Tous les billets de la catégorie guerre en Irak

La corbeille à pain: 2 mois après

COIN, guerre en Irak 0 commentaire »

J’ai eu l’occasion de parler de l’opération Iron Harvest/Raider Harvest déclenchée au début du mois de janvier pour « nettoyer » cette région rurale du NE de BAGDAD (province de DIYALA).

L’unité en charge, la 4ème Brigade de la 2ème Division d’infanterie, a bien progressé depuis, suivant en cela le schéma classique (photos de la TF IRON)

En tête, le 3nd escadron du 2ème régiment de cavalerie sur Strykers (l’ancien 2nd ACR) s’est installé dans plusieurs villages de la région (qui fait 100 km²) accompagné d’un bataillon de l’armée irakienne et d’une compagnie de la Police Nationale. De plus, le programme SoI de recrutement de miliciens a été lancé dans une dizaine de villages.

Une fois présent dans des avants-poste ou des Patrol Bases, il s’agit de mener des raids grâce aux renseignements fournis par les locaux (détention/arrestation d’une centaine de suspects, découverte d’une trentaine de caches d’armes), mais aussi de fournir la sécurité aux habitants qui ouvrent de nouveau leurs commerces, puis de négocier avec les chefs tribaux (pour peu qu’ils aient été correctement identifiés) pour connaître les besoins en services essentiels et augmenter le recrutement des miliciens.

Enfin, les miliciens recrutés (250 actuellement, 800 au plus vite) tiennent des points de contrôle, en partenariat avec les forces irakiennes, afin de laisser les militaires américains poursuivre leur « pacification ». (Mais une unité reste sur zone: il ne s’agit pas de répéter l’excès de confiance qui a prévalu en 2004/2006)

Deux remarques:

-d’accord, cela sent le déjà-vu, mais au moins le procédé est calé pour tout le monde. En revanche, les mêmes problèmes restent, à savoir la gestion des milices et la difficulté à légitimer le gouvernement central.

-ensuite, il faut craindre un ajustement de la tactique d’AQI dans la zone, qui s’en prend désormais aux points de contrôle des SoI.

Le niveau de violence: de la nécessité d’identifier son adversaire et de s’y adapter

COIN, guerre en Irak, histoire militaire 1 commentaire »

Je mets ici une réponse au commentaire de ZeusIrae sur le post précédent. A la question me demandant ce que je pensais du maintien d’un niveau de violence élevé, voila ce que je réponds:

« Que c’est tout à fait possible. En fait, il est pratiquement impossible d’empêcher un attentat si l’adversaire trouve de nouveaux procédés pour contourner vos moyens de surveillance et d’interdiction de zone. Je suis tenté de croire comme Thomas RENARD: les insurgés sont passés du pôle “guérilla” au pôle “terrorisme”. C’est intéressant sur deux points:
PRIMO: cela contredit la “théorie” maoiste qui considère qu’il y a passage du terrorisme à la guérilla puis au combat conventionnel (à moins que les deux premiers stades ne coexistent… mais quoi qu’il en soit le terrorisme est considéré comme une forme “primaire” censée évoluer). Je me demande si il ne faut pas plutôt considérer qu’il y a un va-et-vient entre les deux pôles. En ce sens, la théorie maoiste doit être examinée avec prudence.
SECUNDO: ce qui fait la transition avec la seconde idée. La stratégie américaine depuis 2003 consiste à faire de la contre-insurrection et à s’interposer entre des factions. De fait, la contre-insurrection est souvent confondue avec le contre-terrorisme. Il me semble pourtant qu’il y a une différence de taille entre les deux, qui tient à la place de la population. Si dans les deux cas, celle-ci est la cible à viser/protéger, il n’est pas nécessaire pour le terroriste de se “l’attacher” comme c’est le cas pour l’insurgé. La focalisation de la COIN américaine sur “séparer les insurgés de la population” trouve ainsi ses limites face à un adversaire qui s’adapte très vite (il a bien tenté de se concilier les populations par un appel à la retenue et à la discrimination entre les catégories de “traitres”, mais visiblement cette stratégie n’est pas retenue). Le problème tient dans le fait que les Américains ont “appris” une contre-insurrection fortement imprégnée des principes classiques “maoistes”: elle trouve ici ses limites.
J’ajoute un dernier facteur: le rôle de l’Iran et des “groupes spéciaux” armés et financés par ses services. Ils peuvent potentiellement maintenir un niveau élevé de pertes. Finalement, les Américains semblent avoir réussi à éliminer les racines “populaires” (plutôt “tribales”) de l’insurrection et à persuader Al Sadr de l’inutilité de son combat. En revanche, ils ne sont pas assez “contre-terroristes”. »

Bien entendu, il est un peu tôt pour juger. C’est cela le suspense de « l’histoire immédiate »

Mise à jour:

Bien entendu, l’action des insurgés comprend une proportion variable de guérilla et d’actes « terroristes » selon les périodes et les cibles ou une combinaison des deux (il semble par exemple que les milices sunnites aient fait l’objet d’attentats en décembre-janvier 2007/08 alors qu’aujourd’hui il y davantage d’actions de guérilla contre les checkpoints). Ces variations sont fonction des objectifs politiques poursuivis et aussi des procédures des contre-insurgés (ainsi en est-il de la multiplication des attentats-suicide effectués par des femmes car c’est un moyen de contourner les mesures prises pour protéger les lieux publics des grandes villes, notamment les points de contrôle et les murs de protection).

