ADVENTSKALENDER 2018

Mis en avant

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 Comme tous les ans, je vous propose de patienter jusqu’au 24 décembre grâce à ce calendrier de l’Avent qui vous fera découvrir l’Allemagne. Chaque jour, je vous « enverrai »une nouvelle carte postale qui vous fera voyager à travers le pays. Trouvez de quel lieu il s’agit!

Les élèves du Collège Jean Moulin de Trévoux peuvent participer à un concours en remettant leurs réponses avant le 14 janvier 2019 dans l’urne qui se trouvera près de la loge. Les meilleurs de chaque niveau seront récompensés et leur prix leur sera remis lors de la semaine  franco-allemande du 21 au 25 janvier 2019.

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VIEL SPASS!

ADVENTSZEIT

Aujourd’hui, 1 décembre, est le premier dimanche de l’Avent (der Advent). « Die Adventszeit », l’Avent débute le quatrième dimanche avant Noël (Weihnachten). Cette période est très importante en Allemagne et dans les autres pays germanophones. Mais que se passe-t-il donc chez nos voisins Allemands? Eh bien, on peut imaginer cela dans une famille par exemple…

Ce matin Birgit, la mère a confectionné des biscuits de Noël (Weihnachtsplätzchen) .

Avec ses enfants Moritz et Anna, elle a fait … des étoiles à la cannelle (Zimtsterne) , des petits biscuits à la vanille en forme de croissants (Vanillekipferln)

  et des étoiles aux noisettes (Nuss-Sterne) 

Après le déjeuner, ils ont confectionné la couronne de l’Avent

(der Adventskranz) 

et ils ont aussi fabriqué des étoiles en paille (Strohsterne)

pour décorer leur maison.

A la tombée de la nuit, Peter, le père ira sur le marché de Noël (der Weihnachtsmarkt) avec Moritz et Anna. C’est le meilleur moment, car bien qu’il fasse froid, le spectacle des stands éclairés et des milliers de décorations, ravit toujours les deux enfants.

Ils vont acheter encore quelques décorations (Weihnachtsschmuck) :

des boules de Noël (Weihnachtskugeln)

quelques bougies (Kerzen)

et des décorations de fenêtre (Fensterbilder).

Ils ne résisteront certainement pas et achèteront aussi …

un Christstollen, le traditionnel gâteau de Noël allemand

 

et du pain d’épice (Lebkuchen).

 

 

 

 

Ce soir, au dîner la couronne sera posée sur la table et Peter allumera la première bougie, représentant le premier dimanche de l’Avent, et les enfants réciteront ce petit poème :

« Advent, Advent, ein Lichtlein brennt.

Erst eins, dann zwei, dann drei, dann vier, dann steht das Christkind vor der Tür. »

Recettes de Noël :

Zimtsterne

 Vanillekipferln

  Nuss-Sterne

Weihnachtszeit, Plätzchenzeit 

Fabriquer des étoiles chez ZZZEBRA

 

Am 11.11 um 11 Uhr 11

Es beginnt am Elften Elften um Elf Uhr Elf – Was ist das denn?

  

Chaque 11 novembre à 11 heures 11 minutes et onze secondes, pendant que les Français, drapeaux au vent sonnent aux morts et respectent une minute de silence, nos amis d’outre Rhin sonnent aussi le clairon. Pour eux, c’est le signal de l’ouverture de la saison du carnaval, saison qui se terminera  le mercredi des cendres en février prochain.
 
Le 11 novembre est aussi un jour particulier pour les enfants. Découvre pourquoi en cliquant sur l’image.

 

Alors que font les enfants le soir de la Saint Martin?

Le jour de la St Martin, à la nuit tombante, les enfants, précédés d’un cavalier représentant Saint Martin, défilent en portant des lanternes (Laterne) et en chantant les chansons de la Saint Martin (Martinslieder).

