La Chasse aux Livres

Le soleil se lève et illumine le lycée. Aujourd’hui, il est 7 heures et 38 minutes du matin. Nous sommes le vendredi 29 janvier 2021.

Un jour quelconque qui pourtant ne l’est pas. Non. Aujourd’hui, il y a un événement assez spécial qui n’arrive qu’une seule fois par an.

Aujourd’hui, une chasse est organisée dans le lycée et non, la carabine n’est pas autorisée. Ce n’est pas nécessaire puisque nos cibles sont des livres et non des animaux.

Cette chasse aux livres ne s’adresse qu’aux curieux et aux petits amoureux de la lecture.

Clémentine et moi faisons partie de cette catégorie.

Nous avions prévu de nous retrouver tôt ce matin pour cela.

Je descends du bus et je sors mon téléphone de ma poche. Le bip résonne pendant un moment…

– Allô ?

– Oui, Clémentine. T’es où ?

– Je suis dans la mezzanine. Je t’attends.

Je lui dis que j’arrive et je raccroche…

Je replace correctement mon cartable sur le dos et je presse le pas.

Je rentre dans le hall. Il y a déjà beaucoup d’élèves. Je tourne vers la gauche et je monte les escaliers. Je cherche mon amie des yeux. Je la vois près de la porte en compagnie d’une autre fille. C’est Mattea. Elles me voient et me saluent. Je les rejoins.

– On commence par où ? demande Mattéa.

Clémentine sourit.

– Je propose qu’on commence par le bâtiment C.

Je hausse des sourcils, perplexe.

– Heu… pourquoi pas d’abord ici dans la mezzanine, le hall ou même le CDI ?

Clémentine me lance un regard qui en dit long. En clair, je crois qu’elle me traite de stupide.

– Non. Sois logique. Ça serait beaucoup trop simple. Tu sais le nombre de personnes qui passent sur la mezzanine ? De même pour le hall ? Et pour le CDI, il y a un ou deux livres mais c’est pour les profs.

Je cligne des yeux. En effet, ça semble logique.

Je ne dis rien. Clémentine prend mon silence comme une victoire.

– Bien, allons-y.

En tout, il y a 10 livres cachés dans tout le lycée. Si on en trouve un, le livre est à nous. C’est la règle.

Il y a deux bâtiments principaux dédiés aux cours.

Le bâtiment C, là où on va et le bâtiment D. C’est souvent là que les documentalistes cachent les livres. Bien sûr, il y a certains endroits que nous ne pouvons pas accéder tels que les salles de cours ou encore les laboratoires.

– Dites. Vous croyez qu’elles ont planqué des livres dans la garrigue ? demande Mattéa.

– Non. Je ne pense pas, je réponds. C’est un espace trop large pour rechercher des livres.

– Elle a raison, rajoute Clémentine. Il vaut mieux qu’on se concentre sur les bâtiments de cours.

On avance au bâtiment C. Il y a des portes en fer.

– Je regarde derrière les portes.

Je penche ma tête pour mieux regarder dans la fente. Il n’y a rien.

Je fais non de la tête. Les filles se regardent et entrent dans les toilettes. Mais ressortent rapidement bredouilles. On avance et deux chemins s’offrent à nous.

À gauche, le chemin continue dans le long couloir. Peut-être qu’on trouverait quelque chose au bout. Ensuite, il y a la droite qui nous mène à un escalier. C’est un accès pour aller dans la cour, si on venait à descendre. Sinon, on monte à l’étage du dessus.

Je me dirige rapidement à droite. Et je regarde dans le coin, à la recherche d’un quelconque livre. Mais il n’y a rien. Je reviens sur mes pas. Je regarde les filles.

– Alors ?

Clémentine réfléchit. Mattea prend la parole :

– Le mieux serait qu’on se sépare. Ça irait plus vite.

– Ouais, accepte Clémentine. Bah, du coup. Lisa, tu regardes dans le couloir et dans les coins et sous les escaliers. Moi, je monte là-haut avec Mattea. Je partirai à droite. Toi, Mattea tu partiras vers la gauche. Si l’une de nous trouve quelque chose, appelez. Ça vous va ?

Mattea et moi hochons de la tête.

Tandis que les filles montent à l’étage, je pars de mon côté.

Certains endroits n’ont pas d’intérêt. D’autres sont verrouillés.

J’atteins les toilettes de l’étage. Je regarde derrière la poubelle. Il n’y a toujours rien.

Mais alors que je me retire, je vois soudainement un paquet jaune avec le numéro 1 inscrit dessus. Il est, non pas à côté de la poubelle, mais à l’intérieur de celle-ci. Je le prends.

– Hé ! crie-je. J’en ai trouvé un et vous ne devinerez jamais où !

J’entends Clémentine se rapprocher.

Je me recule et je lève la tête. Elle est au-dessus de moi sur la passerelle. Je lui montre le livre.

– Où ? demande Mattea en la rejoignant.

– Dans la poubelle, je réponds.

Clémentine rit. Mattea hausse les sourcils, surprise.

– Non ? Sérieux ?!

– Pour une fois oui, je suis sérieuse, dis-je en rigolant.

– C’est assez malin, avoue Clémentine en souriant. Qui penserait qu’il y aurait un livre dans une poubelle ?

– Personne, répondis-je.

– C’est exact. Allez. Il n’en reste plus que deux. Le mien et celui de Mattea. On va dans le bâtiment D. Il n’y a pas grand-chose ici.

– Bien Madame. Je vous rejoins.

– Ne m’appelle pas Madame !

– Oui « Madame » !

Je ris en entendant Clémentine grommeler.

Je range mon livre dans le cartable. Et je monte à l’étage pour rejoindre rapidement les filles dans le bâtiment D, passant par la passerelle.

– Bon, soupire Clémentine. On refait le même schéma.

Je hoche de la tête et je redescends.

À force de me faire les escaliers, je vais finir par me faire les mollets. C’est sportif au moins. C’est bien, ça réveille dès le matin…

J’aurais mieux fait de rester en bas. C’était plus logique.

À peine ai-je entamé les cinq premières marches que j’entends Clémentine appeler. Je reviens alors sur mes pas. Elle tient un autre paquet jaune.

– Derrière le tuyau, dit-elle.

– OK. Donc du coup il ne reste plus que celui de Mattea.

– Ouais bah. Allons-y du coup !

Je suis Mattea mais Clémentine reste sur place, semblant réfléchir. On revient vers elle.