Quoiqu’il en soit, les insurgés sunnites ainsi que les milices chiites et les « groupes spéciaux » sont davantage inclinés au pôle terroriste, sans abandonner quelques actions de guérilla limitées (les IED contre des cibles plus vulnérables, comme les pélerins chiites revenant à BASSORAH). Tous sont loin de la période de l’été 2004 (ou localement en 2005/2006), à savoir le contrôle effectif de zones entières par la terreur et l’alliance de circonstance entre AQI et insurgés sunnites.

Bien entendu, la contre-insurrection comprend également une part variable de contre-terrorisme sous la forme de raids ciblés destinés à capturer/tuer des leaders, à démanteler des cellules (notamment celles des IED, comprenant artificier, financier, hommes de main et exécutants), ou à prendre du renseignement supplémentaire. Tout au long de l’année 2007 (mais aussi déjà dans l’été 2003) ont donc été exécutés de tels raids. Deux exemples seulement à deux échelles spatio-temporelles:

-à l’échelle du théâtre, l’opération Phantom Strike (13 août 2007-?) a consisté à cibler dans tout l’Irak les leaders terroristes ou des « groupes spéciaux ». Les Forces Spéciales américaines et irakiennes ont donc démantelé des réseaux et sérieusement réduit la capacité des cellules d’AQI notamment (toutes les semaines, la Force Multinationale produit des comptes-rendu de ce type d’opération et de leurs résultats en terme de capture, de démantèlement ou de découverte de caches d’armes et/ou de manufactures de voitures piégées/EFP).

-à l’échelle de l’opération actuellement en cours sur la zone d’opération de la Division Multinationale Nord (MND-N), un tel raid a permis d’arrêter le leader d’une cellule IED au sud de MOSSOUL et un fournisseur de « veste piégée » à TELL AFAR (16 mars 2008.

Attentat à Karbala

guerre en Irak 2 commentaires »

Aujourd’hui, un attentat dans la ville sainte chiite de KARBALA a fait 43 morts (bilan provisoire).

Comme d’habitude, les médias français ne relaient que ce type de nouvelle sur l’Irak.

Au-delà du drame, deux commentaires:

  • selon certains témoins, il s’agirait d’un attentat-suicide commis par une femme (ce que dément le chef de la police de la ville). Si cela se confirmait, nous aurions là une nouvelle adaptation des insurgés/terroristes aux difficultés d’effectuer des attentats par d’autres moyens du fait du renforcement de la sécurité. Je note aussi que l’attentat intervient dans la nouvelle zone de responsabilité du colonel JAMES. On peut donc émettre une première hypothèse: le déplacement des attentats suit l’extension de la « tâche d’huile ». Cela serait congruent avec l’idée que les attaques et les violences ne disent en rien en elle-mêmes sur l’état réel de la sécurité en Irak.
  • l’attentat intervient alors que le candidat McCAIN est en visite dans le pays, de même que le vice-président CHENEY. Tout deux sont favorables à un ralentissement du retrait des troupes américaines. Une deuxième hypothèse peut lier l’attentat à cet évènement (contexte d’élections aux EU)… Auquel cas, il n’est pas sur que cela ne donne du grain à moudre aux deux hommes (ce qui aurait l’effet contraire de ce qui est escompté)

De fait, un troisième élément est que tout cela n’a rien à voir et qu’il peut soit s’agir d’une tentative de rallumer les tensions ethniques entre Sunnites et Chiites, soit être un attentat « classique » comme ceux dont parlait récemment le général PETRAEUS.

Sondage en Irak: 5 ans plus tard

guerre en Irak, médias 0 commentaire »

Un récent sondage réalisé à la demande, entre autres, des chaînes ABC/BBC, révèle d’intéressantes évolutions.

Quelques exemples:


5 ans plus tard 1
5 ans plus tard 2
5 ans plus tard 3
5 ans plus tard 4
5 ans plus tard 5
5 ans plus tard 6
Comme tout sondage, l’interprétation aussi bien que la composition de l’échantillon demandent une analyse « à froid »….(un peu de flemme Stéphane?)

Les structures du pouvoir local: un peu d’anthropologie politique.

