Le livre numérique sur les plantes des CM1-CM2 de Lormont

Cette année, dans le cadre du projet « Jardins et patrimoine », les CM1-CM2 de Lormont ont réalisé un livre numérique pour nous présenter leurs recherches ! Des questions sont posées sur les plantes et la réponse est donnée par… André Le Nôtre en personne, personnifié par les élèves. Allez vite voir en suivant ce lien !

Découvrir leur travail

 

Archibald – document pédagogique Jardins et Patrimoine

La classe des CM1 de Rauzan nous fournit une nouvelle ressource. Il s’agit d’un document pédagogique visant à préparer la sortie à Sallebruneau.

Les élèves doivent aider le moine hospitalier Archibald à rejoindre la commanderie pour ensuite poursuivre sa route.

Ainsi, Archibald nous a en quelque sorte accompagné tout au long de la visite !

Pour le télécharger, c’est par ici >> Archibald

La teinture végétale des CM1 de Rauzan

Les CM1 de l’école de Rauzan nous partagent leur expérience de la teinture végétale, merci à eux pour cet article !

Pour télécharger l’article, par ici >> teinture végétale

LES CM1 DÉCOUVRENT LA TEINTURE VÉGÉTALE ET LES EMPREINTES DE FEUILLES

UNE TEINTURE TRES ANCIENNE

Au Moyen Âge, on teignait les vêtements avec des plantes, des fleurs, des arbres. En classe, nous avons créé des teintures végétales comme à l’époque! Nous avons fabriqué du rouge avec de la garance et du jaune avec des pelures d’oignon. LEWIS et COLE

Mais on peut aussi utiliser des feuilles de vigne (jaune), la peau d’avocat (marron), la cerise (violet), le thé (marron)… AXEL

PREPARATION DES TISSUS AVANT TEINTURE

Utiliser du coton. Pour teindre du coton avec ces teintures végétales, il faut : faire chauffer et refroidir pendant une nuit les tissus trempés dans de l’eau et des galles de chêne.

La galle. La galle est une boule qui se forme autour des œufs pondus par des papillons dans le chêne. À l’intérieur, il y a tout ce qu’il faut pour que la larve grandisse. ZYAD

Quand les papillons sont assez grands, ils s’envolent. MATTHIAS

L’arbre fabrique cette galle pour se protéger. AURELIEN

La galle contient beaucoup de tanin, indispensable à la fixation de la teinture.

L’alun. Ensuite, il faut tremper le coton dans un bain d’Alun bien chaud. Ce travail de préparation du tissu dure deux jours. Ensuite, on fait sécher le coton. On est prêts pour teindre ! PAUL et JULIETTE

TEINTURE TIE AND DYE

Avec notre carré de coton, nous avons fait du Tie and Dye.

Pour faire un trait, il faut plier le tissu comme un éventail et on bloque avec un élastique. Si tu mets des épingles, ça fera des pointillés. Pour faire un petit soleil, il faut mettre un caillou entouré d’un élastique bien serré et pour créer un grand soleil, il faut faire pareil et rajouter un autre élastique. MANU et SASHA

FINALISATION DE LA TEINTURE

Ensuite, on a plongé nos tissus dans la marmite avec la garance ou les peaux d’oignon. On est partis en forêt pour ramener des feuilles à l’école. CHAHID

Les marmites ont chauffé pendant au moins une heure. L’eau était bien chaude ! JOSEPHINE

BALADE EN FORET ET COLLECTE DE FEUILLES

Lors de notre balade, nous avons collecté des feuilles de six espèces d’arbres : l’érable, le marronnier, le cornouiller, le chêne, le noyer et le frêne. Nous avons aussi ramassé des fruits (noix, marron) pour le plaisir ! AURELIEN, LISE et MATTHIAS

Nous avons appris que la sève des arbres descend en hiver et remonte au printemps.  Si la sève restait dans l’arbre en hiver, elle gèlerait, se transformerait en glaçons et tuerait l’arbre. Avec la sève de l’érable, on fabrique du sirop d’érable que l’on peut mettre sur les pancakes. Nina nous en a fait goûter. C’est très sucré ! ETAN et IMANE

