« Accompagner », un mot, un concept, des questions (tags et carte heuristique)

A l’occasion de l’accompagnement d’un groupe de nouveaux formateurs « lycée » tout au long de cette année, nous avons développé, expérimenté, analysé et éprouvé l’accompagnement d’équipes en établissement. Découverte pour tous, pourtant issus de milieux et de formations assez différents, le concept et les pratiques se mettent progressivement en place, grâce notamment à l’analyse croisée et partagée, entre eux certes, mais aussi en se mettant en contact avec les travaux d’autres groupes, tels que ceux de Paris (dont la publication en 2002 décrit les « gestes, actes et postures » de l’accompagnateur; mais aussi les travaux de Montpellier (voir ci-dessous les 40 questions de l’accompagnement: où le questionnement permet d’élaborer progressivement ses réponses en la matière.

La dernière reprise a permis de tester deux outils trés « tice » l’un et l’autre: d’une part, le logiciel en ligne, wordle.net que j’avais déjà évoqué à l’occasion d’une formation « diversifier ses pratiques » et de l’innovation, puis le logiciel à télécharger, free mind, qui permet d’élaborer rapidement une carte heuristique.

Une analyse lexicographique en temps réel, l’exemple de WORDLE

Le premier questionnement a porté sur les éléments qui caractérisaient la réussite de la formation pour les équipes sur site. Les interventions orales ont été saisies en direct sur poste, puis immédiatement traitées par Wordle. AInsi, la restitution graphique, avec plusieurs possibilités, a permis d’organiser l’analyse en faisant surgir les maitres-mots, et les champs lexicaux.

Une analyse différée par carte heuristique

Dans la restitution écrite, les mêmes interventions ont été décryptées en une organisation en carte heuristique, dont je vous livre une partie, celle concernant la même question (les réussites pour l’équipe).

Retrouver les principes fondamentaux de l’accompagnement

L’intérêt de ces deux outils, outre leurs facilités d’accès et la qualité graphique, parfois esthétique, de leur restitution, est indéniablement qu’ils retrouvent là des principes fondatementaux de l’accompagnement: une écoute active et bienveillante, une réflexivité pour les acteurs, une possibilité d’analyse partagée, l’engagement dans un processus collaboratif entre un groupe et son accompagnateur, des traces du travail, pas à pas, une médiatisation de la complexité des choses vécues dans l’organisation des savoirs et la conceptualisation de l’expérience professionnelle.

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De l’accompagnement,

Une élaboration du concept par approximations successives

Un travail d’écriture collaborative entrepris avec le groupes des formateurs et responsables de formation de l’académie de Montpellier, juin 2007…..,

1. Pourquoi parle-t-on de l’accompagnement ?

2. D’où vient ce mot, nouveau, d’accompagnement ?

3. Qui parle d’accompagnement ?

4. Qui accompagne ? L’accompagnement est-il réservé à une catégorie, à un statut, à une fonction plus particulière ?

5. Comment vient-on à l’accompagnement ? Pour l’accompagnateur ? Pour les « accompagnés » ?

6. Qu’est-ce qu’on accompagne ?

7. Où accompagne-t-on ? Peut-on dire que des lieux sont dédiés ou non à l’accompagnement ?

8. Peut-on repérer et spécifier des modalités propres à l’accompagnement ?

9. Existe-t-il des méthodes ou des techniques de l’accompagnement ?

10. Quelle est la dimension du temps dans l’accompagnement ?

11. Y-a-t-il des domaines qu’on accompagne plus que d’autres ?

12. Peut-on distinguer des niveaux ou degrés dans l’accompagnement ?

13. Peut-t-on préciser des « styles » d’accompagnement ou d’accompagnateurs ?

14. Peut-on se former à l’accompagnement ?

15. Est-ce qu’un formateur est-il le mieux placé pour faire un accompagnement ?

16. Peut-on rapprocher l’accompagnement d’autres pratiques sociales ou professionnelles ?

17. L’Education présente-elle des spécificités dans l’accompagnement ?

18. Comment expliquer que le concept comme la pratique de l’accompagnement puissent poser problème dans l’Education nationale ?

19. Quelle est la finalité de l’accompagnement ?

20. Peut-on assimiler accompagnement et formation ?

21. Est-ce que l’accompagnement est une « intervention » ?

22. Quels sont les domaines ou niveaux différents entre accompagnement et formation ?

23. Quelles images ou représentations viennent plus particulièrement quand on parle d’accompagnement ?

24. Si j’avais à représenter les qualités intrinsèques de l’accompagnement par un animal-totem, à la manière des bestiaires médiévaux, ce serait….

25. Qu’est-ce que l’accompagnateur n’est surtout pas ?

26. Quelles figures peut incarner l’accompagnateur ?

27. Peut-on proposer une sorte de check-list des actes, gestes et postures, possibles, de l’accompagnateur ?

28. Quel est l’intérêt de l’accompagnement ? Pour l’accompagné, pour l’accompagnateur, pour l’organisation, pour les élèves ?

29. Quel est le coût de l’accompagnement ?

30. Quelles sont les difficultés principales dans un accompagnement ?

31. Quelles sont les « balises » de l’accompagnateur ?

32. Sur quelles ressources peut compter l’accompagnateur ?

33. L’accompagnateur est-il lui-même accompagné ?

34. Quels sont les effets de l’accompagnement sur les « accompagnés » ? à court ou moyen terme ?

35. Quand peut-on dire que l’accompagnement se termine ?

36. Quelles peuvent être les dérives de l’accompagnement ?

37. Peut-on proposer une sitographie relative à la problématique de l’accompagnement ?

38. Peut-on repérer quelques ressources efficaces et disponibles, pour nourrir sa pratique d’accompagnateur et sa propre réflexion ?

39. Quel est l’avenir de l’accompagnement ?

40. Pourriez-vous au terme de ce cheminement questionnant et réflexif donner en une phrase ce qu’est l’accompagnement pour vous ?

Le projet d’école est-il toujours un « projet » ?

Le printemps 2009 ouvre pour toutes les écoles parisiennes le temps de l’évaluation de leur projet en vue d’un nouveau cycle triennal 2009-2011; c’est aussi pour plusieurs équipes en expérimentation le temps du bilan final.

C’est pourquoi il y a lieu de reprendre le chemin du projet, et de quelques approfondissements conceptuels d’autant plus nécessaire qu’il s’agit de stabiliser un travail collectif. Travailler sur la représentation d’un groupe et aboutir à une définition consensuelle, c’est possible avec la technique de formation du Q-sort.

Je rappelle juste la méthodologie du Q-SORT ici (mode d’emploi et supports.)

Si vous aviez à ne retenir de deux items valables pour vous et votre pratique d’évaluation, quels seraient-ils ? Et quels sont les deux autres que vous réfuterions résolument ? Pouvons-nous en discuter ?

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Q-sort sur le projet d’école

Elaboré en groupe de formation de formateurs en janvier 2006, Paris

  1. C’est un outil mobilisateur d’énergies qui fera progresser les élèves.
  2. C’est un catalogue d’actions pour se faire plaisir.
  3. C’est la dynamique de l’équipe et de l’école.
  4. C’est un projet qui permet de se sentir zen à l’école.
  5. C’est surtout un document à oublier dans les tiroirs.
  6. C’est un moyen de diversifier ses pratiques.
  7. C’est une formalisation écrite d’idées, d’envies diverses d’une équipe, afin de fédérer dans une durée.
  8. C’est le nouveau radio trottoir des parents.
  9. C’est un moyen de modifier les procédures de travail afin d’améliorer les résultats des élèves.
  10. C’est un pas vers la privatisation des écoles.
  11. C’est la colonne vertébrale d’une équipe pour trois ans.
  12. C’est la mise œuvre des Instructions Officielles spécifique à une école.
  13. C’est un chantier d’équipe qui prend en compte les difficultés des élèves.
  14. C’est une chanson de Dalida.
  15. C’est ce qui permet à chaque enseignant de travailler individuellement dans sa classe.
  16. C’est la mise en cohérence des programmes et des actions.
  17. C’est un travail d’équipe pour améliorer l’école.
  18. C’est une copie non lue remise à l’inspecteur qui lui-même ne la relira pas.
  19. C’est la déclinaison des engagements communs dans la durée.
  20. C’est l’exercice le plus difficile puisqu’il lie l’individu et le collectif.
  21. C’est la corvée trisannuelle en réponse aux attentes de la hiérarchie.
  22. C’est déterminer des actions originales et spectaculaires mettant l’école en valeur.
  23. C’est une réflexion sur ses pratiques professionnelles au service de la réussite de tous.
  24. C’est la dynamite de l’école et de l’équipe.

nb: en bleu, les items rejetés par le groupe, en rouge, les items sélectionnés par le groupe.

A mettre en relation avec le Q-sort sur l’évaluation d’un projet ou d’un dispositif, élaboré par le groupe scolaire Soleil (19ème arr.)

Evaluer un dispositif expérimental, c’est…

1- Evaluer un dispositif c’est inspecter tous les acteurs.
2- Evaluer un dispositif sert à classer les écoles.
3- Il suffit d’évaluer les élèves pour évaluer le système.
4- Evaluer un dispositif, c’est faire un 360 degrés.
5- Evaluer est un régulateur de l’action.
6- Evaluer, c’est une négociation entre les différentes parties en présence
7- Evaluer ne sert à rien sans base de référence.
8- Ce n’est pas aux enseignants d’évaluer.
9- Evaluer c’est contraindre à rendre les objectifs plus visibles.
10- Evaluer c’est juger de ce qui est efficace.
11- Evaluer un dispositif, c’est déjà l’enterrer.
12- Evaluer c’est distinguer les acteurs et leurs rôles.
13- Evaluer c’est recueillir des données et voir comment elles évoluent.
14- Evaluer conduit à interpréter.
15- Si on n’évalue pas nous-mêmes, nous serons les « sujets » de l’évaluation
16- Evaluer c’est juger.
17- L’évaluation est déterminée par le choix des critères d’évaluation.
18- On ne peut pas tout évaluer.
19- Un outil d’évaluation n’a de valeur que s’il est reproductible.
20- Evaluer, c’est communiquer
21- Pour les acteurs du système éducatif les attentes de l’évaluation sont identiques.
22- Evaluer c’est s’accorder sur des indicateurs pouvant mesurer l’activité.
23- Evaluer c’est se mettre d’accord sur les indicateurs mesurant l’impact sur les parcours scolaires.
24- Evaluer c’est se mettre d’accord sur les indicateurs qualitatifs (satisfaction des acteurs, dysfonctionnement)
25- Evaluer oui, mais il faut avoir des outils pour exploiter les résultats.

