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Les sujets et corrigés de colles de la première partie

1-Peut-on dire de l’animal qu’il ne lui manque que la parole ??

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00909118/document

http://www.philo52.com/articles.php?lng=fr&pg=1322

Analyse : le mot pivot est « manque » => synonyme de faiblesse, défaut. Au contraire, l’homme serait doué d’une dignité, supériorité, grandeur du fait de la parole

=> différence de nature ou de degrés ?

questionner le sujet : ne serait-ce pas un avantage de ne pas avoir la parole ? (défauts, failles de la parole)

problématique : la parole privilège ou handicap de l’humanité ?

2-Les paroles s’envolent, les écrits restent.

problématique 1 :Traduction de l’expression latine d’Horace « verba volant, scripta manent ». Durant l’Antiquité, on l’utilisait pour inciter à retranscrire les connaissances à l’écrit dans un but de transmission des savoirs. => éloge de l’écriture et critique de la parole pour son manque de fiabilité et de pérennité.

Proverbe qui invite à la prudence, en rappelant que, contrairement aux paroles, les écrits ne s’évanouissent pas dans l’air et laissent des traces qui peuvent être compromettantes.

l’écriture me trahirait-il plus que la parole ? sa momification est-elle un avantage ou un inconvénient ?

problématique 2 : l’écrit semble avoir comme avantage de permettre la sauvegarde, garantie, pratique contre l’oubli et la mort mais mortifie en enlevant la personne concrète, ses émotions, ses passions…

est-ce légitime de les opposer ??

http://www.philo52.com/articles.php?lng=fr&pg=250

3-Faut-il accorder de l’importance aux mots ?

 

4-La parole est-elle essentielle pour communiquer avec autrui?

distinction communication / expression

essentielle = dans la nature, l’essence de la parole

y a t-il de la communication (au sens strict) sans parole ? cad échange, dialogue et non seulement unilatéral

l’important est « avec autrui » et le contenu qu’on communiquerait => besoins, passions, pensées… ?

un autre sujet pensant conscient, qui a une subjectivité => intersubjectivité (« conscience sans portes ni fenêtres » accessibles grâce à la parole; cf Descartes)

envisager les autres moyens de communication, et montrer ce que la parole a de plus ou moins authentique

5-La parole : souveraineté de l’espèce humaine ou définitive aliénation ?

6-Peut on parler tout seul ? 

logique/ technique/moral

éliminer tt de suite les cas psy : schizophrénie

=> c’est techniquement possible : parler semble techniquement ne pas nécessiter un interlocuteur, quelqu’un qui écoute,

=> est-ce logique de parler tout seul, à soi-même ? si l’essence de la parole est dialogique, intersubjective, si on parle toujours à quelqu’un c’est contradictoire

-en parlant à l’autre, se parle-t-on à soi-même ? détour par autrui

=> prendre conscience , surtout pour verbaliser, chagrin, émotion, amour, rendre public pour réaliser, extérioriser, exorciser

-quand on parle tout seul c’est finalement à soi-même comme un autre ?

// Platon, théâtre monologue…

si on parle tt seul c’est qu’on nous a d’abord parlé, d’abord reçu la parole, autrui  absence d’autrui est présente dans le fait de parler tout seul,

problèmatique : 

la parole est-elle par essence interlocution ? ou bien détour par autrui pour se parler à soi-même ?

Travail pendant les vacances et au-delà

Il nous reste 6 semaines après les vacances de Pâques. Pour optimiser l’apport du cours et travailler aussi la méthode, je vous donne le cours déjà rédigé et vous propose de faire des sujets de dissertation et commentaire de texte. Ainsi voici les sujets que nous traiterons ensemble  (les semaines sont indicatives, je pense passer plus de temps sur la notion de vérité)

Pour les ES :

Semaine 1 : Peut-on tout dire ? (pour les S la religion)

Semaine 2 : Les échanges sont-ils toujours intéressés ? (pour les S le travail)

Semaine 3 : La religion (pour les S la raison et le réel)

Voici le fondement de la critique irréligieuse : c’est l’homme qui fait la religion et non la religion qui fait l’homme. A la vérité, la religion  est la conscience de soi et le sentiment de soi de l’homme qui, ou bien ne s’est pas encore conquis, ou bien s’est déjà de nouveau perdu. Mais l’homme, ce n’est pas un être abstrait recroquevillé hors du monde. L’homme c’est le monde de l’homme, c’est l’Etat, c’est la société. Cet Etat, cette société produisent la religion, une conscience renversée du monde parce qu’ils sont eux-mêmes un monde renversé. La religion est la théorie générale de ce monde, son compendium encyclopédique, sa logique sous une forme populaire, son point d’honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son complément cérémoniel, son universel motif de consolation et de justification. Elle est la réalisation chimérique de l’essence humaine, parce que l’essence humaine ne possède pas de réalité véritable. Lutter contre la religion, c’est donc, indirectement  lutter contre ce monde là, dont la religion est l’arôme spirituel.