Tour de magie. Avec la feuille de cornouiller, c’est magique ! Quand on la déchire dou-ce-ment, la sève transparente, un peu élastique, tient l’autre partie de la feuille. Essayez de faire ce tour aux parents ou aux enfants ! LALY, KALANNA et CHARLY

EMPREINTES DE FEUILLES SUR COTON

On tape ! A notre retour à l’école avec nos feuilles, nous les avons utilisées pour faire des empreintes. Voici les étapes à suivre. Matériel : un tapis, une pierre de granit, un tissu de protection pour support. Ensuite nous plaçons nos feuilles à l’envers et posons notre tissu dessus. Nous tapons dessus avec un maillet afin que la sève trace la feuille sur le coton. Certains ont tellement tapé que la feuille est restée collée ! AXEL, LOLIA, NINA et ZOE M.

On baigne ! Après avoir imprimé les feuilles sur nos tissus, on les a trempés dans trois bassines. La première contenait du fer. La deuxième du savon de Marseille et la troisième de l’eau claire. On devait les laisser 30 secondes dans chaque bain. Pour finir, on les a essorés et faits sécher sur un fil. NINA, ZOÉ M, CORENTIN, ZOÉ R et SYLIA

BILANS DE NOS RÉALISATIONS

On a obtenu de très jolis résultats ! Mathilde nous a appris plein de choses. ZOÉ M

Quand on a vu les résultats, tout le monde a dit « Ouahouh ! » C’était magique ! ZOÉ R

J’ai trouvé ça génial de faire de la teinture rouge ! KARL

Les enfants sont ensuite revenus chez eux avec leurs tissus teintés et décorés. Ceux-ci peuvent passer à la machine sans crainte de perdre leurs couleurs.

Vous avez désormais les recettes pour tenter l’expérience chez vous! Merci Mathilde Guignard !

Mme JULIENNE

 

 

L’encre au Moyen Âge

Comment fait-on de l’encre au Moyen Âge ?

À l’époque médiévale, point de stylo plume à cartouche ni de stylo bille et encore moins de feutre ! Alors, comment écrit-on dans les manuscrits ? Comment est produite cette encre indélébile qui a traversé les siècles ? Une chose est sûre : on n’utilise pas encore d’encre de Chine…

Oiseau, note en marge, Code Justinien, XIIIe-XIVe s., Amiens, BM, ms. 347

On peut faire de l’encre à partir du carbone (bois calciné) mais en Occident à partir du XIIe siècle, on préfère les encres ferro-galliques ou métallo-galliques. Ce sont des encres plus résistantes, qui associent 3 éléments principaux :

  • Noix de galle
  • Sel métallique
  • Liant

Sigebert de Gembloux dictant son texte à un moine copiste, Chronique, XIIe s., Avranches, BM, ms. 159

 

Qu’est-ce que la noix de galle ? En tout cas, ce n’est pas le fruit du noyer !

Quand un petit insecte, le cynips, pique le chêne pour pondre, l’arbre réagit en produisant cette boule de la taille d’une balle de ping-pong. Un peu comme lorsqu’un moustique nous pique et que la peau gonfle !

Les larves de cynips se forment à l’intérieur et la sève de l’arbre les entoure petit à petit.

Le cynips

Pour faire de l’encre, il faut se dépêcher ! La noix de galle doit être récoltée avant l’été, quand les larves sont encore à l’intérieur. Si elles en sortent, la noix aura moins de tanin, la substance végétale qui permet de noircir l’encre.

La plus réputée : la noix de galle d’Alep, mais on en trouve aussi dans les forêts d’Europe.

Comment faire ?

Une fois bien sèches, il faut les écraser et verser la poudre obtenue dans beaucoup d’eau que l’on fait bouillir. Quand le mélange est réduit de moitié, y ajouter un liant :  la gomme arabique (sève) et bien écraser. Laisser mijoter sur le feu pour faire encore réduire.

