Les plantes dans les textes médiévaux

Savants et Botanistes

Les jardins médiévaux nous sont connus par plusieurs sources : iconographie, textes et traités médiévaux. Au Moyen Age, les ouvrages qui traitent des plantes sont à la fois des ouvrages de botanique, de philosophie, de mathématique, de religion. Ils sont écrits en latin jusqu’au XIVe siècle. Ces ouvrages découlent pour beaucoup des connaissances de l’Antiquité, principalement léguées par des auteurs grecs (Hippocrate et Dioscoride). Les textes des auteurs de l’antiquité ont été partiellement conservés dans les abbayes à travers le travail des moines copistes qui œuvraient dans les scriptoria, mais aussi par le biais des traductions arabes des textes grecs entre le VIIe et le Xe siècle. Ces textes ont en effet été traduits en latin au XIIe siècle à Tolède par Gérard de Crémone et dans l’Italie du Sud par Constantin l’Africain.

Cardère et Daphné

Cardère et Daphné (source BNF)

Tous les ouvrages de botanique se présentent tous sous la forme d’herbier. Chaque herbe est nommée, classée dans un ordre alphabétique et représenté peinte en vis-à-vis. Dans ces ouvrages, on décrit l’aspect de la plante, son parfum, son milieu naturel, la période de floraison de la plante et enfin ses caractéristiques particulières comme ses vertus médicinales.

Certains savants du Moyen Age nous ont laissé de très beaux traités de botanique :

Au VIIIe siècle : le De Villis, Capitulaire de Charlemagne, le plan de l’abbaye de Saint-Gall et le Liber de cultura hortorum de Strabon.

Au IXe siècle : le polyptique d’Irminon.

Au XIIe siècle :

  • De medicinis simplicibus (livre des simples médecines) de Mattheus Platearius. Il s’agit d’un recueil basé sur une observation des plantes et des maladies. Il apporte aussi beaucoup de solutions pour soigner les maladies.
Platearius Livre des simples

Therebentineplatearius

  • le Liber subtilitatum de divinis creaturis (livre des subtilités de créatures divines) d’Hildegarde de Bingen. Hildegarde était une femme abesse savante (ce n’est pas fréquent au Moyen Age) qui donne des recettes de soins et de remèdes.

Au XIIIe siècle: les grandes encyclopédies

  • dominicaine : le De vegetalibus d’Albert le Grand, premier auteur médiéval qui donne une description du jardin d’agrément ou utilitaire.
  • franciscaine : le De proprietatibus rerum (livre des propriétés des choses de Barthélémy l’Anglais), écrite vers 1230. Cet ouvrage aborde tous les aspects du savoir et de la description du monde animal et végétal. Cette encyclopédie a connu un très grand succès au Moyen Age et il en existe de nombreux manuscrits.

Au XIVe siècle :

  • le traité des Livre des Ruraulx Prouffitz de Pierre de Crescens. C’est véritablement le premier traité sur l’agriculture et le jardin. Dans cet ouvrage, Pierre de Crescens traite de nombreux sujets : l’agriculture, la nature des plantes et la fertilité des sols, la culture de la vigne, les arbres, l’horticulture, les prés et les bois, les jardins, les animaux d’élevage ou chassés et pêchés,  un récapitulatif des travaux des jours.

DeCrescent

  • Le Mesnagier de Paris, ouvrage écrit vers 1393 par un bourgeois de Paris afin de donner à sa jeune épouse des éléments variés d’instruction dans tous les domaines.

Tous ces documents révèlent l’étendue des connaissances sur la flore au Moyen-Age. Toutefois, ils ne sont accessibles qu’à la minorité de gens instruits.

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