Archives pour la catégorie histoire

Atelier dystopie Le passeur de Lois Lowry

Le Passeur de Lois Lowry est paru en 1993. Ce roman d’anticipation (science-fiction) met en scène Jonas, un jeune adolescent vivant dans une communauté bien spéciale. En effet, les citoyens sont réduits à leur cellule familiale au sein d’une société on ne peut plus contrôlée. Lorsque les habitants ressentent des « stimulations », ils doivent prendre une pilule dont ils ne connaissent pas le réel effet. Les citoyens ne peuvent vivre qu’une certaine variété d’émotions. Ils ne voient pas les couleurs et ne connaissent rien du passé et des générations antérieures. Ils suivent les ordres de « la voix », sans transgresser les règles claires. Cela dit, c’est à la cérémonie des douze ans, où tous les enfants se font attribuer leur fonction dans la communauté, que tout va changer. En effet, Jonas est sélectionné pour être le nouveau dépositaire de la Mémoire: celui qui conserve tous les souvenirs du passé afin que les gens de la communauté puissent vivre sans les douleurs qu’apportent ces souvenirs. Jonas devient alors conscient de ce dont on l’a privé, lui et toute sa communauté, durant ces dernières décennies. Cette prise de conscience amène Jonas à se rebeller afin que les souvenirs soient à nouveau communs. Ce roman présente une société idyllique, mais aucunement consciente de tout ce qui l’entoure. La lecture de cette œuvre peut amener les élèves à réfléchir philosophiquement sur des sujets qui sont toujours d’actualité. Cela permet d’établir des liens entre notre société et celle dépeinte dans le roman de Lowry.

A partir de l’adaptation cinématographique The Giver

Extraits :

0.00 – 3.22 : Peut-on oublier la liberté au nom de la société ? – Les hommes peuvent-ils en même temps être libres et égaux ? – La différence est-elle une menace ?

5.07-6.08 : Sommes-nous définis par nos actions ? – Sommes-nous ce que la société fait de nous ? – Qui suis-je ?

14.33-21.00 : dangerosité du savoir, Doit-on modifier la nature dans l’intérêt de l’homme ? – L’homme est-il maître et possesseur de la nature ? La connaissance est-elle la condition de notre liberté ? // Allégorie de la caverne LVII La République.

Le passé est-il utile au présent ? – A quoi sert l’Histoire ? Peut-on être indifférent à l’Histoire ? Peut-on oublier le passé quand il est douloureux ? L’oubli est-il une condition du bonheur . // Nietzsche Considérations inactuelles Toute vérité est-elle bonne à entendre ? Le savoir rend-il supérieur ? Etre le seul à savoir, est-ce un avantage ? Peut-on avoir raison contre tous ? oubli // enfance, « perfectibilité » Rousseau

24.00 -26.37 : La perception est-elle incommunicable ? La perception est-elle individuelle ? relative, singulière ? Etre identique est-ce nécessaire pour le bien de tous ? Etre égaux est-ce identiques ? L’oubli de la souffrance rend-il heureux ?

bonheur/ beauté Peut-on se priver, se passer de beauté pour être heureux ? pour le bien ? Jackson expérience de pensée sur la couleur.

connaitre la nature d’une chose est-ce la même chose que la vivre ? Peut-on se passer de l’expérience pour connaître ?

image de la pomme // Genèse fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal

39.00 – 41.40 : religion culture diversité connaissance vérité tolérance bonheur Machiavel réalisme politique / idéalisme politique Kant perfectibilité idéal régulateur

47.00- 50.00 : Faut-il oublier le passé pour être heureux ? La mémoire est-elle un fardeau ? Faut-il se libérer du passé , Est_ce moral de priver quelqu’un de sa mémoire ? identité, responsabilité // Locke Essai sur l’entendement humain ; oubli de la culture, loi de l’amnistie

52.00- 56.40 : Ceux qui savent ont-ils le devoir de tout révéler ? La vérité est-elle toujours bonne à savoir ? Les émotions sont-elles la condition de la moralité ? la morale est-elle relative aux mœurs de la société ?

langage et pouvoir « élargissement », Novlangue, euphémisme, valorisation d’un terme négatif

1h21 : les émotions ont-elles raison ? nous rendent-elles aveugles ? nous peuvent-elles de notre libre-arbitre ? Doit-on avoir confiance en l’homme ? peut-on faire confiance à l’humanité ? L’homme est-il naturellement, nécessairement égoïste ?  Vivre en société implique-t-il nécessairement une perte de liberté ? Hobbes/Rousseau

Allégorie de la Caverne LVII République Platon, Cratyle Platon, Banquet Réminiscence, oracle de Delphes

Le meilleur des monde Huxley (soma) Equilibrium , 1984 Orwell (novlangue, Histoire) Matrix Wachowski, Globalia Ruffin, The Truman Show Peter Weirn, The island (l’île élargit)de Michael Bay, Le soleil vert Richard Fleischer

L’action politique doit-elle être guidée par la connaissance de l’histoire ?

Doit-on tout attendre de l’Etat ?

Les hommes ont-ils besoin d’être gouvernés ?

Connaissons-nous mieux le présent que le passé ?

Que peut la raison pour exclure la violence ?

Le projet de maîtriser la nature est-il raisonnable ?

L’émotion est-elle une force ou une faiblesse ?

Cf. Texte sur l’enjeu du langage 

Le contrôle des mots dans 1984 d’Orwell

Expérience de pensée sur les couleurs 

https://amara.org/en/videos/xYZ8dqrL7oBV/fr/1765855/

Philosophe en méditation Rembrandt

Corrigé- Qu’est-ce qu’un héritage ?

