Category Archives: histoire

Atelier dystopie Le passeur de Lois Lowry

Le Passeur de Lois Lowry est paru en 1993. Ce roman d’anticipation (science-fiction) met en scène Jonas, un jeune adolescent vivant dans une communauté bien spéciale. En effet, les citoyens sont réduits à leur cellule familiale au sein d’une société on ne peut plus contrôlée. Lorsque les habitants ressentent des « stimulations », ils doivent prendre une pilule dont ils ne connaissent pas le réel effet. Les citoyens ne peuvent vivre qu’une certaine variété d’émotions. Ils ne voient pas les couleurs et ne connaissent rien du passé et des générations antérieures. Ils suivent les ordres de « la voix », sans transgresser les règles claires. Cela dit, c’est à la cérémonie des douze ans, où tous les enfants se font attribuer leur fonction dans la communauté, que tout va changer. En effet, Jonas est sélectionné pour être le nouveau dépositaire de la Mémoire: celui qui conserve tous les souvenirs du passé afin que les gens de la communauté puissent vivre sans les douleurs qu’apportent ces souvenirs. Jonas devient alors conscient de ce dont on l’a privé, lui et toute sa communauté, durant ces dernières décennies. Cette prise de conscience amène Jonas à se rebeller afin que les souvenirs soient à nouveau communs. Ce roman présente une société idyllique, mais aucunement consciente de tout ce qui l’entoure. La lecture de cette œuvre peut amener les élèves à réfléchir philosophiquement sur des sujets qui sont toujours d’actualité. Cela permet d’établir des liens entre notre société et celle dépeinte dans le roman de Lowry.

A partir de l’adaptation cinématographique The Giver

Extraits :

0.00 – 3.22 : Peut-on oublier la liberté au nom de la société ? – Les hommes peuvent-ils en même temps être libres et égaux ? – La différence est-elle une menace ?

5.07-6.08 : Sommes-nous définis par nos actions ? – Sommes-nous ce que la société fait de nous ? – Qui suis-je ?

14.33-21.00 : dangerosité du savoir, Doit-on modifier la nature dans l’intérêt de l’homme ? – L’homme est-il maître et possesseur de la nature ? La connaissance est-elle la condition de notre liberté ? // Allégorie de la caverne LVII La République.

Le passé est-il utile au présent ? – A quoi sert l’Histoire ? Peut-on être indifférent à l’Histoire ? Peut-on oublier le passé quand il est douloureux ? L’oubli est-il une condition du bonheur . // Nietzsche Considérations inactuelles Toute vérité est-elle bonne à entendre ? Le savoir rend-il supérieur ? Etre le seul à savoir, est-ce un avantage ? Peut-on avoir raison contre tous ? oubli // enfance, « perfectibilité » Rousseau

24.00 -26.37 : La perception est-elle incommunicable ? La perception est-elle individuelle ? relative, singulière ? Etre identique est-ce nécessaire pour le bien de tous ? Etre égaux est-ce identiques ? L’oubli de la souffrance rend-il heureux ?

bonheur/ beauté Peut-on se priver, se passer de beauté pour être heureux ? pour le bien ? Jackson expérience de pensée sur la couleur.

connaitre la nature d’une chose est-ce la même chose que la vivre ? Peut-on se passer de l’expérience pour connaître ?

image de la pomme // Genèse fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal

39.00 – 41.40 : religion culture diversité connaissance vérité tolérance bonheur Machiavel réalisme politique / idéalisme politique Kant perfectibilité idéal régulateur

47.00- 50.00 : Faut-il oublier le passé pour être heureux ? La mémoire est-elle un fardeau ? Faut-il se libérer du passé , Est_ce moral de priver quelqu’un de sa mémoire ? identité, responsabilité // Locke Essai sur l’entendement humain ; oubli de la culture, loi de l’amnistie

52.00- 56.40 : Ceux qui savent ont-ils le devoir de tout révéler ? La vérité est-elle toujours bonne à savoir ? Les émotions sont-elles la condition de la moralité ? la morale est-elle relative aux mœurs de la société ?

langage et pouvoir « élargissement », Novlangue, euphémisme, valorisation d’un terme négatif

1h21 : les émotions ont-elles raison ? nous rendent-elles aveugles ? nous peuvent-elles de notre libre-arbitre ? Doit-on avoir confiance en l’homme ? peut-on faire confiance à l’humanité ? L’homme est-il naturellement, nécessairement égoïste ?  Vivre en société implique-t-il nécessairement une perte de liberté ? Hobbes/Rousseau

Allégorie de la Caverne LVII République Platon, Cratyle Platon, Banquet Réminiscence, oracle de Delphes

Le meilleur des monde Huxley (soma) Equilibrium , 1984 Orwell (novlangue, Histoire) Matrix Wachowski, Globalia Ruffin, The Truman Show Peter Weirn, The island (l’île élargit)de Michael Bay, Le soleil vert Richard Fleischer

L’action politique doit-elle être guidée par la connaissance de l’histoire ?

Doit-on tout attendre de l’Etat ?

Les hommes ont-ils besoin d’être gouvernés ?

Connaissons-nous mieux le présent que le passé ?

Que peut la raison pour exclure la violence ?

Le projet de maîtriser la nature est-il raisonnable ?

L’émotion est-elle une force ou une faiblesse ?