COIN, guerre en Irak, Pays de l'insolence, sciences politiques 0 commentaire »

Le blog Ghosts of Alexander fournit une intéressante analyse des difficultés à appréhender les structures locales en Afghanistan (oui, je commence à me tourner vers ce pays… non pas qu’il ne se passe rien en Irak, mais parce que j’ai besoin d’un peu d’exotisme!).

Ce sujet est capital, non seulement dans le cadre de la contre-insurrection, mais aussi dans mon étude sur les procédures pour reconstruire la sécurité en Irak.

Premier point: c’est important car la contre-insurrection, sauf à parler des méthodes « romaines » qui se passent bien de cela, demande de connaître les structures sociales. La sociologie est donc un élément majeur dans la « cartographie » du « terrain humain », à laquelle s’ajoute l’anthropologie politique dès lors qu’il s’agit de comprendre les « actions visant le maintien ou la modification de l’ordre établi » , à travers les institutions politiques (de pouvoir), lieux « d’émergence de dynamismes sociaux confrontés et affrontés » (les deux citations sont de Georges BALLANDIER). En effet, les contre-insurgés doivent non seulement déterminer les conditions qui vont leur permettre de séparer les insurgés de la population, mais également celles qui permettront le rétablissement de la sécurité, laquelle se fait « par le bas ». Bien entendu, les insurgés travaillent de même, à travers la population (en sus des opinions publiques occidentales et, ici, arabes/musulmanes), à anéantir les beaux plans des contre-insurgés.

Second point: en Irak, les tentatives des officiers américains sur le terrain de rentrer en contact avec les détenteurs locaux du pouvoir ont commencé tôt. Dès 2003, les Marines à TIKRIT puis dans le sud chiite, les diverses unités présentes à Falloujah (et notamment la 82nde à compter de l’hiver), nouent des contacts et tentent de reconstituer les réseaux de pouvoir de manière à identifier les « leaders ». Dans un second temps, il s’agit de s’appuyer sur ces chefs tribaux ou religieux pour les charger de la sécurité et de la reconstruction des infrastructures essentielles. Une autre alternative vise à constituer des conseils locaux (au niveau des villes ou des communautés d’habitants mais aussi des provinces) de manière à reconstruire l’Etat à partir de la base. L’exemple le plus célèbre aujourd’hui, mais c’est loin d’être le seul, est celui du général PETRAEUS à MOSSOUL (avril-décembre 2003).

Toutefois, ces tentatives échouent largement ou ne durent pas. Il me semble que le post cité plus haut, ainsi que mes études d’anthropologie politique, en fournissent les raisons.

  1. la première tient dans l’identification des détenteurs du pouvoir. Or, dans de nombreuses sociétés, ils ne sont pas forcément visibles, soit pour des raisons de protection de la communauté, soit du fait de la complexité des jeux de pouvoir. Une règle d’or: tout ce qui porte une longue barbe blanche n’est pas forcément le chef et surtout, pas forcément le chef réel. Ce qui explique comment des prétendants à ce pouvoir ont parfois berné les Américains afin d’obtenir leur soutien dans les compétitions internes aux groupes (rappel: la configuration solidaire d’un groupe ne signifie pas l’absence de conflits politiques pour la domination dudit groupe). Un exemple emblématique: les officiers baasistes responsables de la « Brigade de Falloujah » ont échoué à s’affirmer face à l’étranger Abu Musab Al Zarqawi durant l’été 2004. L’erreur commise par les responsables de la 1ère Marine Expeditionary Force a été de s’appuyer sur des personnalités qui ne représentaient pas une autorité réelle mais qui visaient à la conquête du pouvoir sur la ville.
  2. La seconde tient dans la vision ethnocentrique qui a présidé à la cartographie des sociétés tribales irakiennes par les Américains. La vision en réseau ne peut rendre compte de la complexité, non seulement des alliances (qu’elle qu’en soit la nature) mais aussi des relations réelles (qui veut quoi? Qui domine qui? Qui est en compétition avec qui?) De ce fait, si il a été précocement possible de déterminer -au sein de l’insurrection- les responsabilités des principaux chefs (financier, artificier, fournisseur d’armes, hommes de mains, etc.), il n’en a pas été de même pour les sociétés locales. Si les organisations insurgées et terroristes peuvent entrer dans une vision cybernétique, il n’en est pas de même du patchwork de tribus, familles, etc. (Il faut nuancer: la décentralisation du terrorisme s’accentue aujourd’hui avec la crainte du « Loup Solitaire« )
  3. La troisième est liée au temps qui passe et notamment à l’ajustement des tactiques de l’insurrection face aux forces coalisées. Notamment, les campagnes de meurtre et d’intimidation ont clairement fait comprendre aux cheiks (surtout sunnites) qu’il était nécessaire de passer alliance avec les insurgés puis les groupes terroristes.
  4. la quatrième correspond à la nécessité de serrer au plus près les nuances culturelles (notamment coutumières). Ces dernières sont cruciales pour éviter des impairs parfois néfastes mais aussi pour identifier les relations correctes de pouvoir au sein des groupes et des communautés.