A la fin du défilé, ils se rassemblent devant le feu de joie (Martinsfeuer) et  ils reçoivent un Weckmann (brioche en forme de bonhomme en pain d’épices).

der Martinszug

das Martinsfeuer

der Weckmann

 Martinslieder

“Laterne, Laterne, Sonne, Mond und Sterne. Brenne auf, mein Licht, brenne auf, mein Licht, aber nur meine liebe Laterne nicht!”

“Ich geh mit meiner Laterne und meine Laterne mit mir. Dort oben leuchten die Sterne und unten da leuchten wir. Mein Licht ist aus, wir gehn nach Haus, rabimmel, rabammel, rabumm.”

Et pour les petits bricoleurs et cuisiniers : deux liens sur les images

ci-dessous pour faire une lanterne ou un bonhomme en pain d’épice

(n’hésitez pas à me les faire goûter!)


Was ist am 9. November passiert?

   

La date du 9 novembre a dans l’histoire allemande une résonance importante. Ce jour est d’ailleurs nommé par certains historiens « Schicksalstag der Deutschen », autrement dit le jour fatidique des Allemands. Cette date a marqué au 20ème siècle des évènements importants voire capitaux pour les Allemands.

      9 novembre 1918 : Proclamation de la République de Weimar

–      9 novembre 1923 : Putsch de la Brasserie de Munich qui fut une tentative de prise du pouvoir par la force menée par Adolf Hitler

–      9 novembre 1938 : Nuit de Cristal  (Kristallnacht en allemand), durant laquelle s’est déchaînée une vague de violence contre les Juifs en Allemagne et en Autriche. Cette appellation métaphorique évoquant  les innombrables débris de verres issus des vitrines brisées ne rend pas justement compte du degré de violence et de destruction, et du nombre de meurtres perpétrés.

–      9 novembre 1989 :  Chute du mur de Berlin

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 Le mur de Berlin a été construit le 13 août 1961; il ceinturait la ville de fils de fer barbelés puis par un mur en béton de 155 km : frontière entre Berlin-Ouest (RFA) et Berlin-Est (RDA).

 Pourquoi le mur de Berlin a-t-il été construit?

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne se retrouve découpée en quatre zones d’occupation : une zone soviétique, une zone britannique, une zone américaine et une zone française conformément à l’accord conclu entre les Alliés vainqueurs en février 1945 à Yalta.

Berlin se retrouve également divisée en quatre secteurs, mais l’Armée soviétique laisse aux occidentaux l’ensemble de la zone Ouest de la capitale. Le secteur Est représente de son côté 409 km2, soit 45.6% de la superficie de la ville.

La capitale allemande devient très vite un enjeu majeur de la Guerre froide qui s’engage dès la fin des hostilités le 8 mai 1945.

Le 24 juin 1948, à l’issue d’une longue dégradation des relations entre les quatre occupants de l’Allemagne, l’Union soviétique bloque les voies d’accès terrestre à Berlin-Ouest. Commence alors le« blocus de Berlin », qui dure jusqu’au 12 mai 1949. C’est l’une des toutes premières crises d’une nouvelle période qui s’ouvre dans les relations internationales : la guerre froide. Berlin est alors au cœur de l’affrontement entre les États-Unis et l’Union Soviétique de Staline. Pour empêcher la ville de tomber dans l’escarcelle soviétique, les États-Unis et leurs alliés mettent en place un gigantesque pont aérien qui leur permet de résister et de continuer à vivre. Pendant onze mois le ravitaillement de la ville a été assuré grâce à ce qu’on a appelé les « Rosinenbomber », des avions qui atterrissaient chaque minute sur l’aéroport berlinois de Tempelhof.  Avec le blocus, Berlin-Ouest devient un symbole de liberté pour l’Occident. Les Berlinois ne sont plus désormais perçus comme des nazis, mais comme des victimes de la menace soviétique. 

Cette agression accélère la reconstitution d’un gouvernement autonome dans l’Allemagne de l’Ouest. En Mai 1949, le territoire des trois zones d’occupations de l’Ouest devient la République fédérale allemande (RFA). Berlin-Ouest étant un îlot isolé, un petit morceau de la RFA au beau milieu du territoire est-allemand, la nouvelle capitale est placée dans une petite ville thermale dans le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie: Bonn .

