Une webradio au lycée

Ce billet est plutôt consacré à la préparation du projet, qu’à sa mise en œuvre, qui est en cours. J’aborde ici les premières étapes : le matériel, le financement, les partenaires, la diffusion.

Fraîchement arrivée dans un nouvel établissement, j’ai été sollicitée dès le mois de septembre par une collègue d’anglais pour mettre en place une webradio dans le lycée. Elle souhaitait en effet travailler l’oral avec ses élèves, mais dans une situation de communication « réelle »… Bonne idée !

Il existe déjà un journal dans notre lycée, mais un second média ne ferait pas de mal dans un si grand établissement. D’autant que le Ministère de l’éducation nationale incite à la création de médias en établissement. Mon objectif : créer une webradio qui soit à la fois un support pédagogique pour les enseignants, et surtout un moyen d’expression des lycéens. Appel aux bonnes volontés lancé début octobre : une dizaine d’enseignants et autant d’élèves se portent volontaires. C’est peu, mais c’est déjà très bien : Yapuka.

Le projet est présenté fin octobre au Conseil de vie lycéenne, qui donne son feu vert pour la réalisation de la webradio.

Avant d’entrer dans la production, nous devons réfléchir à deux points essentiels :

  • Quel matériel acquérir et comment le financer ?
  • Comment diffuser notre webradio : en podcast, sur une autre antenne, sur un canal dédié ?

Le matériel

A l’aide d’un collègue en charge de la section audiovisuel, nous établissons un devis à partir du matériel proposé par Julien Delmas sur son blog et par le site « Education aux médias » de l’académie de Versailles. La plupart des éléments sont trouvés sur le site Thomann, et pour les ordinateurs, il est décidé d’utiliser les « vieux coucous » qui traînent dans l’établissement.

Pour le financement, nous nous appuyons sur le fonds de vie lycéenne, dont l’un des objet est justement de financer des outils de « communication (réalisation de supports d’expression internes tels que radios ou journaux lycéens)« . Le budget d’acquisition s’élevant à quelques 800 €, j’ai fait appel à la Maison des lycéens pour compléter le budget (à hauteur de 250 €), et que l’association soit bien la « co-propriétaire » des lieux.

Les élèves souhaitant diffuser de la musique à l’antenne, quelques renseignements sont pris à la SACEM… avant de jeter l’éponge, au vu des tarifs prohibitifs. Mais, en rédigeant ce billet, je remarque que  -bonne année ! – les tarifs annoncés ont été divisés par 10 ! 80 € hors taxes, auquel il faudra tout de même ajouter les droits à la SCPP (Société civile des producteurs phonographiques) et/ou à la SPPF (Société civile des producteurs de phonogrammes en France). Attention, ces tarifs excluent la possibilité de podcaster les émissions, c’est à dire de les rendre téléchargeables. L’occasion de proposer au Ministère de créer une webradio nationale comprenant un accord avec les différentes sociétés de droits d’auteurs et permettant à tous les établissements scolaires de diffuser chacun leur tour ! Oui je sais, je rêve…radio

Comment diffuser ?

La première idée qui nous vient est d’utiliser la plateforme de podcasts de l’académie de Rouen. Seulement, après discussion avec des professionnels, il semble judicieux de proposer une diffusion « en direct » sur un site ou une antenne…

L’idée d’utiliser une plateforme commerciale de webradio (type Radionomy) est rapidement écartée : la dépendance à l’audience et à la publicité ne sont pas compatibles avec notre projet.

Deux radios associatives de la région sont partantes pour diffuser une émission de notre composition chaque mois. Cela présente certains avantages :

  • Pas de droits SACEM à régler puisque nous sommes sur une radio qui s’acquitte de l’ensemble de ces droits
  • Une diffusion publique qui donnera tout de suite une audience non négligeable au travail des élèves

Mais aussi des inconvénients :

  • Les radios associatives vivent en partie des formations délivrées en établissement scolaire. Il faudra donc songer à prévoir un budget « formation », même s’il ne semble pas obligatoire
  • La ligne éditoriale impose certaines contraintes supplémentaires, et l’obligation de produire des émissions de qualité tout de suite !
  • Impossible de garder l’identité de notre radio (Radio Senghor) sur une autre antenne… le Conseil supérieur de l’audiovisuel veille !