Cf. Texte sur l’enjeu du langage 

Le contrôle des mots dans 1984 d’Orwell

Expérience de pensée sur les couleurs 

https://amara.org/en/videos/xYZ8dqrL7oBV/fr/1765855/

Philosophe en méditation Rembrandt

Corrigé- Qu’est-ce qu’un héritage ?

Introduction = Problématiques vues en cours

I Critiques de l’héritage

  • A : C’est une entreprise vaine
  • B : narcissique
  • C : injuste

A : L’héritage s’ancre dans la finitude humaine. D’abord parce que seul l’homme hérite comme tel, l’animal ne reçoit qu’un patrimoine génétique (l’hérédité), il n’a pas de culture à transmettre (de biens matériels (outils, art) ni immatériels (savoir-faire, valeurs, traditions…). Rousseau appelle cela la perfectibilité. L’homme, seul, est capable de se perfectionner mais il est aussi le sujet « sujet à devenir imbécile » (Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes) Ensuite parce que l’héritage suppose le décès de celui qui transmet. La mort est donc la condition du lègue. Nous ne transmettrions rien si nous n’avions pas le sentiment que quelque chose pourrait être perdu. La valeur de l’héritage tient à sa fragilité.C’est la raison fondamentale du désir, de l’amour pour Diotime dans le Banquet de Platon. L’homme fini cherche à créer et procréer pour se rendre immortel. L’homme pourrait transmettre à ses enfants, ou l’humanité des biens et vivraient à travers eux. L’héritage est un moyen de conjurer le sort réservé à tout ce qui est fini dans l’humanité = l’oubli. Mais n’est-ce pas en vain que l’homme cherche ainsi à s’éterniser ? Parce que la mort est également la ruine de l’héritage. Le risque que ce dernier disparaisse, soit faussé, altéré demeure inexorablement.

Exemple =

B- Vaine, cette entreprise est également vaniteuse. On pourrait penser ,à première vue, qu’au contraire l’héritage est un don de la part de la personne décédée, gratuit et désintéressé puisqu’elle n’est plus. Ce serait même le don par excellence puisqu’il n’y aurait aucun moyen de rendre, de donner en retour par principe. Mais si on ne s’intéresse plus aux fins immédiates du geste mais aux fins lointaines. Pourquoi transmettre ? Pourquoi chercher à léguer un patrimoine matériel ou culturel si ce n’est pour se continuer ? Si, comme on l’a vu, l’héritage prend racine dans la finitude humaine, il appelle, comme tout don,  un contre-don (Marcel Mauss Essai sur le don) : celui de perpétrer son nom, de lui rendre hommage, de le commémorer. L’héritage ne serait donc que le fruit d’une volonté narcissique de laisser une trace sinon dans l’humanité du moins aux « siens ». En leur donnant, je confirme leur appartenance à MA famille. Je leur permets de progresser et du même coup de matérialiser mon égocentrisme. Je vis à travers eux, ils vivent grâce à moi. C’est finalement un échange de bons procédés dans lequel celui qui apparemment se dépossède, est gagnant.

Ex=

C : C’est d’ailleurs ce qui pourrait constituer également l’injustice de l’héritage. En effet, d’un point de vue social, l’héritage pourrait sembler illégitime car il ne ferait que perpétrer des inégalités (parfois obtenues par l’esclavage, le colonialisme ou le féodalisme) de richesse. Une société juste serait alors une société dans laquelle le mérite et le travail primeraient sur l’héritage, seul moyen de garantir « l’égalité de point de départ » (égalité des chances) que prône Bakounine dans son Catéchisme révolutionnaire (1865).Il préconise même l’abolition de l’héritage et la fonde sur le fait que « tous les droits individuels, politiques et sociaux, sont attachés à l’individu réel et vivant. Une fois mort il n’y a plus ni volonté fictive d’un individu qui n’est plus et qui, au nom de la mort, opprime les vivants. » Pour des raisons similaires, la suppression de l’héritage des moyens de production et d’échange est l’une des dix mesures transitoires proposées par Karl Marx et Friedrich Engels dans le « Manifeste du parti communiste » (1848).

Cf. Bourdieu

Transition = L’abolition de l’héritage semble être la condition pour progresser socialement et intellectuellement.

II – Il faut donc rompre avec l’héritage et privilégier le courage, l’effort et l’autonomie pour progresser socialement et intellectuellement.

A- Rompre avec l’héritage c’est faire preuve de courage (héritage =lâcheté)

Allégorie de la caverne : il faut critiquer les opinions, l’héritage qui se perpétue par tradition, notamment intellectuel où règne l’argument d’autorité. La tradition en plus de ne pas être un fondement légitime de la justice ne saurait être justifié dans le domaine du savoir

Descartes =« Nous avons tous été enfants avant que d’être hommes. »

Cette phrase est tirée du Discours de la méthode (1637) de Descartes, seconde partie.

« Je pensai que, pour ce que nous avons tous été enfants avant que d’être hommes, et qu’il nous a fallu longtemps être gouvernés par nos appétits et nos précepteurs, qui étaient souvent contraires les uns aux autres, et qui, ni les uns ni les autres, ne nous conseillaient peut-être pas toujours le meilleur, il est presque impossible que nos jugements soient si purs ni si solides qu’ils auraient été si nous avions eu l’usage entier de notre raison dès le point de notre naissance, et que nous n’eussions jamais été conduits que par elle. »

objectif = refonte du système des sciences, rompre, détruire les opinions incertaines.