Quels sont donc les enjeux actuels de cette « Irakisation par le bas » telle que nous l’observons depuis le courant de l’année 2006?

En effet, le mouvement du « Réveil d’Anbar » ainsi que les programmes visant à la constitution de milices de sécurité locales a un point commun: il s’agit de partir des structures et des demandes locales pour créer la sécurité puis normaliser les relations socioéconomiques. (Leur différence: le « Réveil » est un mouvement où se rejoignent les cheiks locaux et les officiers américains sur le terrain, alors que les milices sont le fruit d’une incitation par les Américains à les intégrer). Il s’agit donc d’un tournant par rapport à la focalisation initiale sur la reconstruction de l’Etat « par le haut », à travers la création de forces armées et de sécurité nationale comprenant et représentant toutes les composantes de la société irakienne. On peut ajouter que les Américains ont acquis une connaissance plus intuitive des sociétés locales (ce qui semble beaucoup plus facile en Irak qu’en Afghanistan), aidés en cela par quelques anthropologues et ethnologues intégrés aux unités.

Toutefois, ce processus trouve plusieurs limites qui sont liées à des considérations anthropologiques:

  • on peut postuler que les Américains apparaissent désormais comme des agents mitigeant l’influence du pouvoir central. On peut d’ailleurs se demander (honnêtement) qui manipule qui dans cette affaire. Or, la stratégie américaine, qui a accepté le risque posé par « l’Irakisation par le bas » (à savoir les freins mis à la constitution d’un gouvernement central légitime et fort), consiste justement à promouvoir ce gouvernement. On comprend le mal qu’ils rencontrent parfois dans des communautés où des années d’insécurité ont produit isolement, décentralisation voire renfermement.
  • la reconstruction de la sécurité par le bas est nécessaire, mais dans une situation ethnique et socioculturelle complexe, elle peut être particulièrement risquée pour l’avenir. En effet, et on le constate à MOSSOUL (comme en son temps à TELL AFAR) par les difficultés à monter des milices, le contre-insurgé -d’autant plus si il est un étranger- fait des choix d’alliance qui peuvent générer un recul d’influence et de pouvoir pour certains groupes et individus (alors que d’autres, ayant instrumentalisé le besoin de nouer des liens locaux, connaîtront une brusque poussée dans ces domaines). On le voit, cette stratégie, opérant dans un environnement complexe, peut semer les ferments de compétitions futures. On peut certes se rassurer en disant que ces compétitions existeraient quand même, mais il faut reconnaître que les changements brutaux intervenus dans la société irakienne depuis 50 ans (et plus encore depuis 2003) en accroissent la probabilité et certainement la virulence.

Cette stratégie de « l’Irakisation par le bas » est donc pleine de sens, mais aussi pleine de risques. En soit, elle n’est pas nouvelle: l’Army aux Philippines, les Marines durant les Banana Wars, les Forces Spéciales au Salvador l’ont déjà tentée. Ce dernier exemple nous éclaire d’ailleurs sur le processus suivi (qui est, peu ou prou, celui que recommande l’ONU dans le processus DDR): après avoir formé des groupes paramilitaires à partir des locaux, les Forces Spéciales avait alors intégré progressivement ces dernières au sein des forces armées nationales. Dans le cas des milices, la procédure s’est complexifiée:

  • certains éléments doivent intégrer l’Armée et la Police sur des critères de recrutement physique.
  • d’autres reçoivent une formation professionnelle visant à résorber le chômage des jeunes hommes et à faciliter la réinsertion des anciens insurgés.
  • mais surtout, le coeur des milices (je rappelle que leurs effectifs se porte à 88 000 membres) semble devoir rester sous contrôle américain plus longtemps. En effet, bien que ne recevant pas d’armes de la part de ces derniers (en dépit des demandes continuelles faites par les miliciens), les groupes d’autodéfense sont payés par le contribuable US…. Nul doute que ce raffinement ultime est problématique. Peut-on ainsi assurer une contre-insurrection (ou prévenir une guerre civile) par une telle « économie des moyens » (militaires)? Quelle assurance peut-on avoir que ces milices ne se préparent pas à la guerre civile dès les Américains partis? L’anthropologie peut fournir une réponse: tout dépendra de la capacité des Américains a instrumentaliser à leur tour ces alliances de manière efficace, c’est à dire à déterminer les points d’appui, les configurations correctes mais aussi à être capables de donner leur soutien à un ancien adversaire.

Did US Military Get COIN?

COIN, guerre en Irak, histoire militaire, in english too 2 commentaires »

As an alternative narrative, I would like to propose the following considerations.