Planche élaborée après consultation des personnels du Groupe « Soleil »
(quatre écoles de la circonscription 19D-Paris) –juin 2008

Le Q-SORT est un choix de propositions variées et disparates sur un thème.

Objectifs des Q-Sorts portant sur l’analyse de représentations

  1. Procurer à chaque personne l’occasion d’analyser les différentes dimensions d’une conception ou représentation donnée
  2. Offrir la possibilité d’effectuer des choix implicites ou explicites, distincts pour chacun, lui permettant de se situer par rapport à d’autres personnes.
  3. Faire apparaître les tendances d’un groupe, les consensus et les contradictions, par rapport à une conception ou une représentation
  4. Donner une opportunité de mesurer l’évolution d’un groupe ou de chaque individu par rapport à un concept: au début, au cours ou à la fin d’une formation ou d’un séminaire
  5. Observer les distorsions entre des représentations idéales et des conceptions pratiquées
  6. Rendre possible la comparaison des représentations émergeant de divers groupes ou sociétés
  7. Rechercher l’évolution d’un concept ou d’une représentation entre diverses époques

Consignes de passation

  1. La passation se réaliser, individuellement ou collectivement, dans le strict respect de l’anonymat. Les réponses personnelles de classement de propositions ou items doivent être marquées sur deux morceaux de feuille sans nom, dont l’un est gardé par son rédacteur. Ces feuilles peuvent être fournies imprimées à l’avance selon les modèles donnés ci-dessous ou fabriqués sur un modèle tracé au tableau.
  2. Les consignes peuvent s’appliquer à la personne même qui passe le Q-Sort mais on peut aussi demander à celle-ci de se placer du point de vue d’autres personnes (à définir) ou du point de vue du sens commun.
  3. Les consignes peuvent être relatives à l’idéal qu’on se fait du concept ou relatives à la façon dont on l’envisage dans la pratique
    Par exemple:A votre avis, comment classer idéalement les différents items ?Selon vous, comment telle catégorie de personnes classerait-elle les différents items pour une présentation idéale de ce concept ?Selon votre pratique personnelle, classez les différents items Selon vous, comment classer les items pour indiquer de quelle façon telle catégorie de personnes vit en pratique ce concept ?
  4. Les consignes peuvent également porter sur le passé et le présent:
    Par exemple:Comment autrefois aurait-on classé ces différents items ?Comment aujourd’hui classe-t-on ces différents items ? Dans la pratique, dans l’idéal, par vous, par d’autres personnes…
  5. Le classement s’effectue selon des échelles de répartition correspondant à une distribution aussi proche que possible de la distribution gaussienne. Ces échelles sont placées sur les modèles de feuilles-cadres ci-dessous. Une telle répartition obligée contraint d’une certaine façon l’individu à décider ses choix de façon aussi réfléchie qu’affective.
  6. Il faut compter de 15 à 30 minutes pour un Q-Sort de 20 items

Conduire le changement (carte heuristique)

Dans le prolongement du séminaire de la Fondation d’Auteuil (voir le post précédent), consacré à la conduite du changement pour une institution et pour son réseau d’établissements, nous avons été amenés à l’issue de l’étude de plusieurs cas de pratiques de direction, à élaborer une carte heuristique.

Notre travail d’analyse a été conduit par le « carré magique » que j’avais développé dans « Contes et fables pour l’enseignant moderne », avec André de Peretti (voir notamment les développements de chacun des coins proposés à partir d’un article de Perrenoud).

Cette trame nous a permis de développer par branches les items évoqués de sorte à faire émerger la conduite du changement et les leviers possibles à activer ou à sélectionner selon les cas; Perrenoud nous proposait déjà quelques items que nous organisons de la sorte:

en proposant, parfois en imposant des méthodes d’enseignement;

en formant les enseignants (formation initiale et continue)

en les impliquant dans des échanges, des réseaux, des projets susceptibles de les influencer;

en accompagnant, en soutenant, en diffusant des démarches innovantes ;

en produisant et diffusant des connaissances et des idées pédagogiques et didactiques;

en publiant des programmes et autres directives;

en fixant une grille horaire;

F

E

P

R

en imposant ou conseillant des procédures d’évaluation, des exigences. des critères, des supports (bulletins scolaires, tests critériés par exemple);

en éditant ou en homologuant les manuels scolaires et autres moyens d’enseignement, parfois en les imposant

en développant et en diffusant des technologies éducatives qui modélisent certaines pratiques;

en exerçant une forme de contrôle de qualité, à travers l’inspection traditionnelle ou d’autres formes d’évaluation des enseignants.

en organisant les relations et les responsabilités entre les élèves, en classe, et dans l’établissement

L’analyse des pratiques de direction conduite pendant la journée a permis de développer les branches de ce carré.

La réflexion commune amplifie deux pôles: celui du « développement professionnel » où la formation s’organise en un dispositif varié, dense et plus continue; et celui de la « ressource humaine », pas assez investi dans nos établissements.

Cet exercice de cartographie a pu faire toucher du doigt aux acteurs et aux décideurs présents ce qui était de leur ressort, et ce qui relevait de la direction d’établissement. C’est bien une action concertée qu’il sagit de conduire ici, d’ampleur et durable. Comme le « développement »…. tout professionnel.

Ressources pour « conduire le changement », quelques pistes

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Ces temps de « vacances » nous permettent de replonger dans des ressources ou documents divers générés dans les moments de formation et d’accompagnement des groupes. Un moment pour travailler ses points d’appuis et quelques autres références.

Au cours d’une journée intense de travail consacrée à la conduite de changement dans les dispositifs de formation et d’accompagnement des établissements du réseau de la Fondation d’Auteuil, j’avais consacré un rôle plein et entier à la consignation des références évoquées, explicites ou lancées parfois à la volée.

Je vous propose de partager cette moisson, pas forcément originale, mais toujours utile pour s’enrichir de références plus théoriques ou plus métaphoriques selon les cas.

Chacune à leur manière renseigne sur le questionnement de nos pratiques, sur nos représentations de nos fonctions dans l’institution, sur les prospectives que l’on se construit pour mieux appréhender les mois ou années prochaines.

Ressources informationnelles

Ressources relatives à la conduite du changement

  • GAUTHIER Roger-François , voir sa conférence à l’attention des personnels de direction de mars 2009, filmée, portant sur « Administrer » un « système d’éducation ». Quel sens donner aux mots ?

http://www.esen.education.fr/…/?idRessource=962&cHash=025c0ee1b3&p=1

Ressources métaphoriques sur le changement

Ressources relatives à l’ingénierie pédagogique et l’ingénierie de formation

Il a également été fait référence à :

Preuve s’il en est que l’éducation appartient bien aux « sciences humaines », et que la convergence nous rend plus riche. Bonnes découvertes.

Apprendra-t-on de l’expérience ? L’exemple du D-DAY en éducation et en formation

Parfois, il est quand même intéressant de jeter des brefs coups d’oeil dans la presse nationale, si, si. Un trés récent article, de fin de journal, dans Libération (30 mars 2009) nous embarque dans une expédition de hauts stratéges de l’Armée, en vadrouille sur le terrain normand, là où le D-Day a marqué le Monde.

Quelques extraits:

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PLAGES DE NORMANDIE, envoyé spécial JEAN-DOMINIQUE MERCHET

Le brouillard était bien là, mais celui dont nous parlait le colonel était celui de la guerre, le « Nebel des Krieges», du grand stratège Carl von Clausewitz. Ce flou permanent qui empêche le chef militaire de connaître précisément la situation sur le terrain.

Le staff ride ou apprendre de l’expérience, ensemble.

Sur le terrain du débarquement de Normandie, ce jour-là, la troupe était composée uniquement de chefs. Un groupe d’officiers supérieurs, tous colonels ou capitaines de vaisseau, cadres au Collège interarmées de défense (CID), l’ancienne Ecole de guerre. Plus deux généraux, un amiral et trois historiens. Ajoutez un journaliste embedded, vous avez un staff ride. Un staff ride, c’est donc un voyage d’état-major sur les lieux d’une bataille. Il ne s’agit pas de la rejouer avec des troupes ou sur un simulateur, mais de l’analyser, les pieds dans la boue, pour en tirer des leçons générales de stratégie. C’est une école de chefs militaires, avec une pédagogie très éloignée des habitudes françaises, qui privilégient l’exposé théorique dans un amphi, en deux parties et deux sous-parties.

Le staff ride est une habitude très américaine que les Français redécouvrent. Il s’agit d’une invention prussienne de la Kriegsakademie, au XIXe siècle, dont les pratiques militaires américaines sont largement inspirées. Avant la guerre de 1914, Ferdinand Foch, qui enseignait à l’Ecole de guerre, ne manquait pas d’emmener ses élèves sur les champs de bataille de 1870. Mais l’habitude s’en était perdue et, aujourd’hui, il faut faire appel au savoir-faire américain.(…)

Apprendre de l’expérience et de son « genre » professionnel, et d’abord pour les cadres

Pour les officiers qui doivent planifier les opérations actuelles, le Débarquement offre un autre avantage : c’est l’une des rares batailles à être totalement «interarmées», «joint», disent les Américains, une combinaison d’opérations navales, aériennes et terrestres. Rien n’est plus difficile à organiser. «Je veux que l’histoire militaire et l’étude des grands principes de la stratégie reprennent toute leur place dans notre enseignement», nous confie le général Vincent Desportes, qui commande le CID. Chaque année, 380 officiers, dont un tiers d’étrangers, en suivent les cours pendant un an. Lorsqu’ils en sortent, on dit qu’ils sont «brevetés» (….)

Le général Desportes est un personnage, l’une des têtes pensantes de l’armée. Ancien officier dans les chars, ce descendant d’un lieutenant de Du Guesclin écrit des livres très lus dans la communauté militaire, comme la Guerre probable en 2007. Directeur de collection chez Economica, il tente de faire revivre la pensée militaire française, telle qu’elle existait dans les années 30, lorsque le colonel de Gaulle publiait Vers l’armée de métier, une critique de la doctrine militaire d’alors. Vincent Desportes a été détaché pendant cinq ans aux Etats-Unis. A l’US Army War College, il a découvert les staff rides, qui se font là-bas sur les sites des grandes batailles de la guerre de Sécession. «Cela permet à chacun de s’élever : le capitaine réfléchit comme un colonel et le colonel comme un général», dit le général. Il essaie aujourd’hui d’acclimater la pratique à la France.

