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De l’homme à l’animal : différences de degrés ou de nature (ou d’orientation) ?

La question de la différence homme/ animal n’est pas tranchée. Si on a coutume de caractériser l’homme par une complexité cérébrale, jusqu’à quel point une différence de degré ne devient-elle pas une différence de nature ? (ex: eau liquide, solide, gazeux).

Si cela vous intéresse, voici quelques articles sur le sujet :

http://www.hominides.com/html/references/de-l-homme-et-de-l-animal-mensonge-tromperie.php

http://www.saint-thomas.net/fr-program-46-animaux-trop-humains-l-animal-et-l-outil.html

Peut-on parler de langage animal?

Dans sa capacité technique, l’homme semble se singulariser par sa maitrise du feu (entretien) et la fabrique d’armes.

Modification de l’ADN d’embryon autorisée

http://www.courrierinternational.com/article/genetique-la-modification-de-ladn-dembryon-humain-autorisee-au-royaume-uni?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook

http://www.lemonde.fr/biologie/article/2016/02/01/des-manipulations-genetiques-d-embryons-humains-autorisees-en-grande-bretagne_4857389_1650740.html

Erreur classique : faire d’une comparaison (différence) une hiérarchie. Espèce/race

Le théorie de l’évolution, le développement de la biologie et de l’ethnologie ont poussé les scientifiques à la fin du 19è siècle à transposer la notion de race animale à l’homme et ainsi d’essayer de classifier l’espèce humaine. Ces comparaisons ont amené (bien plus tard) notamment avec la génétique à conclure que le nombre incroyable de différences rendait impossible et interdisait de faire de ces différences des motifs de hiérarchisation entre les hommes (évolutionnisme), des inégalités.

Encore une fois, l’homme cherchait une nature, une essence qui puissent justifier une existence (on a pu le faire pour la différence homme/femme). Ainsi, on peut comprendre l’enjeu de la citation de Sartre : pour l’homme « l’existence précède l’essence ». 

Je vous conseille vivement cet article du site « Humanité et biodiversité », auquel contribue Hubert Reeves, célèbre astrophysicien français (présent au LH forum en 2014), dans lequel vous trouverez une interview d’Albert Jacquard, spécialiste en génétique des populations, chercheur et essayiste de très grande qualité (moi j’adore :) )

D’un point de vue biologique, l’espèce se définit d’après le critère d’interfécondité. Une espèce est un groupe d’individus capables de se reproduire entre eux. Pour appartenir à la même espèce, 2 individus doivent non seulement pouvoir avoir un descendant, mais ce descendant doit en plus être viable et surtout fertile, c’est-à-dire capable lui-même de se reproduire. Prenons un exemple : un âne et une jument peuvent avoir une descendance, mais ils n’appartiennent pour autant pas à la même espèce car leur descendant, le mulet, est stérile. Des cas limites peuvent être observés. Ainsi, au sein du genre felis – genre qui regroupe les espèces apparentées à nos chats domestiques -, certaines espèces sont encore interfécondes ; c’est d’ailleurs grâce à cette particularité qu’est né le Bengal. Le Bengal est en effet issu du croisement entre un chat domestique (Felis catus) et un chat du Bengale (Felis bengalensis). D’après les éleveurs de cette race, les mâles issus d’un tel croisement sont stériles, mais certaines femelles sont parfaitement fertiles et servent de fondatrices à la race. C’est ce que l’on appelle des « cas limites » et dans le jargon, on dit que la spéciation (processus d’apparition des espèces) n’est pas achevée au sein du genre felis.

Le plus simple pour définir une race est de se placer sur le plan génétique.
Chaque gène peut prendre plusieurs formes qu’on appelle aussi allèles. Le taux de répartition de chaque allèle, au sein d’un groupe d’individus, permet de caractériser ce groupe d’individus. Une race est un groupe d’individus qui présente une répartition des différents allèles différente de celle observée pour l’ensemble de l’espèce. Certaines races sont définies par une fréquence de 100 % pour un allèle d’un gène donné. Citons par exemple le Sphinx, aussi appelé chat nu, qui se caractérise par une peau nue. Ce caractère est dû à la forme « peau nue » (alopécie) du gène « couverture de la peau ». Tous les individus de cette race possèdent cet allèle : la race est donc définie par une fréquence de 100 % de l’allèle « peau nue », alors que la fréquence de cet allèle est très faible si on considère l’ensemble de l’espèce féline. Toutefois, un seul gène ne permet pas de définir une race. D’une façon plus générale, on peut dire que les individus d’une même race sont génétiquement plus proches entre eux qu’avec tout autre individu de la même espèce. Cette caractéristique ne se retrouve pas chez les hommes car deux individus de couleurs de peaux différentes par exemple peuvent être plus proches génétiquement que deux individus à la peau « semblable ».

L’élevage a sans doute été un facteur déterminant dans la constitution de races chez les animaux.