B- L’héritage est un frein au progrès car il est synonyme d’oisiveté.

Éloge du travail contre l’oisiveté de l’héritage Kant (paresse) Qu’est-ce que les Lumières ?

Kant montre que ce qui empêche les mineurs de penser par eux-mêmes est d’abord la paresse.

« Les lumières, c’est pour l’homme sortir d’une minorité qui n’est imputable qu’à lui. La minorité, c’est l’incapacité de se servir de son entendement sans la tutelle d’un autre. C’est à lui seul qu’est imputable cette minorité dès lors qu’elle ne procède pas du manque d’entendement, mais du manque de résolution et de courage nécessaires pour se servir de son entendement sans la tutelle d’autrui. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement : telle est donc la devise des Lumières.
    La paresse et la lâcheté sont causes qu’une si grande partie des hommes affranchis depuis longtemps par la nature de toute tutelle étrangère, se plaisent cependant à rester leur vie durant des mineurs ; et c’est pour cette raison qu’il est si aisé à d’autre de s’instituer leurs tuteurs. Il est si commode d’être mineur. Si j’ai un livre qui a de l’entendement pour moi , un directeur spirituel qui a de la conscience pour moi, un médecin qui pour moi décide de mon régime etc., je n’ai pas besoin de faire des efforts moi-même. Je ne suis point obligé de réfléchir, si payer suffit ; et d’autres se chargeront pour moi l’ennuyeuse besogne. »

Cette condamnation de l’héritage s’enracine dans un éloge du travail qui humanise l’homme. Il y a donc un enjeu moral à condamner l’héritage. Ce que l’on retrouve également dans la condamnation de l’héritage juridique et économique par les saint simoniens, Aristote et plus récemment Nobel et Keynes.

Au début du XIXe siècle, le droit d’héritage est considéré par les saint-simoniens comme générateur d’une classe d’oisifs et de parasites. Ils préconisent donc de le supprimer et de faire de l’Etat le seul héritier.
Voir des extraits de l’ouvrage d’Emile Durkheim, « Le socialisme » (1928), sur la question de l’héritage chez les saint-simoniens.

Inventeur de la dynamite, le chimiste et industriel suédois Alfred Nobel (1833-1896) fit don de sa fortune, par testament, à une fondation qui porte son nom. Cette dernière devait, grâce à des placements de toute sécurité, créer un prix annuel (prix Nobel) pour récompenser des bienfaiteurs de l’humanité dans les domaines de la physique, de la chimie, de la physiologie et de la médecine, de la littérature, et de la paix auxquels, depuis 1969, se sont rajoutés les sciences économiques. Alfred Nobel s’interrogeait à la fois sur l’effet des héritages sur la réussite individuelle et sur l’intérêt économique et social des rentes de capital.
« Ils vont trop souvent à des incapables et n’apportent que des calamités par la tendance à l’oisiveté qu’ils engendrent chez l’héritier. Un adage populaire dit « la première génération crée la fortune, la seconde la fait fructifier, la troisième la dilapide ». »

L’économiste John Maynard Keynes (1883-1946) s’interrogeait sur ce drame du système capitaliste, cette boulimie qui conduit à une accumulation sans fin du capital, n’ayant d’autre objectif que l’accumulation. « Je vois une solution immédiate, il faut matraquer l’héritage tant qu’on peut. Là aussi, c’est frapper le capitalisme au cœur. » Quant à l’inflation, elle a, selon lui, de mérite de provoquer « l’euthanasie du rentier ».

La chrématistique (de chrèmatistikos, qui concerne la gestion ou la négociation des affaires et plus particulièrement les affaires d’argent ; ta chrèmata, les richessesou deniers) est une notion créée par Aristote pour décrire la pratique visant à l’accumulation de moyens d’acquisition en général, plus particulièrement de celui qui accumule la monnaie pour elle-même et non en vue d’une fin autre que son plaisir personnel. Aristote condamne cette attitude.Aristote introduit deux formes possibles de chrématistique : la chrématistique naturelle et commercialeLa seconde forme de chrématistique est radicalement différente et est liée au fait de « placer la richesse dans la possession de monnaie en abondance ». C’est l’accumulation de la monnaie pour la monnaie (la chrématistique dite « commerciale ») qui, selon Aristote, est une activité « contre nature » et qui déshumanise ceux qui s’y livrent : en effet, toujours selon Aristote, l’homme est par nature un « zoon politikon », animal politique (politikos, citoyen, homme public). Et dans de nombreux textes, Aristote précise bien qu’il est « fait pour vivre ensemble » ou encore « en état de communauté ». C’est de ce point de vue qu’Aristote se place lorsqu’il déclare que la politique consiste avant tout à « organiser et maintenir l’état d’amitié entre les citoyens ». Ainsi, suivant l’exemple de Platon, il condamne le goût du profit et l’accumulation de richesses. En effet, la chrématistique commerciale substitue l’argent aux biens ; l’usure crée de l’argent à partir de l’argent ; le marchand ne produit rien : en l’absence de règles strictes visant leurs activités et d’un contrôle de la communauté dans son ensemble, tous sont condamnables d’un point de vue politique, éthique et philosophique.Partant de ce point de vue, Aristote traite la chrématistique comme un ensemble de ruses et de stratégies d’acquisition des richesses qui permet, aussi, un accroissement du pouvoir politique. Ainsi, il la condamnera toujours en tant que telle et donnera une place beaucoup plus importante à l’économie.