Improviser ou l’art de la guerre

Ce matin de mars, il n’y a pas que le «brouillard de la guerre». Il y en a aussi la «friction». Clausewitz, toujours lui, nomme ainsi les petits détails qui font que les choses ne se déroulent jamais comme prévu. Alors que notre troupe a réembarqué dans son car pour rejoindre Utah Beach, le chauffeur nous apprend que la route est coupée par les inondations habituelles en cette saison dans les marais de Carentan. Il faut faire un détour, donc perdre du temps, alors que tout est soigneusement minuté durant ces deux jours. (…)

«Que faire ?» demande le colonel Peter H. Herrly aux officiers français. Tous les plans sont chamboulés et il faut «im-pro-vi-ser». L’anecdote vaut d’être contée : cette division était commandée par le général Theodore Roosevelt Jr, fils du président Theodore Roosevelt et petit-neveu du président alors en exercice Franklin Roosevelt. Il fut le seul général à débarquer avec la première vague. C’était un grand malade qui ne pouvait marcher qu’avec une canne ; dans le Jour le plus long, il est incarné par Henry Fonda. Que fait-il ? Il s’adapte : «We’ll start the war from right here !» («On va commencer la guerre à partir d’ici»). Les officiers français hochent la tête, réalisant que la «planification opérationnelle» sur laquelle ils travaillent à longueur d’années doit, à la guerre, souvent céder le pas au simple bon sens.

Commandement unique et commandement divisé

En Normandie, les Allemands étaient aussi de la partie. Il y avait même parmi eux «des gars venus de Géorgie», comme disait Michel Sardou, engagés dans les Ostbataillonen recrutés dans le Caucase.(…). Tout le monde a pourtant ses cartes d’état-major à la main. Au débriefing du soir, qu’a-t-on retenu ? Que l’armée allemande ne respectait pas l’un des principes essentiels de la guerre : l’unité de commandement. En clair, il n’y avait pas un chef, mais plusieurs (Rommel, Von Rundstedt, etc.) n’ayant pas les mêmes idées sur la manière de repousser l’ennemi. Seul Hitler pouvait trancher. Et comme chacun sait, au moment du Débarquement, il dormait…

Question de point de vue

Reste un problème : comment faire travailler ensemble des terriens, des marins et des aviateurs. La question se posait en 1944, il n’est toujours pas vraiment réglée. Dans notre staff ride, il y a des pilotes de chasse, des commandants de frégates, des fantassins et même des gendarmes. Chacun réfléchit à sa manière. Vu de la mer, de la tourelle d’un char ou du cockpit d’un avion, le monde n’est pas le même.

Léger mouvement d’humeur, lorsqu’un représentant de l’armée de l’air Jérôme de Lespinois revient sur les cafouillages des bombardiers lourds, utilisés à contre-emploi, à la demande des terriens. «Il ne faut jamais dire à la personne dont on attend l’appui comment faire, mais quel effet on attend de lui», conclut un cadre. Chacun son job et les vaches seront bien gardées. (…) »

Transposition méthodologique à nos domaines de l’éducation, de la formation et de l’innovation

Nous pouvons trés librement et sans doute trop rapidement tirer quelques principes de réflexion et d’action pour notre domaine, tellement spécifique (en est-on si sûr ?):

  • une action de formation sur l’encadrement est nécessaire, et doit être intercatégorielle, variée, et continue, en veillant à la diversité des domaines et des compétences et des statuts (on retrouve le staff ride), là où dans notre éducation, nous allons trop souvent sur l’identité et la parité.
  • L’enquête sur le terrain, le déplacement vers l’ailleurs, la rencontre, et l’histoire sont des sources et des ressources pour apprendre sur soi et sur notre avenir.
  • Le décalage, le changement de point de vue, le jeu de rôle pour apprécier les complémentarités et permettre la constitution des équipes
  • Brouillard et friction: créer des situations de flou et d’inattendu en formation pour permettre de travailler les compétences d’ajustement, d’improvisation et de conduite du changement. C’est un des marqueurs de l’innovation, précisément.
  • Unicité du commandement:  comment encore exercer dans notre système à deux têtes, entre administration et pédagogie, à hue et à dia ?
  • Concentrer les énergies sur les objectifs, et s’appuyer en confiance dans les processus (et l’organisation du travail notamment) sur la responsabilisation des acteurs. Le « droit à l’expérimentation » est une entrée intéressante.

Ainsi, en décodant les facteurs d’efficacité de la formation de notre commandement militaire, nous pouvons utilement transposer à notre système de formation. Mais le voulons-nous ?

Le métier d’enseignant se résume-t-il à un jeu…. de l’Oie ?

La nouvelle exposition de la BNF consacrée au monde du JEU nous invite à mettre en relation, en histoire, et … en jeu nos travaux.

Nous avons, encore il y a peu d’années, abusé et détourné le principe du jeu de l’Oie pour l’accommoder au parcours de l’enseignant moderne.

Nous avions retrouvé, avec humour, les étapes réelles, ou fantasmées -mais le jeu l’y autorise – qu’un enseignant peut rencontrer dans sa vie professionnelle. Et notamment quand il s’engage dans une équipe en innovation.

Nous l’avions fait en écoutant attentivement les analyses et les récurrences de nos équipes depuis prés de 10 ans à présent. Ce qui nous donne comme possibilités les items suivants:

Pour mémoire, il est toujours intéressant de connaitre le genre dans lequel nous avons inscrit cette affiche, à savoir le jeu:

Jeu de parcours où l’on déplace des pions en fonction des résultats de deux dés. Traditionnellement, le jeu de l’oie comprend 63 cases disposées en spirale enroulée vers l’intérieur et comportant un certain nombre de pièges. Le but est d’arriver le premier à la dernière case.

Règles du jeu.

Le nombre de joueurs n’est pas limité, mais il ne faut pas être trop nombreux (de 3 à 8). Chacun est muni d’un pion personnel, souvent représenté par une petite oie, que l’on déplace sur le tablier de jeu. Avant chaque partie, les joueurs reçoivent une même quantité de jetons. Les concurrents prennent le départ à l’entrée de la spirale et doivent rejoindre la case centrale, à l’intérieur. Le premier arrivé avec un point exact a gagné. Le parcours comporte quatorze cases régulièrement disposées, ornées d’une oie, qui permettent de redoubler les points des dés. À ces cases bénéfiques, qui accélèrent la course, s’opposent des cases maléfiques, qui la retardent ou pénalisent le joueur en lui infligeant une amende. Ainsi les cases 6 (pont), 19 (auberge), 31 (puits), 42 (labyrinthe), 52 (prison) et 58 (mort) obligent le joueur qui y tombe à payer un certain nombre de jetons et à subir une contrainte: la case 19 oblige à passer son tour, les cases 31 et 52 fixent le pion qui ne peut la quitter tant qu’un autre n’a pas pris sa place, la case 42 renvoie à la case 37, la case 58 force à revenir à la case départ. Quand deux joueurs se retrouvent sur la même case, l’occupant initial doit aller occuper la case laissée libre par l’arrivant. Pour gagner, il faut arriver exactement sur la case 63. Si le nombre excède la distance à parcourir, le joueur doit rétrograder.

Historique

La première mention de ce jeu provient de la cour des Médicis à Florence, vers 1580. On parle alors du « noble jeu renouvelé des Grecs ». Le jeu de l’oie a inspiré une multitude de jeux éducatifs et moraux.

Présent en Europe depuis le XVIe siècle, le jeu de l’oie a rapidement offert les images les plus diverses.
Si elles ne permettent aucune stratégie, les règles se prêtent à de multiples allusions historiques, mythologiques, éducatives, religieuses, politiques ou autres, que les fabricants n’ont pas manqué de multiplier au cours des siècles. Même le nombre de cases et la forme du parcours sont parfois modifiés.
Si le jeu de l’oie est resté populaire dans certains pays d’Europe (France, Italie, Espagne, Belgique, Pays-Bas), ailleurs il est parfois remplacé par une variante : »jeu des singes ») en Allemagne. Dans les îles Britanniques, le goût des voyages a stimulé au XIXe siècle la production de jeux de parcours géographiques.
Les origines du jeu de l’oie sont difficiles à cerner. La plus ancienne trace assurée d’un tel jeu est constituée par un petit manuel publié par Alonso de Barros à Madrid en 1587. Il s’agit du livret d’instructions pour un jeu de parcours (spiralé?) à 63 cases, dont malheureusement le tablier est perdu. Mais les principes généraux sont bien ceux du jeu de l’oie.
Deux ans plus tard, en 1589, l’archiduc Charles d’Autriche fait graver sur pierre pour ses enfants un vrai jeu de l’oie traditionnel. On retrouve des traces de jeu de l’oie dans des archives de Londres en 1597 . L’année suivante, c’est à Paris qu’on mentionne, dans l’inventaire après décès d’ un imprimeur la présence d’un jeu de l’oie. Enfin, ce qu’il faut bien considérer à ce jour comme le plus ancien jeu de l’oie classique connu est celui qu’impriment et signent, sans doute en 1599 ou en 1600, les héritiers de Benoît Rigaud à Lyon.
Dès lors, les témoignages se multiplient, tant en Italie qu’en Allemagne (les plus nombreux) ou en France. Plusieurs d’entre eux semblent indiquer une origine italienne (d’après Universalis)

La symbolique

Sur le plan symbolique, l’oie renvoie à un animal qui annonce le danger. Ce mot aurait les mêmes racines que « oreille » et « entendre ». Le jeu de l’oie permettrait ainsi de mieux comprendre le monde. Son tracé en forme de spirale rappelle le labyrinthe à parcourir pour arriver à cette connaissance. Pont, puits, prison, mort sont autant de figures du parcours qui font référence à la mythologie et qui ont leur correspondance ésotérique dans les images du tarot.

Inventé pendant la guerre de Troie, le Jeu de lOie est un véritable labyrinthe initiatique où le destin et les dieux règlent la progression du consultant/joueur. Il avance à coups de dés.

Divertissant et symbolique à la fois, le Jeu de l’Oie est universel. Présent dans les tombes égyptiennes, il rappelle aussi l’antre du terrible Minotaure et les forêts obscures où officiaient les druides.

Chaque joueur refait ainsi, en se déplaçant case après case, et d’âge en âge, le chemin que parcoururent les héros antiques, de Thésée à Perceval. On ne sort victorieux des ténèbres qu’avec la lumière de la Connaissance.

d’après Le jeu de l’Oie : pratique d’un labyrinthe initiatique et divinatoire – Robert-Jacques Thibaud

Pour la symbolique des figures rencontrées dans le Jeu de l’Oie, lire
le Dictionnaire de l’art Roman, de Robert-Jacques Thibaud qui décrit les illustrations des édifices romans
et Lancelot et la Reine du Graal de Jacques Lamoureux dans lequel l’auteur conte l’histoire d’un chevalier suivant un chemin identique à la voie symbolique du Jeu de l’Oie.

