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La difficulté de s’affirmer comme sujet – Avons-nous besoin de héros ?

Voici une émission très intéressante de France Culture où Boris Cyrulnik nous expose sa conception du héros. Il y développe également une analyse sur la radicalisation des jeunes (extrait à peu près au milieu).

https://www.franceculture.fr/emissions/l-invite-des-matins/avons-nous-besoin-de-heros 

Notes :

« combattre, passer une Kalash, ça me faisait rêver, mourir en martyr »

adolescence = âge de l’engagement. Toutes les cultures ont inventé des rituels d’accueil des adolescents.

Un adolescent qui n’a pour seul engagement que le fait de passer son bac c’est tragique. Rester immobile derrière un bureau.

J’ai besoin d’évènement, j’ai besoin d’orages pour savoir qui je suis, d’épreuves pour m’éprouver, me connaître.

Ce qui fait la sélection aujourd’hui c’est l’immobilité physique et la répétition de quelques règles de grammaire.

=> perdre un an ou deux pour » muscler sa personnalité ».

Pédagogie du garçon de café

Déclaration de Philippe Meyrieu, pédagogue :

« Nous vivons, pour la première fois, dans une société où l’immense majorité des enfants qui viennent au monde sont des enfants désirés. Cela entraîne un renversement radical : jadis, la famille « faisait des enfants », aujourd’hui, c’est l’enfant qui fait la famille. En venant combler notre désir, l’enfant a changé de statut et est devenu notre maître : nous ne pouvons rien lui refuser, au risque de devenir de « mauvais parents »…
Ce phénomène a été enrôlé par le libéralisme marchand : la société de consommation met, en effet, à notre disposition une infinité de gadgets que nous n’avons qu’à acheter pour satisfaire les caprices de notre progéniture.
Cette conjonction entre un phénomène démographique et l’émergence du caprice mondialisé, dans une économie qui fait de la pulsion d’achat la matrice du comportement humain, ébranle les configurations traditionnelles du système scolaire.
Pour avoir enseigné récemment en CM2 après une interruption de plusieurs années, je n’ai pas tant été frappé par la baisse du niveau que par l’extraordinaire difficulté à contenir une classe qui s’apparente à une cocotte-minute.

Dans l’ensemble, les élèves ne sont pas violents ou agressifs, mais ils ne tiennent pas en place. Le professeur doit passer son temps à tenter de construire ou de rétablir un cadre structurant. Il est souvent acculé à pratiquer une « pédagogie de garçon de café », courant de l’un à l’autre pour répéter individuellement une consigne pourtant donnée collectivement, calmant les uns, remettant les autres au travail.
Il est vampirisé par une demande permanente d’interlocution individuée. Il s’épuise à faire baisser la tension pour obtenir l’attention. Dans le monde du zapping et de la communication « en temps réel », avec une surenchère permanente des effets qui sollicite la réaction pulsionnelle immédiate, il devient de plus en plus difficile de « faire l’école ». Beaucoup de collègues buttent au quotidien sur l’impossibilité de procéder à ce que Gabriel Madinier définissait comme l’expression même de l’intelligence, « l’inversion de la dispersion ».
Dès lors que certains parents n’élèvent plus leurs enfants dans le souci du collectif, mais en vue de leur épanouissement personnel, faut-il déplorer que la culture ne soit plus une valeur partagée. »

Parole politique : Langue de bois ?

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Je ne saurais que trop vous conseiller d’écouter ce petit billet délicieux sur la langue de bois des politiciens

 

http://www.europe1.fr/emissions/la-morale-de-linfo/quand-limbecile-montre-la-lune-le-sage-regarde-le-doigt-2903957 

et cette chanson de Frédéric Romet sur France Inter

http://www.scoopnest.com/fr/user/franceinter/794638046943551488

Pour illustrer les propos de Bourdieu sur la télévision et la mise en scène des débats