Le procès du Palais Bourbon

Le procès du palais bourbon en mars 1942

Fin février 1942, le nouveau gouverneur militaire en France, Karl Heinrich von Stülpnagel, sur l’avis de ses services juridiques, décide de monter une série de procès à grand spectacle pour frapper l’opinion française et tenter d’arrêter les attentats.

7 jeunes résistants sont arretés à cause d’une dénonciation à la police. Il s’agit de Roger Hanlet ,Pierre Milan ,Acher Semaya ,Fernand Zalkinov ,Robert Peltier , Christian Rizo,Tony Bloncourt .

Ils sont arrêtés à cause d’un copain d’Hanlet n’appartenant pas à la Résistance, qui  a l’imprudence de montrer à sa fiancée les revolvers récupérés qu’il allait leur fournir. Celle-ci le rapporte à son père qui le répète à un autre… de bavardage en bavardage, cela débouche sur une dénonciation à la police. Il n’a suffit que d’une parole pour que tout le groupe soit arrêté entre octobre et novembre:

-Roger Hanlet, Pierre Milan et Acher Semahya, le 30 octobre 1941

– Fernand Zalkinov, le lendemin, le 31 octobre

L e 1er novembre, Robert Peltier est arrêté sur son lieu de travail

– Christian Rizo se fait prendre le 25 novembre dans un cinéma

-Tony Bloncourt, qui a pu échapper à l’arrestation, est hébergé par des amis étudiants puis arrêté le 6 janvier lors d’un contrôle de police.

Ils font tous partie des FTPF (Francs Tireurs et Partisans Français) et ils forment le Premier Groupe des Bataillons de la Jeunesse.

Les sept jeunes sont défendus par des avocats commis d’office. L’acte d’accusation leur apprend que leurs clients sont jugés pour « Freischärlerei », c’est-à-dire « activité de francs-tireurs ». On les accuse d’avoir commis 17 actes de sabotages, des incendies et des attentats.

Les médias, acquis aux idées collaborationnistes, rapportent les faits en les déformant, en y ajoutant des qualificatifs infamants et mensongers, voire racistes à l’égard de certains accusés. La lecture de cette presse fait quand même passer une attitude digne et courageuse de la part de ces jeunes résistants.

Il n’a fallu que 3 jours pour que le verdict tombe :  condamnation à mort. Ils sont fusillés le 9 mars 1942 au Mont-Valérien. Ce jour-là, Yolande Bloncourt, arrivée au fort du Mont-Valérien, n’est pas autorisée à voir Tony et ses camarades avant leur exécution ; elle ne pourra entendre qu’un puissant cri : “Vive la France!”, suivi d’une salve nourrie…

A l’annonce de leur mort, le XIe arrondissement se couvre de papillons, de tracts, d’affichettes réalisées à la main ou à la machine, afin d’honorer la mémoire des sept martyrs et d’appeler au renforcement de la lutte contre l’occupant.

L’arrestation et l’exécution des sept membres des Bataillons de la Jeunesse n’ont pas pour autant stoppé le combat contre l’occupant.

Comments are closed.