– Je me demande…

On l’observe et on s’interroge. Puis elle commence soudainement à marcher dans le couloir. On la suit rapidement. Elle marche si vite. Je me demande comment elle fait avec ses talons…

On s’arrête enfin devant les toilettes du bâtiment D.

Ah ! Je commence à comprendre. Mais les documentalistes ne l’auraient pas fait. Si ?

Mattea s’avance et regarde la porte qui attire Clémentine. Ah ! Elle aussi vient de comprendre.

– C’est vraiment nécessaire ? demande –t– elle.

– Si tu veux ton livre, va falloir, répond Clémentine.

– Qui rentre ? Je demande.

– Pas moi.

– Moi non plus.

– Sérieusement ce sont juste des toilettes !

– Ce sont celles des mecs !

– Ah ! Mais c’est pas vrai ! On va pas rester là à savoir qui va y aller !

– Vas-y. Rentre dans les toilettes.

Je regarde Clémentine et Mattea. Je regarde les toilettes. Je soupire.

– Bien.

Je pose mon cartable par terre. Je remonte mes manches. Je regarde autour de moi. Personne, mis à part Clémentine et Mattea.

– Surveillez.

Je rentre et fouille. Un paquet jaune était posé sur une des toilettes. Je l’attrape et je sors rapidement en triomphe.

– Ouah ! s’exclament Clémentine et Mattea d’une voix particulière. Tu es trop forte !

Je les regarde, plissant les yeux. Je garde la bouche fermée. Là, je ne vais pas faire de commentaire. Je donne le livre à Mattea.

– On les ouvre ?

On se regarde et on déchire le papier jaune. Je vois la couverture.

Un recueil de poèmes d’amour…

Je montre mon livre. Les filles font de même.

Clémentine était tombée sur un livre de Mazarine Pingeot, Le cimetière des poupées. Mattea, sur Marc Lavoine et Driss El Kesri, Toi et moi, on s’appelle par nos prénoms.

© Clémentine – 29/01/2021

Mattea me regarde et me tend son livre.

– On échange ?

Je souris et je lui tends mon livre.

Aujourd’hui, il est 7 heures et 57 minutes du matin. Nous sommes le vendredi 29 janvier 2021. La chasse s’achève sans effusion de sang, fort heureusement.

L. D. B., Clémentine et Mattea

NB : Les éléments relatés ici présentent d’une façon quelque peu romancée la chasse aux livres qui s’est déroulée au lycée fin janvier.

Feuilleton : Nouvelle Âme – 10

10.

-Ton armoire est effrayante.

Ce sont les premiers mots que Clarisse m’adresse de la journée. Elle n’a même pas daigné dire quelque chose quand, à dix heures, elle est arrivée dans la chambre dans un grand fracas, pour me réveiller à coups de rideaux grands ouverts et d’oreiller sur la tête. Je vais la tuer, me suis-je dit en protégeant mes yeux de la lumière. On ne me réveille pas comme ça sans conséquence ! Avant même que j’ai pu trouver une vengeance à la hauteur de l’erreur, ma bourreau s’en est allée. Bon, la vengeance serait pour plus tard. Enfin, c’est ce que je croyais. J’ai à peine eu le temps d’émerger, de me lever et de me planter devant mon armoire que cette saleté est revenue, un croissant dans la main. Je n’ai même pas tilté à cause de la fatigue. C’est là qu’elle a fait ce commentaire, en m’observant attraper un sweat et un jean d’un air absent :

-Freud a dit un jour que lorsqu’on voit le défaut de quelqu’un, on reconnaît en lui ses propres défauts, je réponds, endormie.

-Freud a aussi dit qu’un placard mal rangé était le reflet de l’âme. A quelques mots près.

Je ne réponds pas. Elle reprend :

-Qu’est-ce qui te tracasse ?

Je soupire.

-J’ai cessé de ranger le jour où mon frère a arrêté de le faire pour moi.

-Mais encore ? Il en a eu marre de toi ? Je le comprends.

Je n’ai pas la force de lui répondre par une pique. Je regarde les vêtements que j’ai choisis. D’habitude, j’en porte chaque week-end. Cela ne devrait pas me déranger d’en porter à nouveau. Mais une étrange envie me saisit quand je pense à celui avec qui je vais passer ma journée. J’ai envie d’impressionner James. Puis mon regard se pose sur un chapeau. J’ai le nécessaire, en plus. Je repose alors le sweat et l’échange contre un veston à motif fleurie et l’ensemble qui va avec.

-Il est mort, je fais après avoir disposé mes vêtements sur mon lit.

Clarisse se tait.

-Pardon. Tu le retrouveras ici, non ?

-J’espère.

-Mais oui ! Fait-elle en me tapant l’épaule. S’il t’aime, il te trouvera.

Je ne sais pas ce qui est arrivée à Clarisse pendant la nuit, mais quand je sors de la salle de bain, elle est toujours là. Maintenant que je suis plus réveillée, mes questions habituelles ont refait leur nid dans ma tête : Où est-ce qu’elle s’en va la nuit ? Pourquoi ? Pourquoi ne répond-t-elle pas à mes questions ? Mais cette fois-ci, l’une d’elle sort du lot. Je tente ma chance :

-Au fait, je t’ai vu parler à une femme, hier soir, près du portail.

-Et ?

Est-ce un encouragement ?

-Et je me demandais… qui elle était. Je veux dire, on ne voit pas de telles femmes à tous les coins de rue, je me justifie en hâte, de peur que Clarisse fuit à coups de « Je n’ai pas à me justifier auprès de toi ».

Clarisse me sonde du regard. Cela dure longtemps. Assez longtemps pour que j’ai le temps de détailler ses yeux marrons, presque noirs, et son visage tout entier. Assez longtemps pour que j’ai le temps d’imaginer tous les scénarios possibles et inimaginables – bien que j’ai l’impression que ce mot ne veut plus rien dire, dans ce monde. Assez longtemps pour que mon cœur se mette à battre la chamade. Enfin, elle sourit :

-Tu le sauras peut-être, un jour.

Puis elle se désintéresse totalement de moi. Comme si cet étrange moment n’avait pas eu lieu. Elle attrape son sac à dos et sa veste, puis ouvre la porte :

-James doit t’attendre, dépêche-toi. Je vous rejoindrai plus tard.