Introduction = Problématiques vues en cours

I Critiques de l’héritage

  • A : C’est une entreprise vaine
  • B : narcissique
  • C : injuste

A : L’héritage s’ancre dans la finitude humaine. D’abord parce que seul l’homme hérite comme tel, l’animal ne reçoit qu’un patrimoine génétique (l’hérédité), il n’a pas de culture à transmettre (de biens matériels (outils, art) ni immatériels (savoir-faire, valeurs, traditions…). Rousseau appelle cela la perfectibilité. L’homme, seul, est capable de se perfectionner mais il est aussi le sujet « sujet à devenir imbécile » (Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes) Ensuite parce que l’héritage suppose le décès de celui qui transmet. La mort est donc la condition du lègue. Nous ne transmettrions rien si nous n’avions pas le sentiment que quelque chose pourrait être perdu. La valeur de l’héritage tient à sa fragilité.C’est la raison fondamentale du désir, de l’amour pour Diotime dans le Banquet de Platon. L’homme fini cherche à créer et procréer pour se rendre immortel. L’homme pourrait transmettre à ses enfants, ou l’humanité des biens et vivraient à travers eux. L’héritage est un moyen de conjurer le sort réservé à tout ce qui est fini dans l’humanité = l’oubli. Mais n’est-ce pas en vain que l’homme cherche ainsi à s’éterniser ? Parce que la mort est également la ruine de l’héritage. Le risque que ce dernier disparaisse, soit faussé, altéré demeure inexorablement.

Exemple =

B- Vaine, cette entreprise est également vaniteuse. On pourrait penser ,à première vue, qu’au contraire l’héritage est un don de la part de la personne décédée, gratuit et désintéressé puisqu’elle n’est plus. Ce serait même le don par excellence puisqu’il n’y aurait aucun moyen de rendre, de donner en retour par principe. Mais si on ne s’intéresse plus aux fins immédiates du geste mais aux fins lointaines. Pourquoi transmettre ? Pourquoi chercher à léguer un patrimoine matériel ou culturel si ce n’est pour se continuer ? Si, comme on l’a vu, l’héritage prend racine dans la finitude humaine, il appelle, comme tout don,  un contre-don (Marcel Mauss Essai sur le don) : celui de perpétrer son nom, de lui rendre hommage, de le commémorer. L’héritage ne serait donc que le fruit d’une volonté narcissique de laisser une trace sinon dans l’humanité du moins aux « siens ». En leur donnant, je confirme leur appartenance à MA famille. Je leur permets de progresser et du même coup de matérialiser mon égocentrisme. Je vis à travers eux, ils vivent grâce à moi. C’est finalement un échange de bons procédés dans lequel celui qui apparemment se dépossède, est gagnant.

Ex=

C : C’est d’ailleurs ce qui pourrait constituer également l’injustice de l’héritage. En effet, d’un point de vue social, l’héritage pourrait sembler illégitime car il ne ferait que perpétrer des inégalités (parfois obtenues par l’esclavage, le colonialisme ou le féodalisme) de richesse. Une société juste serait alors une société dans laquelle le mérite et le travail primeraient sur l’héritage, seul moyen de garantir « l’égalité de point de départ » (égalité des chances) que prône Bakounine dans son Catéchisme révolutionnaire (1865).Il préconise même l’abolition de l’héritage et la fonde sur le fait que « tous les droits individuels, politiques et sociaux, sont attachés à l’individu réel et vivant. Une fois mort il n’y a plus ni volonté fictive d’un individu qui n’est plus et qui, au nom de la mort, opprime les vivants. » Pour des raisons similaires, la suppression de l’héritage des moyens de production et d’échange est l’une des dix mesures transitoires proposées par Karl Marx et Friedrich Engels dans le « Manifeste du parti communiste » (1848).

Cf. Bourdieu

Transition = L’abolition de l’héritage semble être la condition pour progresser socialement et intellectuellement.

II – Il faut donc rompre avec l’héritage et privilégier le courage, l’effort et l’autonomie pour progresser socialement et intellectuellement.

A- Rompre avec l’héritage c’est faire preuve de courage (héritage =lâcheté)

Allégorie de la caverne : il faut critiquer les opinions, l’héritage qui se perpétue par tradition, notamment intellectuel où règne l’argument d’autorité. La tradition en plus de ne pas être un fondement légitime de la justice ne saurait être justifié dans le domaine du savoir

Descartes =« Nous avons tous été enfants avant que d’être hommes. »

Cette phrase est tirée du Discours de la méthode (1637) de Descartes, seconde partie.

« Je pensai que, pour ce que nous avons tous été enfants avant que d’être hommes, et qu’il nous a fallu longtemps être gouvernés par nos appétits et nos précepteurs, qui étaient souvent contraires les uns aux autres, et qui, ni les uns ni les autres, ne nous conseillaient peut-être pas toujours le meilleur, il est presque impossible que nos jugements soient si purs ni si solides qu’ils auraient été si nous avions eu l’usage entier de notre raison dès le point de notre naissance, et que nous n’eussions jamais été conduits que par elle. »

objectif = refonte du système des sciences, rompre, détruire les opinions incertaines.

B- L’héritage est un frein au progrès car il est synonyme d’oisiveté.

Éloge du travail contre l’oisiveté de l’héritage Kant (paresse) Qu’est-ce que les Lumières ?

Kant montre que ce qui empêche les mineurs de penser par eux-mêmes est d’abord la paresse.