Maintenant que le projet est bien lancé, et que nous nous apprêtons à enregistrer notre première émission, une collègue renseignée par le Canopé, m’informe d’une solution de diffusion en « interne » (site de l’établissement ou de l’académie). Je vais donc très vite contacter le Canopé pour en savoir plus.

Les partenaires

Le Clémi pour la liaison avec des médias professionnels

Le Clémi de Rouen propose des partenariats avec des professionnels des médias. En ce qui nous concerne, une radio associative du département qui est intervenue sur 4 heures, financées par le Clémi.
L’un des créateurs et journaliste de cette radio s’est déplacé pour former 45 élèves à l’écriture pour la radio et au travail de la voix. Nos 10 volontaires ont en effet été rejoints par une classe « pilote » qui produira des contenus radio en français et en anglais.
Il existe aussi des opérations « journaliste en résidence » qui permettent de bénéficier de la présence d’un professionnel sur 20 heures… Nous postulerons l’an prochain !

Le Canopé pour l’aspect pédagogique et technique

Je n’ai malheureusement pas pensé à les contacter pour ce projet, et pourtant… En échangeant avec une collègue qui porte le même projet en collège, j’ai constaté que leur aide m’aurait fait gagner un temps précieux ! Evidemment, tout cela est parfois une affaire de personne, mais il se trouve que chez nous, il y a une personne ressource essentielle !

Les radios associatives locales

Avant de connaître l’identité du formateur dépêché par le Clémi, j’avais pris contact avec une radio associative locale… Elle a su être d’excellent conseil, ouverte, et proposer de nombreux partenariats (une partie de leur budget vient de la réalisation de projets avec les établissements scolaires). Je garde par exemple l’idée de couvrir certains concerts anglophones joués dans la ville… les animateurs de la radio locale ne s’en occupent pas, faute de connaissances suffisantes en anglais pour réaliser de bonnes interviewes… les classes « euros » de mon lycée seraient, j’en suis sûre, intéressées et capables !

Les droits

Dernière étape, respecter les différentes réglementations relatives au droit d’auteur, de diffusion…

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel

Pour une diffusion hertzienne, il faut effectuer une demande d’autorisation d’émettre, qui est très longue et complexe. En ce qui concerne les webradios, il me semble à la lecture du site, qu’une déclaration suffit. En ce qui concerne des webradios scolaires, cette information n’est délivrée nulle part… Est-on exonéré de cette déclaration ?

L’autorisation de captation de la voix

Comme pour tout travail nécessitant l’enregistrement du travail des élèves pour une diffusion, il faut expressément leur autorisation et celle de leurs représentants légaux. Je me suis appuyée sur les autorisations proposées sur le site « Internet Responsable » pour les customiser à notre projet et ainsi avoir des formulaires d’avance.

Droits d’auteur

Je l’ai déjà évoqué, nous avons abandonné l’idée d’une déclaration à la SACEM, et utiliserons uniquement des sons sous licence « Creative Commons ». Les élèves ont également démarché quelques formations musicales locales auxquelles nous avons demandé la même autorisation écrite de diffusion.

Mise en œuvre

Une fois la formation faite, une première conférence de rédaction s’est tenue. Les élèves avaient déjà tous une idée du rôle qu’ils souhaitaient tenir dans la radio : technicien, chef de plateau, animateur, chroniqueur ou journaliste… Nous avons d’abord pu mettre au point notre conducteur, en nous appuyant sur un modèle gracieusement proposé par Vincent Bâcle (Radio Sensations). Le conducteur permet très rapidement de voir ce qu’il faut faire, qui s’en charge, et quelles sont les contraintes techniques à prévoir (enregistrement préalable d’un son ou d’une interview…).

Les jingles sont en cours de réalisation, le club musique s’en charge ! Ils s’aideront certainement de quelques éléments sonores sous licence Creative Commons.

Je termine par la page consacrée aux webradios du Clémi sur laquelle vous trouverez de très nombreuses ressources.

 

 

 

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