From my (French and historian) point of view, I must consider two levels when discussing this issue:

In the field, there’s no doubt that COIN procedures and tactics that are common today were in use in most of units in 2003/2004. Due to prior combat experiences and the necessary adaptation of force projection, many commanders at all levels intuitively understood things such as presence missions, Combat Outpost, assistance and reconstruction tasks. In fact, 2004/2005 (and even most of 2006) were « gap » years in COIN procedures because many thought their previous practices were the main cause that fueled insurgency. Of course, there were flawed postures and actions that helped produce a growing support for insurgents in the population (such as detainees abuses or a slow progress in providing Essential Services, both thus caused US Military to be viewed as an illegitimate force). But the growing insurgency was the product of other factors that historians must account. In 2004/2005, COIN was conceived on the following assumption: success deserves lesser US « visibility ». Previous procedures were partially left until late 2006. In 2003/2004, Tactical procedures did not lead to tactical successes. The reason is COIN procedures need time to achieve any successful effect. Time is a critical factor but enemy’s actions are too: having no time to implement their procedures, US actions were annihilated by constant shifts in insurgent tactics and, worse, became counterproductive. In a similar ways, military time in COIN is a schizoid one: on one way, stability and security have to be built during a very short « window of opportunity », on the other, time to develop relationships and knowledge about the AO can be much longer (e.g. when one have to meet three times with the same sheik, drinking chai with him, before even talking about necessity of change in the area). The second crucial factor is theater-level links through a coherent campaign plan that can build on security and stability gained through a « bottom-up » process. Unlike this model, divisions in 2003 were like « fingers without hand ». In 2005/2006, overall theater strategy defined by general CASEY was not able to gain momentum because it relied on a « top-down » process (recruiting, training and building Iraqi Security Forces that would have a double effect: to unite the ethnic and tribal factions in a National Army, and to relieve US Forces in place). Added to the flawed perception that previous tactical postures were profoundly bad and worsened the security situation in 2003/2004, this campaign plan didn’t let counterinsurgents to gain the initiative. So it was necessary to « clear » the same areas several times (Mosul, Fallujah). A third factor is the connection with the populace and the « situational awareness », i.e. the knowledge of social and economic framework, the personal links with the population and their leaders. Unlike British, French or Portuguese in their former colonies, Americans had to build it from nothing in Iraq. Worse, officers in the field had to overcome their biases and false information coming from flawed intelligence sources. A misperception of this critical factor led many to consider « presence actions » during OIF I as bad procedures. The key of the former and the latter factors is the legitimization of the counterinsurgent force and of its actions, so it lies in the « informational realm » of constructing coherent narratives.

So, what are the major changes in 2007/2008? An institutionalized guidance under a charismatic leader (PETRAEUS), a sophisticated combination of every lines of operations under an holistic campaign plan, more troops are several among many factors. But as important were a greater experience and a greater knowledge. 2007/2008 would certainly be considered as a « turning point » during which US Counter-insurgents achieved to get the initiative (what is the main goal of war). Historically speaking, it was a non-linear move to adapt to the particular context and to various and adaptive tactics by insurgents and terrorists. Having gained Time/Experience and sufficient forces to build security and stability, US Forces were able to pressure their enemies, holding them off-balance and compelling some to surrender or to die. Furthermore, they began to promote governance, to build economic stability and essential services as they did in 2003/2004. But this time, without great disturbance from insurgents, and with greater popular support from Iraqis that are tired of sectarian violence and terrorist extremism.

-The second level is the institutional realm of organizational culture, doctrine conception and bureaucratic challenges. The question of whether US Military (and especially the Army) has already get the « COIN mission » lies here today. Since as far as 2003, US soldiers and Marines tried to incorporate their experiences from Iraq in their training, formation and TACSOP. They did it by informal means (such as CAVNET, or even deployment training by generals MATTIS and AUSTIN during the Winter 2003/2004, or colonel McMASTER in the following summer and winter) and by formal ones (lessons learned, reforms in the US Marine Corps Command and Staff College, creation of cultural center, and so on). When former procedures were emphasized in late 2006 anew, soldiers and Marines were ready to apply them as official and well-known TTP.

But, at various levels in the institutions, some brought into question the conversion to COIN and the willingness to transform to incorporate all lessons learned in the long term. Procurement programs, professional education curriculum, and paths of promotion all seem to match with Paul YINGLING’s assertions. Nevertheless, intellectual debates raged through professional reviews like Military Review and the Marine Corps Gazette (a closer look at their annual indexes taught me that it was the case as soon as 2004 for the former and 2005 for the latter). Looking for an historical model, digging in the past western experiences to find principles and practices, a lot of practitioners and analysts participated through articles, monographs and blogs. Some of the examples that were analyzed turned us to the US Military’s past (Philippines) or to foreign models (British in Malaysia and French in Algeria). Some « COIN gurus » of the past were resurrected by contemporary COIN-fan: Lawrence of Arabia, Robert Thompson, David Galula, Roger Trinquier, and so on. David Galula soon earned a strong reputation of « master counterinsurgent ». Through his medium, US COIN Doctrine acquired a « Maoist » flavor that runs counter to its cultural biases and bases concerning unconventional warfare. It soon began to be evident that this new Doctrine would become the icon of change after its instigator, general PETRAEUS, was named to be the successor of general CASEY as top US Commander in Iraq.