Staline pousse alors à la création d’un régime communiste : la République Démocratique Allemande (RDA) dirigé par Walter Ulbricht, chef du parti communiste allemand. Berlin-Est est sa capitale. Le pays est officiellement divisé en 2 états qui deviennent le symbole vivant de la guerre froide.

Si les Soviétiques décident de construire un mur en plein coeur de Berlin, c’est principalement afin de stopper le flot d’émigration croissant vers la RFA que subit la RDA depuis sa création en 1949.

Fuir l’Est pour aller s’installer à l’Ouest est à l’époque une marque de rejet du régime communiste qui sévit à l’Est. Les Allemands appellent cet exode de la RDA communiste vers la RFA capitaliste « voter avec ses pieds ».

En effet, de 1949 à 1961 entre 2,6 et 3,6 millions d’Allemands vont fuir la RDA pour aller à l’Ouest, marquant leur manque d’adhésion au Parti communiste. Or, la majeure partie de ces migrants va passer par Berlin, puisqu’au sein de la ville les contrôles à la frontière sont beaucoup moins efficaces que dans le reste du pays .

Ainsi, jusqu’en août 1961, il suffit de prendre le métro ou le chemin de fer berlinois pour passer d’Est en Ouest, ce que font quotidiennement des Berlinois pour aller travailler. De plus, Berlin représente à l’époque une porte d’entrée vers l’Ouest facile d’accès pour les Tchèques ou les Polonais.

Les dirigeants de l’ Allemagne de l’Est décident donc de stopper cette « hémorragie »démographique qui ruine le pays.

Une rencontre entre Ulbricht et Krouchtchev (secrétaire général du parti communiste soviétique) aboutit le 5 août 1961 à la décision secrète « d’assurer autour de Berlin-Ouest une surveillance fiable et un contrôle efficace ».  Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, 14500 soldats bloquent rues, voies ferrées, métros et se massent aux postes frontières (les Check-point, comme Check Point Charlie). 85 soldats et 216 civils passent immédiatement à l’Ouest. A la fin de la journée, Berlin-Ouest est physiquement isolée du reste du monde.

 

 

Le chancelier Ouest-Allemand Adenauer appelle au calme. La guerre froide bat son plein, et si la détente est de rigueur depuis 1956, il s’agit plus d’une « coexistence pacifique »: chacun garde son bloc, pas d’intervention extérieure au sein des blocs. Malgré tout, Adenauer craint les chars soviétiques.   Le bourgmestre de Berlin, Willy Brandt, ne décolère pas, et 300 000 Berlinois le suivent dans une immense manifestation impuissante. Le Président des Etats Unis, J.F. Kennedy qualifie la construction du mur de « solution peu élégante, mais mille fois préférable à la guerre » et le premier ministre anglais MacMillan n’y voit « rien d’illégal ».

En visite à Berlin-Ouest en juin 1963, Kennedy se rattrapera aux yeux des Berlinois en s’écriant « Ich bin ein Berliner » .

   

Un Mur sous haute surveillance

 

Le régime Est allemand peaufinera au cours des années l’amélioration de la surveillance du Mur. Si en 1961 et 1962, les fortifications ne représentent que 12 km de mur, en 1970, elles atteignent 155 km. Dès 1972, le mur est considéré comme infranchissable. Le nombre de miradors augmente, un second mur est édifié, renforcé par des pièges et surveillé par des rondes incessantes de Vopos et les points de passage entre l’Est et l’Ouest sont limités à deux, Checkpoint Charlie et celui à proximité de la gare de Friedrichstrasse. Les tentatives d’évasion ont donc été nombreuses. On estime à 5 043 le nombre de personnes à avoir réussi à franchir le Mur mais le nombre total de personnes tuées en tentant de franchir le Rideau de Fer ou le mur de Berlin reste flou. Selon la justice berlinoise, 270 personnes sont mortes sous les tirs ou à cause de l’explosion de mines frontalières jusqu’en 1989. Une autre étude, réalisée par le gouvernement allemand évalue leur nombre à 421. D’autres estimations vont jusqu’à 1000 victimes.

