Le « socle commun » : une épaisseur historique et toute symbolique, les « Sept »

Un dispositif d’enseignement aussi important que le « socle commun de connaissances et de compétences » tel qu’il apparait dans la Loi pour l’avenir de l’Ecole de 2005, émis à partir des recommandations du rapport Thélot et des travaux du Haut Conseil de l’Ecole peut apparaître pour bien des acteurs comme une « nouveauté », une innovation dans le système éducatif français.

Décliné en 7 piliers ou domaines transverses, non réductibles à des disciplines constituées, il représente « ce que nul n’est censé ignoré ». Je voudrais ici faire oeuvre de mémoire en signalant la longue durée. Non tant que le socle est germinatif depuis l’élargissement de la scolarité et notamment l’ouverture du collège (1963, réforme Fouchet-Capelle ou 1977 réforme Haby), mais aussi qu’il s’appuie (implicitement ?) sur une symbolique forte présente dans notre histoire occidentale.

Pour cela, il me faut évoquer (invoquer ?) la puissance du chiffre 7 dont on trouve une déclinaison considérable en symbolique sur wikipédia par exemple.

Sept piliers de la Sagesse

Référence biblique suprême, on trouve en effet sept piliers de la Sagesse, titre dont Lawrence s’est servi pour son carnet de route narrant l’épopée de la nation arabe en 1923.

L’universitas médiévale

Les sept arts libéraux (ou septivium) regroupés en trivium : grammaire, rhétorique, dialectique et quadrivium : arithmétique, géométrie, astronomie, musique, formèrent pendant des siècles la base de tout enseignement.

Ils sont la base de la Connaissance et la source de la Renaissance; les domaines étaient interdépendants ainsi que la Musique le montre dans son analyse mathématique par exemple.

La gamme diatonique, base de la musique occidentale

Sept notes dans la gamme diatonique, et donc par conséquent sept tonalités et sept modes principaux. Les notes constituent les « particules élémentaires » qui permettent de combiner et recombiner toutes les autres formes de musiques. Notre histoire récente dans ce domaine montrent l’infinie variété créative qui vont de la trés « classique » à la trés post-moderne. Définir le socle en matière d’étude, de jeu, d’écriture, de style invite donc à la diversité et au développement de tous les autres styles. Et il n’est pas sûr que nous en ayons fini, surtout pas !

Les sept âges de la Vie, Peinture de Hans Baldung (18484-1545)

L’oeuvre est sans doute récente, mais elle s’appuie sur un thème ancien et récurrent depuis l’Antiquité; il existe une véritable continuum de la Vie, où chaque étape représente un moment du développement et de l’apprentissage. Nous ne sommes pas loin de la « formation tout au long de la vie », telle qu’elle est rappelée en exergue du texte fondateur du « socle ».

Voici donc quatre héritages prestigieux dans le champ de la formation que nous pouvons, sans trop déformer la réalité, agréger à la réalité « nouvelle » du Socle version 2007, afin d’en rehausser l’intérêt, son étude et sa déclinaison, dans son imperfection toute humaine et forcément évolutive.

Pour finir, en clin d’oeil à notre modernité triomphante et française, portons notre regard vers ce chef d’oeuvre de l’architecture autoroutière du Viaduc de Millau: un magnifique tablier franchit majestueusement les obstacles du précipice, porté par sept piliers, en une élévation toute aérienne; qui nous permet de rallier enfin le grand Nord du pouvoir au grand Sud méditerranéen, prés de 600 ans aprés la Croisade albigeoise.

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