« Les lumières, c’est pour l’homme sortir d’une minorité qui n’est imputable qu’à lui. La minorité, c’est l’incapacité de se servir de son entendement sans la tutelle d’un autre. C’est à lui seul qu’est imputable cette minorité dès lors qu’elle ne procède pas du manque d’entendement, mais du manque de résolution et de courage nécessaires pour se servir de son entendement sans la tutelle d’autrui. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement : telle est donc la devise des Lumières.
    La paresse et la lâcheté sont causes qu’une si grande partie des hommes affranchis depuis longtemps par la nature de toute tutelle étrangère, se plaisent cependant à rester leur vie durant des mineurs ; et c’est pour cette raison qu’il est si aisé à d’autre de s’instituer leurs tuteurs. Il est si commode d’être mineur. Si j’ai un livre qui a de l’entendement pour moi , un directeur spirituel qui a de la conscience pour moi, un médecin qui pour moi décide de mon régime etc., je n’ai pas besoin de faire des efforts moi-même. Je ne suis point obligé de réfléchir, si payer suffit ; et d’autres se chargeront pour moi l’ennuyeuse besogne. »

Cette condamnation de l’héritage s’enracine dans un éloge du travail qui humanise l’homme. Il y a donc un enjeu moral à condamner l’héritage. Ce que l’on retrouve également dans la condamnation de l’héritage juridique et économique par les saint simoniens, Aristote et plus récemment Nobel et Keynes.

Au début du XIXe siècle, le droit d’héritage est considéré par les saint-simoniens comme générateur d’une classe d’oisifs et de parasites. Ils préconisent donc de le supprimer et de faire de l’Etat le seul héritier.
Voir des extraits de l’ouvrage d’Emile Durkheim, « Le socialisme » (1928), sur la question de l’héritage chez les saint-simoniens.

Inventeur de la dynamite, le chimiste et industriel suédois Alfred Nobel (1833-1896) fit don de sa fortune, par testament, à une fondation qui porte son nom. Cette dernière devait, grâce à des placements de toute sécurité, créer un prix annuel (prix Nobel) pour récompenser des bienfaiteurs de l’humanité dans les domaines de la physique, de la chimie, de la physiologie et de la médecine, de la littérature, et de la paix auxquels, depuis 1969, se sont rajoutés les sciences économiques. Alfred Nobel s’interrogeait à la fois sur l’effet des héritages sur la réussite individuelle et sur l’intérêt économique et social des rentes de capital.
« Ils vont trop souvent à des incapables et n’apportent que des calamités par la tendance à l’oisiveté qu’ils engendrent chez l’héritier. Un adage populaire dit « la première génération crée la fortune, la seconde la fait fructifier, la troisième la dilapide ». »

L’économiste John Maynard Keynes (1883-1946) s’interrogeait sur ce drame du système capitaliste, cette boulimie qui conduit à une accumulation sans fin du capital, n’ayant d’autre objectif que l’accumulation. « Je vois une solution immédiate, il faut matraquer l’héritage tant qu’on peut. Là aussi, c’est frapper le capitalisme au cœur. » Quant à l’inflation, elle a, selon lui, de mérite de provoquer « l’euthanasie du rentier ».

La chrématistique (de chrèmatistikos, qui concerne la gestion ou la négociation des affaires et plus particulièrement les affaires d’argent ; ta chrèmata, les richessesou deniers) est une notion créée par Aristote pour décrire la pratique visant à l’accumulation de moyens d’acquisition en général, plus particulièrement de celui qui accumule la monnaie pour elle-même et non en vue d’une fin autre que son plaisir personnel. Aristote condamne cette attitude.Aristote introduit deux formes possibles de chrématistique : la chrématistique naturelle et commercialeLa seconde forme de chrématistique est radicalement différente et est liée au fait de « placer la richesse dans la possession de monnaie en abondance ». C’est l’accumulation de la monnaie pour la monnaie (la chrématistique dite « commerciale ») qui, selon Aristote, est une activité « contre nature » et qui déshumanise ceux qui s’y livrent : en effet, toujours selon Aristote, l’homme est par nature un « zoon politikon », animal politique (politikos, citoyen, homme public). Et dans de nombreux textes, Aristote précise bien qu’il est « fait pour vivre ensemble » ou encore « en état de communauté ». C’est de ce point de vue qu’Aristote se place lorsqu’il déclare que la politique consiste avant tout à « organiser et maintenir l’état d’amitié entre les citoyens ». Ainsi, suivant l’exemple de Platon, il condamne le goût du profit et l’accumulation de richesses. En effet, la chrématistique commerciale substitue l’argent aux biens ; l’usure crée de l’argent à partir de l’argent ; le marchand ne produit rien : en l’absence de règles strictes visant leurs activités et d’un contrôle de la communauté dans son ensemble, tous sont condamnables d’un point de vue politique, éthique et philosophique.Partant de ce point de vue, Aristote traite la chrématistique comme un ensemble de ruses et de stratégies d’acquisition des richesses qui permet, aussi, un accroissement du pouvoir politique. Ainsi, il la condamnera toujours en tant que telle et donnera une place beaucoup plus importante à l’économie.

C  = Le progrès ne se conquiert qu’à condition d’abandonner les illusions de la nostalgie mortifère et paralysante, (« c’était mieux avant »).  Toute prétention nostalgique de retrouver la pureté, l’authenticité du passé, de transmettre fidèlement l’héritage et de s’y conformer ,en plus d’être vaine, a des allures de fanatisme idéologique, de dogmatisme. La sacralisation du passé est une haine de soi, du présent et une négation du futur.