Organizational Theories in Social Sciences assert that military institutions are conservative by nature, due to their tendency to rely on routine and the defense of their core missions, both for bureaucratic interests and cultural biases. In such a view, US Army would fuel many resistance to admit COIN mission which is very far from the « great war » paradigm. But coalitions and influential individuals can induce change to introduce new missions and role or to integrate them in the most traditional core of existing role and mission. To succeed, theses coalitions/networks have to institutionalize change. Recent Doctrine publications are congruent with this view. But this is a protracted effort to legitimize the new mission. These political competitions about institutional identity (as well as for the members’ identity) can have many forms. That is what I observe today in the Army. (In USMC, I observe something slightly different: how to integrate COIN in emerging concepts?) Another potential factor of resistance lies in the constant reluctance by US Military to do « interventionists » contingencies (like in SOMALIA, KOSOVO and HAÏTI). It can be explained through the prism of organizational model: both bureaucratic interests and identity issues after Vietnam led the US Army to rely more on technical tools (what can be called « technology », i.e. a discourse on technic) and less on « boots on the ground » and consequently discarded such humanitarian or stabilization operations. Contrary to this assertion is the fact that « interim Force » program considered the need to build dismounted capacities for the IBCT (with more snipers and mortar teams than anti-tank teams). « Transformation », despite its technological flavor, was far more in support of presence and proximity tactics than one could think.

But, COIN has no principles. In my mind, it’s the contrary, and that can explains this narrative. COIN is « context-driven », so most of the procedures that seem to succeed now come from the field and were implemented at the beginning by many officer and leaders. COIN, as a mission, is a contingent phenomenon. It relies on doctrine, formation and training, tactical procedures that integrates technology, social skills and knowledge as well as situational awareness and leader’s initiatives. It cannot be deduced from principles but rather from a progressive and close intimacy with the social and psychological terrain, both local and of own units. last but not least, remember that today’s insurgencies are not like past insurgencies, as a result of which counterinsurgency can’t simply apply « lessons learned » from History without any harm.

I’d like to conclude by linking operational and institutional issues by the following consideration: it’s crucial both to recognize the true kind of conflict the military has to face (unlike April-July 2003), and to avoid any flawed conception of COIN ops (unlike 2004/2006 when MNF-I focused on building Iraqi Army and diminishing US Presence) or, to say it better, flawed conception of the metrics of success (violence statistics mean nothing in themselves). More important, one must avoid to develop a standardized vision of what are the principles in COIN/Stabilization complex contingencies. In speaking about military forces in COIN, one must consider the adequacy between the use and the utility. In other words, one must consider CLAUSEWITZ’s view of War as Politics by other means (which never meant that War was a « pause » of Politics but that War must achieve political goals). Providing food, training security forces, assaulting safe havens, speaking to local populace or to the media belong to the same « grammar ». More: conventional tactics and guerilla tactics, even if procedures are different, use the same « grammar » and « logic » too: the key is to be able to « flip » from one form to the other and to implement tactical and strategic choices by strong narratives.

Nouvelles de BASSORAH

COIN, guerre en Irak, histoire militaire 0 commentaire »

Hier, le ministre de la Défense Britannique, Desmond BROWNE, donnait une conférence de presse sur la situation à BASSORAH et la stratégie des Britanniques dans la zone. Celle-ci est simple: former les militaires irakiens et laisser toute latitude aux généraux MOHAN et JALLIL pour gérer la sécurité dans la grande ville du Sud de l’IRAK.

Je suis de très loin cette affaire des Britanniques à BASSORAH, mais je constate quand même que ce sont les mêmes types de  problèmes que les journalistes soulèvent:

  • les rivalités entre milices chiites pour le pouvoir dans la cité.
  • la liaison entre agissements criminels et insurrection.
  • la critique de l’approche britannique comme trop « molle » (je renvoie mes lecteurs à un post du Captain’s Journal contenant de nombreux liens sur le sujet).

Quoiqu’il en soit, le pauvre BROWNE est mis à mal par les questions des journalistes présents (à commencer par celui du Christian Science Monitor, journal particulièrement bien renseigné sur cette histoire).

R.I.P.: Mgr Faraj RAHOU

Eglise, guerre en Irak 0 commentaire »

L’archevêque des Chaldéens de MOSSOUL, enlevé le 29 février, a été retrouvé mort hier dans une fosse du sud-est de la ville.

« Mort de Mgr Rahho : Benoît XVI déplore une « violence inhumaine »

Solidarité avec le peuple irakien et l’Eglise locale

ROME, Jeudi 13 mars 2008 (ZENIT.org) – Mgr Rahho a été tué : Benoît XVI déplore une « violence inhumaine » et redit sa proximité spirituelle avec l’Eglise qui est en Irak.