En savoir plus:

Un projet est-il (forcément) innovant ? A voir….

Le prochain Forum des enseignants innovants à Roubaix invite enseignants et équipes à partager, confronter, échanger, et valoriser des projets pour changer l’Ecole; il est une initiative issue de la coopération de plusieurs organismes et associations d’enseignants qu’il faut saluer, en périphérie de ce que l’Institution prône de son côté, dans ses missions académiques, sous le vocable d’innovation ou d’expérimentation (article 34 de la Loi de 2005).

Il est possible d’y retrouver d’ailleurs parfois les mêmes actions, comme cela a été le cas déjà l’an dernier, mais aussi parfois sans concordance directe. C’est un épisode d’une longue d’histoire d’un je t’aime moi non plus entre Institution et innovation, ainsi que nous le conte Françoise Cros (Observatoire de l’Innovation).

« Innover en français », l’appel de Roumanie

Ce type d’appel à projet, nous l’avons rencontré (et en partie impulsé) « ailleurs », en Roumanie, à l’occasion d »un travail durable avec l’Ambassade de France à Bucarest, depuis 2006: le dispositif s’appelle « Innover en français« , ou comment relancer durablement l’apprentissage du français dans un contexte européen dominé par une extension agressive de l’anglais en pays francophone.

Le Forum depuis trois ans se termine par un appel à projet innovant, et récompensé par un séjour de formation de 15 jours à Paris, où nous proposons un « voyage pédagogique dans l’innovation de nos équipes ».

Cela nous a permis en vue de communiquer sur les critères de lecture du comité de validation d’élaborer un schéma de l’innovation en matière de projet, ce afin de prévenir de quelques dérives courantes en la matière ou raccourcis parfois faciles; tout projet n’est pas innovation, toute innovation n’est pas réductible à un projet, ni à un produit, ni à une technologie (les tice ont d’ailleurs souvent joué à ce petit jeu).

Ainsi, nous avons pensé qu’il était important de mettre en mots le concept de processus innovant, et d’identifier les éléments constitutifs qui font d’une action une formation durable pour les élèves.

Hexagone du projet innovant Françoise Cros nous rappelle de la même façon que dans toute innovation, on peut observer trois « marqueurs », tels que le… désordre engendré dans un contexte trés structuré, l’enrôlement, mais aussi la dynamique créée.

« Réussir dans son apprentissage », c’est…

Une récente mission de formation dans la belle région Alsace m’a permis de travailler plus étroitement avec le réseau de l’apprentissage, les CFA publics et privés, autour de problématiques largement partagés dans notre monde de l’éducation: apprendre et faire apprendre, motivation, et réussite scolaire.

Le grand groupe nous incita, dans une démarche d’élaboration progressive, à adopter la technique du Q-sort: le groupe a été réparti en quatre sous-groupes; chaque sous-groupe a été invité à proposer au moins trois propositions dans son domaine. Nous avons proposé alors les domaines suivants, de sorte à ce que les items soient le plus varié possible, loi du genre du Q-sort:

– des items administratives

– des items « fous »

– des items trés personnels

– des items trés négatifs

– des items neutres

La compilation et le mélange des items nous permet de proposer l’outil suivant:

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Q-SORT : REUSSIR DANS SON APPRENTISSAGE C’EST….

  1. Savoir faire quelque chose
  1. Terminer à l’ANPE
  2. Gagner 10 000€ par mois
  3. Se marier avec Monica Belluci ou Brad Pitt
  4. Arrêter de fumer
  5. Obtenir un prix Nobel
  6. Permettre au patron de se faire de l’argent sur mon dos
  7. Ça veut dire qu’on n’a pas réussi à faire autre chose
  8. Travailler dur pour gagner peu
  9. Etre au bas de l’échelle
  10. Devenir un bon balayeur
  11. Gagner en autonomie, devenir indépendant
  12. C’est pas nécessaire
  13. Ne plus aller à l’école
  14. Inventer un moteur qui marche à l’eau tiède
  15. Savoir exercer un métier
  16. Acquérir des aptitudes professionnelles
  17. Passer pour un intello
  18. Aider ma famille financièrement
  19. Impossible
  20. Trouver du travail
  21. Devenir un véritable professionnel (ex : fleuriste, maçon, peintre) et ouvrir son entreprise
  22. Toucher les Assedics
  23. Avoir un statut social
  24. Respecter les contraintes du contrat de travail
  25. C’est être un futur chômeur
  26. Avoir des moyens de gagner de l’argent
  27. Me payer une voiture
  28. Suivre un copain
  29. Se faire embaucher
  30. Eventuellement sortir avec la prof de français
  31. Avoir un diplôme
  32. Avoir une couverture sociale
  33. Avoir une reconnaissance professionnelle : meilleur ouvrier de France, meilleur apprenti de France

Document de formation, Formation des enseignants en CFA, région Alsace, mars 2009

En savoir plus sur la démarche du Q-sort et quelques exemples sur http://francois.muller.free.fr/diversifier/q-sort.htm

Cette planche peut être proposée alors aux élèves des CFA, dans une séquence de rentrée par exemple, pour travailler sur les représentations, les confronter, aborder les questions de sens et de projet personnel/professionnel, soit avec des équipes enseignantes, comme cela va être le cas ici.

Cette organisation du travail permet rapidement d’obtenir un consensus collectif à partir d’expressions individuelles; de cibler aussi les besoins, notamment relatifs aux cadres de référence (métier, institution, Europe…); elle offre l’intérêt d’aborder plus rapidement que d’autres procédés des dimensions parfois cachées du métier, celles qui touchent notamment aux valeurs du métier. Cette élaboration collective ne peut que renforcer une identité professionnelle qui en a besoin assurément; c’est celle qui protège le mieux encore des aléas quotidiens.

Vous pouvez consulter d’autres Q-sort sur des thèmes aussi divers que :

  • l’éducation à la citoyenneté
  • l’évaluation
  • l’interdisciplinarité
  • ou la pédagogie différenciée
  • le socle commun

à partir de la page ici

Le « temps » retrouvé en Education: une variable professionnelle et collective, pour favoriser les performances de nos élèves

Pourquoi ne dit-on pas qu’il y a une corrélation essentielle entre augmentation des performances scolaires et organisation du temps scolaire ? Le temps en tant que catégorie mentale constitue un facteur capital dans la réussite scolaire de nos « très bons élèves », modelés à la française, c’est-à-dire prêts aux « prépas ». Les compétences expertes se sont élaborées très tôt, et durablement, , au sein du nid familial, mais l’Ecole y a peu contribué, malgré tout. Toute recherche d’amélioration des performances moyennes passera donc par le changement d’organisation. Comment peut-on affirmer de telles horreurs ?

Les lois d’airain du temps scolaire n’ont rien à voir avec l’Ecole !

Tout est encore fait dans notre Ecole moderne  more antiquo, quand tout a changé par ailleurs ; il faut faire œuvre d’historien pour comprendre ce décalage incroyable de notre organisation scolaire qui autorise nos élèves bien à faire la différence entre l’Ecole et « la vraie vie », et de cette façon, ils ont raison.

En effet,  notre organisation du travail d’apprentissage des élèves, cœur de notre métier, n’est pas déterminée par la performance visée, mais par trois lois d’airain qu’il nous incombe ensemble de requestionner.

1- L’heure est une unité astronomique directement héritée de la civilisation babylonienne.

Savez-vous que notre heure à l’Ecole tire son origine directe des Sumériens qui avaient opté pour la base 60, groupant ainsi les êtres et les choses par soixantaines et puissances de soixante ? Puis, les Chaldéens divisèrent l’heure en soixante minutes et la minute en soixante secondes. Il divisèrent le jour en 12 heures « doubles » appelées kaspu mais aussi en « soixantièmes ». Ces bases 60 et 12 sont encore très usitées de nos jours (division du cercle, de l’heure, des cadrans des montres).

Nous sommes très loin de la préoccupation de notre enseignant qui doit organiser l’apprentissage de contenus didactiques lourds à un groupe de 30 élèves, grâce à une pédagogie diversifiée. Rien ne dit qu’il y a identité entre une heure astronomique et une unité de temps convenable pour cet apprentissage.

Dans un paradoxe que nous ignorons superbement, l’heure est trop courte pour faire différent, et trop longue pour faire la même chose. Les expérimentations montrent avec constance que l’unité pédagogique oscille plutôt autour de 90 minutes, et n’ayons plus des « longues durées » qui permettent d’achever une tâche. Il y a un « coût » mental à ne pas achever son travail ; c’est l’origine de bien des difficultés scolaires rencontrées.

2- La séparation du temps de « travail » et du temps de loisirs s’origine à l’époque de nos cités marchandes. Alors que l’antiquité tardive organisait le temps entre otium et negotium, c’est-à-dire entre temps d’études personnelles et temps sociaux, notre civilisation des beffrois et des échanges commerciaux a opté pour un découpage économique du temps ; en identifiant une période du travail ; et en faisant que l’école permette le travail des adultes. C’est particulièrement vrai en France où l’Ecole est toute entière organisée suivant les temps professionnels des adultes, parents et enseignants compris. Toute réflexion sur le rythme scolaire et la chronobiologie passant régulièrement à la trappe, à l’inverse de nos amis finlandais et anglo-saxons.

Les principes fondamentaux, comme le découpage de toutes les disciplines en « heures de cours », de la sixième à la terminale, l’organisation des enseignements fixés d’avance pour toute l’année, n’ont jamais été remis en cause.

Le temps de l’Ecole, c’est donc toute la journée, 5 jours par semaine selon une organisation dictée par le respect des obligations professionnelles, sinon des installations techniques ou sportives. On y voit donc l’établissement régi par une organisation à la Taylor, en pure logique industrielle et économique, sans que rien en tout cas ne préside à la réflexion orientée vers l’efficacité en pédagogie.

3- La prévalence de la formation présentielle du maître, hors toute autre formation, constitue un des mythes fondateurs de notre République contemporaine. C’est ce principe qui a justifié la disparition de l’enseignement mutuel ; il agit encore dans nos pratiques quand le temps du cours se résume à l’activité du maître et non à celle des élèves. Dès lors qu’il s’agirait d’organiser les travaux des élèves, des groupes, d’analyse, d’élaboration, de confrontation, de restitution, dès lors que le maître se décentre, nous impactons directement l’organisation du temps scolaire.

L’Ecole se trouve donc en retard de phase et en décalage structurelle dans une société de la Connaissance. Or, assurent Ilya Prigogine et Serge Pahaut, « il semble que l’on puisse affirmer que la redécouverte du temps soit l’événement majeur de notre époque »[1].