Transition =  -A ce stade,  l’héritage semble illégitime en tous points. Mais ne peut-on pas penser un bon héritage ? Peut-on réellement se passer d’héritage, qui plus est, pour progresser ? Que serait une société sans héritage ?

III Ni répétition nostalgique du passé ni rupture, discontinuité, l’homme a le devoir moral d’assimiler et transmettre son héritage.

A-Une société sans héritage serait tout aussi morte que celle qui cherche à le conserver intact à tout prix. L’Histoire comme gardienne féroce du passé empêcherait certes toute évolution, réforme, progrès Mais rompre avec le passé condamnerait tout autant à la stagnation, à un éternel retour du même. En effet, si la condition de l’homme en fait un être culturel « par nature », il serait naïf de croire qu’on pourrait progresser sans héritage.

Comment hériter dans ce cas sans retomber dans cette recherche obsessionnelle de l’authenticité ? Comment être fidèle aux héritiers en « trahissant » l’héritage ?

B- Une société sans héritage se condamnerait à revivre son passé.

1-moralement, guerres,  => nécessité de tirer les enseignements de ses héritages (expliquer cela malgré la non reproductibilité des faits passés)

2- scientifiquement, artistiquement, techniquement

La condition pour bien hériter serait de s’inscrire dans les chainons de l’histoire en étant soi-même inventeur, créateur. Hériter de la démarche et non de contenu.Un bon héritage transmet tout en maintenant vivant et non en embaumant ce qu’il reçoit.

Pascal Préface au Traité du vide « l’homme est produit pour l’infinité » « à leur exemple en faire les moyens et non pas la fin de notre étude, et ainsi tâcher de les surpasser en les imitant. » Pour Pascal, le véritable hommage, la meilleure façon d’hériter des travaux de ses prédécesseurs est d’imiter leurs démarches plus que leurs doctrines. En ce sens, critiquer, remttre en cause la théorie, c’est le respecter, faire ce que lui-même à fait en son temps.

https://coursphilosophieperre.weebly.com/uploads/6/0/1/6/60165137/pascal_pr%C3%A9face_trait%C3%A9_du_vide_instinct_raison_commentaire.pdf

https://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/logphil/oeuvres/pascal/vide/vide1.htm

http://www.lettresenligne.net/references/Pascalconnaissanceprogressivedelhumanite.pdf

Des nains sur des épaules de géants (en latin : nani gigantum humeris insidentes) est une métaphore attribuée à Bernard de Chartres, maître du XIIe siècle, utilisée pour montrer l’importance pour tout homme ayant une ambition intellectuelle de s’appuyer sur les travaux des grands penseurs du passé (les « géants »).

Citée par ses élèves Guillaume de Conches, puis Jean de Salisbury, elle est également utilisée au fil des siècles par divers scientifiques, comme Isaac Newton ou Blaise Pascal.

Au livre III du Metalogicon (1159), Jean de Salisbury fait dire à son maître Bernard de Chartres : « Nous sommes comme des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux. »

« Mais la plus grande douceur est d’occuper les hauts lieux fortifiés par la pensée des sages, ces régions sereines d’où s’aperçoit au loin le reste des hommes, qui errent çà et là en cherchant le chemin de la vie… »

— Lucrèce, De rerum natura, livre II, v.7 sqq.

Isaac Newton a ensuite revivifié cette formule, en déclarant : « Si j’ai vu plus loin, c’est en montant sur les épaules de géants2. »

Sur les épaules des géants (« On the shoulders of giants ») est le nom donné à la mission Apollo 17.

Le slogan, mis au singulier, (« Sur les épaules d’un géant ») est utilisé sur la page d’accueil de Google Scholar.

L’expression est aussi utilisée dans l’introduction de l’émission radiophonique Sur les épaules de Darwin animée par Jean-Claude Ameisen sur France Inter : « Sur les épaules de Darwin… Sur les épaules des géants ».

Marcel Gauchet fait référence à cette image en introduction du Désenchantement du monde : « nous sommes des nains qui ont oublié de monter sur les épaules de géants. Si l’altitude de leurs prouesses nous est interdite, le secours de leur taille nous reste offert ».

ex = hériter d’Aristote, ce n’est pas s’en tenir à sa physique qualitative mais s’inspirer de sa démarche, de son étonnement, de sa volonté de comprendre, et de tendre vers la vérité.

dette = devoir non pas de garder intact, inchangé, figé dans le temps, faire « revivre », répéter à l’identique mais au contraire de faire vivre, dans une nouvelle époque, nouveau contexte, préoccupations, enjeux…

Toute fondation est transgression mais pas rupture. Chaque maillon est origine, principe. Pour hériter, c’est-à-dire, devenir propriétaire de ce qu’on ne possède pas encore, il faut se l’assimiler, y laisser son cachet personnel à son tour. C’est un passage de témoin. Pour que l’héritage perdure, il faut le modifier, et ce en le gardant vivant. Si comme le dit Arendt, nous n’avons pas les clés pour comprendre notre héritage, c’est à nous de lui donner de la consistance, de l’interpréter, de le faire nôtre. On hérite de ce qui nous revient, de ce qu’on n’a pas encore, mais qu’on doit faire sien.

ex: ferme, musique, académie qui fige les canons de beauté / Impressionnisme contre les canons de l’Empire

C- Une société sans héritage, sans passé n’aurait pas d’identité ni conscience de sa responsabilité vis à vis des générations futures (devoir de transmettre)

-orphelin

-Cf. Article de Mattéi

-enjeux politiques, individuels …

-sen sentir commune appartenance à sa nation, mais aussi à l’humanité en général= partager une histoire, des valeurs, langue, références, connaissances,  fictions qui rassemblent les hommes du passé du présent et du futur.

d’autant plus important à cause du phénomène de la globalisation.

cf. Paradoxe de la globalisation Lévi Strauss = tendance à se résorber mais besoin d’une autre pour rester vivante.