C  = Le progrès ne se conquiert qu’à condition d’abandonner les illusions de la nostalgie mortifère et paralysante, (« c’était mieux avant »).  Toute prétention nostalgique de retrouver la pureté, l’authenticité du passé, de transmettre fidèlement l’héritage et de s’y conformer ,en plus d’être vaine, a des allures de fanatisme idéologique, de dogmatisme. La sacralisation du passé est une haine de soi, du présent et une négation du futur.

Transition =  -A ce stade,  l’héritage semble illégitime en tous points. Mais ne peut-on pas penser un bon héritage ? Peut-on réellement se passer d’héritage, qui plus est, pour progresser ? Que serait une société sans héritage ?

III Ni répétition nostalgique du passé ni rupture, discontinuité, l’homme a le devoir moral d’assimiler et transmettre son héritage.

A-Une société sans héritage serait tout aussi morte que celle qui cherche à le conserver intact à tout prix. L’Histoire comme gardienne féroce du passé empêcherait certes toute évolution, réforme, progrès Mais rompre avec le passé condamnerait tout autant à la stagnation, à un éternel retour du même. En effet, si la condition de l’homme en fait un être culturel « par nature », il serait naïf de croire qu’on pourrait progresser sans héritage.

Comment hériter dans ce cas sans retomber dans cette recherche obsessionnelle de l’authenticité ? Comment être fidèle aux héritiers en « trahissant » l’héritage ?

B- Une société sans héritage se condamnerait à revivre son passé.

1-moralement, guerres,  => nécessité de tirer les enseignements de ses héritages (expliquer cela malgré la non reproductibilité des faits passés)

2- scientifiquement, artistiquement, techniquement

La condition pour bien hériter serait de s’inscrire dans les chainons de l’histoire en étant soi-même inventeur, créateur. Hériter de la démarche et non de contenu.Un bon héritage transmet tout en maintenant vivant et non en embaumant ce qu’il reçoit.

Pascal Préface au Traité du vide « l’homme est produit pour l’infinité » « à leur exemple en faire les moyens et non pas la fin de notre étude, et ainsi tâcher de les surpasser en les imitant. » Pour Pascal, le véritable hommage, la meilleure façon d’hériter des travaux de ses prédécesseurs est d’imiter leurs démarches plus que leurs doctrines. En ce sens, critiquer, remttre en cause la théorie, c’est le respecter, faire ce que lui-même à fait en son temps.

https://coursphilosophieperre.weebly.com/uploads/6/0/1/6/60165137/pascal_pr%C3%A9face_trait%C3%A9_du_vide_instinct_raison_commentaire.pdf

https://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/logphil/oeuvres/pascal/vide/vide1.htm

http://www.lettresenligne.net/references/Pascalconnaissanceprogressivedelhumanite.pdf

Des nains sur des épaules de géants (en latin : nani gigantum humeris insidentes) est une métaphore attribuée à Bernard de Chartres, maître du XIIe siècle, utilisée pour montrer l’importance pour tout homme ayant une ambition intellectuelle de s’appuyer sur les travaux des grands penseurs du passé (les « géants »).

Citée par ses élèves Guillaume de Conches, puis Jean de Salisbury, elle est également utilisée au fil des siècles par divers scientifiques, comme Isaac Newton ou Blaise Pascal.

Au livre III du Metalogicon (1159), Jean de Salisbury fait dire à son maître Bernard de Chartres : « Nous sommes comme des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux. »

« Mais la plus grande douceur est d’occuper les hauts lieux fortifiés par la pensée des sages, ces régions sereines d’où s’aperçoit au loin le reste des hommes, qui errent çà et là en cherchant le chemin de la vie… »

— Lucrèce, De rerum natura, livre II, v.7 sqq.

Isaac Newton a ensuite revivifié cette formule, en déclarant : « Si j’ai vu plus loin, c’est en montant sur les épaules de géants2. »

Sur les épaules des géants (« On the shoulders of giants ») est le nom donné à la mission Apollo 17.

Le slogan, mis au singulier, (« Sur les épaules d’un géant ») est utilisé sur la page d’accueil de Google Scholar.

L’expression est aussi utilisée dans l’introduction de l’émission radiophonique Sur les épaules de Darwin animée par Jean-Claude Ameisen sur France Inter : « Sur les épaules de Darwin… Sur les épaules des géants ».