Tunnels, voitures, bateaux, câbles métalliques, déguisements, les moyens pour passer le mur furent parfois des plus surprenants. L’évasion collective la plus spectaculaire reste quand même celle des 57 personnes qui s’échappèrent par un tunnel creusé sous les fortifications de la frontière.

Comment a-t-il été détruit? 

Le démantèlement du Rideau de Fer entre le bloc occidental et le bloc communiste commence véritablement en Hongrie au Printemps 1989.La Hongrie prend en effet une décision lourde de conséquences en décidant l’ouverture de sa frontière avec l’Autriche. En septembre les barbelés sont enlevés. 

L’URSS ne s’y oppose pas. Dès l’été 1989 des dizaines de milliers d’Est-allemands en vacances en Hongrie commencent à fuir vers l’Autriche.

Fin septembre, dans plusieurs villes, le peuple manifeste (ce qu’il n’avait pas osé faire depuis 1953 !) aux cris de « Nous voulons partir » (déjà 100 000 d’entre eux ont fui vers la RFA depuis le début du mois). D’immenses manifestations populaires suivent à Berlin-est, à Dresde et à Leipzig en octobre 1989. Un certain nombre d’hommes politiques conscients de la nécessité de changement organisent, avec l’accord de Moscou, la destitution du chef du SED (Sozialistische Einheitspartei Deutschlands, parti unique en RDA), Erich Honecker le 18 octobre 1989.

Mais les remplaçants sont dépassés face à la pression de la rue qui s’enfle : un million de personnes défilent dans le pays le 4 novembre 1989 pour réclamer la réunification. Cette revendication est accueillie fraîchement par les Soviétiques (Gorbatchev la juge même inacceptable) et avec modération par les Occidentaux (Anglais et Français sont hantés par la résurrection d’une puissante Allemagne unifiée au coeur de l’Europe). 

Le gouvernement démissionne à son tour. La décomposition interne de la RDA crée un vide car le pouvoir ne contrôle plus rien.Devant la poussée populaire, le porte-parole du gouvernement, craignant une ruée massive des Berlinois sur le Mur, annonce trop tôt à la télévision dans la soirée du 9 novembre 1989 que le Mur est ouvert. Cela va provoquer un afflux gigantesque de populations vers les points de passage frontaliers, que vont relayer les médias de Berlin-Ouest . Les habitants de Berlin-Est cassent les points de passage et détruisent le mur avec l’aide des Berlinois de l’Ouest.

  

C’est la chute du symbole le plus criant de la guerre froide.

Les dernières victimes du Mur s’appelaient Chris Gueffroy, 20 ans, tué par les gardes frontière le 06/02/1989 et Winfried Freudenberg, 32 ans, mort à Berlin Ouest dans le crash de son ballon artisanal le 8/03/1989.

Moins d’un an après la Chute du Mur, le 3 octobre 1990, l’Allemagne est réunifiée. Tous les régimes communistes d’Europe de l’Est vont progressivement s’effondrer. La guerre froide est terminée.

 Le mur de Berlin en chiffres Longueur : 155 km Longueur à la frontière entre Berlin-Est et Berlin-Ouest : 43 km Longueur à la frontière entre Berlin-Ouest et la RDA : 112 km Longueur de la ligne de contrôle : 124 km Nombre de chiens de garde : 600 Nombre de miradors : 302 Nombre de bunkers : 22 Quantité de gardes positionnés à la frontière avec Berlin-Ouest : 14.000 5.043 personnes ont réussi à franchir le mur, dont 574 membres de l’Armée nationale du peuple de la RDA et de la Police du peuple. Plus de 60.000 personnes ont été poursuivies en justice pour avoir préparé des fuites. 3.221 personnes ont été arrêtées aux abords du mur. Il y a eu 35 tentatives de franchir le mur en y créant une brèche. L’évasion la plus célèbre est celle d’un jeune soldat de l’Armée du peuple de RDA qui avait été chargé de surveiller la frontière et qui finalement le 15 août, soit trois jour après le début de la construction du mur, déserta et passa à l’ouest en sautant les fils barbelés.

