Le Petit Mallarmé

Le site officiel du journal du Collège Stéphane Mallarmé – Paris 75017

 De la brièveté de la vie :

 « Non : la nature ne nous donne pas trop peu : c’est nous qui perdons beaucoup trop. Notre existence est assez longue et largement suffisante pour l’achèvement des œuvres les plus vastes, si toutes ses heures étaient bien réparties. Mais quand elle s’est perdue dans les plaisirs ou la nonchalance, quand nul acte louable n’en signale l’emploi, dès lors, au moment suprême et inévitable, cette vie que nous n’avions pas vu marcher, nous la sentons passée sans retour. Encore une fois, l’existence est courte, non telle qu’on nous l’a mesurée, mais telle que nous l’avons faite ; nous ne sommes pas pauvres de jours, mais prodigues ».

Sénèque

Quelqu’un vint un jour trouver le grand philosophe et lui dit :
« Sais tu ce que je viens d’apprendre sur ton ami ?
_ Attends un instant. Avant de commencer, peux tu me dire si tu as fait passer ce que tu as à me dire par les 3 tamis ?
_ Les trois tamis ?
_ Le premier tamis est celui de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire sur mon ami est vrai ?
_ Non, j’en ai simplement entendu parler…
_ Tu ne sais donc pas si c’est la vérité. Essayons de filtrer en utilisant un autre tamis. Celui de la bonté. Ce que tu veux m’apprendre sur mon ami, est ce quelque chose de bon ?
_ Ah non, au contraire !
_ Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n’es même pas certain qu’elles soient vraies. Tu peux encore passer le test, car il reste un tamis, celui de l’utilité. Est-il utile que tu m’apprennes ce que mon ami aurait fait ?
_ Non. Pas vraiment.
_ Eh bien ! dit Socrate en souriant, si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi, je te conseille de l’oublier…. »

Socrate

Un éleveur de singe dit un jour à ses pensionnaires en leur distribuant leur châtaignes :
– « Désormais vous en aurez trois le matin et quatre le soir » »
– « Est ce que cela vous va ? » Fureur chez les singes.
– « Bon alors, fait l’homme, vous en aurez quatre le matin et trois le soir »
Et les singes de manifester leur contentement.

Tchouang-Tseu