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Prépa :Colles 1 Histoire

Les premières colles en culture générale (philosophie Mme Renard) débute la semaine prochaine. Elles porteront sur la notion histoire du programme de Terminale. Le choix de cette notion est directement lié au premier chapitre de votre programme d’ECE « l »héritage de la pensée gréco-romaine ». Le but est de réfléchir sur la notion d’héritage indissociable de l’histoire et de la façon dont on la fait, l’écrit, transmet.

Vous trouverez ici des liens pour réviser cette notion.

http://www.maphilo.net/histoire-cours.html

http://www.assistancescolaire.com/eleve/TES/philosophie/reviser-le-cours/l-histoire-t_i302

https://www.kartable.fr/terminale-es/philosophie/specifique/chapitres-35/l-histoire-1/cours/l-histoire/11689

Les questions types qui peuvent tomber tournent autour de ces thèmes :

-L’histoire peut-elle être objective ?

-L’histoire a-t-elle un sens ?

-L’histoire arrive-t-elle à l’homme ou par lui ?

Je copie ici un résumé tiré du premier lien maphilo.net que je trouve efficace :

Ce qu’il faut retenir

 

–         Objectivité et subjectivité : L’histoire, si elle peut prétendre être une science, ne doit pas pour autant se confondre avec les sciences naturelles. Son objet, ce sont des évènements porteurs de sens qui requièrent la subjectivité de l’historien, son empathie, sa compréhension, et non une explication subsumant les faits sous des lois générales.

 

–         La naissance de l’histoire : L’histoire comme discipline naît en Grèce avec Hérodote et Thucydide. Le premier, déroule une « enquête » sur les guerres Médiques, insiste à la fois sur le souci de conservation des évènements passés et sur la recherche de leurs causes. Le second parfait les méthodes de la discipline historique, se souciant d’intelligibilité, d’exactitude et fait preuve d’une distance critique à l’égard de ses sources.

 

–         L’histoire comme salut : À la différence de l’histoire grecque qui est cyclique, l’histoire du peuple juif dans l’Ancien Testament est une histoire linéaire, située entre un commencement (la Création) et une fin (le Jugement dernier). Dans le christianisme, l’histoire « terrestre » trouve son intelligibilité dans l’Histoire sainte. La providence qui guide le monde offre à l’homme des perspectives de salut.

 

–         Les Lumières et le progrès : Les philosophes des Lumières appuient l’idée que c’est l’homme qui fait l’histoire. Celle-ci devient histoire universelle, développement progressif et indéfini de ce qui constitue l’humanité de l’homme, la Raison. Kant nuance ce « dogmatisme » en prenant en compte les antagonismes entre les hommes, les guerres, etc. Mais, dit-il, l’ « insociable sociabilité » de l’homme est ce qui le pousse à manifester ses talents individuels, à développer ses dispositions naturelles, à réaliser l’humanité (ce qui ne sera réellement le cas que dans le gouvernement civil).

 

–         Hegel et Marx : Pour Hegel, l’Histoire est le procès dialectique (opérant par dépassement progressif des contradictions) par lequel advient l’Esprit. La Raison est le sujet de l’histoire, les hommes et les peuples n’en sont que des instruments ou moyens. En ce sens, les passions humaines et leurs conséquences parfois funèbres (conflits, sacrifices) servent le dessein de l’histoire universelle ; elles sont des ruses de la raison. Marx critique cet idéalisme. L’histoire est histoire des forces productives, des conditions matérielles de vie, des rapports sociaux. Elle n’est rien d’autre que l’activité de l’homme quand bien même son cours serait déterminé, la révolution ne pouvant que provoquer une accélération des processus historiques.

 

–         La vie contre l’histoire : Pour Nietzsche, l’histoire n’a de valeur qu’en tant qu’elle sert la vie, celle-ci étant la force anhistorique de création. L’excès d’histoire est dangereux. Il menace de rendre la vie impuissante, soit que celle-ci se sente écrasée (histoire monumentale), soit qu’elle soit mortifiée (histoire antiquaire), soit encore qu’elle masque ses illusions en jugeant de celles du passé (histoire critique). Pour Spengler, l’histoire n’est rien d’autre que la répétition nécessaire d’un cycle de vie, un cycle biologique, qui va d’un barbarisme à un autre barbarisme en passant par l’art et la science ; l’idée de progrès est congédiée.

 

–         Un autre regard sur l’histoire : Pour Benjamin, on ne saurait considérer les violences que connaît l’époque moderne comme des ruses de la raison. L’état d’exception est devenu la règle. De plus, l’histoire ne doit pas s’intéresser qu’à ce qui a triomphé car les échecs sont eux aussi porteurs de sens, en quoi il faut faire une histoire des vaincus. Heidegger, quant à lui, considère l’être historique de l’homme, son historialité. L’histoire n’est pas une collection d’évènements révolus ; elle habite le présent en dévoilant à l’homme ses possibilités, en lui permettant de se projeter vers l’avenir. L’École des annales enfin, prône une conception de l’histoire comme étude non du temps court, des évènements politiques, mais du temps long, des organisations sociales et économiques, des mentalités, etc.