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A lire aussi l’article consacré aux 25 ans de la chute du mur :

http://lewebpedagogique.com/deutschintrevoux/2014/11/09/25-jahre-mauerfall

TEST THE REST

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L’artiste (Die Künstlerin) : Birgit Kinder

Birgit Kinder est née en 1962, c’est à dire un an après la construction du mur, en Thuringe, un Land qui se trouvait alors sur le territoire de l’Ex-RDA (die ehemalige DDR). En 1982, elle s’ installe à Berlin où elle débute sa carrière artistique en tant que peintre muraliste (die Wandmalerin) mais où elle est  aussi confrontée avec la réalité du mur qui encercle la partie ouest de la ville.

« Sie war Wandmalerin, es war ihr Job, perfekte Illusionen zu erzeugen, um die Menschen mit dem Leben innerhalb dieser Mauern zu versöhnen. Und so flieste sie Bäder mit dem Pinsel, wenn es gerade keine Fliesen gab. Sie ließ Bäume aus dem Beton brechen, wo weit und breit kein Grün wuchs. Sie ließ Wellen über Mauern schwappen, um den Menschen das Warten auf den nächsten Urlaub an der Ostsee zu verkürzen. »

http://www.morgenpost.de/berlin/mauerfall/article1182986/Wie-die-Kunst-der-Mauer-die-Macht-nahm.html

Lorsqu’elle apprend la nouvelle de la chute du Mur, Birgit Kinder a une conviction : «C’est l’heure d’un nouveau départ pour moi. Toutes les pages sont blanches, à moi de les remplir».  Et c’est au volant de son Trabi qu’elle va le prendre car c’est grâce à cette fresque, qui a fait le tour du monde que sa carrière artistique a pour ainsi dire décollé.

Elle continue encore aujourd’hui à peindre sur les murs mais ses sujets sont, disons plus classiques. Visitez son site :

http://www.wandmalerei-berlin.de/

 

La East Side Gallery

Les peintures et les graffitis étaient, avant 1989, déjà une des attractions de Berlin, mais uniquement du coté ouest. En effet le « mur de la honte » n’était pas accessible à la population de Berlin-est qui ne pouvait même pas l’approcher. Aux abords du mur, coté est, c’était en effet un « No man’s land », une zone vidée de ses habitants.

Il faut bien donc bien avoir à l’esprit que ce n’était pas un simple mur qui encerclait la ville de Berlin ouest sur 160 km de long, c’était une double enceinte, deux murs entre lesquels se trouvait ce qu’on a appelé la bande de la mort (der Todesstreifen) car cette partie du dispositif recelait tous les moyens imaginables pour empêcher les évasions à l’ouest.

Lire  les détails sur le mur dans mon article : 

http://lewebpedagogique.com/deutschintrevoux/2013/11/09/16868/

Du mur, appelé « Schandmauer » (mur de la honte) à l’ouest et « antifaschistischer Schutzwall » (mur de protection antifasciste) par la propagande du régime est-allemand, on n’ a gardé, après sa chute, que quelques portions et la East Side Gallery qui mesure 1.3 km de long est la plus longue portion qui a été épargnée par la démolition.    

Elle se situe dans la Mühlenstraße entre la gare de l’est (Ostbahnhof) et le  Oberbaumbrücke.

Agrandir le plan

En 1990, cette portion du mur est devenue la plus grande galerie d’art en plein air du monde lorsque des artistes du monde entier (118 venus de 21 pays différents), enthousiasmés par les changements extraordinaires qui étaient en train de bouleverser la planète, se sont appropriés ce support chargé d’histoire.  En investissant ces pans de mur de leurs oeuvres, ces surfaces de béton gris, qui pendant des années n’avaient pu être ne serait-ce que touchées par les habitants de Berlin-est, ils voulaient  laisser un témoignage visuel de la joie et de l’esprit de liberté qui avaient émergés à la suite de la chute du mur.

