Et si on leur demandait directement? Mattin

  1. Quel âge avez-vous ?

   J’ai 13 ans

  • A quels écrans vous avez accès?

L’ordinateur, le téléphone, la télé.

  • Combien temps passez-vous sur les écrans chaque jour ? Pouvez-vous détailler le temps par appareil que vous utilisez.

Sur mon téléphone environ 1 heure par  jour (la semaine), l’ordinateur 1 heure et demie et la télé est allumée donc je la regarde, je n’ai pas vraiment de temps dessus.

  • Que faîtes-vous avec ces écrans (jeux, recherches, production de contenus vidéos…) ?

Essentiellement je joue, mais je produis aussi un peu de contenue vidéo, je prépare des playlist aussi

  • Pensez-vous qu’il existe une « guerre des générations » concernant l’usage du numérique ? Si oui, comment l’expliquez-vous ?

Je ne pense pas.

  • Pensez-vous que l’usage du numérique (via le téléphone portable notamment) nécessite une formation ? Qui doit la faire ?

Oui, il y en a besoin mais ça ne nécessite pas de personne en particulier.

  • Quelle est la place de l’école dans cette formation au numérique d’après vous ? Comment peut-elle former ?

L’école peut organiser des interventions pour aider.

  1. Qu’envisageriez-vous pour être préparé.e
  2.  à l’utilisation des réseaux sociaux?
  3. à la recherche documentaire?
  4. à être plus vigilant.e face aux dangers d’internet (images choquantes non désirées, fake news…) ?

Moi et potentiellement d’autres personnes pourrions avoir une formation (intervention) et ainsi être prêt.

D’après vous, les gouvernements ont-ils un rôle à jouer pour légiférer l’utilisation d’internet et notamment protéger les mineur.e.s ? 

Oui car il y a beaucoup de problèmes à cause d’internet donc ils pourraient penser à des lois qui protègent plus les utilisateurs et qui sanctionnent vraiment les arnaqueurs.

Pensez-vous qu’avoir un téléphone aujourd’hui est indispensable? Justifiez votre réponse

Oui car tout le monde entier est connecté donc pour être informer, pour se divertir il faut en avoir un. 

Souhaitez-vous ajouter une remarque ?

Non

Et si on leur demandait directement ? Le témoignage de Maritxu

  1. Quel âge avez-vous ?

J’ai 12 ans

  • A quels écrans vous avez accès?

A l’ordinateur de ma grand-mère, à l’ordinateur de mes parents et à leurs téléphones quand ils m’y autorisent.

  • Combien temps passez-vous sur les écrans chaque jour ? Pouvez-vous détailler le temps par appareil que vous utilisez.

C’est ma mère qui décide le temps que j’y passe, mais souvent entre 30 min et 1 heure par jour. Je fais beaucoup de sport en semaine, j’y ai donc moins accès que ma sœur.

  • Que faîtes-vous avec ces écrans (jeux, recherches, production de contenus vidéos…) ?

Je joue aux jeux vidéo, j’accède à pronote , je lis des histoires et je regarde YouTube.

  • Si vous n’avez pas de téléphone, en voudriez-vous un ? Et que feriez-vous avec?

J’en voudrais un mais en y réfléchissant pour l’instant un téléphone ne me serait pas utile. C’est surtout qu’au collège, je suis une des rares élèves à ne pas en avoir.

  • Si vous n’avez pas de téléphone, pouvez-vous expliquer pourquoi ? Est-ce un choix ? Si non comprenez-vous pourquoi vous n’y êtes pas autorisé.e ?

Mes parents ne veulent pas que j’en ai un .Je comprends car il y a des personnes qui utilisent les réseaux sociaux pour faire n’importe quoi.

  • Pensez-vous qu’il existe une « guerre des générations » concernant l’usage du numérique ? Si oui, comment l’expliquez-vous ?

Non je ne pense pas. Mes grands parents ou ma tante utilisent beaucoup leur téléphone portable et en font aussi bien un bon qu’un mauvais usage. Ils peuvent s’en servir à table, s’affoler avec les notifications, …

  • Pensez-vous que l’usage du numérique (via le téléphone portable notamment) nécessite une formation ? Qui doit la faire ?

Oui, les parents doivent sensibilisait leurs enfants aux danger du numérique .

  • Quelle est la place de l’école dans cette formation au numérique d’après vous ? Comment peut-elle former ?

L’école peut faire quelques choses comme en parler en éducation morale et civique

Qu’envisageriez-vous pour être préparé.e ?

  •  à l’utilisation des réseaux sociaux?
  • à la recherche documentaire?
  • à être plus vigilant.e face aux dangers d’internet (images choquantes non désirées, fake news…) ?

En parler en cours , en parler avec les parents connaître les méthodes de documentation …

  1. D’après vous, les gouvernements ont-ils un rôle à jouer pour légiférer l’utilisation d’internet et notamment protéger les mineur.e.s ?

Je ne sais pas .

  1. Pensez-vous qu’avoir un téléphone aujourd’hui est indispensable? Justifiez votre réponse

Non car je vis sans et je vis bien .

  1. Souhaitez-vous ajouter une remarque ?

Les adultes disent tout le temps qu’il ne faut pas rester scotcher à l’écran mais il passe leur journée dessus.

Et si on leur demandait directement ? Le témoignage de Léa.

  1. Quel âge avez-vous ?

J’ai 18 ans, bientôt 19.

  • A quels écrans vous avez accès?

Actuellement, un téléphone, un ordinateur et une télévision dont je ne me sers jamais.

  • Combien temps passez-vous sur les écrans chaque jour ? Pouvez-vous détailler le temps par appareil que vous utilisez.

Je passe environ entre 3 et 6 heures par jour, suivant les cours je me sers de mon ordinateur pour noter mes cours en amphithéâtre. Pour ce qui est du téléphone, je dirai environ 3 heures pour regarder des vidéos et discuter avec quelques amis.