Cela aurait pu se terminer ainsi. Mais non. En sortant, Clarisse fait tomber un objet, de la poche avant de son sac à dos. Mais avant que je n’aie pu faire quoique ce soit, elle est déjà partie. J’observe l’objet, après l’avoir ramassé. C’est une carte de visite. Une élégante écriture violette fait l’éloge d’un bar nommé « Chez Persy ». Des noms romains sont inscrits en-dessous : Hadès, Aphrodite, Hermès, et tout un tas d’autres. Puis une adresse.

Je ne le savais pas encore, mais je contemplais à ce moment-là l’adresse du lieu ayant changé mon existence.

Amélie

Chapitre suivant à la rentrée des vacances.

Feuilleton : Nouvelle Âme – 9

9.

Je m’étire, tandis que James et moi nous accordons une pause pendant ce temps de révision. Cela fait une semaine que j’ai élu domicile dans ce monde et, malheureusement, une chose ne change pas: je révise toujours autant. Ce moment de révision fait partie de la routine que James m’a aidée à mettre en place, et j’avoue que c’est plutôt utile. Les cours sont très chargés, et ces temps devant les bouquins se sont vite rendus essentiels. La plupart du temps, nous révisons juste après avoir fini les cours, pour « battre le fer quand il est encore chaud », d’après James. Heureusement, ma routine ne se résume pas qu’aux cours et aux révisions. Je me suis fait un petit groupe d’amis que je retrouve chaque soir, lors des repas et des temps de jeux, composé de James, Lila, Enzo et Hana. Bien évidemment, Clarisse n’en fait pas partie. D’ailleurs, elle ne tient absolument pas sa promesse. Elle n’est jamais là, à part lors des repas, pendant lesquels elle ne pipe mot. Impossible de la faire parler. Heureusement que James est là, même si j’essaie d’être un poids moindre pour lui. S’occuper de deux âmes ne doit pas être facile.

-On reprend ? me fait mon aristocrate anglais préféré – certainement car c’est le seul que je connais. Qu’est-ce que la Réincarnation ?

-Hum…

A mon grand malheur, il commence par une question complexe.

-Elle consiste à… retourner sur Terre et avoir une nouvelle vie… Heu…

Je sèche. J’ai honte. Cela fait une semaine que j’ai élu domicile dans ce monde. J’ai beau réviser chaque jour, je reste incapable de réciter une simple définition. James m’offre un sourire rassurant, avant de réciter, sans regarder le livre :

-Elle consiste à se réincarner dans un nouveau corps, et donc de commencer une nouvelle vie sous forme humaine. Elle nécessite certains critères : dix ans d’existence dans ce monde et n’avoir commis aucune faute éliminatoire.

En voyant mon regard désemparé, il s’empresse de me rassurer :

-Ne vous en faites pas, Ambre. Certaines âmes ne le savent même pas en sortant de l’école. Enfin, cela ne veut pas dire que vous ne devez pas le savoir ! C’est juste que j’aime réviser avec… Enfin, les cours sont compliqués et…

Cette fois-ci, bien que je ne comprenne un traître mot de son charabia, c’est à moi de le rassurer :

– James, ne vous en faites pas. J’aime réviser avec vous.

Son regard s’éclaire soudainement. Il est d’habitude très joyeux et positif, mais là, tout semble s’être dédoublé. Son sourire est aussi lumineux que le soleil de l’école, qui me chauffe le bout des pieds.

Je soupire d’aise.

-C’est le soleil, qui vous rend si heureuse ? me demande James, en levant les yeux vers l’astre.

-Oui, j’aimais me prélasser au soleil avec mes mamans, quand j’étais en vie.

Son regard se fait interrogateur. Est-il surpris que j’ai assimilé la réalité si vite ? J’ai bien trop de preuves pour continuer à être sceptique. La montre, la traduction, le fait que mes cheveux ne graissent plus, que je suis de moins en moins fatiguée… Et puis, même si je suis dans un complot géant, tant que mes mamans vont bien, je suis heureuse.

-Vous avez deux mères ?

Zut, je l’ai laissé échapper ! Un vieux réflexe m’oblige à jauger le regard de James. Va-t-il m’insulter ? Me rejeter ? Je repense aux harceleurs de mon frère. Ils l’ont poussé à bout. Me l’ont enlevé. Je refuse de croire que James fait partie de l’un d’entre eux. Je vais assumer avec fierté, comme je l’ai toujours fait.

-Oui.

J’attends la sensation familière du rejet, la mâchoire serrée. Elle ne vient pas. A la place, James s’exclame, comme un enfant :

-Cela fait deux fois plus d’histoires avant de dormir, dans ce cas !

J’ouvre de grands yeux. Un soulagement immense prend place en moi. Aucune mauvaise réaction ? J’avoue me fier au cliché, mais j’attendais un peu plus de véhémence de la part d’un aristocrate anglais. Ou alors, pas ce genre de véhémence…

-Ne me regardez pas ainsi, Ambre, fait-il en éclatant de rire. Ce n’est pas parce que j’ai vécu sous le règne de la reine Victoria que j’ai l’esprit aussi vieux !

Je me gratte la nuque, gênée.

-Sérieusement, Ambre, je ne vous en veux pas. Les clichés ont la peau dure, et vous venez à peine d’arriver. Et puis, il faut dire que je ne fais pas dans le moderne, hein ? fait-il en ouvrant les bras, affichant son costume violet, aux broderies d’or – que je n’ai pas manqué de complimenter le matin-même, d’ailleurs. Oh, en parlant de monde moderne, ne vaudrait-il pas mieux que nous nous tutoyons ?

Je hoche la tête, avant de répondre à sa question initiale :

-T-tu ne fais pas dans le moderne, mais cela fait ton charme.

A ma grande surprise, il détourne le regard, rougissant. Est-ce à cause du tutoiement ? Un éclair passe dans mon esprit, et une vague de tristesse s’empare de moi. Non, il n’a simplement pas l’habitude des compliments.

-P-pouvons nous continuer les révisions ? bégaie-t-il, en essayant de reprendre contenance.

J’ai envie d’insister sur le fait que oui, même si on ne lui dit pas souvent, il est beau. Très, même. Mais cela serait sûrement intrusif, alors je me replonge dans les livres, me promettant cependant de revenir à la charge plus tard.

Nous ne remballons nos affaires que lorsque les premières étoiles apparaissent dans le ciel. Il est bientôt l’heure du repas, et nous devons poser nos affaires avant de nous rendre au réfectoire. Quand je reviens près du réfectoire, après avoir déposé mes affaires, je m’adosse au mur. James n’est pas encore là. Faute de mieux, je prends alors le temps de regarder la cour. Elle est grandement peuplée. Des profs sortent du bâtiment de cours, des élèves entrent et sortent en continu des dortoirs. Il en va de même pour le portail, qui laisse entrer et sortir ceux voulant probablement fêter l’arrivée du week-end.