Le temps est une variable du système scolaire, et non un invariant.

Dans le monde de l’enseignement et dans la société existe une intériorisation inconsciente très forte du modèle de la structure temporelle scolaire. On peut noter comme autant d’obstacles au changement :

  • le poids de l’habitude séculaire; la coutume est plus forte que toute autre règle, souvent rappelée par les rapports de l’IGEN
  • le souci de préserver certains avantages acquis du temps d’enseignement, voire de petits arrangements, sans grand rapport avec l’intérêt des élèves.
  • la crainte d’un abandon de la méthode du « cours » et de l’application d’une pratique pédagogique temporellement diversifiée; l’insuffisante formation pour faire travailler les élèves au travail en groupe, pour les préparer à des situations d’apprentissage plus autonomes et plus personnalisées, à pratiquer l’évaluation formative.
  • l’absence totale de connaissance professionnelle et d’intérêt porté au concept d’attention et de mémoires
  • la difficulté technico-pédagogique de concevoir des durées et des rythmes variés, en concertation étroite entre équipe de direction et équipe enseignante
  • l’organisation d’un travail en équipe, en coopération et en solidarité improbable
  • la méconnaissance de quelques éléments en sociologie des organisations, et notamment en conduite du changement, autant pour les chefs d’établissement que pour les enseignants
  • le manque de soutien, formel et durable, de l’innovation dans l’établissement.

Différentes formes d’emploi du temps ont été expérimentées:

Il importe de se reporter aux travaux accessibles et fondés d’Aniko HUSTI[2], diversifiés et évalués, pour entrer de plein pied dans le « temps mobile » et ses possibilités ouvertes, telles que :

  • la séquence d’enseignement à durée variée, à la place de la durée unique de « l’heure de cours », pour toutes les disciplines. en alternant le travail en classe, en petits groupes et individuel,
  • l’alternance dans l’année des périodes à temps fort/temps faible de l’enseignement d’une discipline, par exemple le renforcement du français en 6e au début de l’année, en équilibrant les horaires de deux disciplines.
  • le travail au rythme individuel de l’élève à certains moments, par exemple: par quinzaine, l’élève peut consacrer plus ou moins de temps, selon les disciplines pour faire son travail, s’il en est besoin
  • la réduction à 45 minutes de l’unité de base qui permet d’une part des combinaisons de deux à trois unités largement plus intéressantes pour élèves et enseignants, d’autre part, le dégagement d’un capital-horaire pour permettre autre chose que du « cours » : interdisciplinarité, recherches, production etc…

Devenu « souple » et « mobile », l’emploi du temps n’est plus un « carcan », une tunique de Nessus[3] qui étouffe les innovations et les personnalités. Il apparaît comme un support d’une organisation raisonnée, managériale, des enseignements et des apprentissages, en classe, et dans l’établissement scolaire. Et il met en évidence, en valeur, pour les chefs d’établissement et pour les enseignants, des rôles et des fonctions qui ne sont plus en risque permanent de bureaucratie ou de répétition, mais qui reviennent à des cadres supérieurs, oeuvrant au cœur du devenir créatif de nos sociétés complexes.

Ce qu’il y à faire pour faire « autrement »

Lors de formation ou d’accompagnement d’équipes en établissement, j’ai toujours posé la question du « déclencheur »: « comment tout cela a débuté ?« .

Plusieurs éléments reviennent de manière combinatoire, c’est à dire qu’un seul ne peut suffire, mais trois au moins corrélativement, à savoir:

1- une envie de faire qui se formalise dans une organisation de la réflexion interne cherchant à élargir la base du groupe : un groupe, un comité de pilotage ou tout autre nom…

2- un « passeur » venu de l’extérieur, formateur, inspecteur, collègue-ressource, consultant, qui vient éclairer projets, questions, problématiques, mettre en contact; point d’intrusion, mais de l’accompagnement au changement, avec quelques ressources en appui.

3- Avoir la possibilité d‘étudier de près des cas de pratiques, en co-formation: rencontrer une équipe, aller voir un autre chef d’établissement

4- l’organisation plus structurée en une formation prospective de l’équipe; il s’agit de soutenir une compétence collective émergeante ; donner les clefs, les moyens de la régulation.

5- la mise en perspective dans une durée de trois ans, avec une année de franche réflexion, de préparation et de débats contradictoires et salvateurs professionnellement.

Ces conditions seront-elles en partie réunies pour nos lycées ? Qu’en faites-vous dans votre établissement ?


[1] I. PRIGOGINE et S. PAHAUT, Le temps aujourd’hui retrouvé, in L’Art et le Temps, Paris, éd. Albin Michel, 1985, p. 29

[2] Aniko HUSTI, La dynamique du temps scolaire, éd. Hachette, Paris, 1992, et des vidéos en ligne sur http://lewebpedagogique.com/diversifier/tag/aniko-husti/

[3] Nessus, un centaure, tenta d’enlever Déjanire (femme d’Héraclès). Alerté par les cris de sa femme, Héraclès abattit le centaure. Mais avant de mourir, Nessus offrit à Déjanire sa tunique imprégnée de sang en lui disant de la donner à Héraclès si celui-ci était infidèle. Quelques années plus tard, doutant de la fidélité de son mari, Déjanire lui fit porter la tunique. Le poison qui imprégnait le tissu attaqua la peau d’Héraclès. Ce dernier demanda qu’on le brûlât tant la douleur était insupportable.

Sommes-nous victimes du « sortilège de Bunuel » ? autour de l’expérimentation au lycée

Ou la petite métaphore de l’auto-enfermement qui nous menace, pas seulement au cinéma

La lecture de quelques blogs consacrés actuellement aux débats sur l’expérimentation au lycée, sur les « pièges », sur les intentions voilées du ministre, sur les impossibilités ou autres obstacles, me pousse à reprendre la métaphore que nous avions déroulée avec André de Peretti, intitulée « sortilège de Bunuel ».

 

Est-il possible d’ouvrir des portes ouvertes ? Rien n’est moins sûr !… C’est question de conviction. Et c’est à examiner notre rapport aux « portes » que nous entraîne un film de Luis Bunuel[1], L’Ange exterminateur, dont voici d’abord le script.

Nobile, riche aristocrate de Mexico, invite ses amis à dîner dans sa luxueuse maison de la rue de la Providence. Quelques faits bizarres se produisent : des domestiques partent sans expliquer leur comportement, le groupe connaît une impression de déjà vécu, Ana retire de son sac deux pattes de poulet alors que Blanca joue au piano une sonate de Paradisi. Et voici qu’une étrange absence de volonté empêche les invités de franchir les limites du grand salon. Sentant venir la fatigue, les invités campent sur place.

A l’aube le sortilège continue, il est impossible de sortir du salon. Le vernis des conventions disparaît, les belles manières font place à l’égoïsme le plus brutal. Un cadavre est caché dans un placard, deux amoureux se suicident, on perce les canalisations pour boire.

Le sortilège cesse après que l’un des invités ait eu l’idée de replacer chacun dans sa position initiale, au moment de la sonate de Paradisi, Les naufragés de la rue de la Providence sortent… Tout le monde se retrouve dans la cathédrale pour un Te Deum de remerciement. C’est là que le sortilège recommence alors que des émeutes éclatent dans les rues.

Nous pensons de ce film de Bunuel, l’Ange exterminateur , que tout enseignant, tout éducateur, devrait l’avoir vu parce qu’il est significatif des risques de paralysie et d’auto-fermeture que l’on peut avoir dans la vie sociale, et que l’on peut déjouer.

L’histoire, on la rappelle rapidement, réunit une soixantaine de personnes que, après avoir vu un opéra, viennent souper dans une magnifique maison à Mexico. Là, brusquement, le personnel de maison sent qu’il faut qu’il s’en aille, car les gens veulent rester entre eux ; alors, commence une série de dialogues, avec ce que nous savons s’exprimer, selon Bunuel, du « charme discret de la bourgeoisie ». Mais cela pourrait être aussi le fait d’intellectuels parisiens notamment ou de profs qui savent pratiquer des échanges de petites méchancetés, de manière à ne pas paraître être ce que l’on est en faisant croire qu’on est autre chose que ce que l’on est…

Tout cela s’exprime drolatiquement, inconsidérément, avec le génie de Bunuel. Brusquement, une personne se met à chanter et une fois qu’elle a chanté, il se passe que nous proposons d’appeler « l’effet-Bunuel » : chaque personne convainc chaque autre personne que les portes de la maison sont fermées, que l’on est allé vérifier, et que ce n’est donc plus la peine d’aller voir ce qu’il en est. Il s’ensuit une complicité d’auto-enfermement : on ne peut rien faire, on n’a rien à faire, il n’y a pas de pouvoir ni de décision. Il y a donc une démission consentie.

Après cela, bien entendu, il se passe sur l’écran beaucoup de choses, les gens se font encore des confidences plus ou moins vraies, ils amènent des relations inattendues. Puis on voit que passent, est-ce vrai ou est-ce un fantasme ou les deux à la fois, des bras coupés. Bien sûr, les gens se sont symboliquement mais pratiquement coupés les bras, les gens se sont ligotés. Et il y avait un cadavre !

A un moment donné, moment extérieur d’espérance, au-dehors, un gamin d’une douzaine d’année, qui tient un ballon, va aller ouvrir la porte réputée close. Tout le monde regarde. Il y a avec les badauds le commissaire de police, le préfet, tout le monde, toutes les autorités sont là, parce tous s’étaient dit consensuellement que si les gens à l’intérieur ne peuvent pas sortir, c’est qu’on ne peut pas entrer, ‘est qu’on ne peut pas aller à leur secours.

Mais au moment où le gamin va ouvrir la porte (qui est effectivement ouverte), par manque de chance, un coup de vent vient et le ballon s’en va. L’enfant candide court après le ballon. Résultat : il n’ouvre pas la porte. Alors les choses continuent dans leur fermeture, jusqu’au moment où, pour finir, à l’intérieur, chacun ayant repris sa place initiale, la dame qui avait chanté dit : « mais enfin, après que j’ai chanté, on a dit que les portes étaient closes, et si on allait voir. Allons voir ». Ils vont voir et effectivement les portes sont ouvertes. Mais le doute recommence ensuite sans tarder, dans une église où ils viennent chanter un Te Deum pour célébrer leur libération : celle d’une nécessaire fermeture, d’une conviction à l’auto-enfermement. Quand les trois prêtres vont vers la sacristie, ils se retournent et s’aperçoivent que les gens à nouveau se mettent devant la porte et n’osent plus sortir. L’initiative reste interdite, taboue.