  • Pensez-vous qu’il existe une « guerre des générations » concernant l’usage du numérique ? Si oui, comment l’expliquez-vous ?
  • Pensez-vous que l’usage du numérique (via le téléphone portable notamment) nécessite une formation ? Qui doit la faire ?
  • Quelle est la place de l’école dans cette formation au numérique d’après vous ? Comment peut-elle former ?
  • Qu’envisageriez-vous pour être préparé.e à l’utilisation des réseaux sociaux? à la recherche documentaire? à être plus vigilant.e face aux dangers d’internet (images choquantes non désirées, fake news…) ?
  • D’après vous, les gouvernements ont-ils un rôle à jouer pour légiférer l’utilisation d’internet et notamment protéger les mineur.e.s ? 
  • Pensez-vous qu’avoir un téléphone aujourd’hui est indispensable? Justifiez votre réponse


Et si on leur demandait directement ? Le témoignage d’Auriane.

Quel âge as-tu?

J’ai 12 ans.

A quels écrans vous avez accès?

 L’ordinateur, parfois les téléphones de mes parents, les consoles de jeux type DS (modèle vintage), PS4 de mes cousins

Combien temps passes tu sur les écrans? détaillez le temps par appareil?
le temps autorisé par ma mère ;). En moyenne du coup une heure à une heure trente par jour ? Avec peu de temps les jours de veille d’école (15 minutes à une demi heure) et beaucoup plus le week-end.

Que fais tu sur les écrans?
je joue à des jeux vidéos. : jeux type minecraft, jeux d’arcade, jeux de stratégies, gestion de ferme, restaurants,. Et de temps en temps imposteur : tu dois tuer tout  le monde avant que le vaisseau soit réparé.

Très rarement je joue à des jeux de guerre découvert avec mes cousins, mais ce n’est pas ce que je préfère mais j’avais envie de découvrir ou faire l’expérience.

Si tu n’as pas de téléphone, pourquoi en voudrais-tu un? et que ferais tu avec?

Si j’avais un téléphone, je pense que je jouerai essentiellement, j’enverrai parfois des devoirs à des amis, pour le moment je reconnais que je n’ai pas grande utilité. Pour le moment l’accès accordé à d’autres écrans me suffit

Comprends tu pourquoi tu n’as pas de téléphone?

Oui parce que je trouve que tous mes camarades de classe se comportent bêtement avec le téléphone, ils font des choses idiotes vues sur les réseaux sociaux. Je crains le harcèlement via les réseaux sociaux. J’ai lu des témoignages qui me font peur.


Que penses tu de l’utilisation qu’en font mes parents ou mes proches ?

Pour mes parents, vous êtes adultes, vous avez un métier, on a déménagé donc le téléphone vous sert au travail, à garder le contact avec des anciens amis, ou pour nos loisirs.

Penses tu que l’école forme à l’usage des téléphones? justifies ta réponse
Non pas du tout ! parfois il y a de intervenants sur le cyber harcèlement mais ce n’est pas suffisant.

A quel moment, selon toi l’école t’a formé à une utilisation raisonnée des écrans? et Comment?

Pas que je me souvienne, à l’école primaire les enseignants nous mettaient en garde mais c’est tout !

Qu’envisagerais-tu pour être préparé à l’utilisation des réseaux sociaux? à la recherche documentaire? à être plus vigilant face aux images auxquels tu es confrontées sur ces écrans? ….
En Emc, il pourrait y avoir un cours, le téléphone est par exemple confisqué pour certains de mes amis mais les parents ne vérifient pas non plus ce que les enfants font avec leur téléphone, avec qui ils sont en contact, sur quels sites ils vont,….Les parents devraient être plus prévoyants.

Penses tu qu’avoir un téléphone aujourd’hui est indispensable? justifies ta réponse
non car je n’en ai pas et je vois quand même mes amis à l’école, ma mère est présente, j’ai une sœur jumelle et ça facilite le prêt des cahiers plutôt que d’envoyer des photos, même chose, je suis dans sa classe. On part souvent en vacances donc je n’en ai pas besoin pour avoir des relations amicales.

Souhaites tu ajouter une remarque?
c’est une très bonne chose que les téléphones portables soient interdits au collège. Comme ça on peut rester concentrer sur les cours, et les relations avec les autres quand on est au collège.

Et si on leur demandait directement ? Le témoignage de Théodore.

  • Quel âge avez-vous ?

J’ai 14 ans.

  • A quels écrans vous avez accès ?

J’ai accès à un ordinateur, une télévision, un téléphone, une Nintendo Switch et une Nintendo DS.

  • Combien de temps passez-vous sur les écrans chaque jour ? Pouvez-vous détailler le temps par appareil que vous utilisez.

J’utilise mon ordinateur tous les jours pour faire les devoirs : 30 minutes par jour environ.

J’utilise mon téléphone pour consulter Pronote tous les jours et sur FaceBook je regarde les informations handballistiques. Je communique aussi via mon téléphone avec mes amis, mon club de hand et ma famille. Je dirai que j’utilise mon téléphone environ 45 minutes par jour. Concernant la télévision, je la regarde le mercredi et le week-end environ 1h et les consoles ce n’est que le mercredi après-midi et le we (1h30 de jeux).

  • Pensez-vous qu’il existe une « guerre des générations » concernant l’usage du numérique ? Si oui, comment l’expliquez-vous ?

Peut-être pas une guerre mais un fossé, sur mes 4 grands-parents, seul l’un d’entre eux utilise régulièrement son téléphone. Ce fossé peut poser problème car on a l’habitude de pouvoir joindre sans problème nos proches et pour nos grands-parents parfois ils sont injoignables.

  • Pensez-vous que l’usage du numérique (via le téléphone portable notamment) nécessite une formation ? Qui doit la faire ?

Oui et cette formation doit être faite par les générations antérieures ou celle et ceux qui sont déjà tombés dans les pièges d’internet, comme les arnaques financières, les contenus pornographiques des sites de streaming…

  • Quelle est la place de l’école dans cette formation au numérique d’après vous ? Comment peut-elle former ?

Importante. Il faut que les jeunes se rendent compte tôt des dangers, dès l’élémentaire, avant d’avoir leur premier téléphone.

  • Quelle est la place de l’école dans cette formation au numérique d’après vous ? Comment peut-elle former ?

Je suis en 4e et je n’ai jamais été formé à l’école à ces différentes utilisations. Par contre j’ai eu l’occasion d’en parler avec mes parents qui m’ont prévenu des dangers.

  • D’après vous, les gouvernements ont-ils un rôle à jouer pour légiférer l’utilisation d’internet et notamment protéger les mineur.e.s ? 