C’est parmi eux que je la vois. Clarisse, accompagnée de la plus belle femme que j’ai vu de toute ma vie. Grande, les cheveux blonds, coupés au carré et bouclés. Sa taille est fine et ses courbes généreuses. Sa robe, style année 50, complète le tout. Elle ressemble aux pin-up, que j’ai eu l’occasion de voir déambuler dans l’école, mais en cent fois plus belle. Elle parle à Clarisse d’un air pressé, et je remarque avec amusement qu’elle est obligée de se baisser pour chuchoter quelque chose à Clarisse. Elles ont toutes deux une mine sérieuse, bien trop sérieuse pour une fin de week-end. J’ai envie d’aller les voir. Mais avant que j’ai pu esquisser un pas, James arrive, tout sourire :

-Ils proposent du bœuf bourguignon, aujourd’hui ! Allons-y.

-Attends, James. Tu sais qui c’est ?

Je lui montre Clarisse et la femme, qui continuent de discuter près du portail.

-Navré, mais je ne sais absolument pas. Clarisse a toujours été très secrète sur sa vie. Cependant, une chose est sûre, elle n’est pas de l’école.

-Ah ?

-Oui. Elles ont l’air d’avoir envie que personne ne les entende, mais seules les nouvelles Âme et les garants peuvent franchir la protection invisible, située à cinq mètres du portail. Mesure de sécurité, ajoute-t-il après avoir vu mon regard étonné. De toute façon, sans la questionner, tu ne sauras rien, Ambre.

Je suppose que je n’obtiendrai des informations qu’en parlant à Clarisse. Je souris à James et l’invite à entrer, toujours l’image de Clarisse et cette femme dans la tête.

Amélie

Chapitre suivant la semaine prochaine.

Et l’aigle russe déploya ses ailes.

Le Mardi 11 Août 2020, le président de la fédération de Russie, Vladimir Poutine, annonçait la fin du développement de son vaccin contre le coronavirus. Se référant au premier satellite envoyé dans l’espace par l’URSS en 1957, le Sputnik V se veut être le premier vaccin au monde, contre l’épidémie.

Devançant l’Occident et les États asiatiques, la Russie démontre à nouveau qu’elle demeure encore et toujours une grande puissance de ce monde sur le plan géopolitique. Et pourtant, ce ne fut chose aisée de le redevenir, suite à l’effondrement de l’URSS !

Afin de comprendre comment la Russie a pu se relever, il est nécessaire de retourner plus de 20 ans en arrière, avant les années Poutine.

L’effondrement de l’empire soviétique, ou la traversée du désert du peuple russe.

Le 26 Septembre 1991, l’Union des Républiques Soviétiques Socialistes prend fin. Après 69 ans d’existence, l’Ours Communiste disparaît, et cesse d’être une menace pour son ennemi les États-Unis. Le monde bipolaire s’effondre et laisse place à l’hégémonie de l’Empire Américain sur le monde.

Les années suivantes vont être une véritable traversée du désert pour le peuple russe. Si une grande partie de la population demeure pauvre, elle bénéficie tout de même des services publics qui assurent un certain niveau de vie aux habitants (garantie d’un logement, de services de santé, d’éducation). Mais la privatisation massive des compagnies gazières et pétrolières achève le modèle social russe, condamnant le peuple de Russie à la misère.

Le niveau de vie chute considérablement (il est divisé par 2), la paupérisation de la société s’accentue, le prestige du pays s’effondre, l’État s’endette. Il essaie de rester aligné sur la politique américaine, assistant impuissant à l’expansion de l’OTAN, lorgnant les frontières russes ( contrairement au traité signé par les 2 nations). C’étaient les années Eltsine… Ajoutés à la réduction du territoire de la Russie, l’alcoolisme de Boris Eltsine et le déclassement : la décadence de ce pays est totale.

Le tournant, 1999

L’année 1999, le président de la Fédération passe le flambeau à Vladimir Poutine. Cet ancien agent du KGB arrive à la tête d’un pays malade. Son accession au pouvoir provoque un véritable bouleversement dans le pays, et annonce des jours meilleurs à venir d’un point de vue économique.

Le règne du « tsar » Poutine dure depuis plus de 20 ans et peut se diviser en 2 parties : l’avant et l’après 2014. Durant les premières années de son mandat, l’action de Poutine consiste en la reconstruction de l’État russe et de son autorité, sabordée durant la Perestroika (autre nom donné aux années Eltsine). L’économie, quant à elle, démarre avec une forte croissance allant jusqu’à 7 %.

L’État reprend la main sur les compagnies pétrolières et gazières, telles que Yerkas en 2003. Ces nationalisations demeurent importantes en raison de la dépendance de l’État russe à la rente des hydrocarbures : la Russie, du fait de l’immensité de son territoire, est recouverte de nombreux gisements de gaz et de pétrole. Source de richesse non négligeable dans le PIB russe, elle contient un défaut primordial : cette richesse est versatile, elle dépend du cours du baril et par conséquent, celle-ci est impactée par la baisse ou la hausse du prix du baril. Ainsi, lorsque le cours de la rente est élevé, l’État économise de l’argent qui sera destiné aux investissements dans les services publics, pour compenser les périodes où la rente est faible. Mais les années Poutine, c’est également l’aménagement du territoire entrepris avec des grand projets tels que la construction de lignes ferroviaires, la construction de réseaux de gazoducs, ou encore de grands ponts (nous retiendrons le pont entre la Russie et la Crimée, inaugurée en 2018).

L’année fatidique, 2014

Et puis vient 2014. Se sentant menacée (l’élargissement des bases de l’OTAN vers les frontières russes est vue d’un très mauvais œil parmi le peuple russe) et profitant de la crise politique en Ukraine, la Russie annexe la presqu’île de Crimée, une terre russophone, historiquement attachée à la Russie (elle en avait été détachée à l’époque de l’URSS) . Ce rattachement, véloce, par l’action éclair de l’armée russe (due à son perfectionnement après la guerre de Géorgie en 2008) provoque la guerre à l’Est de l’Ukraine, dans la région du Donbass ainsi qu’un rebond de la popularité du président russe. Et pour tout dire, la ferveur populaire, enthousiasmée par le retour de la Crimée dans le giron russe, se range derrière celui qui venge ainsi l’honneur perdu par la fin de l’URSS, effaçant le sentiment d’humiliation.

