Les deux types de pensées

 

Ronald D Davis, explique dans son livre « le don de la dyslexie », qu’il y a deux types de pensées :

  • la conceptualisation verbale  :  nous pensons avec le son des mots.  Celle-ci est linéaire dans le temps et suit la structure du langage. Nous  créons des phrases mentalement, un mot après l’autre.
  • la conceptualisation non-verbale :  nous pensons à l’aide d’images mentales de concepts ou d’idées. Elle est évolutive, en effet, l’image s’agrandit au fur et à mesure que l’on rajoute de nouveaux concepts.   Le dyslexique (dyslexique – orthographique), pense de cette manière, entre 3 et 13 ans.

 

Comment est-ce que ce mode de pensée pourrait contribuer aux difficultés ?

Le langage est composé de symboles qui peuvent prendre 3 aspects :

  1. Le son du symbole
  2. Le sens du symbole
  3. L’apparence du symbole.

Si nous reprenons la conceptualisation de manière verbale, nous pensons à l’aide des sons du langage. Nous avons un monologue interne, avec des énoncés, des questions et réponses, parfois à haute voix. Le fait d’écouter la phrase mentalement, permet de mieux comprendre.

Si nous conceptualisons de manière non-verbale,  nous construisons des images mentales des concepts/idées dits dans la phrase.  Ces images évoluent au fur et à mesure que nous lisons la phrase.  C’est un processus plus rapide  que la verbale, mais un problème se pose car certaines parties du langage sont plus difficiles à mettre en image.  Petit rappel ici, nos loulous DYS ont peu ou pas de monologue interne et composent essentiellement des images mentales, auxquelles ils ajoutent le sens.  Ce qu’il se passe alors, c’est que le développement de l’image est entravé à chaque fois que le sens d’un mot inconnu ne peut être inséré dans la scène globale. Cela se complique encore lorsque nous lisons un mot dont le sens n’a pas d’image mentale.  Il résultera alors qu’une série d’images sans lien entre elles, avec des espaces (blancs) entre elles. Le processus de l’image est interrompu, l’enfant ou la personne ressent un sentiment de confusion car la scène devient incohérente. A l’aide de concentration, il pourra y pallier pendant un moment, mais atteindra son seuil de confusion. A ce moment là,  elle est désorientée, c’est à dire que la perception du symbole change et se déforme, ce qui rend la lecture ou l’écriture presque impossible.

Pour les personnes ne souffrant pas de DYS, la désorientation est banale (Faites l’expérience de tourner sur vous même, vous avez l’impression que les choses bougent autour de vous, mais ce n’est pas le cas. Après quelques instants la situation redevient normale).   Les DYS l’utilisent de manière inconsciente pour capter le monde de manière multidimensionnelle, sortir de la confusion ou être créatif. C’est une « faculté »  qu’ils ont incorporée étant bébés.  MAIS il pourra aussi être désorienté s’il tombe sur un symbole qui le perturbe, un mot imprimé à l’envers, à travers la feuille. Ce seuil de confusion est rapidement atteint lorsqu’il apprend à lire. Il ne voit pas ce qui est noté sur la feuille, mais ce qu’il pense qu’il y est noté. Pourquoi ? car le symbole n’est pas un objet, ne représente pas un son d’un mot, une action ou une idée, la désorientation empêche la reconnaissance. C’est alors qu’il commet une erreur.

Quel type d’erreur, exemple :   (https://slideplayer.fr/slide/3687010 – publié par Idelle Hardouin)

  • Un même phonème peut s ’écrire de plusieurs façons : / K / c ( camion), cc ( accord) k ( képi) qu ( quille), q ( coq) ch ( chœur), ck ( ticket)
  • plusieurs phonèmes = 1 seule lettre / KS / à x
  • plusieurs lettres = 1 seul phonème eau>/o/
  • Des erreurs phonologiques (v/f, ch,j);
  • Des erreurs visuelles (b/d/q/p; on/ou);

 

A la lecture de cela, pourquoi Ronald D Davis parle de DONS ??  Parce que les DYS ont (pas tous, ni toujours), des qualités incroyables :

  • Aptitude à transformer ou créer des perceptions
  • Très conscients de leur environnement
  • Plus curieux que la moyenne des gens
  • Pensent essentiellement en images plutôt qu’en mots
  • Très intuitifs et perspicaces
  • Pensent et perçoivent de manière multidimensionnelles (en utilisant tous leur sens)
  • Capables de vivre la pensée comme si c’était la réalité, imagination très vive

 

Sandra

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