Source de l’image : la recette

Hors feu, ajouter le sel métallique (sulfate de plomb, de cuivre ou de fer) et parfois un mélange de vitriol et de vin. Le sel métallique entre en réaction avec l’extrait végétal et noircit. Voilà notre encre noire.

+  +

Noix de galle                               Sel métallique                           Gomme arabique

 = 

 

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Images issues de la vidéo Making Manuscripts du Getty Museum :

 

Une autre vidéo très instructive :

 

Des recettes du Moyen Âge

Inc |austum| latinum; accipe vas de terra quod capiat VIII l. |libras| aque; postea mediam libram galette et tere bene ; postea bulli usque ad medietatem, tunc accipe tres untias gummi arabici et tere bene et colato illo quod est in oll |a| apponatur gumma, tunc bulliat ad medietatem. Postea aufer ab igne et tunc accipe 4 uncias vitreoli et l. |libram| vini calidi aliquantulum et debes miscere vinum et vitreolum in alio vase bene, tunc paulatim apponatur ad inc |austum| miscendo senper bene; ita stet per duos dies et quolibet die moveatur quarter cum baculo postea.

British Library, London, Harley 3915, Recueil de recettes d’encres et de pigments, 2nde moitié du XIIe siècle

 

POUR FAIRE TROIS PINTES D’ENCRE, prenez des galles et de gomme de chascun deux onces, couperose trois onces; et soient les galles casse?es et mises tremper trois jours, puis mises boulir en trois quartes d’eaue de pluye ou de mare coye. Et quant ils auront assez boulu et tant que l’eau sera esboulie pre?s de la moitie?, c’est assavoir qu’il n’y ait mais que trois pintes, lors le convient oster du feu, et mettre la couperose et gomme, et remuer tant qu’il soit froit, et lors mettre en lieu froit et moite. Et nota que quant elle passe trois sepmaines, elle empire.

Le Menagier de Paris. Traite? de morale et d’e?conomie domestique compose? vers 1393 par un bourgeois parisien, Tome Second, Paris, 1846, p. 265.

 

On peut également réaliser des encres à partir d’épines selon un procédé assez proche.

Recette adaptée

Ingrédients :

  • 30g de noix de galle concassées
  • 15g de gomme arabique
  • 15g de sulfate de fer
  • eau
  • essence de lavande (facultatif)

Faire bouillir les noix de galle concassées dans 500g ou un demi-litre d’eau, de manière à avoir 450g de décoction; faites dissoudre la gomme ; quand le tout est froid et passé, ajouter : sulfate de fer cristallisé préalablement dissous dans 30g d’eau. On peut ajouter quelques gouttes d’essence de lavande.

L’encre ainsi produite se conserver plusieurs années, mais elle a tendance à faire du dépôt.

 

Sources 

Cora Millet-Robinet, Maison rustique des dames, Librairie agricole de la maison rustique, Paris, 1845, p. 312

Marc Niederhauser, Alchimie de l’enluminure : 80 recettes éprouvées, Eyrolles, 2011

Une ressource à utiliser, l’exposition virtuelle de la BnF sur les écritures

Calendrier de plantation des graines 2017-2018

Pour vous accompagner dans vos semis, voici un tableau répertoriant les périodes et les conseils de plantation des graines confiées dans le cadre du Projet Jardins et patrimoine :

Plantes données en pot : à planter le plus vite possible !

Bourrache  Arroser régulièrement sans abuser.

Santoline Besoins en eau très faibles.

Mélisse À placer au soleil ou mi-ombre. Possible de récolter les graines à la fin de l’hiver ou début du printemps. Arroser modérément.

 

Graines :

Nom de la plante Quand semer ?  