Il faut des contrôles plus stricts concernant les demandes d’âge au moment de l’inscription sur certains sites ou réseaux sociaux. Oui je pense que c’est à l’Etat de légiférer.

  • Pensez-vous qu’avoir un téléphone aujourd’hui est indispensable? Justifiez votre réponse.

Ça le devient de plus en plus car même pour se nourrir ça va devenir indispensable, même certaines procédures administratives ne se font plus que par Internet (demande de RDV pour la carte identité par exemple). Je pense que nombreuses activités quotidiennes ne se feront plus que par internet à l’avenir.

  • Souhaitez-vous ajouter une remarque ?

Je pense qu’il faut quand même avoir une certaine maturité pour utiliser les écrans sans se laisser perturber par eux. Si je compare ma première utilisation de WhastApp en milieu de 6e et mon utilisation aujourd’hui 2 ans plus tard, je remarque que mon rapport a changé : au début le débit à la seconde des messages qui s’enchaînaient ça me prenait le cerveau. Aujourd’hui j’ai désactivé les notifications et je ne regarde quasiment pas les messages du groupe. Je ne sélectionne que les infos qui ont de l’importance. Je ne lis pas tout. C’est comme si j’avais développé une concentration spéciale « réseaux sociaux ».

Et si on leur demandait directement ? Le témoignage de Maéva.

Afin de connaître les réflexions de la jeune génération concernant l’usage des écrans et du numérique, nous avons décidé de leur laisser la parole. Au fil de la semaine, vous découvrirez donc ce qu’Auriane, Théodore, Maéva et Léa nous disent du portable, de l’ordinateur, de la tablette et des consoles ! Merci à elleux d’avoir jouer le jeu !

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  • Quel âge avez-vous ? 

J’ai 18 ans.

  • A quels écrans vous avez accès?

Personnellement, j’ai accès à la télévision, au téléphone portable, aux consoles de jeux, à l’ordinateur… À un certain nombre d’écrans en vérité !

  • Combien temps passez-vous sur les écrans chaque jour ? Pouvez-vous détailler le temps par appareil que vous utilisez. 

Honnêtement ? Énormément de temps. Premièrement, plusieurs heures par jour sur mon ordinateur dans le cadre du travail universitaire, mais aussi et surtout sur mon téléphone portable. Je dirais que je passe environ 6 heures par jour sur ce petit écran durant la période scolaire. Alors je vous laisse imaginer le temps consacré pendant les vacances…

  • Que faîtes-vous avec ces écrans (jeux, recherches, production de contenus vidéos…) ? 

Cela dépend des écrans. J’utilise mon ordinateur portable pour travailler, noter et conserver mes cours, envoyer des mails, consulter des documents, effectuer des recherches… En revanche, mon téléphone portable me sert à communiquer et à me divertir.

  • Si vous n’avez pas de téléphone, en voudriez-vous un ? Et que feriez-vous avec?

J’ai un téléphone.

  • Si vous n’avez pas de téléphone, pouvez-vous expliquer pourquoi ? Est-ce un choix ? Si non comprenez-vous pourquoi vous n’y êtes pas autorisé.e ? 

J’ai un téléphone.

  • Pensez-vous qu’il existe une « guerre des générations » concernant l’usage du numérique ? Si oui, comment l’expliquez-vous ? 

Je ne pense pas qu’il existe de « guerre », mais plutôt une forme d’incompréhension. La nouvelle génération est née et a grandi  avec le numérique, et de ce fait, sait comment l’utiliser (et l’utilise d’ailleurs bien plus souvent). En revanche, les générations précédentes doivent s’adapter à la nouveauté… Ce qu’elles font souvent très bien, même si elles sont sûrement moins habiles concernant ce domaine.

  • Pensez-vous que l’usage du numérique (via le téléphone portable notamment) nécessite une formation ? Qui doit la faire ? 

Je ne pense pas qu’une formation soit nécessaire. Les anciennes générations se sont adaptées, et les nouvelles apprennent en grandissant. Je pense aussi que les bases du numériques sont assez « simples » afin que tout le monde puisse s’en servir sans trop de difficulté.

  • Quelle est la place de l’école dans cette formation au numérique d’après vous ? Comment peut-elle former ? 

L’école peut former sur les dangers du numérique, spécialement ceux qui gravitent sur les réseaux sociaux. On pourrait sensibiliser les élèves au cyber-harcèlement. Il serait bénéfique d’inculquer aux adolescents qu’être derrière un écran n’offre pas toutes les libertés, et qu’un comportement responsable et respectueux est à adopter.

10. Qu’envisageriez-vous pour être préparé.e

– à l’utilisation des réseaux sociaux? 

– à la recherche documentaire? 

– à être plus vigilant.e face aux dangers d’internet (images choquantes non désirées, fake news…) ? 

Afin d’être mieux préparé.e à l’utilisation des réseaux sociaux, j’estime que chaque utilisateur.rice doit respecter l’âge minimum d’inscription, et d’être informé.e quant aux informations personnelles à ne pas divulguer (nom de famille, adresse…).

Quant à la recherche documentaire, il est nécessaire d’effectuer un contrôle des sources, même si l’on doit vérifier l’information sur plusieurs sites. Il faut également veiller à la sécurité des sites sur lesquels les informations sont prélevées.

Cependant, les dangers d’Internet ne peuvent pas totalement être contrés selon moi. En effet, ils peuvent être minimisés en activant un paramètre destinant à bloquer les contenus choquants ou offensants (comme sur Twitter par exemple). Il est également conseillé de signaler un contenu choquant lorsque l’on tombe dessus, pour faire des réseaux sociaux un endroit plus sûr. Mais malheureusement, il n’est pas impossible de rencontrer une publication indésirable.

  1. D’après vous, les gouvernements ont-ils un rôle à jouer pour légiférer l’utilisation d’internet et notamment protéger les mineur.e.s ?

Selon moi, les décisions entourant le monde d’Internet ne reviennent pas aux gouvernements, mais aux grandes entreprises possédant ces sites et réseaux sociaux, comme les GAFAM.

Cependant, il est du devoir des gouvernements de pénaliser les infractions commises en ligne. Alors oui, leur rôle est surtout d’assurer la protection et la sécurité des internautes.