Miroir de Cassandre Bernard Weber , Hans Jonas Éthique de la responsabilité

Conclusion 

Liberté, devoir de mémoire, art…

http://www.europe1.fr/emissions/la-morale-de-linfo/la-revolte-est-amour-et-fecondite-ou-elle-nest-rien-2765290

http://www.europe1.fr/emissions/la-morale-de-linfo/le-souvenir-est-une-condition-de-lavenir-2764258

http://www.europe1.fr/emissions/la-morale-de-linfo/mefiez-vous-de-votre-opinion-mais-faites-confiance-a-ce-que-vous-savez-deja-2762110

http://blog.franceculture.fr/raphael-enthoven/category/le-cycle-bac-philo-trousse-de-secours/

Cours : Etat et Société

Introduction : expérience de pensée politique 

https://www.afterclasse.fr/fiche/67/la-societe-et-l-etat/plan

Les questions : que vous vous êtes peut-être posés quand vous avez travaillé sur votre société :

Les hommes ont-ils besoin d’être gouvernés ?  corrigé 1 / corrigé 2 

Si oui pourquoi ?

Si non pourquoi ?

À quoi sert en priorité l’Etat ?

Qu’est-ce que fonde, légitime l’autorité ?

Pour quelles raisons s’associer ?

tout pouvoir est-il une usurpation ? faut-il le limiter ?

Faut-il choisir entre liberté et sécurité ?

aller voir le corrigé intégral du sujet : La politique est-elle l’affaire de tous ?

Pour la rentrée vous ferez le sujet suivant : la loi est-elle une garantie contre l’injustice ?

Les conditions du « pouvoir de », moyen d’agir sur le monde qui nous entoure

Quand on parle de pouvoir, on peut distinguer les expressions qui signifient « le pouvoir de » de celles qui visent « le pouvoir sur ». Les premières désignent le pouvoir qui ne s’exerce pas sur les personnes, pas directement du moins. Il peut prendre deux formes :
– « le pouvoir de » comme capacité (en fait) de faire, de créer, d’agir. C’est la volonté qui est ici mise en avant comme faculté d’atteindre un but, d’élaborer une stratégie pour réaliser quelque chose. Ce sens peut désigner tout autant la possibilité logique, la capacité technique, physique que le fait de ne pas craindre les conséquences (si on est paralysé par la peur, on est dans l’impossibili- té). Ce sens du pouvoir est susceptible de degrés : on peut avoir plus ou moins de capacité à faire quelque chose.

-« le pouvoir de » comme avoir le droit de; être autorisé (en droit), avoir la permission. Ce sens pose donc la question des lois ou des règles et de ceux qui les font appliquer. Il n’est pas susceptible de degrés. Le droit, on l’a ou on ne l’a pas.

Il y a donc un ensemble de conditions pour avoir le pouvoir, c’est-à-dire avoir la possibilité de faire quelque chose.

« Connais toi toi-même » disait Socrate. Si je sais ce que je peux et sais faire, quand et comment le faire, je pourrai davantage agir sur mon environnement. Être capable d’anticiper les conséquences, de mesurer les risques de mes actions, me permet de devenir responsable et d’agir en connaissance de cause. C’est le libre-arbitre, la capacité de décider réellement par moi-même. Enfin m’interro- ger sur les fins que je poursuis à travers mes actions, m’amène à questionner mes valeurs, ce qui compte pour moi. Il est donc aussi intéressant de se demander quel(s) pouvoir(s) on aimerait avoir et dans quel but, toujours dans l’optique d’une plus grande connaissance de soi.

On a vu dans un premier temps qu’il ne suffisait pas de pouvoir (en fait) pour pouvoir (en droit). Les femmes en France au début du 20è siècle, par exemple, pouvait techniquement voter mais pas juridiquement. Pour pouvoir faire quelque chose, il faut donc certes en avoir la capacité mais aussi que mon action soit permise par la loi. Or cette loi, qui la décide ? Celui qui détient l’autorité ? Le chef ?

Et si tout le monde a la capacité de faire quelque chose et le désire, on risque de se heurter au pouvoir des autres voire de laisser à celui qui a le plus de pouvoir (de force ou de charisme par exemple) la possibilité d’imposer son pouvoir sur les autres.

Origine et fondement du « pouvoir sur » (politique)

Avoir le « pouvoir sur » un ou des individus c’est lorsqu’une personne exige, ordonne, demande et qu’une autre se soumette, obéisse, accepte quelqu’en soit les raisons ou les moyens. Le « pouvoir sur » peut donc se définir comme la faculté d’exercer sur un homme ou un groupe d’individus une domination telle qu’on obtienne de lui/d’eux des actes, un comportement qu’il(s) n’aurai(en)t pas adopter spontanément. Car ce que le pouvoir a d’énigmatique, c’est qu’il ne peut fonctionner sans une certaine volonté des « dominés » à obéir. La force (pouvoir de) peut être un moyen du pouvoir mais ne saurait être tenue comme le fondement et l’origine du pouvoir. En effet, comme l’a montré Rousseau dans Le contrat social LI, §3, « le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir. ». Il faut ainsi distinguer puissance et pouvoir. L’essence du pouvoir est à chercher dans la nécessité pour les hommes de gérer la cité et ce par un ensemble de règles qui aménage et organise le vivre-ensemble. Le pouvoir devient donc la puissance autorisée à légiférer et à prendre des décisions. Se pose alors la question du fondement de la légitimité de cette autorité : la tradition ? Une personne charismatique ? La légiti- mité du système (démocratie) ? Enfin, le « pouvoir sur » est lui aussi pluriels : le pouvoir des parents sur leurs enfants, des enseignants sur leurs élèves, du médecin sur ses patients, sur soi … Comment s’exerce-t-il ?