Recommandations

Arroche Avril Ombre, arroser régulièrement.
Balsamite Fin mars Sol profond et frais.
Benoîte Octobre ou mars Soleil ou mi-ombre
Épeautre
Octobre-novembre Pas de traitement particulier.
Fenouil Avril Arroser régulièrement
Fenugrec Octobre ou mars Sol plutôt sec
Lin Fin février Pas de traitement particulier.
Livèche Avril Résiste bien au froid, peu exigeante. Mi-ombre, arroser de temps en temps.
 Nigelle  Avril Arroser régulièrement sans abuser. Lorsque les graines sortent, il faut butter la terre.
Pastel Octobre ou fin février Ne pas trop arroser. Attention : plante bisannuelle (attendre la 2e année pour les fleurs)
Pois chiche Octobre ou février Arroser régulièrement sans abuser. Lorsque les graines sortent, il faut butter la terre.
Rose trémière Février-mars Ne pas semer trop denseBien émietter le sol
Souci Mars-avril Soleil, mi-ombre.

À vos outils !

 

OctobreTRH

Les semailles, Mois d’octobre du calendrier des Très Riches Heures du duc de Berry, début du XVe siècle, Chantilly, Musée Condé, ms. 65. À l’arrière-plan, le peintre a représenté le Palais du Louvre, tel qu’il fut reconstruit par Charles V (1338-1380) et dont il ne reste aujourd’hui que les fondations.

L’herbier des CE2 de Tresses

Pour terminer l’année scolaire en beauté, voici quelques vues de l’herbier réalisé par la classe de CE2 de Tresses suite à leur visite à la Commanderie de Sallebruneau dans le cadre du projet Jardins et Patrimoine.

Sur un fond coloré à l’encre, les élèves ont collé les feuilles récoltées dans le jardin médiéval à côté de reproductions décalquées de planches botaniques. Ils ont travaillé les initiales des noms en s’inspirant des lettrines médiévales et ont inscrit les propriétés des plantes. Ce travail coopératif a permis de constituer un herbier collectif dont les pages sont affichées à l’école !

 

Une année de Jardins et Patrimoine – L’école de Cartelègue

Pour continuer ces présentations des travaux des classes ayant participé au projet Jardins et Patrimoines, voici les réalisations des élèves de l’école de Cartelègue.

Cette année, ils ont beaucoup travaillé sur le Moyen Age, et réalisé des châteaux, vitraux, rosaces, un jardin d’inspiration médiévale à partir des graines issues de la Commanderie de Sallebruneau, des installations artistiques jardinières…..

Quel travail ! Bravo et merci à eux !

La Mandragore, une plante mystérieuse

La Mandragore

Quelle est donc cette plante au nom étrange ? Pourquoi est-elle mystérieuse ?

La mandragore appartient à la famille de la tomate, les solanacées. Elle possède de grandes feuilles et paraît inoffensive… et pourtant !

Mandragora, Giorgio Bonelli, Hortus Romanus juxta systems Tournefortianum paulo, XVIIIe s., New York Public Library

Depuis l’Antiquité, chez les Égyptiens, les Arabes, les Grecs et les Romains, elle est considérée comme une plante magique ! Une idée qui persiste au Moyen Âge et même bien après.

On pense depuis longtemps qu’elle peut apporter richesse, fertilité et guérison à celui ou celle qui en possède une racine. Des qualités qui sont très appréciées ! C’est pourquoi elle est recherchée. Originaire d’Orient, elle est plutôt rare en Occident, ce qui renforce son côté mystérieux.

Mais pour quelle raison la pense-t-on magique ?

C’est sous terre qu’il faut regarder : ses racines peuvent atteindre près de 60 cm de long, prenant une forme qui peut faire penser à une silhouette humaine, c’est ce qui lui a valu cette image de légende ! Il y aurait des mandragores mâles et des mandragores femelles qui vivent sous terre. Il paraît même qu’elle brillerait la nuit comme une lanterne rouge…

Mandragora, Recueil botanique, New Haven, Yale Medical Library, vers 1400

Seulement, il serait très compliqué de la déraciner : lorsqu’on l’arrache, elle pousse un cri tellement terrifiant qu’il peut être mortel ! Aussi, pour s’en procurer, on dit qu’il faut attacher un chien à sa racine et s’éloigner pendant que ce dernier la fait sortir de terre et qu’elle pousse son terrible hurlement… Cette pratique est encore attestée dans certaines régions italiennes au XIXe siècle. Les auteurs anciens décrivent aussi toute une série de rites pour la cueillir sans risque : tracer des cercles autour, réciter des prières ou des incantations,…

>> Harry Potter a lui aussi rencontré la mandragore et son cri !