A l’envers de ces paralysies contagieuses et complices ou « magiques », il faut affirmer que, quelles que soient les circonstances et les menaces, dans la vie, notamment professionnelle, au-delà des portes fermées, il est opportun de savoir travailler en équipe, en réseau et en échanges réciproques, d’une façon rusée, grâce à laquelle la dissymétrie des différences entre les individus est compensée par la réciprocité de leur estime, de leur mutuelle affection et de leurs rapports de coopération consentie, étayant les initiatives de chacun, indispensable à tous.

Contre l’enfermement

Ce conte de Bunuel peut nous inviter, tout compte fait, enseignants, à ne pas nous co-enfermer, ou nous auto-enfermer, derrière une conception lourde autant que figée des programmes considérés comme constructions fermées et enfermantes : au lieu d’ouvrir des portes et de circuler souplement dans les pièces de ces programmes, en effectuant des choix libres qui nous sont reconnus statutairement, comme possibilités ouvertes à notre responsabilité professionnelle.

Cette liberté responsable vaut pour nos pratiques pédagogiques ou didactiques, organisationnelles ou évaluatives. Aussi bien, l’alerte de l’effet-Bunuel peut nous inciter à ne pas nous laisser bloquer dans une conception linéaire, restreinte, sans variété ni surprise, de notre activité d’enseignement : dans sa fonction organisatrice des relations entre les élèves, comme dans l’ajustement des emplois du temps, trop souvent émiettés en une kyrielle d’heures disjointes selon des disciplines distinctes, séparées, et sans synthèse interdisciplinaire. Rappelons que des recherches menées par l’INRP ont montré que des séquences d’enseignement de trois heures à la suite dans une même discipline se révèlent d’une efficacité très supérieure à l’enseignement dispensé en trois heures séparées, à tous les âges et pour toute les disciplines.

Il devient aussi urgent d’innover originalement : nous ne sommes pas condamnés, par mythe identitaire et « bunuellisme » à répéter des routines réductrices : ce qui serait « dérogeant » à l’éthique, à la noblesse de la pédagogie, en ce qu’elle est bien l’art de la fraîcheur et du renouvellement, de l’originalité créative et des stratégies inventives.

Dans l’enseignement, ce qui enferme, ce peut être donc :

  • une conception lourde et figée des programmes, pseudo-encyclopédique et obsessionnelle… !
  • une conception linéaire de l’activité d’enseignement,
  • une conception pesante, ou trop distante, de la relation aux élèves
  • une déficience d’ingénierie pédagogique

D’où proviendrait cette autosuggestion négative ?

Souvent, dans les institutions centralisées, les gens n’osent pas prendre les solutions et les décisions qui sont à leur portée. C’est une mise en impuissance collective. « Ce n’est pas possible, on a essayé » ; « les autorités l’interdisent ; , « c’est inutile avec les élèves tels qu’ils sont ». Ne retrouve-t-on pas ces litanies de la conservation d’une situation triviale, très fréquemment, dans notre système de formation et d’enseignement ? Cela pourrait provenir à la fois d’habitudes et aussi d’un déficit d’ouverture et de complexité organisée dans les formations des enseignants.

Nos collégiens ne s’autorisent pas assez à s’autoriser. S’il s’agit très souvent d’innovations à mettre en œuvre, ou d’accepter de nouvelles manières de faire, les enseignants français éprouvent une résistance qui tient au fait qu’ils craignent de faire du nouveau. Ils croient l’Institution, étatisée, beaucoup plus raide qu’elle n’est. C’est une vision fossilisante de celle-ci..

La position initiale de l’enseignant en France est pourtant liée à une conception individualiste, voire anarcho-syndicaliste, dans laquelle chaque enseignant est réputé propriétaire d’un poste dans les conditions où il est en état et en droit de faire les choses qui lui conviennent. Mais, en même temps, s’oppose l’existence du cadre institutionnel dans lequel les individus placent leur angoisse d’indépendance, avec des contraintes multiples de temps, de lieux, d’objectifs. Ce sont des conditions très contradictoires par rapport à leur élan d’individualisation ; elles risquent de pousser à un modèle moyen habituel et d’obérer en chacun la personnalisation créatrice.

On peut citer à titre d’amusement encore d’autres logiques contrariantes qui interfèrent dans la réalité des enseignants,

« Nous n’avons pas le temps »

« Nous n’avons pas été formé pour cela (nouvelles taches, nouvelles manières, nouvelles…) »

« Les élèves n’ont pas le niveau ».

« Autrefois, c’était mieux. »

« Que va dire mon inspecteur, nous ne sommes pas soutenus par l’Institution. »

« Les parents ne sont pas d’accord. »

Comment alors pousser les collègues à oser ouvrir la porte ?

Qu’est ce que chacun peut en effet faire dans le cadre d’une Institution, à la fois ancienne et apparemment très formatée ? Michel Serres (in Rameaux, sur le formatage du père) l’analyse bien : chacun doit enseigner ce qui provient des générations antérieures par le fait de la littérature ou de la culture ; il est nécessairement dans le formatage du père et ne s’autorise pas, trop naturellement, à être le fils capable d’initiative.

Il faut pourtant pour ce chacun se départir de ce sentiment de relative impuissance qui le conduit à un enfermement.

Il y a toujours, dans une clôture, des issues, des réalités faillibles, des interstices. Mais nous ajoutons trop inertement à la fixité des choses en les bouchant par un lancinant besoin de sécurité. Dans notre monde actuel, où cependant les réalités de toutes natures sont en train de changer très rapidement, il y a cependant plus grave péril à rester statique.

Enseignants, nous sommes de plus en plus Invités à créer : qu’est-ce qu’il est possible, à trouver comme solutions neuves qui permettent de faire originalement progresser nos élèves ? La donnée basique de l’Education a toujours été la Liberté pédagogique, depuis Jules Ferry et non se cantonner dans ce qu’on a vu ou entendu dans les pratiques de formation. Cela est bien rappelé dans une « Loi », celle de 2005, et de son article 34 (droit à l’expérimentation pédagogique).

Il est vrai, le travail relationnel est toujours anxiogène, a fortiori avec des groupes d’enfants. Un souci d’adaptation revient trop souvent à se donner une consistance défensive et conservative. On projette alors sur l’Institution des rigidités qu’elle n’a pas forcément. Les enseignants habitués à la compétition du système universitaire pensent le système scolaire comme celui d’individualités en concurrence, avec des liens méfiants. La difficulté de communiquer professionnellement est évidente.

Les implications pour penser la formation des enseignants et l’enseignement aux élèves sont nombreuses pour assurer la variété, les choix possibles d’organiser les classes, les alternatives de progressions, préparant les élèves à la souplesse et non au psittacisme[2]. La richesse est celle du possible, la difficulté vient de la pauvreté et la rigidité « monogamme. »

Car on peut voir le programme de l’Enseignement comme un large catalogue de gammes, en possibilités offertes et non comme l’énoncé d’une menace impliquant que tout son contenu doit être fait. L’enfermement ici est excessif, quand n’est pas laissée une responsabilité de choix sur l’importance, l’intensité à accorder aux divers éléments.

L’autre enfermement réside dans la rigidité de notre évaluation : elle se veut habituellement absolue, définitive, sans discussion. Nous n’aimons pas la laisser apparaître comme si elle était un élément provisoire, indicatif, stimulant.

Il en résulte le danger d’arriver à une identification entre la nature de l’élève et le produit éphémère de son travail, bloquant devant lui des portes d’avenir et de vie.

Au surplus, chaque enseignant, chaque discipline s’étant fermée, l’intercommunication et les choix ne se font pas. Il n’y a de « portes » pour des adaptations. L’égalité s’enferme dans l’identité, c’est-à-dire dans la clôture de chacun sur soi. On confond uniformité et uniformisation, de quoi mettre à « cran » les jeunes décrits comme « nuls », ou « insuffisants », oralement et par écrit, ou sur écran.

Qu’en pensez-vous ?


[1] Au départ, le film s’intitulait « Les naufragés de la rue de la providence ». le titre définitif a été suggéré à Bunuel par un de ses amis dramaturges qui l’envisageait pour une pièce de théâtre. Le titre, référence à l’Apocalypse était libre de droit et Bunuel l’a utilisé pour son film.[2] psittacisme : vient de perrroquet : répétition mécanique de notions qui n’ont pas été assimilées.

Former à l’innovation, innover dans la formation

Le mot même d’innovation agit comme « attracteur étrange », attractif et répulsif à la fois.  Il nous amène à le décanter, décrypter, disséquer, incarner, décoder; en éducation, ce n’est pas forcément un concept, et d’une certaine manière, il peut faire écran à d’autres réalités qui travaillent aujourd’hui nos « corps » et nos structures de l’éducation et de la formation.

A l’occasion d’une formation de formateurs (directeurs, conseillers pédagogiques) à Paris, sous l’intitulé « diversifier ses pratiques de formation », nous avons procédé à l’évaluation à chaud en sollicitant des participants plusieurs contributions écrites courtes et imaginatives.

niveau (1) satisfaction

L’un des procédés a consisté à s’appuyer sur deux acrostiches: « formation » à compléter par des mots libres pour exprimer son niveau (1) de satisfaction; puis « diversifier » toujours en acrostiche, à compléter par des verbes libres pour exprimer ses différentes acquisitions (2)  développées pendant toute la formation (4 jours sur 5 mois).

niveau (2):: acquisitions

Les résultats ont été mis en « nuages de tags » grâce à l’astucieux logiciel en ligne sur wordle.net; ces deux nuages aux choix graphiques, visuels et esthétiques, peuvent expriment mieux que d’autres moyens ce que les personnels ont pu développé, trouvé à l’occasion de la formation.

Ils attestent que l’innovation en éducation et en formation prend forme sous d’autres mots plus « professionnels » que la simple incantation-obstacle; les choix de vocabulaire renvoient trés directement à des compétences en actes, des postures, des valeurs aussi profondes que nos systèmes ne permettent pas toujours de travailler plus explicitement.

Ainsi, il n’est pas sûr que l’évaluation dans nos formations soit supportée par les instruments les plus adaptés; et il conviendrait dans une certaine mesure d’innover aussi … dans l’évaluation.

Innover, c’est faire l’inventaire expert… à la manière de Picasso

L’extraordinaire et rare exposition du Grand Palais en ce moment à Paris consacrée à Picasso et ses maîtres conjugue des oeuvres jusque là jamais rassemblées en un même lieu; et nous permet d’accéder à une dimension de l’artiste Picasso, souvent cachée ou méconnue, tellement l’esprit public célèbre le génie en occultant la dimension du travail expert et du temps.