Utilisation du pouvoir et rapport avec la morale

« C’est moi le chef ! » Nombreuses sont les situations où l’enfant teste son pouvoir sur son en- tourage, cherche à l’imposer et pas toujours pour de bonnes raisons. Lorsque l’on prend conscience que son « pouvoir de » peut devenir un « pouvoir sur », il est tentant de l’utiliser dans son propre intérêt.

Ce phénomène se retrouve au sein du pouvoir politique. Une distinction intéressante pour éclairer la question est celle entre pouvoir et autorité. Celui qui a une autorité naturelle sur les autres a d’em- blée le pouvoir. L’inverse n’est pas forcément vrai. Mais quelqu’un qui a de l’autorité est-il nécessairement un bon chef ? Tout dépend du bien commun qui est visé. C’est pourquoi le pouvoir poli- tique doit se prémunir contre des dérives autoritaires. S’interroger sur le pouvoir, c’est donc recher- cher le meilleur pouvoir, le plus juste et le plus efficace; c’est réfléchir aux exigences ou aux con- ditions auxquelles devrait satisfaire celui qui détient et représente le pouvoir politique.

On peut penser à ce titre aux propos de Montesquieu dans De l’esprit des lois, IX, VI, « c’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser : il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites […], il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir »

Mais comment bien gouverner ? Qu’est-ce qu’un bon chef ? Il n’est pas toujours aisé de déterminer

selon quel principe il faudrait gouverner étant donné la contingence des affaires humaines (fluctuations économiques, imprévus climatiques, guerres, épidémies, conflits sociaux…) ? La politique est,

en effet, selon Carl Schmitt, le régime permanent de l’exception. C’est ce que Machiavel nomme la fortune dans le Prince. On peut néanmoins s’assurer d’un droit de regard sur les décisions qui sont prises par ceux qui nous gouvernent car ces derniers ne possèdent pas le pouvoir mais le reçoivent de tous par délégation. Chacun consent à transférer son pouvoir naturel, son autorité dans les mains d’un représentant qui va être son porte-parole, sa procuration. Dès lors que ce contrat n’est pas respecté, il y a usurpation. Le pouvoir de (parler, décider, représenter) se transforme en pouvoir sur les hommes. Si la charge politique mute en récompense ou position avantageuse et que les compétences prétendues ne servent pas l’intérêt général alors le pouvoir politique n’est pas légitime et tous peuvent le contester. Cette contestation n’est pas systématique car beaucoup préfèrent ne pas avoir à décider par eux-mêmes. « Il est si aisé d’être mineur » disait Kant dans Qu’est-ce que 5les Lumières . C’est ce qui confère son sens et sa force au devoir de désobéissance théorisé par Thoreau dans son essai sur Le devoir de Désobéissance Civile, comme le refus de se soumettre à une loi jugée inique par ceux qui la contestent

Le tyran affirmait « Je suis le maître, je peux tout. ». Epictete lui répondait « Tu n’as aucun pouvoir sur moi » (Entretiens, Livre I, 52) : joli résumé des différents sens du pouvoir.
Le stoïcisme est une philosophie qui se construit autour de la notion de pouvoir, notamment par cette distinction fondamentale entre ce qui dépend de nous (l’usage de nos représentations, la pen- sée) et ce qui ne dépend pas de nous (tout le reste, notre corps, les autres, la mort…) qui permet d’une part d’affirmer de manière radicale la liberté de penser et d’autre part de rendre possible le bonheur face aux facticités de l’existence humaine. Ce qui trouble les hommes et les empêchent d’être heureux est le fait qu’ils désirent ce qu’ils ne peuvent changer et regrettent ce qu’ils ne peu- vent plus changer. Ainsi il y a déséquilibre entre désir, pouvoir et réalité. Il faut pour un stoï- cien proportionner ses désirs à son pouvoir, pouvoir qui se résume par la capacité de changer ses représentations et la valeur que l’on accorde aux choses. Le stoïcisme est donc cette prise de con- science d’une part que désirer l’impossible entraine la déception ou la frustration mais d’autre part que ceci n’est pas une raison pour être fataliste et accepter la soumission des hommes. Le pouvoir est donc avant tout le pouvoir sur soi, de s’affirmer et de défendre ses valeurs.

Or obéir à une loi que l’on juge inique n’est pas obéir, c’est se soumettre, c’est nier ses propres va- leurs. Ainsi le premier pouvoir, le plus important à développer, c’est celui de délibérer, condition du sens critique. Si obéissance et soumission sont deux choses différentes, c’est qu’il peut y avoir parfois de bonnes raisons de désobéir. Cette idée est déjà présente chez Saint Augustin lorsqu’il af- firmait :

« Oserons-nous dire que ces lois sont injustes, ou plutôt qu’elles ne sont pas des lois? Car à mon avis, une loi injuste n’est pas une loi. » Saint Augustin, Traité du Libre Arbitre, chapitre V

Face à l’arbitraire et le caractère oppressif de certains pouvoirs, il faut savoir sortir de son inertie, sa léthargie intellectuelle pour exercer son pouvoir de penser et de s’exprimer.