Mandragore, Tacuinum sanitatis, XVe s., Vienne

Avec cette sombre destinée, la plante est alors liée à la magie noire : elle serait utilisée par les sorcières sous forme d’onguent pour le corps. Les Grecs l’appelaient même « plante de Circé », une magicienne très puissante de la mythologie. D’ailleurs, Jeanne d’Arc, condamnée pour sorcellerie, fut accusée d’avoir cueilli de la mandragore.

Ceux qui arrivent à s’en procurer doivent alors la laver soigneusement et l’envelopper dans une étoffe riche pour qu’elle apporte ses bienfaits.

A-t-elle eu d’autres usages non « magiques » ?

La mandragore fut également utilisée par ceux qui ne croyaient pas en ses capacités magiques. C’est une plante qui est très efficace contre les maux de tête, la fièvre et les ballonnements. Des médecins l’ont également exploitée pour ses racines narcotiques.

Il se trouve que la plante possède des propriétés hallucinogènes, ce qui expliquerait toutes ces idées et ces anciens usages !

A la commanderie de Sallebruneau (Gironde) se trouve une mandragore. Viendrez-vous vérifier sa légende ? Il vaut mieux venir une nuit de pleine lune…

Sources

Michel Botineau, Les Plantes du jardin médiéval, Belin, 2003

Sur la terre comme au ciel : jardins d’Occident à la fin du Moyen Âge (catalogue d’exposition, Paris, musée de Cluny, 6 juin – 16 septembre 2002), RMN, 2002

On trouve également la mandragore dans la série télévisée britannique Merlin, épisodes 1 et 2 de la saison 3 « Le poison de la mandragore » !

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Enluminure

Afin de découvrir l’art médiéval, voici quelques documents proposés par Bernard Pradier pour la réalisation d’un atelier d’enluminure en classe, à partir d’une initiale calligraphiée. Vous retrouverez le document ci-dessous :

Réaliser une lettrine_jardins et patrimoine

Ce document s’accompagne d’un corpus d’images et d’exemples réalisés par une classe de l’école de Saint-Aubin-de-Médoc en 2015.

Vous retrouverez l’intégralité du dossier dans la Dropbox « EchangesCLEM_EnseignantsJardins (accès également par le lien ci-dessous) :

https://www.dropbox.com/sh/cbejek1ghbl37pd/AABf89_mawg-pwtXls3mR966a?dl=0

Alors à vos pinceaux !

Semaine du Goût : la cuisine médiévale

Nous changeons d’époque et passons au Moyen Âge pour cette troisième recette  de la Semaine du goût. Au menu, une boisson médiévale très connue, l’hypocras, un vin aux épices.

girofleLes épices étaient très prisées au Moyen Âge, on les trouve dans plus de la moitié des recettes et en grande quantité. De nos jours, la cuisine française en utilise beaucoup moins !

Par exemple : à la cour du Dauphiné au XIVe siècle, plus d’1 kg par an et par personne !

Quelques épices courantes médiévales : gingembre, cannelle, girofle, graine de paradis, poivre long, spic, poivre rond, fleur de cannelle, noix de muscade, feuilles de laurier, galanga, macis, lores, cumin

safran

Girofle et Safran, Grandes Heures d’Anne de Bretagne, BNF, Ms Latin 9474, 1503-1508

On a aussi cherché à produire des épices en Europe, par exemple du safran

 

La cuisine médiévale est très éloignée de la nôtre. Elle est riche en saveurs, en odeurs et en couleurs : les épices étaient utilisées à la fois pour donner du goût et pour colorer les viandes et les sauces. En dehors de la cuisine, certaines servaient à teinter les textiles, à soigner ou encore à parfumer (comme le musc).