La mémoire : supprimer ou modifier les souvenirs … Conséquences sur l’identité et la morale

J’ai un souvenir traumatisant, une expérience douloureuse, je ferais tout pour effacer de ma mémoire ces images qui me reviennent sans cesse.

Quelle frustration parfois de ne pas avoir vécu tel événement ! On se met souvent à rêver, imaginer vivre telle émotion, moment marquant.

Et si on pouvait avoir un accès à nos souvenirs de sorte qu’on puisse les modifier ou les supprimer, en créer de nouveaux ?

Non, nous ne sommes pas dans un film de science-fiction tel Total Recall, mais bien au cœur des recherches qui sont actuellement menées par le MIT, Massachussets Institute of Techonology.

Je vous invite à lire ces fascinantes découvertes :

http://www.slate.fr/life/75936/faux-souvenirs-implantation-memoire-souris

http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/de-faux-souvenirs-implantes-dans-la-memoire-de-souris_1269347.html

Quelles sont les conséquences imaginables d’une telle expérience sur l’homme ?

Pourquoi ,comme l’indique l’article, est-ce éthiquement inconcevable ?

Au premier abord, les possibilités que nous offrent ces avancées sont fabuleuses. On pourrait éviter les syndromes des soldats revenant de la guerre, des victimes de crimes… On pourrait s’implanter des souvenirs agréables et ainsi améliorer considérablement notre vie.

Cependant, souhaitons-nous réellement cela ? Si vous aviez la possibilité en absorbant une pilule de ne vous souvenir de rien de pénible ? Mieux, de vous remémorer vos dernières vacances à Taîti ? Faut-il préférer le bonheur à la vérité ? L’illusion d’une vie sans malheur est-elle préférable à l’authenticité d’une vie lucide ?

Notre identité nécessite deux facultés : la conscience et la mémoire. Si notre mémoire est altérée, supprimée, modifié, est-ce encore nous ? On pourrait douter de tout ce que nous vivons, est-ce bien réel ? ai-je bien vécu cela ?

La deuxième conséquence majeure toucherait le domaine de la morale et de la justice.

En effet, quelle crédibilité donner à un témoignage si la mémoire est modifiable ? Peut-on être responsable, coupable d’un fait dont on ne se souvient pas ? L’amnésie pourrait constituer un formidable subterfuge pour éviter la condamnation…

Cet article nous amène à réfléchir sur notre rapport à la science et la technique. Faut-il tout réaliser sous prétexte que c’est possible ? Quelles limites au « progrès » ?

L’homme est-il « un loup pour l’homme » ?

Thomas Hobbes cite Plaute et fonde toute sa théorie du contrat social sur cette violence à l’état de nature intenable, invivable que l’on fuit et qui nous pousse à sacrifier notre liberté naturelle pour passer à l’état civil. Même si l’état de nature est une fiction théorique et n’a jamais existé pour Hobbes, cette situation de conflit, de tension, menace et méfiance est le postulat pour justifier le fait que tous déposent leur liberté dans les mains du souverain, le Léviathan.

Cette violence innée sera également défendue par Freud :

« L’homme n’est point cet être débonnaire, au coeur assoiffé d’amour, dont on dit qu’il se défend quand on l’attaque, mais un être au contraire qui doit porter au compte de ses données instinctives une bonne somme d’agressivité. Pour lui, par conséquent, le prochain n’est pas seulement un auxiliaire et un objet sexuel possibles, mais aussi un objet de tentation. L’homme est en effet tenté de satisfaire son besoin d’agression aux dépens de son prochain, d’exploiter son travail sans dédommagements, de l’utiliser sexuellement sans son consentement, de s’approprier ses biens, de l’humilier, de lui infliger des souffrances, de le martyriser et de le tuer. Homo homini lupus : qui aurait le courage, en face de tous les enseignements de la vie et de l’histoire, de s’inscrire en faux contre cet adage ? Cette tendance à l’agression, que nous pouvons déceler en nous-mêmes et dont nous supposons à bon droit l’existence chez autrui, constitue le facteur principal de perturbation dans nos rapports avec notre prochain ; c’est elle qui impose à la civilisation tant d’efforts. Par suite de cette hostilité primaire qui dresse les hommes les uns contre les autres, la société civilisée est constamment menacée de ruine. »

Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation, extrait (1929).

Si cette hypothèse semble se confirmer dans nos rapports quotidiens, les conflits incessants qui rythment l’histoire de l’humanité,  elle parait démentie par les études récentes en anthropologie et paléontologie, comme le montre l’article ci-dessous :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ac36cbf2-a325-11e4-b189-26eecf90f1b5/La_violence_naurait_pas_toujours_existé

Alors loup ou agneau ? agressivité ou empathie innées ?