Demeure la question des moyens. Comment exprimer sa révolte ? Son désaccord ? Faut-il répondre à la force par la force au risque de se rendre coupable de ce que l’on condamne ?…

 

une autre question de fond à se poser à toute interrogation politique est :

l’homme est-il naturellement sociable ?

1-première hypothèse :

Si c’est dans sa nature de vivre ensemble, de rechercher la compagnie d’autrui, il réalisera son essence d’homme dans la société dont le politique est l’organisation.

Ainsi, les hommes, les individus sont redevables, sont « les obligés » de la société puisqu’ils lui doivent tout (leur essence !!). Pour toute question politique, on partira du tout, de la société mais pas de l’individu. Ainsi par exemple, Platon s’interroge dans La République, sur la Cité juste sans jamais se poser la question des droits des individus. L’injustice est un déséquilibre, une maladie interne. Par analogie, un homme sera injuste comme une Cité : la raison ne contrôle plus le désir et la fougue (force d’action) (attelage cocher deux chevaux Le Phèdre ). Ainsi pour Platon, le but de la punition c’est la guérison.

Une Cité sera juste si elle a à sa tête la raison, c’est-à-dire, le philosophe, une classe de gardiens (le coeur) et une classe productrice (artisans, paysans), chacun occupant la place que sa nature lui a destinée. Ceci n’est pas sans rappeler les dérives totalitaires du 20è siècle, ou des dystopies comme Le meilleur des monde d’Huxley.

Aristote, toujours dans une perspective holiste, fait la genèse, la généalogie de la Cité dans les Politiques. Il considère que « l’homme est un animal politique », c’est-à-dire que c’est dans sa nature, dans son essence de vivre avec ses congénères dans une société organisée.  En dehors de la Cité, il est « soit une brute soit un dieu » autrement dit il n’est pas un homme. Ainsi il décrit un processus passant de la famille au village à la Cité correspondant à la satisfaction toujours plus importante des besoins et leur complexification (survivre, vivre, bien vivre ). La Cité est le stade ultime : l’homme peut se consacrer à des activités proprement humaines libéré des tâches uniquement serviles (en partie grâce à l’esclavage). Il y a des dominés (faits pour) et des dominants (faits pour). La Cité est la fin chronologique du processus mais aussi la fin logique ( le but, la cause finale, ce qui était déjà en germe  dès le départ). L’homme ne réalise son essence que dans la Cité (polis en grec) ainsi il lui doit tout et ne vit pas cela comme une contrainte. D’ailleurs Aristote, en penseur finaliste, explique cela par la présence en l’homme de la parole : les hommes ont été dotés de la parole pour pouvoir échanger sur le juste et l’injuste et l’utile et le nuisible. CF. le mythe de Prométhée : justice et pudeur en plus du feu et de la connaissance des arts.

Pour la théorie de Machiavel, je vous renvoie au cours sur la morale.

Hobbes est un grand théoricien politique. Il présente un individualisme politique = l’individu est premier, la société seconde. L’homme est homme avant, indépendamment de sa place dans la société. La société n’existerait pas sans lui, ainsi elle lui doit protection, sécurité, assurance. Rousseau s’opposera à Hobbes car il considère qu’on ne peut sacrifier sa liberté contre la sécurité et donc s’oppose à un pouvoir absolu, arbitraire, au dessus des lois.he vous renvoie au cours sur la liberté et la vidéo.

Kant et Schopenhauer s’intéresseront à la sociabilité de l’homme. Kant ne considère pas comme Hobbes que l’homme vit comme une contrainte sa mise en société et qu’il est seulement égoïste et calculateur. Il reconnait sa part d’insociabilité mais aussi le plaisir qu’il a à côtoyer d’autres hommes pour développer ses facultés (pensée, dialogue..). Il met donc en évidence son « insociable sociabilité ». L’homme aime la compagnie des hommes mais ne la supporte pas !! paradoxe qui pour Kant est le moteur de l’histoire et est à l’origine des progrès de l’humanité. En effet, qu’est-ce qui pousse les hommes naturellement paresseux à se dépasser, à améliorer, progresser…? Non la vertu du travail, le gout de l’effort ! mais les vices, la cupidité, la jalousie, l’avarice… En vérité, l’homme cherche non pas être meilleur, mais meilleur qu’autrui. Ainsi le désir est encore une fois désir mimétique.

Schopenhauer soutient une thèse similaire en comparant les hommes à des porcs épics qui aiment la chaleur des autres pour se tenir chaud l’hiver mais ne supportent pas la proximité et le vivre-ensemble (ils se piquent avec leurs épines). Sans doute alors est-il question de juste milieu, bonne distance pour vivre ensemble…

Max Weber, en sociologue, s’interroge sur les croyances qui font considérer comme légitimes un régime politique, ou un chef d’Etat. Il en dégage trois principales :

-la tradition : « hérédité », ancêtres…

-le charisme : chef de guerre, héros…

-la justice du système : ex la démocratie

Il dit en outre que « l’Etat a le monopole de la violence légitime » : non qu’il justifie l’usage de la violence par l’Etat (il ne fait pas son Machiavel) mais plutôt que ce qui différencie une association, un groupe (ex: mafia) de l’Etat c’est la croyance des individus en la légitimité de cet usage et surtout la puissance que doit avoir cette force = l’Etat doit avoir la capacité de faire usage de sa force et protéger son peuple, il doit faire montre de sa puissance.