  1. Pensez-vous qu’avoir un téléphone aujourd’hui est indispensable? Justifiez votre réponse

Oui, il est indispensable de posséder un téléphone portable de nos jours. Le monde actuel est régi par les communications numériques. Il est bien plus pratique d’avoir un moyen de contact à portée de main, que ce soit dans les situations urgentes ou non. De plus, sans téléphone portable, il est compliqué de s’insérer socialement dans un monde où la majorité des échanges, des références, de la culture, des informations, et des communications passent par le biais du numérique.

  1. Souhaitez-vous ajouter une remarque ? 

Je souhaite ajouter un inconvénient de l’usage du numérique. Les gens profitent bien moins de la vie et de ses événements (concerts, événements publiques…) étant trop préoccupés à photographier ou à filmer.

Mais il va sans dire que l’apport du numérique au sein de la société a facilité un grand nombre d’actions.

Des documentaires saisissants sur l’impact des écrans.

On tenait à vous parler de quelques documentaires qu’on a particulièrement appréciés sur le sujet des écrans et de notre rapport au numérique.

Du côté de chez Aude

J’évoquerai trois documentaires en ce qui me concerne :

Le premier est passé en 2018 sur « Envoyé spécial ». Il est désormais disponible en accès libre sur Youtube. Il s’agit d’Héroïne numérique.

Le documentaire aborde d’une part les effets néfastes des écrans sur nos cerveaux, l’attention et la concentration de nos enfants et d’autre part comment les créateurs de jeux et d’applications entretiennent une addiction à ces derniers. Alors le documentaire peut paraître très angoissant et alarmiste, mais je l’ai trouvé très percutant et justement il permet une prise de conscience.

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Dans la même veine, on peut regarder Derrière nos écrans de fumée sur la plateforme Netflix. Attention, c’est un documentaire Netflix, et le recours à des personnages de fiction font un peu décrocher mais dans ce documentaire, il y a deux éléments abordés qui m’ont plus particulièrement marqué. D’abord les interview des fondateurs de Whatsapp, Pinterest qui expliquent que leurs enfants n’ont accès à aucun écran avant 16 ans. Je pense que tout est dit ! Ensuite, la fin du documentaire montre comment le fonctionnement des réseaux sociaux et de l’algorithme favorisent le repli sur soi et la montée du communautarisme.

Watch Derrière nos écrans de fumée | Netflix Official Site

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Enfin j’ajouterai même si le sujet central est le sexe et les adolescents, le documentaire. Préliminaires en accès libre aussi sur la chaine arte et sur youtube qui évoque la place qu’occupent les écrans dans la découverte de la sexualité à l’adolescence. et là c’est la maman qui parle, une fois terminée, je ne voulais pas équiper mes filles en téléphone portable avant leur majorité.

L’ensemble de ces documentaires nous encourage,nous, adultes déjà à aller regarder de plus près ce à quoi ils ont accès et à trouver des solutions éducatives, finalement dès le plus jeune âge pour que nos élèves et nos enfants utilisent ses outils avec un bon esprit critique. J’ai aussi pris conscience que je manquais cruellement de connaissances et de prise de distance pour pouvoir préparer mes enfants et les élèves à l’utilisation des écrans. Je ne sais d’ailleurs pas à quel moment regarder ces documentaires avec mes adolescentes de 12 ans.

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Du côté de chez Colette

En écho au dernier documentaire présenté par Aude, j’évoquerai la soirée que France Télévisions avait accordé au lien entre jeunesse et pornographie sur France 2 en octobre 2019. La chaîne avait diffusé un téléfilm intitulé Connexion intime qui mettait en scène l’impossible histoire d’amour entre deux adolescents, une impossibilité due à l’addiction du héros aux vidéos pornographiques qui parasitaient complètement ses sensations et son rapport à la sexualité, abimant durablement sa première relation amoureuse.

Le téléfilm était suivi d’un débat intitulé « Pornographie : un jeu d’enfant » où l’on pouvait entendre de nombreux témoignages de jeunes ainsi que les analyses d’expert.e.s comme Adrien Taquet, secrétaire d’Etat à la Protection de l’Enfance, le gynécologue Israël Nisand, le pédopsychiatre Serge Hefez, Ingrid Lefrère, adjudante à la brigade de prévention de la délinquance juvénile du Gard, ou Camille, 22 ans, créatrice du post Instagram Je m’en bats le clito.

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Suite à ce documentaire, j’étais allée fouiller du côté des podcasts pour interroger le rapport que la jeunesse a créé avec le numérique et dont mes pratiques personnelles semblent très éloignées. C’est ainsi que j’ai découvert l’excellent podcast Le Code a changé, sur France Inter, animé par Xavier de La Porte. J’ai commencé avec l’épisode intitulé « Sommes-nous vraiment en train de fabriquer des « crétins digitaux » ? » et j’y avais découvert le discours d’Anne Cordier, maîtresse de conférences HDR en sciences de l’Information et de la communication à l’Université de Rouen. Elle a multiplié les enquêtes auprès des jeunes et publié un ouvrage intitulé Grandir connectés afin de confirmer ou d’infirmer auprès des jeunes eux-mêmes les préjugés que nous projetons sur celles et ceux que nous considérons comme des « digital natives » parce que contrairement à nous, elles et ils sont né.e.s avec Internet.

Son point de vue était très intéressant, car sans contredire le résultat des recherches des neuroscientifiques sur le sujet qui globalement sont assez alarmistes sur le développement émotionnel et cognitif de nos ados aux yeux carrés, la chercheuse soulignait à quel point il existait une utilisation créative de ses jeunes du numérique : pour faire de la musique, pour écrire, pour découvrir d’autres cultures… Mais elle soulignait que – comme dans tous les autres domaines de la société – dans l’utilisation d’internet les inégalités demeurent et que les jeunes accompagnés par leurs familles notamment avaient plus de chance de devenir actrices et acteurs de leurs usages numériques que celles et ceux à qui on ne donnait aucun outil, aucune clé d’utilisation. Je me souviens d’un excellent conseil qui était qu’au lieu de critiquer l’usage intensif de nos enfants des écrans, nous pouvions nous assoir à côté d’eux et leur demander de nous raconter, de nous monter comment ils investissent tel jeu vidéo, de nous présenter les comptes Instagram qu’ils suivent ou encore de nous faire lire leur fan fiction. Comme nous l’avons fait spontanément souvent pour leurs jeux réels quand ils étaient plus petits, questionnons-les sur leurs pratiques virtuelles. J’imagine que nous aurons bien plus apprendre les uns des autres guidés par la curiosité que par la peur.