Marcel Gauchet fait référence à cette image en introduction du Désenchantement du monde : « nous sommes des nains qui ont oublié de monter sur les épaules de géants. Si l’altitude de leurs prouesses nous est interdite, le secours de leur taille nous reste offert ».

ex = hériter d’Aristote, ce n’est pas s’en tenir à sa physique qualitative mais s’inspirer de sa démarche, de son étonnement, de sa volonté de comprendre, et de tendre vers la vérité.

dette = devoir non pas de garder intact, inchangé, figé dans le temps, faire « revivre », répéter à l’identique mais au contraire de faire vivre, dans une nouvelle époque, nouveau contexte, préoccupations, enjeux…

Toute fondation est transgression mais pas rupture. Chaque maillon est origine, principe. Pour hériter, c’est-à-dire, devenir propriétaire de ce qu’on ne possède pas encore, il faut se l’assimiler, y laisser son cachet personnel à son tour. C’est un passage de témoin. Pour que l’héritage perdure, il faut le modifier, et ce en le gardant vivant. Si comme le dit Arendt, nous n’avons pas les clés pour comprendre notre héritage, c’est à nous de lui donner de la consistance, de l’interpréter, de le faire nôtre. On hérite de ce qui nous revient, de ce qu’on n’a pas encore, mais qu’on doit faire sien.

ex: ferme, musique, académie qui fige les canons de beauté / Impressionnisme contre les canons de l’Empire

C- Une société sans héritage, sans passé n’aurait pas d’identité ni conscience de sa responsabilité vis à vis des générations futures (devoir de transmettre)

-orphelin

-Cf. Article de Mattéi

-enjeux politiques, individuels …

-sen sentir commune appartenance à sa nation, mais aussi à l’humanité en général= partager une histoire, des valeurs, langue, références, connaissances,  fictions qui rassemblent les hommes du passé du présent et du futur.

d’autant plus important à cause du phénomène de la globalisation.

cf. Paradoxe de la globalisation Lévi Strauss = tendance à se résorber mais besoin d’une autre pour rester vivante.

Miroir de Cassandre Bernard Weber , Hans Jonas Éthique de la responsabilité

Conclusion 

Liberté, devoir de mémoire, art…

http://www.europe1.fr/emissions/la-morale-de-linfo/la-revolte-est-amour-et-fecondite-ou-elle-nest-rien-2765290

http://www.europe1.fr/emissions/la-morale-de-linfo/le-souvenir-est-une-condition-de-lavenir-2764258

http://www.europe1.fr/emissions/la-morale-de-linfo/mefiez-vous-de-votre-opinion-mais-faites-confiance-a-ce-que-vous-savez-deja-2762110

http://blog.franceculture.fr/raphael-enthoven/category/le-cycle-bac-philo-trousse-de-secours/

Cours : Etat et Société

Introduction : expérience de pensée politique 

https://www.afterclasse.fr/fiche/67/la-societe-et-l-etat/plan

La question de fond à se poser à toute interrogation politique est :

l’homme est-il naturellement sociable ?

1-première hypothèse :

Si c’est dans sa nature de vivre ensemble, de rechercher la compagnie d’autrui, il réalisera son essence d’homme dans la société dont le politique est l’organisation.

Ainsi, les hommes, les individus sont redevables, sont « les obligés » de la société puisqu’ils lui doivent tout (leur essence !!). Pour toute question politique, on partira du tout, de la société mais pas de l’individu. Ainsi par exemple, Platon s’interroge dans La République, sur la Cité juste sans jamais se poser la question des droits des individus. L’injustice est un déséquilibre, une maladie interne. Par analogie, un homme sera injuste comme une Cité : la raison ne contrôle plus le désir et la fougue (force d’action) (attelage cocher deux chevaux Le Phèdre ). Ainsi pour Platon, le but de la punition c’est la guérison.

Une Cité sera juste si elle a à sa tête la raison, c’est-à-dire, le philosophe, une classe de gardiens (le coeur) et une classe productrice (artisans, paysans), chacun occupant la place que sa nature lui a destinée. Ceci n’est pas sans rappeler les dérives totalitaires du 20è siècle, ou des dystopies comme Le meilleur des monde d’Huxley.

Aristote, toujours dans une perspective holiste, fait la genèse, la généalogie de la Cité dans les Politiques. Il considère que « l’homme est un animal politique », c’est-à-dire que c’est dans sa nature, dans son essence de vivre avec ses congénères dans une société organisée.  En dehors de la Cité, il est « soit une brute soit un dieu » autrement dit il n’est pas un homme. Ainsi il décrit un processus passant de la famille au village à la Cité correspondant à la satisfaction toujours plus importante des besoins et leur complexification (survivre, vivre, bien vivre ). La Cité est le stade ultime : l’homme peut se consacrer à des activités proprement humaines libéré des tâches uniquement serviles (en partie grâce à l’esclavage). Il y a des dominés (faits pour) et des dominants (faits pour). La Cité est la fin chronologique du processus mais aussi la fin logique ( le but, la cause finale, ce qui était déjà en germe  dès le départ). L’homme ne réalise son essence que dans la Cité (polis en grec) ainsi il lui doit tout et ne vit pas cela comme une contrainte. D’ailleurs Aristote, en penseur finaliste, explique cela par la présence en l’homme de la parole : les hommes ont été dotés de la parole pour pouvoir échanger sur le juste et l’injuste et l’utile et le nuisible. CF. le mythe de Prométhée : justice et pudeur en plus du feu et de la connaissance des arts.

Pour la théorie de Machiavel, je vous renvoie au cours sur la morale.

Hobbes est un grand théoricien politique. Il présente un individualisme politique = l’individu est premier, la société seconde. L’homme est homme avant, indépendamment de sa place dans la société. La société n’existerait pas sans lui, ainsi elle lui doit protection, sécurité, assurance. Rousseau s’opposera à Hobbes car il considère qu’on ne peut sacrifier sa liberté contre la sécurité et donc s’oppose à un pouvoir absolu, arbitraire, au dessus des lois.he vous renvoie au cours sur la liberté et la vidéo.