Portrait d'un artiste, (Jorge Manuel Theotokopulus) Doménikos Theotokopoulos dit ''El Greco'' et Yo, Picasso , pablo Picasso (détails)

Portrait d’un artiste, (Jorge Manuel Theotokopulus) Doménikos Theotokopoulos dit « El Greco » et Yo, Picasso , pablo Picasso (détails) succession Picasso, 2008 et Museo de bellas Artes, Séville
Grand nu debout, Pablo Picasso et Femme nue debout, Paul cézanne (détails)

Grand nu debout, Pablo Picasso et Femme nue debout, Paul cézanne (détails) Succession Picasso, 2008 et Collection particulière
Madame Moitessier, Jean Auguste-Dominique Ingres et Grand nu au fauteuil rouge, Pablo Picasso (détails)

Madame Moitessier, Jean Auguste-Dominique Ingres et Grand nu au fauteuil rouge, Pablo Picasso (détails) Succession Picasso, 2008 et The National Gallery, Londres
Matador saluant, Edouard Manet et Le Matador, Pablo Picasso (détails)

Matador saluant, Edouard Manet et Le Matador, Pablo Picasso (détails) Succession picasso, 2008 et The Metropolitan Museum of art, New York
L'infante Marie Marguerite, Diego velàsquez et L'Infante Marguerite, Pablo Picasso (détails)

L’infante Marie Marguerite, Diego velàsquez et L’Infante Marguerite, Pablo Picasso (détails) Succession Picasso, 2008 et Musée du Louvre, Paris
Maja Denuda, Francisco de Goya et Nu couché jouant avec un chat, Pablo Picasso (détails)

Maja Denuda, Francisco de Goya et Nu couché jouant avec un chat, Pablo Picasso (détails) Succession Picasso, 2008 et museo Nacional del Prado, Madrid
Ces quelques rapprochements stupéfient par la connaissance intime des Grands Maîtres espagnols du Siècle d’or, comme de ses contemporains français; Picasso lors de ses séjours successifs à Paris, Barcelone, Madrid, a eu une fréquentation assidue des lieux muséaux, mais aussi c’était un fanatique des reproductions en cartes postales (d’où d’ailleurs les variations de format et de couleurs, souvent du noir et blanc).
Ici sont rapprochés deux oeuvres; mais il faut imaginer des dizaines de transpositions, d’essais et d’erreurs, de convergence entre différents styles, en couleurs variées ou non; le plus connu étant la superposition du tableau du « Massacre des Innocents » et de « l’Enlèvement des Sabines » au moyen d’un appareil diapo. Cela donne une oeuvre puissante de force virile, et pleine dans son cadre.
Ainsi donc, loin d’être un pastiche ou une copie, l’oeuvre de Picasso est novatrice, créatrice; elle touche encore aujourd’hui le regard de nos contemporains.
Cette courte évocation de la création à la Picasso nous invite à penser dans notre domaine propre de la chose éducative et formative que toute innovation créatrice de notre temps ne peut que gagner de bien connaitre son « genre » et son « style », qu’il y a un intérêt élevé, voire à présent stratégique, à étudier avec patience, les pratiques, dispositifs et organisations, anciennes ou récentes. C’est une voie professionnelle qui pourrait nous aider à élaborer par exemple ce que pourrait être le « nouveau lycée »….
Nous pourrions donc nous inspirer de Picasso, oser de le copier, oui, en édictant 10 principes en innovation:
1. Il n’y a pas de création sans passion et sans travail
2. Être en permanence à la recherche de la différence
3. Développer sa capacité à se remettre rapidement en question
4. Construire la connivence créative
5. Entretenir des réseaux créateurs d’innovateurs
6. Cultiver de multiples sources d’inspiration
7. S’ouvrir à l’intelligence du changement
8. S’inspirer des grands maîtres
9. Être un véritable sismographe de son marché
10.Vivre avec humour et passion dans le monde d’aujourd’hui
Portrait d'un artiste, (Jorge Manuel Theotokopulus) Doménikos Theotokopoulos dit ''El Greco'' et Yo, Picasso , pablo Picasso (détails)

Portrait d’un artiste, (Jorge Manuel Theotokopulus) Doménikos Theotokopoulos dit « El Greco » et Yo, Picasso , pablo Picasso (détails) succession Picasso, 2008 et Museo de bellas Artes, Séville
Grand nu debout, Pablo Picasso et Femme nue debout, Paul cézanne (détails)

Grand nu debout, Pablo Picasso et Femme nue debout, Paul cézanne (détails) Succession Picasso, 2008 et Collection particulière

Madame Moitessier, Jean Auguste-Dominique Ingres et Grand nu au fauteuil rouge, Pablo Picasso (détails)

Madame Moitessier, Jean Auguste-Dominique Ingres et Grand nu au fauteuil rouge, Pablo Picasso (détails) Succession Picasso, 2008 et The National Gallery, Londres

Matador saluant, Edouard Manet et Le Matador, Pablo Picasso (détails)

Matador saluant, Edouard Manet et Le Matador, Pablo Picasso (détails) Succession picasso, 2008 et The Metropolitan Museum of art, New York
L'infante Marie Marguerite, Diego velàsquez et L'Infante Marguerite, Pablo Picasso (détails)

L’infante Marie Marguerite, Diego velàsquez et L’Infante Marguerite, Pablo Picasso (détails) Succession Picasso, 2008 et Musée du Louvre, Paris

Nature morte à la tête de mouton, Francisco de Goya et Nature morte au crâne de mouton, Pablo Picasso (détails)

Nature morte à la tête de mouton, Francisco de Goya et Nature morte au crâne de mouton, Pablo Picasso (détails) Succession Picasso, 2008 et Musée du Louvre, Paris
Maja Denuda, Francisco de Goya et Nu couché jouant avec un chat, Pablo Picasso (détails)

Maja Denuda, Francisco de Goya et Nu couché jouant avec un chat, Pablo Picasso (détails) Succession Picasso, 2008 et museo Nacional del Prado, Madrid

Le Cygne noir a-t-il du sens en éducation ?

Quel est le point commun entre l’invention de la roue, Pompéi, le krach boursier de 1987, Harry Potter et Internet ? Ce livre révèle tout des Cygnes Noirs, ces événements aléatoires, hautement improbables, qui jalonnent notre vie : ils ont un impact énorme, sont presque impossibles à prévoir, et pourtant, a posteriori, nous essayons toujours de leur trouver une explication rationnelle. Dans cet ouvrage éclairant, plein d’esprit et d’impertinence, Taleb nous exhorte à ne pas tenir compte des propos des « experts », et nous montre comment cesser de tout prévoir ou comment tirer parti de l’incertitude. A découvrir.

Libano-américain, Nassim Nicholas Taleb est écrivain et philosophe des sciences du hasard. Depuis 2007, il est l’essayiste le plus lu et le plus traduit dans le monde. Ancien trader des marchés, Taleb se consacre aujourd’hui à l’écriture et enseigne les rapports entre l’épistémologie et les sciences de l’incertitude à l’Institut polytechnique de la New York University où il a reçu le titre prestigieux de distinguished professor. Best-seller traduit en vingt-cinq langues, son premier ouvrage, Le Hasard sauvage a paru aux Belles Lettres en 2005.

« Taleb a changé notre façon de penser l’incertitude. » Daniel Kahneman, prix Nobel.

De lui, on dit qu’il est le « penseur de l’incertitude ». C’est son dernier livre, « The Black Swan », autrement dit « le cygne noir », qui peut servir de clé de lecture à certains des événements spectaculaires qu’a connus la planète au cours des dernières années. Qu’est-ce qu’un « cygne noir » ? C’est, affirme Taleb, « tout ce qui nous paraît impossible si nous en croyons notre expérience limitée ». L’expression a du sens. Dans l’hémisphère nord, tous les cygnes sont blancs. A force de les observer, on pourrait conclure qu’il n’en existe pas d’une autre couleur. Et puis, un jour, on prend l’avion pour l’Australie et on découvre, interloqué, que, là-bas, les cygnes sont tous noirs…

Pour mieux préciser les choses, Nassim Nicholas Taleb estime que le « black swan » est un événement qui possède trois caractéristiques. En premier lieu, il s’agit « d’une observation aberrante », car rien, dans le passé, n’a laissé prévoir de façon convaincante et étayé sa possibilité. Qu’un trader lambda puisse faire perdre 5 milliards de dollars à la Société Générale n’a ainsi jamais fait partie des hypothèses plausibles au sein de cette banque qui a longtemps été perçue comme efficace en matière de contrôles internes.

En second lieu, cet événement inattendu a des considérations considérables. « Considérez le grain de poivre et mesurez la force de l’éternuement », dit un proverbe persan. Et c’est bien de cela qu’il s’agit. Jérôme Kerviel, par ses agissements supposés, a mis en branle une mécanique dont on ignore encore toutes les conséquences. Certes, la Société Générale semble décidée à se battre pour continuer à rester indépendante mais personne ne peut affirmer aujourd’hui qu’elle ne sera pas rachetée par l’une de ses concurrentes. Pire, qui peut exclure que d’autres fraudes ne seront pas découvertes dans les prochaines semaines et, de toutes les façons, qui peut affirmer à cent pour cent que la « Soc Gen » se relèvera de ce scandale ?

La troisième et dernière caractéristique est liée à la nature humaine et à notre besoin permanent de rationaliser et de donner de la cohérence au monde et aux événements qui nous entourent. Pour le philosophe, le « cygne noir » est aussi un événement vis-à-vis duquel nous « élaborons toujours après coup des explications qui le font paraître plus prévisible et moins aléatoire » qu’il n’était vraiment. En clair, c’est un événement dont nous cherchons coûte que coûte à gommer le caractère inattendu ou improbable.

Au lieu d’élaborer une pensée « probabiliste complexe », nous continuons à voir le monde à l’aune de la courbe de Gauss, c’est-à-dire, quelques rares extrêmes de part et d’autre et une cloche où se concentre la plus grosse moyenne. Or, justement, les « cygnes noirs » sont autant d’événements pour lesquels la courbe de Gauss n’est pas valable. L’occurrence de tremblements de terre, de tsunamis ou de crises financières ne peut se décrire qu’avec des modèles mathématiques plus compliqués que la courbe de Gauss.

En partant de ces constatations, Taleb propose un prolongement intéressant du concept de « cygne noir ». Pour lui, nous ignorons le monde tel qu’il est parce que nous pensons que, grosso modo, nous partageons tous le même quotidien. Or, la réalité, c’est que notre monde est de plus en plus régi par des éléments qui échappent à la courbe de Gauss et que le philosophe qualifie « d’Extremistan » ce qui, en employant une expression triviale, pourrait se résumer par « un monde de toujours plus et d’encore plus ».

