la politesse : Différence entre le tabou social et la parole respectueuse : ce qui n’est ni tabou, ni interdit par la loi et qui pourtant ne se dit pas. La politesse comme espace public non contigu. Pour une éthique du tact, de la politesse (2 figures de la délicatesse) comme éthique du langage même (cf. Barthes, Cours sur le Neutre LN3,  4e scintillation de la figure portant sur la « délicatesse » : la politesse 17m30s-22m28s. Ex. du Tao et de la politesse du mort… + La société intégrale, Cédric Lagandré. +Le pathos de la distance chez Nietzsche, 25 Par de-là le Bien et le MalGénéalogie de la Morale 1 §2 lié au problème de la hiérarchie et à la critique de l’égalitarisme et de l’indifférenciation)+ Norbert Elias, La civilisation des moeurs. 
  2. C) L’éthique de la discussion, Jurgen Habermas. Introduit par la chanson « Paroles, paroles… »  Dalida et Alain Delon. Les paroles ne sont-elles que des mots ? Parler c’est « prendre la parole », « donner sa parole », s’engager, « prendre position », se mettre à exister hors de soi, dans l’espace public.  

 

  II-Y a-t-il de l’indicible ? (Ce que le langage ne parvient pas à dire) (soit excès soit pas assez)

  1. A) Le langage et l’indicible : 

 

  1. a) La critique Bergsonienne du langage : Nommer c’est classer (classer c’est « subsumer ») Qu’est-ce que Nommer ? Dieu le Verbe, l’enfant… Les catégories du langage correspondent-elles à la réalité ?

 

  1. b) « Le réel est ce contre quoi je bute », Lacan. Ce qui nous arrive de grand nous prive de parole : être « sans voix », l’impuissance du discours. « Y’a pas de mots !!! » (ex : la mort , la joie, le coup de foudre…). FRAGMENTS D’UN DISCOURS AMOUREUX,Roland Barthes : tentative de description de l’être aimé. Adorable p.   . Nommer c’est réduire (le désir d’être sans noms). Impossibilité de dire ou difficulté à dire ?

 

  1. c) Débat sur les images et l’inimaginable : L’interdiction de la représentation…
  • Shoah, Claude Lanzmann : Dire l’indicible ?

(Transition : à mettre en // avec la polémique autour des films La vie est belle de Roberto Benigni et La liste de Schindler de Steven Spielberg)

  • Images malgré tout,  Georges Didi-Huberman. La shoah est-elle inimaginable ? INIMAGINABLE ET IMPENSABLE. (+ Ce qui reste d’Auschwitz, Giorgio Agamben). Textes : La polémique autour de l’exposition (4e de couverture), l’accusation de Lanzmann de vouloir produire une fascination par l’horreur, la tentative nazie de détruire les images et de produire de l’inimaginable, inimaginable et impensable, l’image comme source de connaissance consciemment lacunaire et comme libération (Naufragé et rescapé, Primo Lévi sur son agacement face au thème de l’incommunicable. Jorge Semprun, L’écriture ou la vie : devant les images de son camp vue aux actualités).
  1. B) L’indicible et l’impensable : Peut-on penser sans les mots ?
  2. a) La critique hégélienne de l’indicible (ineffable) :

intro : On a souvent l’impression qu’on peut avoir compris sans réussir à réexpliquer (cf en cours !). On dit alors « J’ai saisi mais  je ne sais pas comment dire. J’ai pas les mots… ». Qu’ai-je lorsque je n’arrive pas attraper ce que j’ai saisi !?

Texte de Hegel, Phénoménologie de l’Esprit (compléter avec le texte de Merleau-Ponty sur le fait de « penser dans les mots »)

 

  1. b) Si on pense dans et avec les mots : La langue dans laquelle on s’exprime influence-t-elle notre pensée ? + problème linguistique et métaphysique Sans les mots y aurait-il des choses ? Texte de Martinet « La langue n’est pas un calque du monde » Texte de Nietzsche, Le livre du philosophe : « Derrière chaque grammaire se trouve une métaphysique ». Le problème de la création des langues chez Nietzsche : Introduction théorétique sur la vérité et le mensonge du point de vue extra-moral.

+ texte de Benveniste

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