Kant et Schopenhauer s’intéresseront à la sociabilité de l’homme. Kant ne considère pas comme Hobbes que l’homme vit comme une contrainte sa mise en société et qu’il est seulement égoïste et calculateur. Il reconnait sa part d’insociabilité mais aussi le plaisir qu’il a à côtoyer d’autres hommes pour développer ses facultés (pensée, dialogue..). Il met donc en évidence son « insociable sociabilité ». L’homme aime la compagnie des hommes mais ne la supporte pas !! paradoxe qui pour Kant est le moteur de l’histoire et est à l’origine des progrès de l’humanité. En effet, qu’est-ce qui pousse les hommes naturellement paresseux à se dépasser, à améliorer, progresser…? Non la vertu du travail, le gout de l’effort ! mais les vices, la cupidité, la jalousie, l’avarice… En vérité, l’homme cherche non pas être meilleur, mais meilleur qu’autrui. Ainsi le désir est encore une fois désir mimétique.

Schopenhauer soutient une thèse similaire en comparant les hommes à des porcs épics qui aiment la chaleur des autres pour se tenir chaud l’hiver mais ne supportent pas la proximité et le vivre-ensemble (ils se piquent avec leurs épines). Sans doute alors est-il question de juste milieu, bonne distance pour vivre ensemble…

Max Weber, en sociologue, s’interroge sur les croyances qui font considérer comme légitimes un régime politique, ou un chef d’Etat. Il en dégage trois principales :

-la tradition : « hérédité », ancêtres…

-le charisme : chef de guerre, héros…

-la justice du système : ex la démocratie

Il dit en outre que « l’Etat a le monopole de la violence légitime » : non qu’il justifie l’usage de la violence par l’Etat (il ne fait pas son Machiavel) mais plutôt que ce qui différencie une association, un groupe (ex: mafia) de l’Etat c’est la croyance des individus en la légitimité de cet usage et surtout la puissance que doit avoir cette force = l’Etat doit avoir la capacité de faire usage de sa force et protéger son peuple, il doit faire montre de sa puissance.

Enfin pour Stirner, un anarchiste, dans L’unique et sa propriété, « Tout Etat est par nature despotique ». Il justifie cela en disant que on peut très bien changer d’avis après le vote et devoir garder ce chef. Or ici ce qu’il reproche à l’Etat ne tient qu’à la faiblesse de sa propre volonté, de son incapacité à s’engager, choisir et s’y tenir (cf homme perdu dans la forêt Descartes). Néanmoins, ce qui est intéressant dans la théorie anarchiste, c’est non pas une glorification du chaos, du désordre (ce que l’on a trop tendance à croire) mais un éloge de l’autonomie, c’est-à-dire la capacité de l’homme à être raisonnable sans avoir besoin de lois (sans foi, ni loi/ ni dieu ni maitre). Ainsi non pas l’absence de lois mais la capacité de s’en donner et de les suivre.

Peut-on être indifférent à l’histoire ?

Cette dissertation volontairement très complète vous sert de cours sur l’histoire. Vous pouvez aussi vous reporter à cet article.

Peut-on être indifférent à l’histoire ?

Questions :

1-Quels sont les deux sens du mot histoire ?

2-Qu’arrive-t-il à celui qui ignore son passé selon R.Aron ?

3-Quel est l’objet de l’histoire selon R.Aron ?

4-Pourquoi faut-il être hors de l’histoire pour pouvoir l’écrire ? (deux réponses)

5-Un témoin de l’histoire peut-il la faire (l’écrire) ? Pourquoi l’histoire est toujours écrite a posteriori ?

6-Pourquoi un fait historique est-il toujours construit ? (interprété)

7-Qu’est-ce qui distingue un fait historique d’un fait naturel ?

8-Que signifie, pour Benedetto Croce, le fait qu’un historien nous renseigne plus sur sur époque que sur le passé qu’il étudie ?

9-Pourquoi l’histoire est-elle toujours à reconstruire ? Peut-on dépasser la subjectivité de l’historien ?

10- Pourquoi l’histoire est-elle une science molle ? pourquoi comprend-elle mais n’explique pas ?

11- Que désigne la « bonne subjectivité » pour Ricoeur ou la sympathie pour Marrou ?

12-Quels sentiments peuvent corrompre le travail de l’historien ?

13-Quelle faculté est nécessaire pour faire de l’histoire ? En quoi l’oubli est-il nécessaire ?

14-A quoi sert l’histoire?

15- En quoi l’histoire est-elle utile à l’homme politique pour Machiavel ?

16-Peut-on tirer des leçons du passé ? Si oui pourquoi ? Si non pourquoi ?

17-Quel est le risque pour une histoire de ne s’intéresser qu’aux faits actuels ?

18- Expliquez la phrase de R. Aron « l’homme n’a vraiment un passé que lorsqu’il a conscience d’en avoir un. ».

19-Le passé est-il un fardeau pour Sartre ?

20-Qu’est-ce que le devoir de mémoire ? Pourquoi doit-on se remémorer ?

Améliorer votre culture générale !

