Les graphiques ci-dessous, issus du Washington Post, reprennent les informations officielles de la Force Multinationale concernant l’influence d’Al Qaeda en Irak (AQI) ou Etat Islamique en Irak.

Ces progrès n’empêchent pas plusieurs questions:

-la découverte récente de documents issus de la tête d’AQI montre que l’organisation terroriste, qui serait passée de 12 000 à 3500 membres, cherche à regagner le soutien des cheiks sunnites. Notamment en adoucissant son application de la charia dans les zones qu’elle contrôle encore, ou bien en reconnaissant l’autorité des chefs tribaux.

-les tactiques changent: esquive à Mossoul pour éviter les fuites, les patrouilles et les raids des contre-insurgés, attentats suicide pour éviter les checkpoints à l’entrée des zones chiites installés pour empêcher les voitures piégées.

-enfin, si il y a trois guerres en Irak: contre AQI, contre les insurgés sunnites et contre les chiites, il faut noter un déplacement du risque. Si AQI reste la principale menace contre les populations chiites des zones mixtes, l’organisation terroriste, en dépit de ses déclarations tendant à focaliser les actions contre elles, n’est plus qu’un danger marginal pour les forces américaines… Ce qui n’est pas le cas des milices chiites pro-iraniennes dont les EFP (Explosively Formed Projectiles) causent du tort aux blindés US. De fait, si Moqtada Al Sadr vient de condamner ceux de ses fidèles qui ne respecteraient pas la trêve de 6 mois annoncée fin août, ces « groupes spéciaux » (terminologie américaine) restent actifs et les forces américaines viennent de nouveau de lancer un raid dans le quartier de Sadr City à Bagdad.