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« La classe de neige est centrée sur une activité : le ski ! »

Olivier Reggiani est instituteur dans la commune de Saint-Félix-de-Sorgues (Aveyron). Sa classe comprend 18 élèves de quatre niveaux. Tous les deux ans, il emmène ses élèves en classe de neige, à Enveitg, dans les Pyrénées. Une expérience forte pour les enfants, comme pour l’enseignant.

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Étiez-vous déjà parti en classe de neige ?

Oui, par deux fois. Je suis instituteur d’une classe de quatre niveaux (du CE1 au CM2), et j’emmène tous les deux ans mes élèves en classe de neige. Ils y pratiquent un sport tout nouveau pour eux : le ski. Nous partons toujours dans le même centre, le personnel organise judicieusement les activités pour que les enfants puissent profiter au maximum de leur séjour.

Ces voyages sont importants pour les élèves, mais aussi pour leurs parents, car il s’agit bien souvent de la première séparation. Ce n’est pas facile, mais ça les aide à grandir. D’ailleurs, cela s’en ressent au retour : les enfants sont plus autonomes et s’entraident spontanément.

Comment le voyage a-t-il été financé ?

Une classe de neige coûte 350 € par élève, mais il est possible de faire baisser les coûts. Tout d’abord, je me suis tourné vers l’association de parents d’élèves, qui a pris en charge une partie des frais. J’ai également demandé des aides auprès du Conseil général (dont la participation est proportionnelle aux nombres de nuitées et de kilomètres effectués) et de la mairie (elle peut au besoin prendre en charge la part d’une famille à faibles revenus).

Et puis, nous avons reçu une subvention exceptionnelle. Cette année, j’ai fait participer ma classe au « Parlement des enfants », une opération organisée par l’Assemblée nationale et l’Éducation nationale pour sensibiliser les écoliers au rôle du Parlement et au processus d’adoption des lois. En remerciement pour notre contribution, nous avons reçu un complément de financement pour notre projet.

Les dossiers les plus conséquents à remplir sont ceux à destination du Conseil général et du Parlement, mais l’association des parents d’élèves s’est proposée de s’en occuper. Tous ces efforts ont été bénéfiques, puisque le coût final a été abaissé à 97 € par élève. Les parents ont trouvé ce tarif tout à fait raisonnable pour une semaine de ski.

 

Comment intégrer cette classe de neige au projet pédagogique de l’année ?

Chaque élève réalise un carnet de voyage.

Avant de partir, j’utilise la classe de neige comme prétexte pour faire progresser les élèves dans toutes les disciplines : ils étudient les montagnes en géographie et apprennent à lire une carte ; ils découvrent l’histoire du ski et des remontées mécaniques. En sciences, je leur enseigne les états de l’eau ; en mathématiques, je les fais travailler sur la durée des trajets.

Pendant le séjour, les enfants animent notre blog : ils postent des photos, écrivent un petit mot et lisent les commentaires laissés par leurs parents. Ils complètent aussi leur carnet de voyage en racontant leurs journées, en notant leurs impressions. Ils agrémentent ce carnet de dessins : un vrai travail d’arts plastiques ! En fin d’année, nous organisons une exposition, pendant laquelle les parents viendront admirer les carnets des enfants et visionner le film de la classe de neige.

 

 Quelles activités avez-vous privilégiées ?

Chaque année, je m’appuie sur les précédentes expériences pour adapter au mieux l’emploi du temps, mais la classe de neige est toujours centrée sur une activité : le ski ! C’est important que les élèves découvrent quelque chose de nouveau.

Les deux premiers jours, le ski se pratique le matin, l’après-midi étant consacré à d’autres occupations : randonnée en raquettes et visite d’un parc zoologique pour découvrir les animaux de la montagne.

La journée suivante est importante pour eux : les enfants passent leur étoile.Ils prennent cette épreuve avec beaucoup de sérieux. Une fois leur diplôme obtenu, c’est avec beaucoup de fierté et de plaisir qu’ils dévalent les pistes.

 

Quel est votre souvenir le plus fort ?

L’année dernière, ma classe comprenait une élève handicapée : une malformation l’empêchait de skier. Elle a été prise en charge par un moniteur qui conduisait un fauteuil de ski. Encouragée par ses camarades, elle a pu profiter des plaisirs de la glisse. Je lui ai confié des responsabilités : elle a filmé ses camarades et interviewé le personnel de la station pour réaliser tout un reportage. Une grande énergie positive s’en est dégagée.

Lors de notre visite du parc animalier, elle s’est déplacée sur une motoneige conduite par un soigneur. Elle l’a accompagné nourrir les animaux. L’élève s’est trouvée dans une position très valorisante, et ceci a permis de développer une belle synergie autour d’elle.

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