Frise chronologique

Les émissions radios et télé à suivre

(Pensez que vous pouvez généralement les revoir ou les réécouter sur Internet)

Au fil de l’actualité

  • « C à dire ?! » : France 5, du lundi au vendredi 17h30
  • « C dans l’air » : France 5, tous les jours à 17h45
  • « C politique » : France 5, dimanche à 17h40
  • « Entre les lignes » : LCP, le vendredi à 19h30, le samedi à 12h30 et le dimanche à 14h
  • « La marche de l’histoire » : France Inter, du lundi au vendredi à 13h30

Questions d’économie

  • « On n’arrête pas l’éco » : France Inter, le samedi à 9h13
  • « L’éco du jour » : France Inter, du lundi au vendredi de 7h49 à 7h52
  • « Le club de l’économie » : LCI, vendredi à 20h10, samedi à 13h10 et à 16h10
  • « Les clés de l’éco » : iTélé, dimanche à 11h35, 14h05, 15h05 et 16h35

Côté culture

  • « Les Carrefours de Lodéon » : France Inter, du lundi au jeudi de 16h à 17h
  • « Masse critique » : France Culture, le dimanche à 19h
  • « Metropolis » : Arte, le samedi à 14h45

Axé sciences

  • « La tête au carré » : France Inter, du lundi au vendredi à 14h
  • « CO2 mon amour » : France Inter, le samedi à 14h
  • « X:enius » : Arte, du lundi au vendredi à 8h25, 13h00 et 18h30
  • « Science publique » : France Culture, le vendredi à 14h

Plongée dans l’histoire et la géographie

  • « Le dessous des cartes »: Arte, le samedi à 17h45, le mercredi vers 22h30 et rediffusé le samedi à 11h45. TV5, le dimanche à 13h45
  • « Arte histoire » : magazine web dédié à l’histoire – www.arte.tv
  • « Planète Bac » : Planète – www.lachaineplanete.com
  • « Les Lundis de l’histoire » : France Culture, le lundi de 15h à 16h
  • « La Fabrique de l’Histoire » : France Culture, du lundi au vendredi de 9h05 à 10h

De quoi philosopher

  • « Philosophie » : Arte, le dimanche à 12h30
  • « Les Nouveaux chemins de la connaissance »: France culture, du lundi au vendredi à 10h

Une chaîne dédiée au bac

« Campus Bac », une chaîne éphémère et gratuite pour les abonnés de CanalSat du 12 mai au 22 juin 2012.

« La société devient un enfer dès qu’on veut en faire un paradis » G.Thibon

Ce sujet interroge toute idéologie, utopie qui aurait réfléchi sur le politique et aurait essayé d’apporter une réponse à la question du meilleur régime politique possible.

La question demande de vous interroger sur le rapport entre la littérature et la politique, entre sa dimension fictive et sa fonction de contestation (réformatrice); de réfléchir sur le réel à partir de la fiction.

Le problème peut s’articuler autour du double sens de l’utopie : Est une projet réformateur, idéal, qui élargirait le champ des possibles ?/ ou bien « un autre lieu »; « nulle part », un rêve impossible, hors de portée, imaginaire ? Ce projet est apparemment sans lien avec la réalité mais n’est pas pour autant fantastique, ni surnaturel, mais manifeste une cohérence d’un projet rationnel.

à quelles conditions la poursuite d’un idéal pourrait devenir la pire des situations pour le « vivre-ensemble » ? Y a-t-il dans l’essence même de l’utopie, et donc du projet réformateur politique, les racines de sa dégénérescence, les prémisses de ses dérives ?

L’utopie est-elle un rêve nécessaire, ou bien songe délétère ?
Que vaut l’idée de refonder entièrement l’ordre du monde ? Faut-il voir dans l’utopie le soleil qui éclaire le réel par l’idéal, et oriente nos réformes, ou bien le cauchemar d’un mégalomane qui se taillerait une réalité à sa mesure ? Et si toute utopie menaçait, en permanence, de basculer en contre-utopie ?

I Le paradis n’est pas après la mort mais ici-bas.

-Utopie en acte : œuvre des hommes ici-bas comme ils sont.  L’idée d’un sens de l’histoire apparaît et surtout l’idée que l’homme peut influer sur son destin. Après la révolution, droit au bonheur : Déclaration d’indépendance des Etats Unis, Droits de l’homme, Saint-Just « le bonheur est une idée neuve en Europe », Etat-Providence

-Religion du progrès remplace le projet eschatologique (apocalypse, paradis céleste), (une croyance en remplace une autre), cette idée chère aux Lumières, puis surtout aux romantiques est fondée sur l’idée d’organiser scientifiquement l’humanité =>positivisme (holisme): bien-être (matérialisme), technique, progrès ; C’est durant la période des Trente Glorieuses (1945-1975) que l’idée de bonheur se manifeste pleinement dans les pays industrialisés et dits « développés » sous un angle politique : quand la croissance économique, équipe les foyers en équipements de toutes sortes (automobile, télévision…) et que la société de loisirs semble pouvoir répondre aux attentes de tous les citoyens.

-L’invitation à construire son bonheur terrestre en opposition à la promesse d’un bonheur futur se retrouve dans la critique de la religion chez Marx comme symptôme d’une société injuste. « La religion est l’opium du peuple »

La société doit se défaire de l’État qui maintient un enfer dans la société (lutte des classes), l’égalité serait la clé du paradis, et la fin de l’histoire (de la lutte des classes//apocalypse), la fin du travail (aliénant, exploitant, où l’ouvrier devient lui-même un produit, une marchandise, dépossédé du fruit de sont travail et des moyens de production). Faire croire à un paradis céleste, c’est maintenir la classe dominée, le prolétariat dans sa condition misérable, c’est l’empêcher de se révolter, c’est donc lui faire accepter, le résigner à l’enfer qu’il vit (servitude volontaire), c’est l’anesthésier et lui faire croire à un monde imaginaire (opium).