Le pape a adressé un message au patriarche Emmanuel III Delly, patriarche de Babylone des Chaldéens, à la nouvelle de la mort de l’archevêque de Mossoul, Mgr Paul Faraj Rahho, enlevé le 29 février dernier.

« Informé de la mort tragique de Mgr Paul Faraj Rahho, archevêque de Mossoul des Chaldéens, après son enlèvement dramatique survenu le 29 février dernier, je désire faire parvenir à vous, à l’Eglise chaldéenne, et à toute la communauté chrétienne, l’expression de ma proximité particulière ».

le pape réaffirme « sa déploration la plus décidée de cet acte de violence inhumaine qui offense la dignité de l’être humain et nuit gravement à la cause de la coexistence fraternelle du cher peuple irakien ».

Le pape les assure de ses « prières ferventes » pour ce « pasteur zélé enlevé justement au terme de la célébration du Chemin de Croix ».

Il dit invoquer « la miséricorde du Seigneur afin que ce tragique événement serve à construire sur cette terre martyrisée de l’Irak un avenir de paix ».

Le directeur de la salle de presse du saint-Siège, le P. Federico Lombardi précise dans un communiqué que la nouvelle de la mort de Mgr Rahho a « frappé et profondément attristé » le pape.

« Nous avons tous continué à espérer et à prier pour sa libération, comme le pape avait demandé à différentes reprises dans ses appels », rappelle le P. Lombardi.

« Hélas, fait-il observer, la violence la plus absurde et injustifiée continue de s’acharner sur le peuple irakien, et en particulier sur la petite communauté chrétienne, de laquelle le pape et nous tous sommes particulièrement proches dans la prière et dans la solidarité, en ce moment de grande douleur ».

« On ne peut que souhaiter, conclut le P. Lombardi, que cet événement tragique rappelle encore une fois et avec plus de force l’engagement de tous et en particulier de la communauté internationale pour la pacification d’un pays si travaillé ».

Anita S. Bourdin »

Au moment de son enlèvement, Mgr RAHOU avait demandé à ce qu’on ne paye pas sa rançon pour qu’elle ne serve pas « à des choses mauvaises« .

Requiem Aeternam Dona Ei Domine

Et Lux perpetua luceat Ei

Requiescat in Pace

Amen

Mise à jour: 

D’après l’Armée irakienne, Mgr RAHOU serait mort de causes naturelles, sans doute de crise cardiaque, il y a de cela 5 jours au moins. Par ailleurs, aucune trace de torture n’aurait été relevée.

Et le 1/15 infanterie.

COIN, guerre en Irak, histoire militaire 0 commentaire »

J’ai déjà évoqué cette unité, la plus en pointe vers le Sud et opérant sur la rive gauche du Tigre (zone de SALMAN PAK).

Ses éléments demeurés dans le COP CARVER situés dans une boucle du fleuve au SE de la ville ont ouvert un marché sur leur zone. A l’aide des micro-crédits, les commerçants ont pu ouvrir de nouveau leurs boutiques dans le centre de la cité. Toutefois, l’initiative revient aux éléments de ce bataillon qui ont voulu dynamiser de nouveau une ancienne place commerçante.

Ainsi, les opérations de reconstruction et d’assistance « collent » au plus près aux opérations de combat et de sécurité qui dénient aux insurgés de perturber de nouveau la zone. Comme des évènements l’ont récemment montré, le sentiment de sécurité est parfois trompeur et peut mener à des imprudences. Il n’empêche que ce sentiment est en soi une victoire tant qu’il peut être durable.

Un autre élément important: le projet, porté par un officier du bataillon, montre l’élargissement du métier des militaires consécutif aux opérations de stabilisation complexe « au coeur des populations » et au milieu urbain. La question centrale est celle de l’acceptation de cet état de fait, autrement dit de l’adéquation entre les attentes des militaires vis à vis de l’institution envers laquelle ils se sont engagés et les impératifs opérationnels que cette dernière leur demande de suivre…. Un exemple: sur cette photo, on voit un militaire américain offrir des friandises à une petite fille.

Nul doute que cela est gratifiant, mais, comme certains militaires en témoignent par ailleurs, il peut y avoir une « lassitude de la compassion » qui fait obstacle aux interactions durables entre la force et la population. Je pense également à un documentaire français récent sur une unité américaine en Afghanistan où l’on voit les soldats, dont la mission était de distribuer l’aide humanitaire dans un village, perdre patience face aux assauts des enfants qui, il faut le reconnaître, se battaient littéralement pour les vivres et les biens (des couvertures…). Cette réaction est cruciale. En effet, elle montre les difficultés d’un ajustement identitaire à ces nouveaux rôles, souvent bien éloignés de l’image faite du militaire en Occident. Mais elle met également en lumière les difficultés réelles induites par le décalage culturel, lequel repose non seulement sur des éléments linguistiques ou coutumiers (quand ce n’est pas confessionnel) mais aussi sur le fossé social et économique entre personnes. Il est donc plus que jamais nécessaire de préparer la force à durer, y compris dans la compassion.