La misère religieuse est tout à la fois l’expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée, l’âme d’un monde sans coeur, de même qu’elle est l’esprit d’un état de choses où il n’est point d’esprit. Elle est l’opium du peuple.

Nier la religion, ce bonheur illusoire du peuple, c’est exiger son bonheur réel. Exiger qu’il abandonne toute illusion sur son état, c’est exiger qu’il renonce à un état qui a besoin d’illusions. La critique de la religion contient en germe la critique de la vallée de larmes dont la religion est l’auréole. […] La critique du ciel se transforme ainsi en critique de la terre, la critique de la religion en critique du droit, la critique de la théologie en critique de la politique.

 

K. MARX,Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel(1843)

Semaine 4 : Le travail

Le besoin nous contraint au travail dont le produit apaise le besoin : le réveil toujours nouveau des besoins nous habitue au travail. Mais dans les pauses où les besoins sont apaisés et, pour ainsi dire, endormis, l’ennui vient nous surprendre. Qu’est-ce à dire ? C’est l’habitude du travail en général qui se fait à présent sentir comme un besoin nouveau, adventice ; il sera d’autant plus fort que l’on est plus fort habitué à travailler, peut-être même que l’on a souffert plus fort des besoins. Pour échapper à l’ennui , l’homme travaille au-delà de la mesure de ses autres besoins ou il invente le jeu, c’est-à-dire le travail qui ne doit apaiser aucun autre besoin que celui du travail en général. Celui qui est saoul du jeu et qui n’a point, par de nouveaux besoins, de raison de travailler, celui-là est pris parfois du désir d’un troisième état, qui serait au jeu ce que planer est à danser, ce que danser est à marcher, d’un mouvement bienheureux et paisible : c’est la vision du bonheur des artistes et des philosophes.

Humain, trop humain, I, § 611, Bouquins I, p. 680.

Semaine 5 : L’histoire

Le moyen dont se sert la nature pour mener à son terme le développement de toutes ses dispositions est leur antagonisme dans la société, dans la mesure où cet antagonisme finira pourtant par être la cause d’un ordre réglé par des lois. J’entends ici par antagonisme l’insociable sociabilité des hommes, c’est-à-dire leur penchant à entrer en société, lié toutefois à une opposition générale qui menace sans cesse de dissoudre cette société. Une telle disposition est très manifeste dans la nature humaine. L’homme a une inclination à s’associer, parce que dans un tel état il se sent plus qu’homme, c’est-à-dire qu’il sent le développement de ses dispositions naturelles. Mais il a aussi un grand penchant à se séparer (s’isoler) : en effet, il trouve en même temps en lui l’insociabilité qui fait qu’il ne veut tout régler qu’à sa guise et il s’attend à provoquer partout une opposition des autres, sachant bien qu’il incline lui-même à s’opposer à eux. Or, c’est cette opposition qui éveille toutes les forces de l’homme, qui le porte à vaincre son penchant à la paresse, et fait que, poussé par l’appétit des honneurs, de la domination et de la possession, il se taille une place parmi ses compagnons qu’il ne peut souffrir mais dont il ne peut se passer. Ainsi vont les premiers véritables progrès de la rudesse à la culture, laquelle repose à proprement parler sur la valeur sociale de l’homme ; ainsi tous les talents sont peu à peu développés, le goût formé, et même, par le progrès des Lumières, commence à s’établir un mode de pensée qui peut, avec le temps, transformer notre grossière disposition naturelle au discernement moral en principes pratiques déterminés, et ainsi enfin transformer cet accord pathologiquement extorqué pour l’établissement d’une société en un tout moral. Sans ces propriétés, certes en elles-mêmes fort peu engageantes, de l’insociabilité, d’où naît l’opposition que chacun doit nécessairement rencontrer à ses prétentions égoïstes, tous les talents resteraient cachés en germes pour l’éternité, dans une vie de bergers d’Arcadie, dans une concorde, un contentement et un amour mutuel parfaits ; les hommes, doux comme les agneaux qu’ils paissent, ne donneraient à leur existence une valeur guère plus grande que celle de leur bétail, ils ne rempliraient pas le vide de la création quant à sa finalité, comme nature raisonnable. Il faut donc remercier la nature pour leur incompatibilité d’humeur, pour leur vanité qui en fait des rivaux jaloux, pour leur désir insatiable de possession et même de domination ! Sans cela, toutes les excellentes dispositions naturelles qui sont en l’humanité sommeilleraient éternellement sans se développer. L’homme veut la concorde ; mais la nature sait mieux ce qui est bon pour son espèce : elle veut la discorde.
Kant, Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, 4e proposition
Semaine 6 : La vérité
La vérité dépend-elle de nous ?
Y a-t-il des vérités indiscutables ?

 

 

 

Introduction : Y a-t-il un droit de mentir ?