Et vous, avez-vous des documentaires à conseiller sur ce sujet ?

Aude et Colette veillent – épisode 4 !

Et nous nous retrouvons pour la 4e fois pour évoquer nos pépites pédagogiques du mois écoulé ! Une jolie manière de commencer l’année en partageant ce qui nous fait vibrer, nous inspire, nous motive et que nous souhaitons semer au fil de cette nouvelle année.

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Du côté de Colette…

Au pied du sapin, j’ai eu la chance de découvrir la superbe BD Elise et Célestin Freinet, l’éducation en liberté de Sophie Tardy-Joubert et Aleksi Cavaillez.

Dans cette BD, on suit le jeune Célestin – quel prénom magnifique ! – fraîchement nommé comme enseignant à St-Paul-de-Vence après avoir été blessé aux poumons sur les champs de bataille lors de la première guerre mondiale. Il va y expérimenter une pédagogie à l’image de la très belle couverture du livre : ouverte sur l’extérieur, sur la nature, basée sur la collaboration, la fraternité, où l’art et l’expression libre auront toute leur place. La classe promenade, le texte libre, l’impression d’un journal de la classe, la diffusion des publications des élèves… autant d’innovations que Célestin et Elise vont instituer dans leurs classes. Mais la biographie du couple Freinet c’est aussi une très belle histoire d’amour, de valeurs et d’engagement politique car oui enseigner est un geste profondément politique, c’est ce que démontre ce livre avec délicatesse et simplicité !

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Un autre geste politique c’est celui de danser ! Sur les conseils de ma chère work-wife-for ever, j’ai regardé le documentaire Graines d’étoiles, les années de maturité de la réalisatrice Françoise Marie, diffusé sur Arte.

Alors déjà l’idée géniale de cette réalisatrice a été de suivre pendant 10 ans les mêmes danseuses et danseurs de l’opéra de Paris, de leur entrée à l’Ecole de danse jusqu’à leur consécration – ou non – en tant qu’étoile de l’Opéra. Les portraits de ces jeunes sont extrêmement riches, leurs évolutions bouleversantes et un danseur en particulier m’a donné du grain à moudre, il s’agit de Yoann qui est désormais étudiant à Paris 8 au département danse. Il y travaille notamment sur les danses de grève et de manifestations. Un sujet dont je n’avais absolument pas connaissance et qui m’a semblé si riche à étudier, allumant dans ma tête la petite flamme d’un projet EPS-Littérature-EMC dont ma work-wife serait sans doute complètement dingue… Affaire à suivre !

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En écoutant Yoann, j’ai tout de suite repensé à une expérience que j’avais vécue en octobre à l’occasion de la visite de l’exposition 24h dans la vie d’une femme proposée à Cap sciences à Bordeaux (il faut parfois du temps pour que les choses décantent !) Cette exposition spectacle nous invite à nous mettre dans la peau d’une des 6 femmes engagées dont elle est inspirée, guidés par le son de sa voix et en interaction avec des comédiens et des comédiennes au cœur d’un parcours scénographié, animé et mis en lumière. J’ai eu l’occasion de découvrir le parcours d’Aouda, née à Conakry en Guinée. Issue d’un mariage désapprouvé par les familles, elle va dans une école catholique car son père tient à ce qu’elle soit éduquée. A 9 ans, tôt un matin, elle est emmenée par ses tantes au village et va subir l’horreur de l’excision sans pouvoir comprendre ce qui lui arrive. Chaque étape de l’exposition spectacle nous invite à nous mettre à la place d’Aouda et à penser l’impensable. L’exposition se termine avec une séance d’initiation au chant et à la danse inventés par des femmes chiliennes pour dénoncer les violences faites aux femmes : il s’agit d’une chorégraphie proposée par le collectif féministe Las Tesis. Danser, ensemble, hommes et femmes, sur les paroles de cet hymne féministe, en reproduisant les gestes de cette chorégraphie de lutte, a été une expérience unique pour moi qui m’a permis d’incarner un instant ces valeurs que d’habitude je ne sais mettre qu’en mots. Une autre manière de s’engager, disais-je. La danse est politique !

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Du côté d’Aude…

Et bien en ce qui me concerne, je n’ai pas dansé mais chanté grâce au livre dirigé par Jean François Staszak

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Il s’agit d’un ouvrage collectif proposé dans le cadre du prix du livre de géographie. Il propose une analyse de géographie intime à travers 36 chansons des années 30 à aujourd’hui. Elles ont toutes un caractère géographique et ce caractère géographique diffère bien évidemment selon la personne qui l’écoute. Mes élèves devaient en faire la lecture pendant les vacances et j’ai hâte de découvrir ce qu’ils en ont pensé. Ils avaient aussi une chanson à me proposer afin d’en faire une playlist collective.

Si vous ne pouvez pas vous plonger dans sa lecture et son écoute, le podcast géographie à la carte à inviter les auteurs

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/geographie-a-la-carte/geographie-a-la-carte-de-josephine-baker-a-orelsan-les-chanteurs-sont-ils-geographes-7339913

Du coup, j’ai chanté, ces 36 chansons et bien d’autres tout le mois de Décembre. Puis j’ai fait des liens avec d’autres envies ou idées de projet. Notamment pas plus tard qu’hier en écoutant la petite émission qui est après el journal de 20h sur France 2 la playlist de … basique. J’aime beaucoup le principe du petit questionnaire que je réutiliserai bien en EMC

La chanson engagée de votre enfance? la chanson qui représente la liberté? …..

Selon les invités les thèmes abordées ne sont pas les mêmes. J’aime beaucoup.

Bref à creuser mais en ce moment j’ai envie de chanter…

La deuxième pépite du mois est le magazine du Monde que j’ai la chance de pouvoir consulter toutes les semaines au CDI et j’aime les propositions culturelles de ce magazine. Certains diront que c’est très élitiste mais j’aime l’idée qu’on puisse être emporté dans un autre monde, c’est à mon sens le travail premier d’un journaliste et parfois il a le droit de nous amener dans du beau!

https://www.lemonde.fr/m-le-mag/

j’ai découvert du coup le podcast le goût du M dans lequel l’invité nous amène à faire un tour de ses coups de cœur culturels et comment ils sont fondateurs de leur histoire et j’ai adoré écouté Alice Diop.