Les statistiques de la sécurité en Irak.

guerre en Irak, histoire militaire 0 commentaire »

Selon le dernier rapport du Government Accountability Office (le GAO, cour des comptes du Congrès), la violence en Irak ne baisserait plus depuis novembre 2007. Les statistiques concernant les attaques des insurgés/terroristes montrent en effet que la situation reste dangereuse. Au vrai, les attaques d’hier contre les forces américaines (5 morts à BAGDAD, 3 à BAQUBAH) aussi bien que l’attentat à la roadside bomb contre un car de pèlerins chiites dans le sud (16 morts), les heurts entre l’Armée du Mahdi et la police à KUT (14 morts), les attentats du 1er février et du 6 mars à BAGDAD (plus d’une centaine de morts en tout) sont autant de preuves que nous sommes loin de la réalisation d’un « environnement permissif » pour reprendre l’expression du contrôleur général WALKER dans la présentation dudit rapport.

Il faut noter cependant que les gains de sécurité en 1 an, si l’on s’en tient aux statistiques des attaques, restent impressionnants, comme l’illustre d’ailleurs le graphique suivant:

Une deuxième réflexion me paraît importante: je crois avoir déjà eu l’occasion de dire (ou peut-être pas d’ailleurs) qu’il y a danger à interpréter de telles statistiques, lesquelles peuvent refléter bien des choses. Dans un certain sens, la reprise des attentats et des heurts dans certaines zones illustre essentiellement que l’initiative que les Américains ont repris sur le théâtre l’année dernière ne se conserve pas automatiquement et sans rien faire. Les fauteurs de trouble s’adaptent, les opérations cinétiques sont quasiment terminées dans les régions du Triangle Sunnite -laissant la place à des actions de reconstruction et d’assistance beaucoup moins voyantes et aux effets plus difficiles à déterminer sur le long terme (voir notamment la table ronde entre le général LYNCH, commandant de la MNFD-C, et des blogueurs le 10 mars)- et par ailleurs, comme de nombreux officiers sur le terrain ne cessent de le répéter depuis cet automne, le gouvernement irakien doit profiter de la « fenêtre d’opportunité » qui lui a été ouverte. En dépit de progrès dans la réconciliation et l’annonce de la tenue de prochaines élections provinciales (en dépit du véto de la troïka présidentielle), le premier ministre Nouri Al MALIKI peine à émerger comme un leader crédible pour l’ensemble des Irakiens. Pour de nombreuses communautés, notamment dans les ceintures sud de la capitale, la sécurité et la prospérité ont le visage des militaires américains, lesquels accomplissent de nombreux progrès mais échouent à accroître la légitimité du gouvernement central.

Ce long développement ne doit pas non plus occulter le fait que les progrès en contre-insurrection et en stabilisation sont souvent cumulatifs mais non-linéaires. En d’autres termes, il faut s’attendre à d’autres attaques, voire à la hausse des violences. L’erreur serait, dans notre temps court occidental et démocratique, de croire que les progrès sont irrémédiablement menacés et donc fondamentalement impossible. Il est frappant par exemple de constater que, dans un débat récent entre l’historien et analyste Frederick KAGAN d’une part et l’universitaire anti-guerre Nir ROSEN d’autre part, les arguments du second -bien plus convaincants du fait de sa connaissance approfondie du terrain- déservent en fait la cause qu’il voudrait défendre, à savoir la fin de « l’occupation militaire ». Expliquant que le surge est un échec car la baisse des violences reflète en fait la « libanisation » (je dirais plutôt la « chypriotisation » au vue de la comparaison entre la répartition des populations grecques et turques en 1950 et aujourd’hui) de l’Irak par le « nettoyage ethnique » des zones mixtes, Nir ROSEN craint corrélativement que les Sunnites n’en profitent pour s’armer en prévision de la reprise de la guerre civile.

Cette dernière analyse, qu’il faudrait certainement nuancer car elle ne rend pas compte à mon avis des progrès réels de la contre-insurrection (ou du moins de l’effet cumulatif de ces progrès), justifie à mon sens la poursuite de la stabilisation. Il ne s’agit plus aujourd’hui de parler de la légitimité ou non de l’intervention de 2003, mais plutôt de souhaiter la normalisation de ce pays. Je doute fort que d’autres que les Américains (qui y sont depuis près de 5 ans maintenant) soient en mesure de le faire.

Mise à jour: 

A comparer avec le rapport du Département de la Défense au Congrès soumis chaque trimestre et paru aujourd’hui: le ton y est différent.