On les fait venir d’Orient, c’est d’ailleurs ce qui a donné leur nom : le terme species désigne les produits issus du commerce avec ces régions lointaines.

En raison de cette distance, elles coûtent cher : tout le monde ne consomme pas des épices, ou pas autant. Les rois, princes et aristocrates utilisent des épices variées et en grandes quantités dans leur nourriture alors que les bourgeois se contentent de quelques-unes. Les paysans, eux, n’en dégustent quasiment pas avec leur pain et leurs légumes.

Par exemple, le poivre long (« chaud » comme le piment) était le favori des nobles. Ils le faisaient venir d’Inde du Nord-Est. Le poivre rond (notre poivre) était plutôt utilisé par le peuple.

Capture d'écran 2016-10-13 15.58.13 Préparation de repas et banquet, Psautier Luttrell, XIVe siècle, © British Library, Add. 42130, f° 207v-208

Presque tous les mets des plus riches comportent des épices qui accompagnent viandes et sauces. En France, on aime mélanger le gingembre avec la cannelle, alors qu’en Angleterre, on préfère la cannelle avec du poivre.

137L’issue et le vin d’hypocras, Paris, BnF, Français 938 fol. 69

Pour accompagner la volaille gauloise et la patina aux poires antique, vous prendrez bien un peu d’hypocras ?

C’est un vin de fin de repas, « l’issue », servi avec des oublies ou des métiers, de fines gaufres sucrées.

Hypocras

Pour fair pouldre d’ypocras prenez ung quarteron de tresfine canelle triee a la dent et demy quarteron de fleur de canelle fine, unce de gingenbre de mesche trie fin blan et une unce de gren de paradiz, ung sizain de nois muguectes et de garingal ensanble. Et quant vous vouldrez fair hypocras, prenez demye unce largemen de ceste pouldre et deux quarteron de succre et les mezlez ensanble. Et une quarte de vin a la mesure de Paris et nota que la pouldre et le succre mezlez ensanble et une quarte de vin a la mesure de Paris.

Pour préparer de la poudre d’hypocras, prenez un quarteron de cannelle très fine éprouvée à la dent et un demi-quarteron de fleur de cannelle fine, 1 once de gingembre de Mesche nettoyé et très blanc, et 1 once de graine de paradis, un sixième d’once d’un mélange de noix muscades et de garingal, et battez le tout. Lorsque vous êtes prêt pour commencer l’hypocras, prenez une bonne demi-once de cette poudre et mélangez avec deux quarterons de sucre et une quarte de vin à la mesure de Paris.

Cette recette est issue du Mesnagier de Paris, un ouvrage écrit vers 1393 par un bourgeois parisien pour sa femme et qui comporte de nombreuses recettes et conseils. Il s’agit de la recette « à froid » de l’hypocras, qui peut aussi être bouilli. Il vaut mieux laisser reposer le mélange quelques jours (certains se conservent jusqu’à plusieurs mois !)

  • Garingal : galanga, épice d’origine chinoise
  • Graine de paradis : maniguette, plante d’origine africaine au goût poivré
  • Once : mesure médiévale équivalant à environ 25g
  • Quarteron : mesure médiévale équivalant à deux onces, soit environ 50g
  • Quarte : mesure médiévale pour les liquides, équivalant à deux pintes (unité de base), soit 2×0,86L = environ 1,7L

Certaines épices se trouvent difficilement ou dans des épiceries spécialisées. De manière générale, on trouve de la cannelle, du gingembre et des clous de girofle mais aussi de la cardamome et du poivre. Le sucre peut être remplacé par du miel.

Enfin, pour une version sans alcool, privilégier le jus de pommes ou le jus de raisin, mais avec moins de sucre !

 

Pour aller plus loin :