II Cependant cette entreprise de réforme de la société en vue du bonheur commun contient les racines de sa dégénérescence : idéalisme VS réalisme politique

-Qui est « on » ? L’État ? La société ? Les individus ?L’idée d’un droit au bonheur a-t-elle un sens ? le « bonheur » peut-il être un concept juridique ? Si on ne peut lui donner une définition précise, la loi ne risque-t-elle pas d’être vide de sens ? On peut garantir la vie, la liberté, la sécurité, la santé… mais le bonheur, s’il est un état mais aussi la conscience de cet état… La notion politique d’Etat-Providence n’a-t-elle pas des limites ? Quand la société se confond avec l’État pour assurer le bonheur collectif (totalitarisme) (nécessité de séparer le corps social du corps politique, liberté des individus; holisme/individualisme) ? Quand les individus remettent dans les mains de l’État le soin d’assurer leur bonheur ( Diderot, Kant, Tocqueville).

-Peut-on trouver les critères objectifs et universels qui assureraient un paradis terrestre ? Toute tentative semble étouffée dans l’œuf. Relativisme culturel ? époque ? individuel ?Cf. le bonheur en chiffres étude de la Corée du Nord. Si des guides de bonheur familial surtout destinés aux femmes se multiplient à partir des années 50, ce n’est qu’après les guerres de décolonisation et qu’entre 1962 et 1975 que les sondages d’indice de bonheur déclaré indiquent que les Français sont heureux. De plus, un courant critique se développe alors, affirmant que la croissance économique ne peut contribuer au bonheur. L’idée se développe selon laquelle la société de consommation, en satisfaisant sans cesse les besoins matériels, en génère automatiquement d’autres, provoquant ainsi une forme nouvelle d’aliénation.

Citons, entre autres, les travaux du sociologue français Jean Baudrillard (1929-2007) et ceux de son contemporain Guy Debord (1931-1994) ou le roman Les Choses de Georges Perec en 1965 qui critique les promoteurs de la société de consommation qui instrumentalisent la notion de bonheur. Mais c’est probablement Jacques Ellul (1912-1994) qui a développé la critique la plus pertinente en 1967, à travers son concept d’idéologie du bonheur :

« Le droit au bonheur est le cheval de Troie posté au milieu du système des libertés et des droits conçus par une société libérale. C’est la plus grande mutation mentale que l’on puisse imaginer puisque c’est le changement du sens et du but de la vie tout entière, en même temps que de la relation entre l’homme et la société. » (Métamorphose du Bourgeois, 1967, p. 90.).

-mobilisation totale en vue d’un avenir radieux, immense mobilisation de la violence politique, contrôle sécuritaire (Panoptisme-Jérémy Bentham, Foucault Surveiller ou punir inspiré des plans d’usine,Libertalia Daniel Defoe, le phalanstère Charles Fourier, La cité radieuse Le Corbusier,…), efficacité, fonctionnel, économique, technique, aspire à l’unité du corps social (holisme nostalgique) ///////// obsession de transparence, subordination de l’individu à l’État, menace, contrôle permanent, tentation de pureté (négation de la diversité, original, considéré comme déviant), imposition d’un modèle, d’une définition de l’idéal de vie, d’homme, de famille…, prédominance d’une conception utilitaire des individus, des choses, architecture… => idéologie, fanatisme, pensée unique

Enfer car l’État se prend pour un Dieu-Providence,

=> Utopia de Thomas More, … Abbaye de Thélème (sélection des individus (on))=> bon vouloir, éducation humaniste/ nature bonne => anarchie utopie des hommes capables de s’auto gérer ?? Proudhon, Bakounine, Stirner => acratie ??; l’Ile des esclaves Marivaux;  La République Platon, Bioshock BioShock est un jeu vidéo de tir en vue à la première personne développé par 2K Boston/2K Australia et conçu par Ken Levine pour l’éditeur américain 2K Games; cité sous-marine de Rapture.

III Comment l’utopie, la réforme peut-elle influencer la vie politique, Comment réformer sans déformer ?

-penser le rôle de l’État sans nier les libertés individuelles, préserver une égalité et liberté d’entreprendre

-donner les conditions d’une recherche du bonheur individuel

-penser l’unité de la société dans la diversité => tolérance et fraternité

-ne pas infantiliser les citoyens

-réguler l’usage des techniques « science sans conscience… »

-lutter contre fatalisme et passivité, argument paresseux, inaction et abandon de vie citoyenne (on) : conserver l’idée que les hommes se prennent en mains, espoir des lendemains qui chantent, croyance en la nature bonne de l’humain qu’il faut exprimer grâce à l’éducation (Rabelais), si on pense que la nature est mauvaise, cela justifiera toujours une puissance forte de l’État sur la société

-Nouvelle Atlantide Bacon, l’Eldorado Candide XVII-XVIII,   Orwell, Huxley : se servir des dystopies comme avertissement, atout pour questionner le monde actuel, le réel, réponse aux injustices, défauts du monde réel.;