Outre le symbole que représente la Crimée (une terre conquise par Catherine la Grande des siècles auparavant), elle constitue également un élément stratégique de premier plan : la base navale de Sébastopol, qui garantit l’accès de la Russie à la Mer Noire. Elle risquait de la perdre, car ne l’oublions pas, l’Ukraine devait rejoindre l’OTAN. Ce pays représente également un marché important pour la Russie.

Face à cette démonstration de force, les réactions des pays occidentaux ne se font pas attendre, et outre l’exclusion de la Russie du G8, une vague de sanctions économiques frappe ce pays. Si l’économie russe a traversé des moments difficiles (10 % de son économie a été impactée), elle a pourtant résisté, en répliquant avec des embargos économiques sur l’Occident, dont la France. Ces sanctions contre la Russie ont eu un effet négatif, celui de faire de ce pays une puissance agricole, en devançant la France (la Russie est devenue la première nation exportatrice de blé dans le monde). La Russie a dû en effet redresser son secteur agricole afin de palier les manques d’importations.

Les années Poutine se caractérisent aussi par le retour de l’Église Orthodoxe dans la société civile, balayée par les bolcheviks. Ce régime néo-traditionnel rejette le « progressisme » de l’Occident en le jugeant décadent, ce sentiment étant partagé par la majorité du peuple russe. S’opposant aux « mœurs décadentes » de ce même Occident, la Russie se voit comme une troisième Rome en voulant défendre le christianisme à travers le monde, du moins ce sont ses prétentions.

Quelles perspectives pour la Russie ?

Jusqu’ici la Russie a effectué des efforts considérables : en la sortant d’un âge sombre qui la condamnait à demeurer un pays de second plan, Vladimir Poutine a assuré un redressement total de son pays dans tous les secteurs. Ayant retrouvé l’entière souveraineté de sa nation, le chef d’État russe n’hésite pas à user de la force pour faire respecter ses droits et rend la Russie indispensable sur des terrains d’opération étrangers tels que la Syrie, apportant un soutien militaire à Bachar Al-Assad, ou la Libye. C’est le grand retour de la Russie sur la scène internationale.

Si l’économie du pays demeure fragile, souffrant notamment de carences industrielles, elle reste performante dans le secteur agricole, celui des énergies mais également dans le secteur des hautes-technologies (elle détient son propre internet, ses réseaux sociaux etc). Toutefois, les inégalités sociales demeurent très fortes (1 % de la population détient 20 % des richesses), et la corruption n’a pas été éradiquée.

Restant une puissance spatiale, l’État a rendu l’armée russe aussi puissante que l’armée américaine et chinoise, avec ses 8 000 000 soldats, et ses avions hypersoniques. Prônant un monde multipolaire, en opposition à l’hégémonie américaine, Poutine fait cavalier seul sans pourtant s’isoler du reste du monde et fait sienne la doctrine russe d’Alexandre II : « l’armée et la flotte sont les seules alliées de la Russie ».

Une nation dont le pouvoir personnel de Poutine s’appuie sur un État fort depuis plus de 20 ans paraît aux yeux des Occidentaux comme un état despotique. Mais après tout n’est-ce pas au peuple russe de juger de l’action de son président ? Aux antipodes de l’Occident, la Russie demeure à la fois unique et mystérieuse.

Si la Russie a renoué avec son destin historique de grande puissance, elle se doit d’affronter les péripéties des jours à venir et de montrer qu’une nation dont la population est tout juste deux fois plus grande que la France, représente autant de poids géopolitique qu’une nation comme la Chine. Au carrefour des grandes civilisations, il semblerait que la Russie ait encore un rôle à jouer dans l’histoire du monde, à l’aube du troisième millénaire.

Thomas

Sources : La Russie de Poutine en 100 questions, de Tatiana Kastouéva-Nean, Diplomatie numéro 57 et Le Spectacle du monde, numéro 1 juillet 2020.

Onirisme

Le mot « onirisme » s’utilise pour parler d’un état mental où l’on prend ses rêves pour la réalité, ne pouvant discerner les visions nées lors de songes, façonnées par l’inconscient, de celles purement réelles perçues par le conscient.

Ce mot est formé de la racine grecque ὄνειρος , oneiros, traduit aujourd’hui par rêve. « Vous êtes en plein onirisme ! », pourrait donc reprocher Thésée aux amants athéniens dans Le songe d’une nuit d’été, lorsqu’ils racontent leur folle nuit passée dans la forêt aux côtés de fées et au milieu de délires amoureux.

Sous forme d’adjectif associé à un nom, il donne au mot qu’il qualifie une forme bien plus profonde, de par ses tonalités mystérieuses, pour un lecteur peu averti qui n’en connaîtrait le sens, et sa signification, légèrement différente du nom dont il découle, portant sur ces choses encore si méconnues que sont les rêves. Ainsi, on peut qualifier de littérature onirique un livre inspiré d’un rêve, ou d’atmosphère onirique les décors de certaines œuvres surréalistes.

Sous forme de préfixe, relatif toujours aux inventions du cerveau endormi, ce mot a donné naissance à plusieurs autres termes tels que « onirologie », qui qualifie l’étude des rêves, ou l’oniromancie qui désigne une méthode de divination par l’interprétation des songes, pour prédire au dormeur son futur ou décrypter les messages envoyés par l’inconscient.

Pauline

Sources : Le nouveau petit robert de la langue française 2007, https://www.larousse.fr/, https://fr.wiktionary.org/, https://www.linternaute.fr/

Le Mouvement Punk au Royaume-Uni : No future !

No future ! Do it yourself !

Vous connaissez ce slogan. C’est un cri de révolte, un ras le bol. Un cri qui s’associe bien à l’esprit rebelle des adolescents. Un cri qui est né d’un mouvement célèbre.

Le mouvement Punk.

© Lucie – 28/01/2021

Tout d’abord le mouvement punk apparaît aux États-Unis vers les années 1960 et 1970, avec la création des premiers groupes punk tels que « Blondie » ou « Ramones ». Mais il ne commence qu’à réellement prendre de l’ampleur lorsque celui-ci envahit tout le Royaume-Uni. Ce pays qui était déjà en proie à une crise économique, politique et sociale, est devenu le nid principal de ce mouvement qui touche particulièrement les jeunes, victimes de ces crises.