On parle souvent de Street art pour qualifier les oeuvres de la East Side Gallery. Il s’agit certes d’une œuvre  visible par tous et non enfermée dans un musée mais son support est chargé de mémoire et porte encore les cicatrices du passé, c’est pourquoi je préfère la qualification d’art commémoratif. Les artistes ne se sont pas seulement appropriés l’espace publique en créant cette galerie ouverte à tous, ils ont aussi utilisé un support chargé d’une histoire douloureuse pour tout un peuple et ils ont certainement voulu ainsi transformer le béton gris en une expression durable de liberté et de réconciliation.

La East Side Gallery a du faire l’objet d’une restauration en 2009 car un bon nombre des peintures murales avaient été endommagées par des graffitis, l’érosion et la pollution de l’air. Malheureusement, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessus que j’ai prise l’an dernier, les oeuvres de la East Side gallery font régulièrement l’objet de vandalisme et en particulier celle de Birgit Kinder qui fait partie des plus connues avec celle de Dimitri Vrubel (Le baiser fraternel représentant les deux dirigeants communistes, Leonid Brejnev et Erich Honecker).

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Sur la photo que j’ai faite en avril 2013 (en tête d’article), l’inscription rouge  KPD (Kommunistische Partei Deutschlands) sur le capot de la voiture n’ a pas été faite par l’artiste mais par une personne qui a  malheureusement voulu apporter sa petite touche personnelle à l’oeuvre.

Lors de mon dernier séjour à Berlin en octobre 2013, j’ai découvert la « West Side Gallery ». En effet l’autre coté du mur a été, lui, investi par un photographe allemand, Kai Wiedenhöfer, qui  a utilisé ce support emblématique pour exposer ses photos de murs et frontières du monde entier (de la frontière israléo-palestinienne, aux murs de Belfast en passant par la frontière entre les deux Corées). Cette exposition, appelée « Wall on Wall », est composée de 36 photos monumentales qui nous rappellent qu’il reste bien des murs dans le monde. A travers cette exposition, l’artiste veut montrer que les conflits ne peuvent être résolus avec des frontières et des murs :„Ich will zeigen, dass Konflikte nicht durch Mauern und Grenzen zu lösen sind.“

Lien vers le site de l’exposition « Wall on Wall » avec des photos : 

http://www.wallonwall.org/?p=53

Video sur la West Side Gallery :  http://bcove.me/8fc8qfgw

Le contexte de l’oeuvre de Birgit Kinder

Lire mon article

http://lewebpedagogique.com/deutschintrevoux/2013/11/09/16868/

Le Trabant

Car il est plus juste de dire LE Trabant. Non seulement parce que toutes les voitures sont du genre masculin en allemand (der Mercedes, der Volkswagen, der Porsche ….) mais aussi parce qu’ à la base de ce nom, il y a un nom commun masculin qui signifie le satellite.

L’histoire du Trabant commence en 1954. Il fut alors  donné l’ordre à la VEB Automobilwerk de Zwickau de créer une voiture répondant aux critères suivants :

  • une petite voiture avec deux sièges principaux et deux sièges passagers
  • un poids maximal de 600 kg
  • une consommation moyenne de 5,5l/100 km
  • une production annuelle d’environ 12.000 véhicules
  • un prix de 4.000 DM
  • une carrosserie en plastique (Duroplast)

Il est a noté que ce véhicule pour le moins rudimentaire était produit dans l’usine qui avait avant la guerre appartenu à Audi!

Le régime voulait ainsi entamer une motorisation de masse de la population du pays mais quand on sait qu’entre 1955 et 1989, à peine plus de 3.050.000 véhicules sortirent des usines de Zwickau et qu’il fallait un délai d’attente de 10 ans en moyenne pour en avoir un, on comprend bien que cet objectif n’a pas été rempli. Pour résumer, on peut dire que seuls les « bons camarades », les personnes à responsabilités et tous ceux qui soutenaient l’Etat pouvaient espérer un jour tenir le volant de leur Trabant.