Enfin pour Stirner, un anarchiste, dans L’unique et sa propriété, « Tout Etat est par nature despotique ». Il justifie cela en disant que on peut très bien changer d’avis après le vote et devoir garder ce chef. Or ici ce qu’il reproche à l’Etat ne tient qu’à la faiblesse de sa propre volonté, de son incapacité à s’engager, choisir et s’y tenir (cf homme perdu dans la forêt Descartes). Néanmoins, ce qui est intéressant dans la théorie anarchiste, c’est non pas une glorification du chaos, du désordre (ce que l’on a trop tendance à croire) mais un éloge de l’autonomie, c’est-à-dire la capacité de l’homme à être raisonnable sans avoir besoin de lois (sans foi, ni loi/ ni dieu ni maitre). Ainsi non pas l’absence de lois mais la capacité de s’en donner et de les suivre.

Peut-on être indifférent à l’histoire ?

Cette dissertation volontairement très complète vous sert de cours sur l’histoire. Vous pouvez aussi vous reporter à cet article.

Peut-on être indifférent à l’histoire ?

Questions :

1-Quels sont les deux sens du mot histoire ?

2-Qu’arrive-t-il à celui qui ignore son passé selon R.Aron ?

3-Quel est l’objet de l’histoire selon R.Aron ?

4-Pourquoi faut-il être hors de l’histoire pour pouvoir l’écrire ? (deux réponses)

5-Un témoin de l’histoire peut-il la faire (l’écrire) ? Pourquoi l’histoire est toujours écrite a posteriori ?

6-Pourquoi un fait historique est-il toujours construit ? (interprété)

7-Qu’est-ce qui distingue un fait historique d’un fait naturel ?

8-Que signifie, pour Benedetto Croce, le fait qu’un historien nous renseigne plus sur sur époque que sur le passé qu’il étudie ?

9-Pourquoi l’histoire est-elle toujours à reconstruire ? Peut-on dépasser la subjectivité de l’historien ?

10- Pourquoi l’histoire est-elle une science molle ? pourquoi comprend-elle mais n’explique pas ?

11- Que désigne la « bonne subjectivité » pour Ricoeur ou la sympathie pour Marrou ?

12-Quels sentiments peuvent corrompre le travail de l’historien ?

13-Quelle faculté est nécessaire pour faire de l’histoire ? En quoi l’oubli est-il nécessaire ?

14-A quoi sert l’histoire?

15- En quoi l’histoire est-elle utile à l’homme politique pour Machiavel ?

16-Peut-on tirer des leçons du passé ? Si oui pourquoi ? Si non pourquoi ?

17-Quel est le risque pour une histoire de ne s’intéresser qu’aux faits actuels ?

18- Expliquez la phrase de R. Aron « l’homme n’a vraiment un passé que lorsqu’il a conscience d’en avoir un. ».

19-Le passé est-il un fardeau pour Sartre ?

20-Qu’est-ce que le devoir de mémoire ? Pourquoi doit-on se remémorer ?

Améliorer votre culture générale !

Frise chronologique

Les émissions radios et télé à suivre

(Pensez que vous pouvez généralement les revoir ou les réécouter sur Internet)

Au fil de l’actualité

  • « C à dire ?! » : France 5, du lundi au vendredi 17h30
  • « C dans l’air » : France 5, tous les jours à 17h45
  • « C politique » : France 5, dimanche à 17h40
  • « Entre les lignes » : LCP, le vendredi à 19h30, le samedi à 12h30 et le dimanche à 14h
  • « La marche de l’histoire » : France Inter, du lundi au vendredi à 13h30

Questions d’économie

  • « On n’arrête pas l’éco » : France Inter, le samedi à 9h13
  • « L’éco du jour » : France Inter, du lundi au vendredi de 7h49 à 7h52
  • « Le club de l’économie » : LCI, vendredi à 20h10, samedi à 13h10 et à 16h10
  • « Les clés de l’éco » : iTélé, dimanche à 11h35, 14h05, 15h05 et 16h35

Côté culture

  • « Les Carrefours de Lodéon » : France Inter, du lundi au jeudi de 16h à 17h
  • « Masse critique » : France Culture, le dimanche à 19h
  • « Metropolis » : Arte, le samedi à 14h45

Axé sciences

  • « La tête au carré » : France Inter, du lundi au vendredi à 14h
  • « CO2 mon amour » : France Inter, le samedi à 14h
  • « X:enius » : Arte, du lundi au vendredi à 8h25, 13h00 et 18h30
  • « Science publique » : France Culture, le vendredi à 14h

Plongée dans l’histoire et la géographie

  • « Le dessous des cartes »: Arte, le samedi à 17h45, le mercredi vers 22h30 et rediffusé le samedi à 11h45. TV5, le dimanche à 13h45
  • « Arte histoire » : magazine web dédié à l’histoire – www.arte.tv
  • « Planète Bac » : Planète – www.lachaineplanete.com
  • « Les Lundis de l’histoire » : France Culture, le lundi de 15h à 16h
  • « La Fabrique de l’Histoire » : France Culture, du lundi au vendredi de 9h05 à 10h

De quoi philosopher

  • « Philosophie » : Arte, le dimanche à 12h30
  • « Les Nouveaux chemins de la connaissance »: France culture, du lundi au vendredi à 10h

Une chaîne dédiée au bac

« Campus Bac », une chaîne éphémère et gratuite pour les abonnés de CanalSat du 12 mai au 22 juin 2012.