« Punk » était autrefois une insulte qui signifiait « paumé », « raté » ou « minable » mais désormais le mot signifie « avoir l’air taré ». C’est vu comme un compliment. Une inspiration qui se propage à travers la mode (crêtes, chaînes, clous, cuirs, piercings, styles plus ou moins colorés qui se déclinent peu à peu dans le gothique), la littérature, les films, les danses et surtout à travers la musique par la création de groupe de musique tels que les « Sex Pistols » et « The Kinks », créant ainsi un nouveau genre musical, le Punk rock. Une musique aux énergies négatives et parfois chaotique.

Deux Punks britanniques dans les années 1980. © CC Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_punk#/media/Fichier:Punk-27947.jpg

Le mouvement punk est souvent associé à la mort, à la violence, la destruction et la colère que les jeunes peuvent ressentir face à cette crise. Il a pour but de choquer, de provoquer, de bafouer et d’insulter la Royauté et son système politique. Lié à l’anarchie et à la libre pensée, ce mouvement assez radical privilégie la liberté personnelle et sociale à travers une expression brute et spontanée. Et où seuls l’individualisme, l’anti-autoritarisme et l’égalitarisme règnent.

Aujourd’hui, le mouvement punk est toujours là mais son influence est moins importante. Il s’exprime désormais majoritairement dans la musique mais aussi dans la mode. Cependant, son image et son esthétique chaotique sont plus utilisées à des fins commerciales que politiques.

Lisa

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Punk

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_punk

https://www.franceculture.fr/emissions/le-tour-du-monde-des-idees/le-tour-du-monde-des-idees-mardi-23-janvier-2018

https://www.londresmag.com/2019/02/18/la-culture-punk-dhier-a-aujourdhui/

https://www.youtube.com/watch?v=BA4QMOjsVSY

Feuilleton : Nouvelle Âme – 8

8.

Les rares discussions finissent de s’estomper. La femme continue de sourire, comme si passer en public n’était absolument pas stressant.

-Je me nomme Madame Dubois, et je serai votre directrice pour les trois prochains mois. Je suis ravie de vous accueillir dans cette magnifique École Française pour Nouvelles Âmes, et je suis aussi ravie de revoir certaines têtes.

Pendant une fraction de seconde, son regard se pose sur Clarisse. Mais à peine ai-je cligné des yeux que tout revient à la normale. Ai-je rêvé ? Je jette un coup d’œil à Clarisse. Son visage est toujours aussi fermé. J’ai probablement dû rêver.

-Je me doute que vous devez encore être déboussolée, mais sachez que mon équipe et moi-même feront au mieux pour que vous vous sentiez comme chez vous. D’ailleurs, je vous prie de les accueillir.

A ces mots, une armada de personnes aux cheveux blancs s’avance vers le centre de l’amphi. Ils sont tous habillés de costumes gris et raides comme des piquets. Leur mine sévère ne m’inspire rien de bon. Ils se dirigent tous vers le centre de l’amphi, et se place en ligne, aux côtés de la directrice. On dirait des soldats sur-entraînés, en un peu plus classes. Je ne sais pas pourquoi, mais un sentiment de méfiance m’envahit.

-Voici vos professeurs, continue la directrice, toujours en souriant. Ils se chargeront de vous apprendre tout ce que vous avez à savoir sur ce monde.

S’en suit une présentation d’un certain nombre de personnes, dont j’oublie le nom dès qu’ils l’ont prononcé.

-Bien, maintenant, passons à votre vie dans l’école. Tout d’abord, vous serez répartis dans des classes en fonction de vos âges. Les enfants de trois à dix ans se regrouperont, viendront ensuite les onze à dix-huit ans, les dix-neuf à trente ans…

Je souris. Je suis avec Enzo, et avec James par conséquent. Je suis soulagée d’être avec des têtes que je connais. Cependant, Hana est obligée de nous laisser, emportant Lila avec elle. Tant pis, on se reverra sûrement lors des repas et des temps de pause. Après avoir fini de répartir tout le monde, la directrice continue :

-Maintenant, passons à l’emploi du temps. Lors du premier mois, vous aurez cours de neuf heures à dix-sept heures. Ne vous en faites pas, il vous sera distribué à la sortie. Pendant le deuxième mois, votre emploi du temps changera du tout au tout : le matin, vous aurez cours, mais l’après-midi, vous partirez en stage d’observation des différents métiers que propose ce merveilleux monde.

J’entends Clarisse ricaner à côté de moi. Mais qu’est-ce qu’elle a, à la fin ?

-Enfin, pendant le troisième mois, vous n’aurez plus que quelques heures de cours le matin, puis partirez en essais dans les différents stages qui auront retenu votre attention. Bien entendu, vous serez évalués pendant cette scolarité, et vos résultats vous permettront, ou non, d’accéder aux stages que vous souhaitez effectuer. Je vous préviens dès maintenant, certains métiers sont réservés à l’élite, et pour y accéder, vos notes devront être irréprochables. Bien, il me semble avoir tout dit. Vous pouvez maintenant quitter la salle. Pensez à récupérer vos emplois du temps à la sortie. Et n’oubliez pas que les cours se passent exclusivement dans le bâtiment Asie. Merci de votre attention!

A ces mots, les lumières se rallument. Je m’apprête à poser une énième question à James à propos du « bâtiment Asie », mais contre toute attente, Clarisse me tire par le bras, pressée. Surprise, je la suis, de toute façon obligée au risque de perdre mon bras.

-Qu’est-ce que tu fais ?! je m’écris, essayant néanmoins de baisser mon ton pour éviter d’attirer l’attention.

-Faut pas qu’on reste là. Elle nous a dit de partir.

Alors que nous gravissons les marches menant à la porte, une voix se fait entendre :

-Clarisse ? Puis-je vous parler une minute ?

James, qui vient de nous rejoindre, semble comprendre quelque chose qui m’échappe. Immédiatement, il m’attrape par la taille et m’emmène dehors. Ce contact me surprend tellement que je ne proteste pas tout de suite. La dernière chose que je vois avant de sortir, c’est le visage de Clarisse, plus fermé que jamais.

-Hé ! je fais en me retournant quand James se décide à me lâcher. Pourquoi tu as fait ça ?!

Son regard vert mousse fixe le sol pendant un moment, avant de se planter dans le mien. Mon cœur s’emballe. Pourquoi ? J’ignore cette étrange réaction, et je fixe mon regard dans celui de James. C’est à son tour de détourner les yeux. Il se gratte la nuque, gêné, et dit d’un ton doux mais sérieux :

-Ambre… Ce ne sont pas nos affaires.