(Accroche) Avoir le droit, c’est avoir l’autorisation, la permission, de faire ou d’exiger quelque chose, conformément à une règle écrite (règle sociale, formelle) ou non écrite (tacite, informelle). Mentir consiste à déformer ou dissimuler volontairement ce que l’on pense être vrai.(1ère réponse) Le mensonge est donc le contraire de la vérité. Il implique un abus de confiance et fait l’objet d’une condamnation morale sévère. La société le sanctionne également lorsqu’il porte atteinte à la communauté toute entière (fausse déclaration lors d’un procès, impôts…). Le mensonge ne saurait a priori être un droit. (2ème réponse)Toutefois, on peut se demander s’il faut toujours privilégier la vérité aux dépens des autres valeurs, tel le bien-être ou la vie humaine. On dit à ce propos que « toute vérité n’est pas bonne à dire » et qu’il existe de « pieux mensonges ». En effet, le mensonge peut être bienveillant, voire nécessaire dans certaines circonstances. Notre conscience peut en venir à prescrire le mensonge pour épargner autrui, ne pas le blesser, lui faire de mal… Dans ce cas, est-il permis de mentir ? le mensonge érigé au rang de droit ? (Problématique)Si nous répondons par l’affirmative, alors il semble que nous nous trouvions devant une aporie puisque les deux alternatives nous condamneraient à faire du/le mal. (Enjeu) Il semble alors que l’on doive choisir entre le bonheur et la vérité. (Plan) Nous montrerons dans un premier temps que le mensonge peut être légitime, puis nous opposerons droit et mensonge pour enfin déterminer si le cas de la politique ne justifie pas l’usage de ce dernier.

Méthode : introduction-commentaire du texte

PQEP

P comme Présentation : on présente l’extrait à étudier : auteur, oeuvre (soulignée), époque si connue, thème, thèse

Q comme Question : on soulève la question à laquelle la thèse répond ( on peut la mettre à un autre endroit, au début ou juste avant la thèse).

E comme enjeux : quelles conséquences à affirmer ou contredire une telle thèse (montrer l’intérêt du texte)

P comme Plan : du texte !! avoir trouvé une phase par parties vous aide à présenter le plan.

Méthode : commentaire de texte

Le commentaire est une épreuve tout aussi rigoureuse que la dissertation et nécessité tout autant le cours que cette dernière. Ce n’est donc pas le sujet réservé à ceux qui n’auraient pas révisé leur cours.

C’est un exercice différent du commentaire littéraire. Vous devez montrer l’intérêt philosophique d’un texte (argumentatif) en dégageant sa logique et l’originalité de sa thèse.

1- Commencez pas lire 3 fois le texte afin de vous le familiariser.

2- Trouvez le(s) thème(s) (notion du programme) puis la thèse (ce que l’auteur dit du thème) afin de le relier au cours que vous connaissez.

3- Dégagez la structure du texte, son squelette, sa logique : connecteurs logiques, ponctuations, paragraphes, idées…; trouvez une phrase résumant chaque étape

4- Expliquer linéairement : il faut suivre le déroulement du texte.

Comment expliquer ? : Votre devoir ne doit pas se réduire à une simple paraphrase. Même si elle est tolérée, vous devez surtout approfondir, décortiquer, analyser :

  • les mots clés, concepts, repères
  • les figures de style (ssi elles servent à justifier la thèse)
  • les paradoxes, originalités, difficultés
  • être attentif aux nuances, degrés, superlatifs, procédés restrictifs
  • montrez les difficultés, essayez de les résoudre…

Il faut ensuite discuter le texte, c’est-à-dire prendre du recul, de la distance par rapport au texte afin d’en saisir tout l’intérêt :

  • rapporter la thèse de l’auteur au thème plus général et montrez l’intérêt de celle-ci par rapport : à d’autres thèses, opinions, auteurs, problématiques abordées…
  • trouvez des objections, failles, limites
  • trouvez des exemples pro ou contre

 

Quand vient le moment de la rédaction il faudra réunir ces deux moments : explication et discussion simultanées.

Au brouillon : dès que vous avez repéré le(s) thème(s), listez les auteurs et concepts vus en classe. Listez les mots repères du texte et ceux qui pourraient vous aider à expliquer le texte. Répertoriez des expressions types pour commenter.

A faire pour la rentrée !!

Dm facultatif : réaliser des fiches citations de toutes les notions vues depuis le début de l’année.

Réviser en vue d’une interrogation de cours :

quizz bilan décembre

Voici un quiz pour faire le point sur ce que vous avez retenu de vos trois premiers mois de philosophie. :)

Révisez les mots repères : Liste des mots repères vus depuis le début, les comprendre dans  le contexte du cours.

Révisez le cours et les auteurs/textes : cf cours désir ; cours bonheur : Platon Le Banquet; Rousseau La nouvelle Héloise; Flaubert Mme Bovary; Saint Augustin Les Confessions; Schopenhauer Le monde comme volonté et comme représentation; Jean Baudrillard Système des objets ; René Girard La Violence et le Sacré; Marx; John Stuart Mill L’Utilitarisme,  Lettre à Ménécée Epicure, Sénèque, Epictète, Cicéron; Kant « idéal de l’imagination »; Pascal Les Pensées,…

Révisez la méthode du commentaire de texte et en particulier l’introduction.