Il est temps de parler d’écrans !

Avant de parler écrans, on tenait à vous souhaiter une belle et heureuse année 2023. On vous l’espère la plus douce et riche d’expérience et d’émotions.

Pour commencer ce mois écrans et non numérique, on avait envie de vous faire part de notre prise de conscience à travers un entretien. Colette et moi avons une approche de l’exposition aux écrans différente, mais nous sommes parfaitement conscientes qu’elle modifie d’une part le temps et les modes de concentration de nos élèves et d’autre part qu’elle nécessite une éducation spécifique ainsi qu’une adaptation de nos pédagogies.

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Aude. – J’ai pu constater depuis une dizaine d’années, la difficulté de nos élèves à se concentrer et à ne pas sortir leur téléphone en classe. Peux tu nous dire quel est ton avis là dessus ?

Colette. – Je crois que sur ce point là, j’ai la chance d’enseigner en collège : en effet comme le portable y est officiellement interdit, les élèves ne l’utilisent pas dans l’enceinte de l’établissement sous peine de voir leur téléphone confisqué. Nous sommes au moins préservés des effets immédiats sur l’attention de l’usage du téléphone. Par contre, je remarque que l’usage intensif et de plus en plus prématuré du portable impacte très fortement les capacités de lecture de mes élèves : en effet, ils et elles sont de plus en plus nombreux et nombreuses à ne plus parvenir à lire mot à mot un texte, ils et elles semblent ne plus être capables de revenir aux texte pour y trouver des informations, à le comprendre de manière globale. Leur œil n’est plus habitué à suivre de manière linéaire un texte.

Aude. – Tu as fait le choix de ne plus être sur les réseaux sociaux, peux-tu en expliquer les raisons ? Là dessus nos avis divergent, je pars du principe qu’il est nécessaire que nous fréquentions les réseaux sociaux pour être en quelque sorte plus conscients des images auxquels les jeunes sont confrontés et être capable de manipuler l’outil pour pouvoir ensuite sensibiliser nos élèves à leur bonne utilisation. J’ai arrêté de multiplier les réseaux sociaux avec la naissance de Snapchat et je trouve abominable le côté virale de tik tok même si je ne peux en dire plus parce que je n’y suis pas. Je me contente de dire des choses là dessus après lecture d’articles sur ces réseaux.

Colette. – Pour répondre à cette question, je vais reprendre les mots que j’ai écrits en octobre 2020 sur mon blog La collectionneuse de papillons (oui, je me cite moi-même, j’ai un égo démesuré !)

« Mercredi 21 octobre 2020, au réveil, dans le brouillard qui le caractérise, ces mots me parviennent depuis le poste de radio : « Aujourd’hui j’ai décidé de quitter définitivement les réseaux sociaux, de ne plus utiliser Instagram ou Facebook. Je ne veux plus cautionner des réseaux où la haine s’étale sans filtre, où aucune surveillance n’existe, où c’est le règne de l’impunité et de la démagogie. Et où leurs fondateurs, dans leurs bureaux de la Silicon Valley, n’ont aucun compte à rendre ». Ces mots sont ceux de la romancière Leïla Slimani. Ces mots font écho à ce sentiment qui depuis 2 ans déjà me hante, quelque part, là, près du coeur. De l’estomac peut-être. Ce sentiment d’injustice, de lâcheté, d’insécurité. Ce sentiment, je l’ai ressenti la première fois quand une élève de l’établissement scolaire où je travaille a été traquée, humiliée, lynchée via les réseaux sociaux par ses propres camarades. Ses camarades de 12 ans. Et tant d’inconnu.e.s. J’ai appris que ce à quoi elle avait été exposée, avait un nom : le cybersexisme. Bien sûr, une plainte a été déposée, une enquête a été menée. Mais ce sentiment a continué à grandir quand de lumineuses adolescentes de 3e sont venues me voir à la fin d’un cours pour me raconter les photos qu’elles subissaient sur Instagram. J’ai appris récemment que dans le jargon du net on appelait ces photos des « dick pics ». J’ai appris en discutant avec elles que c’était leur lot quotidien. Tous les jours, à un moment ou à un autre, un utilisateur de ce réseau social leur envoie une photo de leur sexe. Elles ont 13 ans, 14, 15 ans. Alors là, j’ai hésité entre l’envie de vomir et l’envie de pleurer. L’envie de les serrer dans mes bras (à l’époque j’aurais pu et l’envie d’aller toucher deux mots à Kevin Systrom et Michel Mike Krieger. Mais rien de tout cela n’aurait vraiment été efficace me direz-vous. Alors on le rapporte à l’administration. Des plaintes sont déposées. Et que se passe-t-il ? Rien. ça a continué : les témoignages de ces jeunes qui sont confronté.e.s quasi quotidiennement à la pornographie et à la violence verbale. […]

Et puis vendredi dernier, un collègue a été assassiné. Suite à un cours qu’il avait donné sur la liberté d’expression à partir des caricatures de Mahomet publiées en 2006 par Charlie Hebdo. Et j’apprends que le jeune homme qui en est arrivé à commettre cet acte barbare utilisait Instagram pour communiquer avec un jihadiste, qu’il avait un compte Twitter qui avait fait l’objet de plusieurs signalements, qu’un père d’élève de ce professeur a diffusé impunément une vidéo donnant des informations personnelles sur cet enseignant sur plusieurs réseaux sociaux. Tout cela dans l’impunité la plus complète. Tout cela parce que nous ne parvenons pas à légiférer pour assurer le respect de toutes et de tous sur les réseaux sociaux.

Tout cela, je le sais bien, est bien plus compliqué. Tout cela, sans doute, parce que notre projet de société n’est plus vraiment lisible. Tout cela, sans doute, parce que les individualités prennent le pas sur la collectivité.