Les heureux propriétaires prenaient alors grand soin de leur Trabant pour qu’il tienne la distance et le temps. On partait en vacances avec, enfin là où c’était possible car le véhicule … et le rideau de fer ne permettaient pas d’aller bien loin. Le plus souvent, les vacances consistaient à faire du camping avec son Trabant car c’était une activité culte en RDA .

C’est à bord d’un Trabant que de nombreux Allemands de l’est se sont rendus en Hongrie durant l’été 1989 et là bas ont demandé refuge dans les ambassades des différents pays de l’ouest et aussi avec un Trabant que certains ont traversé la frontière qui s’est ouverte au soir du 9 novembre 1989.

Le Trabant fait partie de ces voitures qui sont tellement appréciées et comportent une telle charge émotionnelle (la dodoche des Français appelée « die Ente » par les Allemands qui avaient eux mêmes leur coccinnelle – VW Käfer) qu’elle a aussi son surnom : der Trabi et son musée, tout près du Checkpoint Charlie. Elle fait aujourd’hui l’objet d’un véritable culte, en particulier dans la capitale unifiée.

http://www.trabi-museum.com/fr

Analyse de l’oeuvre

La fresque de Birgit Kinder est certainement la plus connue de la East Side Gallery mais d’autres fresques sinon la majorité ont des références historiques telles que « Le Baiser fraternel » de Dmitri Wrubel (Mein Gott hilf mir, diese tödliche Liebe zu überleben) cité plus haut et « Le sauteur du mur » (der Mauerspringer) de Gabriel Heimler.

A l’origine, l’artiste Birgit Kinder avait intitulé son œuvre « Test the best » (teste le meilleur). Il s’agissait de la reprise d’un slogan pour un produit que je ne nommerai pas ici et qui était « Test the West ». « Test the west », « Test the best », elle proclamait ainsi que le meilleur était à l’ouest.  Lors de sa restauration en 2009, le titre de l’œuvre a été changé en « Test the rest » et il peut donner lieu à deux interprétations car « rest » en anglais ne signifie pas seulement le reste mais aussi le repos et la paix. L’artiste n’insiste donc plus sur la fracture entre l’est et ouest car 20 ans se sont écoulés depuis la chute du régime communiste, mais invite maintenant à tester autre chose, la paix. Le jeu de mot valait peut-être la peine d’être relevé !

Cette fresque représente donc la fameuse voiture emblématique du régime de l’Ex-RDA qui traverse le mur, qui passe de l’autre côté. Personnellement, je me demande pourquoi l’artiste ne l’a pas peinte avec une vue arrière du véhicule puisque l’ouest se trouve à l’opposé !

Le Trabant, passe le mur en le défonçant, ce qui est bien évidemment impossible car sa carrosserie était essentiellement composée de plastique et de plus il nous apparaît sans une éraflure après ce terrible choc. Cela évoque certainement le fait que la révolution qui a permis la chute du mur s’est fait sans heurts, ni violences et résistances de la part des soldats de la VoPo (Volkspolizei) qui gardaient la frontière. C’est une révolution pacifique (friedliche Revolution) qui a mené à la chute du « mur de la honte ».

Le Trabant, conduit par un personnage dont on ne voit que les contours et qui symbolise la population de l’Allemagne de l’est, fracasse le mur qui vole en éclat et crée une brèche qui continue à se fissurer. Cette brèche relie désormais par cet acte « kamikaze », deux espaces qui étaient divisés.  La voiture quitte un espace sombre, d’un bleu marine profond où la lumière ne peut pas pénétrer, c’est celui de la RDA. Le second espace, d’un bleu clair et lumineux est celui de la liberté, celui de la RFA. Les fissures autour de la brèche nous indiquent peut-être que l’ouverture du mur de Berlin, le 9 novembre 1989 fut l’événement déclencheur de la fissuration puis de l’effondrement du bloc communiste. Cette date est d’ailleurs inscrite sur la plaque d’immatriculation.

Je vous invite à vous rendre dans ce grand musée à ciel ouvert qu’est la ville de Berlin pour mieux comprendre cet épisode de l’histoire allemande.

Et maintenant un petit quiz facile!

Ma galerie de photos du mur!