Je me sens bête, tout à coup. Bien sûr que ce ne sont pas nos affaires, et encore moins les miennes. Un pacte de non-agression ne me garantit pas l’amitié de Clarisse. A quoi ai-je pensé ? James continue, d’un ton bien moins sûr de lui :

-Et… Je suis désolé de t’avoir… entraîné de la sorte.

Oh. Même si cela m’a gêné sur le coup, maintenant que j’ai compris pourquoi il l’a fait, je ne lui en veux pas. Ou plus. Enfin, ce n’était pas désagréable non plus. Mais à quoi je pense ?! Je lui souris. Il semble soulagé.

-Tiens, fait-il en me tendant un papier, c’est ton emploi du temps.

Je l’observe. Cours de neuf heures à dix-sept. La directrice ne nous a pas menti, à mon grand malheur.

– On n’est pas censé avoir cours, là ? dis-je en observant la colonne du lundi.

Le regard de James s’éclaire, comme s’il venait de s’en rendre compte aussi.

-Bien sûr ! Dépêchons-nous, nous sommes déjà en retard !

Nous nous mettons alors à courir, et atteignons la salle à temps. Si j’avais su que c’était pendant ce cours que mon existence allait changer…

Amélie

Chapitre suivant la semaine prochaine.

Les « Top 3 » de Ghislain

Livres

Vampyria de Victor Dixen

Et si le Roi Soleil était devenu le roi des ténèbres ?

Dans son roman dystopique, Victor Dixen nous entraîne avec Roxanne au sein de la Cour des Ténèbres de Versailles, où la haute noblesse et la famille royale se sont transformées en Vampires assoiffés de sang.

En oscillant entre horreur et fantaisie ce roman est accessible pour tous et ne vous empêchera pas de dormir la nuit (sauf si vous êtes un vampire).

Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde

Il s’agit du seul roman écrit entièrement par Oscar Wilde, l’un des plus brillants et peut-être le plus sulfureux des auteurs britanniques. Cet ouvrage, malmené à sa sortie par les critiques non pas pour ses qualités littéraires mais pour les thèmes abordés, est magnifiquement écrit et se dévore en trois jours.

Alors, êtes-vous prêt à suivre le beau Dorian Gray et à connaître le secret de sa prodigieuse jeunesse?

Conseil : A lire lors d’un jour de pluie, une tasse de thé et des sablés à proximité.

Les derniers jours de nos pères de Joël Dicker

Saviez-vous que durant la seconde Guerre Mondiale, Winston Churchill a créé un service secret composé quasi-exclusivement de citoyens de pays sous domination nazie, chargés des sabotages et des renseignements au sein des lignes ennemies ? Son nom : Special Operations Executive.

Dans ce premier roman l’auteur maintes fois primés nous fait découvrir le parcours de la branche française du SOE, on vit l’entraînement des agents et les missions de terrain.

L’histoire méconnue de ce service vous émerveillera tout en vous mettant les larmes aux yeux.

Films

La liste de Schindler de Steven Spielberg

Octobre 1939, Cracovie, Pologne. Oskar Schindler, homme d’affaires allemand membre du parti nazi, ouvre sa fabrique d’émail utilisant les Juifs du camp de Płaszów comme main d’œuvre. Au fur et à mesure, Schindler se prend de compassion pour les Juifs qu’il embauche et sauve ses 1 100 travailleurs d’une mort certaine en déplaçant son usine en 1944.

L’émotion provenant de ce chef-d’œuvre en noir et blanc est d’autant plus grand qu’il s’agit de la réalité. Ainsi on oscille entre dégoût envers les nazis, horreur des traitements infligés aux juifs et compassion envers eux.

Conseil : Sortez les mouchoirs et préparez-vous à voir l’innommable car Spielberg n’a pas atténué la violence des faits.

Adieu les cons d’Albert Dupontel

Sorti entre les deux confinements au cinéma ce film est à l’image de son réalisateur : intelligent, drôle et brillant.

Que dire de ce film dingue, empreint d’humour et d’émotion ? Tout simplement qu’il faut courir le voir dès la réouverture des cinémas.

Le discours d’un roi de Tom Hooper

Le Duc Albert Frederick Arthur George d’York est bègue. Problème, il est le second fils du roi George V du Royaume-Uni. Tout au long du film on voit le prince vaincre son problème de locution avec Lionel Logue, depuis ses discours en tant que prince héritier jusqu’au discours radiophonique du début de la seconde Guerre Mondiale en passant par son couronnement.

Avec un ensemble d’acteurs tous plus talentueux les uns que les autres (Helena Bonham Carter joue la femme du roi lui-même joué par Colin Firth) ce film nous emporte dans la vie du père d’Elizabeth II.

Séries

Nous la vague

Inspiré de l’expérience dite de la «Troisième Vague» menée en 1967 à Palo Alto, cette série dépeint le quotidien de cinq adolescents d’un lycée huppé d’Allemagne qui ont décidé de se rebeller contre la société en formant un groupe d’activistes nommé «La Vague».

Bien que ne comptant pour l’instant que 6 épisodes, vous allez dévorer cette série et vous mettre à réfléchir à comment créer un monde meilleur.

A voir absolument et de toute urgence.

Dix pour cent

Une série française ? Uniquement sur la vie d’agents d’acteurs en plus !

Il est vrai que dit de cette façon Dix pour cent ne semble pas des plus intéressantes. En effet ici pas d’explosions, de braquage, d’opérations chirurgicales risquées ou de course poursuite. Mais, avec son casting digne du festival de Cannes (avec Camille Cotin ou Liliane Rovère comme agents) reposant sur le principe de «une star par épisode» (par exemple Isabelle Huppert est le personnage principal de l’épisode 4 de la saison 3) il s’agit d’une série drôle et émouvante.

Conseil : A voir en portant une robe de soirée ou un costume digne des Oscars.

The Umbrella Academy

Monsieur Hargreeves est milliardaire et excentrique. Il décide donc d’adopter 7 bébés nés au même moment lors d’un mystérieux évènement afin d’en faire une équipe de super héros. Cette équipe, la Umbrella Academy, va donc arrêter des malfaiteurs et devenir des icônes de la pop culture. Mais le groupe va se défaire jusqu’à la mort de leur père M. Hargreeves. Il vont alors retrouver leur frère N°5 qui revient d’une dimension parallèle et qui leur apprend qu’ils ont 8 jours pour sauver le monde de l’Apocalypse.

En somme voilà une série déjantée, bourrée d’action et d’humour.