Alors, lorsque j’ai entendu les mots de Léïla Slimani, mercredi matin, au réveil, dans le brouillard qui le caractérise, je me suis dit : toi aussi, tu peux faire ça. Quitter FB et Instagram. »

Aude. – Comment fais-tu pour rendre les élèves vigilants à l’utilisation des réseaux sociaux et de leur téléphone portable de manière plus général ?

Colette. – Ma dernière initiative en la matière est une séquence d’enseignement consacrée à l’usage du numérique dans le cadre de l’objet d’étude du programme de 3e « Progrès et rêves scientifiques ». Je propose une lecture du début de la nouvelle de science-fiction d’Alain Damiaso intitulée Scarlett et Novak qui raconte la dépendance d’un jeune homme à son téléphone portable. Je ne lis pas la nouvelle en entier, je m’arrête au moment où le héros se rend compte qu’il a perdu son précieux portable, que toute sa vie lui a été volée et qu’il doit retourner seul chez lui. Les élèves doivent écrire la suite du texte telle qu’ils et elles l’imaginent. Nous lisons ensuite leur écrits. Et à partir de ce qu’ils et elles ont imaginé, on s’interroge sur la portée du texte : est-ce vraiment de la science-fiction ? Que nous dit ce texte de nos propres usages ? Sommes-nous devenus dépendant.e.s de nos téléphones portables ? Réfléchissent-ils à notre place ? C’est l’occasion de s’initier au débat et au sujet de réflexion. Je leur propose aussi d’écouter quelques titres phares d’artistes contemporaines que j’adore : « Monsieur Pomme » de Suzane, « La Machine » de Luce et « Amour, haine et danger » d’Angèle sur lesquels ils et elles travaillent en groupe. L’idée n’est pas d’asséner une morale de l’usage du téléphone portable mais simplement de les inviter à prendre de la distance et à aiguiser leur esprit critique concernant leur rapport à cet outil. Ce qu’ils et elles y gagnent. Ce qu’ils et elles y perdent.

Aude: En EMC, je travaille beaucoup sur la source: qui produit l’information? Comment peut-on la vérifier ou la contredire et en histoire-géographie, lorsque je pratique la recherche documentaire, je les oblige à multiplier les natures des informations qu’ils exploitent et de plus en plus, je reste vigilante à la façon dont ils font des recherches sur internet. Trop souvent, les élèves s’arrêtent et n’utilisent que la première itération donnée par google, ils se découragent devant des articles scientifiques en ligne.

Aude. – Que penses tu de l’utilisation du téléphone portable dans les pratiques pédagogiques ?

Colette. – Pour moi utiliser le téléphone portable des élèves comme outil pédagogique c’est avouer que l’éducation nationale n’a pas les moyens de fournir à chaque élève le matériel nécessaire pour se former au numérique… Le plus souvent quand nous demandons à nos élèves d’utiliser leur téléphone portable, c’est que nous pallions au manque de matériel informatique de nos établissements. Exactement comme l’institution nous a demandé lors de la pandémie de 2020 d’assurer la continuité pédagogique sans nous fournir d’ordinateur ou de connexion internet… Il faut se former au numérique et former nos élèves avec nos propres moyens. Cela me dérange. Je trouve cette demande malhonnête.

Aude. – Quelle est la politique de l’établissement par rapport à l’usage des portables ? En ce qui me concerne, ils ont droit de les utiliser tout le temps sauf en classe, et encore même en classe, parfois je finis par céder parce qu’ils oublient leur manuel et qu’ils demandent à utiliser la version numérique. Je vois qu’ils travaillent avec, mais je constate aussi que dans les couloirs leur utilisation isole certains élèves ou au contraire occupe des élèves qui sont souvent seuls. Ils jouent, écoutent de la musique voire regardent des séries. Personnellement cela me rend triste et m’inquiète sur leurs capacités à créer du lien autrement que par le biais de l’écran. Je constate d’ailleurs qu’en ce qui me concerne, il est parfois plus facile pour moi de dire des choses par SMS ou message whatsapp que de vive voix.

Colette. – Au collège, l’usage du téléphone est défini par le code de l’éducation. Les portables sont interdits dans l’enceinte du collège. Et je trouve que c’est une excellente chose étant donné ce qui arrive en dehors du collège par le biais des portables. Chaque année, l’établissement recense un nombre effarant d’infractions, de diffamations, de situations de harcèlement liés à l’utilisation d’internet via les téléphones portables.

Aude. Enfin comment gères-tu les écrans dans l’éducation de tes enfants?

Ici c’est très compliqué, nous reconnaissons mon mari et moi que nous l’utilisons beaucoup. Mes filles n’ont pour le moment pas de portables mais ont accès à des ordinateurs portables ou des tablettes soit pour jouer, soit pour lire des fan fictions ou manga en ligne ou encore et c’est tout récent pour programmer. Je n’arrive pas du tout à contrôler ce à quoi elles ont accès. Je lis vaguement au dessus de leur épaule, je vois bien que les jeux installés sur la tablette familiale semblent sans conséquences et nous essayons de limiter le temps d’accès aux écrans mais de plus en plus elles biaisent la règle justement par la lecture ou la programmation qui nécessitent des temps d’accès plus longs aux écrans, bref c’est une adaptation quotidienne à leurs pratiques.

Il y a aussi tout ce qui est consommation de séries sur les différentes plate-forme là aussi est ce qu’on considère que c’est du temps d’exposition aux écrans ou non? et là aussi en ce qui me concerne, nous sommes issus de familles où la télévision tournait et tourne encore en bruit de fond permanent, elle est là, on ne la regarde pas forcément et du coup j’avoue avoir parfois manqué de vigilance par rapport à ça. Régulièrement quand elles étaient plus jeunes, mes filles ont regardé des dessins animées pour que je puisse corriger quelques paquets de copies ou que je puisse préparer des cours tranquillement.

Enfin, pour ce qui est de l’éducation de mes enfants aux écrans, je trouve d’une part qu’il y a beaucoup de jugement des autres parents, de la société par rapport à cette éducation aux écrans et j’ai l’impression de toujours mal faire et d’autre part, je trouve que nous manquons d’aide, de formation, d’informations sur le rapport que nous devons entretenir avec nos écrans. Il est nécessaire aussi d’interroger là toute la société sur notre rapport aux écrans, je pense au livre Les enfants sont rois de Delphine de Vigan, effrayant et dans le même temps sur Instagram par l’algorithme je pourrais suivre des centaines de mamans qui exposent de manière plus ou moins conscientes leurs enfants aux écrans.

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Les enfants sont rois, Delphine de Vigan, 2021.

Bref, je pense que l’exposition aux écrans et l’usage qu’on en fait doit se discuter, se négocier et nécessite une adaptation permanente comme s’ils avaient toujours un temps d’avance.

Colette. – Pour l’instant, un seul de mes enfants a un téléphone portable. Il a bientôt 14 ans et possède un téléphone connecté à Internet depuis l’année dernière. Il a eu droit à un téléphone parce qu’il nous l’a demandé en argumentant son désir. Il avait écrit un texte pour nous convaincre de l’utilité d’un téléphone – à touches à l’époque ! Le fameux téléphone à touches n’a pas fait long feu, et nous avons offert un téléphone avec connexion internet pour le remplacer. Le temps d’écran y est contrôlé depuis le téléphone de mon mari. Notre priorité était que le temps d’écran n’empiète pas sur le sommeil et le travail personnel. Nous avons la chance d’avoir un enfant d’une maturité assez rare à cet âge : il n’utilise pas son téléphone régulièrement. Cependant nous avons eu la mauvaise surprise de découvrir qu’il s’était créé un compte FB sans notre autorisation. Après discussion, il s’avère qu’il l’a fait pour suivre l’actualité de ses équipes sportives préférées, celles de son club de hand et celles de Terra Aventura. Concernant l’ordinateur, il ne l’utilise que pour travailler et la pandémie a largement accéléré les choses à ce niveau. Quant aux consoles de jeux, nous en avons deux, une Nintendo DS et une Nintendo Swicth que les enfants n’utilisent qu’une heure chacun (temps contrôlé) le mercredi, le week-end et les vacances scolaires. Ils ne peuvent y jouer que dans le salon, l’idée est de jouer un maximum ensemble, sous la responsabilité d’un adulte. Pour ce qui est de la télévision, c’est la même règle : une heure le mercredi, le week-end et les vacances. Et nous la regardons toujours en famille. Je pense que le seul secret en matière d’éducation au numérique c’est la communication : il faut s’intéresser à ce que nos enfants consultent sur internet et en parler le plus souvent possible. Sans négliger une sensibilisation aux dangers auxquels ils peuvent être confrontés.

Aude. – et justement en parlant d’adaptation, as-tu adapté tes pratiques pédagogiques pour éduquer ou sensibiliser les élèves à leur consommation d’écrans ?

Colette. – J’essaie d’intégrer le thème de l’usage du numérique à mes séquences d’enseignement, surtout en 3e comme évoqué plus haut. En 6e, comme je travaille surtout autour de l’éco-citoyenneté, nous abordons la question de l’impact écologique des téléphones portables à l’occasion des dictées vertes de la semaine ou encore le vocabulaire propre à la recherche en ligne lors de nos recherches documentaires : qu’est-ce qu’un moteur de recherche ? un navigateur ? que sont les cookies ? le RGPD ? les données personnelles ? qu’est-ce que cela consomme de regarder un film en streaming, d’utiliser un cloud, etc… Mon rêve – peut-être pour 2023 – serait de proposer aux familles de mes élèves un défi à relever et à documenter : 10 jours sans écran, l’impact de cette expérience sur le bien être physique, mental et sur les relations aux autres. Il faudrait déjà tester ce défi à l’échelle de ma famille ! En serions-nous capables ? Et toi ça te tente ?

Aude: Je pense que déjà partir sur l’idée de 48h, 72h, ce serait déjà très bien;). Je sais que 10 jours, ce serait impossible y compris pour moi. Mais pendant des vacances quelques jours, pourquoi pas? ça me laisserait sans doute plus de temps pour dessiner par exemple, mais personnellement, j’apprécie aussi la créativité qui émerge sur internet et les milliers d’idées que je retiens ou pas et qui m’inspirent, je trouve aussi qu’il y a du beau sur internet et la toile donne une visibilité à des pratiques de loisirs qui sont très intéressantes. Par exemple, dans le cadre, des mes loisirs brodées ou tricotées, j’aime beaucoup participé à des SAL (Stitch along) en français: broder au long court et j’aime cette idée que par le biais d’internet des femmes partout en France, en Europe voire dans le monde vont réaliser un ouvrage sur le même thème, j’adore ensuite regarder l’interprétation de chacun, l’universalité des réflexions sur le sujet,…ça m’émeut beaucoup cette force là d’internet, même si je ne suis pas dupe et que je me rends bien compte que ces pratiques deviennent de plus en plus commerciales et permettent à certaines créatrices ou artistes de vendre leurs produits

Je voulais en parler dans les ressources à proposer mais au CDI, il y a un ouvrage à destination des élèves qui s’appelle la digitale détox! Comment finir par se débarrasser de son téléphone, il y a des défis dedans et je comptais en proposer quelques uns à mes élèves sur la dernière période et tenter de les réaliser moi-même ça peut être un point de départ pour un challenge familial.

Quand oralité rime avec jouer!

On avait envie de terminer cette cession un peu décousu sur l’oral par des jeux. De plus en plus nous jouons en classe, en ce qui me concerne au lycée surtout en AP ou sur des moments hors la classe, au collège probablement un peu plus fréquemment. Ainsi nous ferons le lien avec nos prochains articles qui seront uniquement sur les activités ludo-pédagogiques que nous proposons.

Je prévois à la fin de l’année deux séances d’AP sur la prise de parole à l’oral.

Une première séance où les élèves lisent, parlent fort, chuchotent, articulent, grimacent,…. et pour faire ça j’utilise les exercices du livre 50 exercices pour parler en public.

50 exercices pour parler en public - 1

Les jeux proposés prennent la forme de carte. les élèves doivent donc lire à haute voix en suivant les conseils des cartes tirées au sort.

J’ai aussi plastifié quelques textes et cette année, je rajouterai des discours pour une troisième séance que j’aime beaucoup et qui à mon sens méritent d’être connu.

J’ai ensuite investi dans quelques jeux d’argumentation comme éloquence, pour ou contre.

On va clamer dans la cour, le parc d’a côté, au bord de la mer. Bref allons parler, discuter, batailler, hurler, chuchoter, crier, débattre!

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