Ghislain

Les « Top 3 films, livres et séries » 2020 de l’équipe du P’tit Vilar

Poursuivons avec les top 3 culturels de l’année 2020. Vous trouverez ci-dessous les recommandations de l’équipe du P’tit Vilar en matière de films, de livres et de séries.

Clémentine

Films

Livres

Séries

Les filles du Dr March de Greta Gerwig

After (la saga) de Anna Todd

La chronique des Bridgerton

Le monde de Charlie de Stephen Chbosky

Midnight Sun de Stephenie Meyer

Big little lies

Charlie’s Angels (2019) de Eliabeth Banks

La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur de Suzanne Collins

Clem

Ghislain

Films

Livres

Séries

La liste de Schindler de Steven Spielberg

Vampyria de Victor Dixen

Nous, la vague

Adieu les cons d’Albert Dupontel

Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde

Dix pour cent

Le discours d’un roi de Tom Hooper

Les derniers jour de nos pères de Joël Dicker

The Umbrella Academy

Pauline

Films

Livres

Séries

Vol au dessus d’un nid de coucou de Milos Forman

1984 de Georges Orwell

Sherlock

Deadpool de Tim Miller

Torturez l’artiste de Joel Goebel

Euphoria

Le roi se meurt d’Eugène Ionesco

The Witcher

Amélie

Films

Livres

Séries

Soul de Pete Docter et Kemp Powers

Nos étoiles contraires de John Green

La chronique des Bridgerton

Ready Player One de Steven Spielberg

PS : Tu me manques de Brigid Kemmerer

Les Demoiselles du téléphone

(saison 1)

Divergente (la saga)

J’ai avalé un arc-en-ciel d’Erwan Ji

Bastien

Films

Livres

Séries

Fury de David Ayer

Lupin

American Sniper de Clint Eastwood

The Crown

Jadotville de Richie Smyth

La chronique des Bridgerton

Marianne

Films

Livres

Séries

La belle époque de Nicolas Bedos

Lou sonata de Julien Neel

Atypical

Soul de Pete Docter et Kemp Powers

Trinket

Your name de Makoto Shinkai

The Crown

Lisa

Films

Livres

Séries

Une journée en enfer de John MCTiernan

Dans la maison de Philip Le Roy

Manifest

2012 de Roland Emmerich

172h sur la Lune de Johan Harstad

Prodigal son

Tatie Danielle d’Etienne Chatillez

Aberration de Joseph Delaney

Jeanne

Films

Livres

Séries

Les évadés de Frank Darabont

La horde du contrevent d’Alain Damasio

Stranger Things

Kill Bill de Quentin Tarantino

D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan

L’attaque des titans

La cité de la peur de Les Nuls

No et moi de Delphine de Vigan

Dark

Luna

Films

Livres

Séries

Captain America et le Soldat de l’Hiver

Les demoiselles du téléphone

Harry Potter et la chambre des secrets

Stranger Things

Le labyrinthe: le remède mortel

The Umbrella Academy

Oriane

Films

Livres

Séries

Le prénom d’Alexandre de la Patellière

Gatsby le magnifique de F. Scott Fitzgerald

Banana Fish

What’s eating Gilbert Grape de Lasse Hallström

Rashomon de Ryūnosuke Akutagawa.

Bungo Stray Dogs

Code UNCLE de Guy Ritchie

Tom Sawyer de Mark Twain

Parasyte

Tessa

Films

Livres

Séries

L’échange de Clint Eastwood

Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir

Game of Thrones

Quelqu’un de bien de Jennifer Kaytin Robinson

Miniaturiste de Jessie Burton

Les demoiselles du téléphone

Titanic de James Cameron

I’m Malala de Malala Yousafzai

Dynastie

Les « Top 3 » de Laura

Pour continuer avec les « top 3 » culturels sélectionnés par notre équipe, voici les trois livres et les trois films que vous recommande Laura.

Livres :

La Peste, Albert Camus.

Ce classique de la littérature du XXème siècle donne une étrange impression de déjà-vu. Épidémie, ville confinée, ennui : ce texte vous fera sourire tant la situation vous semblera familière. L’auteur dépeint avec justesse cette sensation de tourner en rond dans un monde où le temps est figé, que chacun a connu durant cette année si particulière.

Harry Potter (en anglais), J.K. Rowling.

Pourquoi ne pas s’essayer au livre que nous avons tous lu enfants… mais en anglais ! Afin de concilier lecture et apprentissage d’une langue, rien de mieux que de lire et relire la saga la plus vendue de tous les temps. Le vocabulaire n’étant pas particulièrement sophistiqué et l’histoire déjà connue de tous, c’est le parfait premier livre à lire en anglais, pour améliorer sa compréhension et parfaire sa maîtrise de la langue.

Le dernier jour d’un condamné, Victor Hugo.

Ce livre engagé ayant entraîné une vraie polémique lors de sa sortie au XIXème siècle est toujours d’actualité. Alors que les sondages de l’année 2020 montrent qu’un Français sur deux est favorable à la peine de mort, ce faux témoignage d’un condamné à mort peut avoir un impact sur les esprits. Face à la violence et l’ignorance, LISEZ !

Films :

Le cercle des poètes disparus, Peter Weir.

Ce film réalisé en 1989 qui a été nominé pour l’Oscar du meilleur film, nous laisse voir une autre facette de Robin Williams, acteur touchant et humoriste cynique. L’atmosphère d’un pensionnat des années 60 vous rendrait nostalgique d’une époque que vous n’avez pas connue. La voix de la raison, qui s’exprime à travers un professeur de littérature pas comme les autres, guide votre attention tout au long du film. Au-delà de l’aspect touchant et charmant du film, se cache une vraie leçon de vie.

Shutter Island, Martin Scorsese.

La réalisation joue parfaitement avec vos émotions, poussant votre curiosité à son maximum, pour ensuite vous surprendre. Vous ne pourrez comprendre le film qu’après l’avoir visionné et l’envie de le revoir d’une traite sera plus forte que tout. Ajoutez à cela l’incroyable jeu de Leonardo DiCaprio (qui ne sait décidément pas faire de mauvais films), et vous obtenez une qualité de film digne d’un Scorsese.

Gone Girl, David Fincher.

Ce thriller aux multiples nominations vous donnera une claque. Du jeu d’acteur à la réalisation en passant par l’intrigue, Fincher vous garde en haleine tout au long du film. Il joue à merveille avec vos émotions, et vous laissera perplexe à la fin du visionnage.

Laura