La conclusion est plutôt positive : soyons ouverts au « différent » à l’improbable, à l’inconnu, à la surprise (donc au démenti et à la critique) et tirons profit des cygnes noirs. Cette conclusion optimiste me paraît typiquement américaine et illustre un des ressorts du dynamisme de ce pays ; la même expérience personnelle, professionnelle et de recherche en France aurait pu mener à un livre pessimiste et grinçant. D’ailleurs, Taleb aurait-il pu être universitaire chez nous et faire les recherches approfondies qui font la solidité de ce livre à la bibliographie impressionnante ?

(d’aprés les critiques de CLioweb et de http://www.bakchich.info/article2665.html)

Prends un siège, Cinna ! Mais lequel ? le choix et l’audace en éducation

On a pu évoquer à propos de pratiques routinière de l’enseignant la « pédagogie de la chaise », pour qualifier un style de conduite de classe, sans déplacement, sans présence directe auprès des élèves, dans une situation où tout passe par l’oralité d’un message descendant.

La chaise, c’est le pouvoir !

De fait, l’inspiration statique de l’enseignement vient de loin ! Sans être un Deux ex machina, l’enseignant puise une partie de son imaginaire professionnel dans un enseignement « ex cathedra », ainsi l’on peut qualifier le cours magistral, de « magister », celui du maître.

La chaise renvoie à des pratiques symboliques de la monstration du pouvoir historiquement et socialement situé. Le trône de l’Empereur auguste, celui que l’Occident connaît sous le vocable de « trône de Charlemagne » à Aix la Chapelle, est à l’emplacement stratégique entre Terre et Ciel, véritable médiation du pouvoir théocratique.

Chaque église cathédrale, dans chaque cité médiévale, de notre Occident chrétien, dispose en son chœur de la cathèdre de l’évêque : de ce lieu de pouvoir, il y rendait la justice et prodiguait le message de la foi. Les mosquées de l’Espagne musulmane connaissent l’équivalent.

Il est aisé de comprendre que les enseignements, prodigués alors sous l’égide ecclésiastique, s’inspirèrent directement de ce modèle d’exercice : l’Université médiévale nous livre quelques enluminures où le maître « professe » , c’est-à-dire qu’il porte la Parole, la Connaissance à ses élèves.

Cette hiérarchie matérielle et toute symbolique se retrouva dans la vie civile et domestique, ainsi que le restitue la “chambre” médiévale recréée au Musée des arts décoratifs à Paris, où l’on voit la cathédre, le banc et le tabouret. L’objet situe son “propriétaire” et lui confère un rang, même dans la vie familiale.

La chaise, un concept philosophique de la formation

Souvent encore une pratique dominante, surtout dans les degrés élevés de la pyramide de formation ou dans les situations de conférence.
Effectuée par un cerveau “vierge” et toujours disponible, l’acquisition d’un savoir est le résultat direct d’une transmission. Dans l’enseignement, c’est la routinière présentation des données, illustrées ou non.

Cette pédagogie “magistrale”, “frontale” suppose une relation linéaire et directe entre un émetteur ” (enseignant, journaliste), détenteur d’un savoir et un récepteur (élève ou grand public) qui mémorise successivement des messages.

La pédagogie du cours magistral prend appui sur les travaux du philosophe anglais John LOCKE (Essai sur l’entendement humain, 1693): il présente l’idée révolutionnaire pour l’époque que nos images, nos pensées sont le fruit de notre seule expérience. Contrairement aux rationalistes, qui ne jurent que par la croyance en une raison innée, le cerveau est pour lui une tabula rasa, c’est à dire un “tableau vierge” ou une pièce sans meubles. Le rôle du maître est d’exposer clairement, de montrer avec conviction, éventuellement de répéter.

La chaise, modèle unique de dispension du savoir

Ce modèle a obtenu un quasi-monopole à l’école, à l’université et dans toutes les formes de médiation. Il est vrai que cette conception de l’apprendre peut être très efficace…

Cependant, le résultat de son emploi s’avère féroce: le message n’est entendu que s’il est attendu ! En d’autres termes, l’apprenant et le médiateur doivent se poser le même type de question, avoir le même cadre de référence (vocabulaire compris) et une façon identique de raisonner.

Encore faut-il qu’ils aient en plus le même projet et qu’ils donnent le même sens aux choses. Quand tous ces ingrédients sont réunis, un exposé, une présentation est le meilleur moyen de faire passer le maximum d’informations dans le minimum de temps.

Une invitation à la diversification des chaises

Nous vivons une mutation d’âge, un sociologue écrit que nous sommes passés de l’ère quaternaire à l’ère quinternaire. Je symbolise ce changement d’une autre manière, symbolique qui se rapporte à la nature des relations entre un décideur et l’ensemble des autres personnes d’une entreprise. Nous passons d’une époque dominée par les modèles des empires des mers, ce que Fernand Braudel a appelé «l’ère thalassocratique», à une époque «aérocratique». Les États qui possédaient une marine, dominaient le monde ; les empires coloniaux étaient d’abord des puissances maritimes.

L’expansion du 19ème siècle a vu les usages maritimes s’inclure, consciemment ou inconsciemment, dans le fonctionnement de l’organisation sociale. C’est-à-dire, un seul maître à bord, ses décisions sont immédiatement exécutées par une foule d’interprètes, il n’y a pas de communication réciproque. Le maniement de la lunette, du porte-voix, du sextant est réservé, par conséquent c’est une direction sans retour possible, sans feed-back. Ce modèle s’est déplacé dans le système taylorien, la division entre ceux qui savent et décident, et entre ceux qui exécutent, nombreux, séparés et surveillés.

C’est le rêve panoptique de Bentham : une surveillance constante de chacun, par la vue, le sens de l’ouïe étant délaissé, l’oreille ne sert qu’à entendre l’ordre et non à écouter. Ce modèle a construit la fin du 19ème siècle et très largement le 20ème siècle, et c’est ce modèle qui demeure dominant, avec les résultats qu’on lui connaît. (…)

Warren Benis, compagnon de Kurt Lewin dans la création de la dynamique de groupe, disait que nous sommes entrés dans l’époque de la succession accélérée des systèmes sociaux temporaires. Il faut le vivre, ce qui suppose des enseignants qui ne soient pas ritualisés, rigides, compassés ; ce qui suppose des structures de travail autres que celles des cours en amphithéâtre, ou des travaux dirigés. Les chefs d’entreprise nous demandent, et ils ont raison, de préparer des individus qui s’adaptent aux changements incessants.

Mais, cette souplesse évolutive, cette rapidité n’est pas constituée chez les jeunes, ils sont très «popotes», conditionnés par les manières de travailler, et les routines qui s’établissent. Pour vivre cette époque de changements accélérés, il faut de l’activité, du dynamisme, de la joie d’être, d’apprendre, d’enseigner…

La chaise, un concept pour un atelier créatif

A l’occasion d’une formation de formateurs du 1er degré (directeurs d’école, conseillers pédagogiques, IMF) à Paris en février 2008, nous avons pu bénéficier de l’accueil et de l’encadrement expert du service pédagogique du Musée des arts décoratifs (107, rue de Rivoli).

Consacré à la diversification des pratiques de formation, le temps de travail a été enrichi d’abord par une visite très sélective des collections du musée sur le thème de la « chaise » : un parcours étonnant qui par un objet du quotidien, somme toute fonctionnelle, a pu faire entrer dans l’histoire, mais aussi dans les techniques et dans les usages sociaux, politiques et artistiques, les personnels.

Nous avons testé l’atelier créatif où il s’est agi de partir de quatre matériaux de base pour retrouver le concept de « chaise ». Fil de fer, planche de mousse expansée, plastique semi-rigide et papier ont tourné dans les mains de nos formateurs.

Les résultats sont tout à fait étonnants…. De diversité, de créativité et d’invention, mais aussi de ratages prolifiques.

Ou comment partir d’un contenu conceptuel et complexe, et enrichi de quelques connaissances éclairantes sur les types et usages, l’on s’essaie à la transposition et à l’expérimentation.

Il a été tout aussi intéressant d’échanger avec la responsable du service, Isabelle Grassart, sur sa recherche de dispositifs et solutions efficaces pour faciliter l’accès à la connaissance des publics scolaires, enseignants et élèves, tous niveaux confondus.

Elle nous a parlé somme toute de pédagogies nécessairement diversifiées, mais aussi de différenciation, de transposition didactique et de conduite de projet. Notre métier en un résumé très inattendu et fertile en réflexions sur soi.

Résolutions aléatoires mais innovantes, les vôtres seront les meilleures

On dit souvent qu’en innovation, il convient de savoir jouer avec la complexité et une part d’aléatoire; savoir apprivoiser l’inattendu pour en faire un point d’appui.

Je vous propose donc pour 2009 de retrouver  l’unique Générateur Interactif de Bonnes Résolutions version 6.0, avec plein de nouvelles combinaisons. Merci à Luciano pour cette réalisation

cliquez 1, 2, 3, 4, et découvrez votre résolution unique !

Oserez-vous croquer la pomme ? Entre autorisation, autonomie et empowerment…

Meilleurs voeux pour tous nos amis lecteurs qui découvrent ces quelques pages ou sont abonnés à ces ressources consacrées à l’innovation et à la formation en éducation.

Notre « visuel » s’ancre sur la métaphore riche de la pomme; il a fallu oser et transgresser pour que l’histoire se fasse au sens propre; appelons à notre mémoire la représentation de Cranach l’ancien: où Eve proposa à Adam la pomme interdite par la Loi divine, cause et début de nos maux modernes, dont le travail, l’éducation.

Cependant, oser, s’autoriser signifie-t-il toujours transgresser une Loi ? ou sa propre Loi interne ?

L’étymologie nous renseigne sur ce point: autoriser vient de « augeo » en latin, à savoir augmenter, accroitre. S’autoriser, c’est accroitre son domaine d’intervention, ses compétences, transgresser ses propres limites, et finalement, pour quels risques ?

Ce que nous montre l’observation bienveillante, attentive mais aussi analytique des expérimentations actuelles dans nos établissements, c’est que la capacité à l’innovation n’est pas fonction des lois externes, mais dépend en grande partie du potentiel interne des acteurs et de la combinatoire complexe de leurs compétences.

Nous pouvons alors retrouver une approche anglo-saxonne, difficilement traduisible dans notre langage: celle du concept d’empowerment:

L’innovation, c’est tout cela dans des actes visibles, formels et symboliques. A nous de les favoriser, de les rechercher, de les valoriser aussi.

Encore une fois, bonne année !

Innovation en décembre, rentrée en janvier !

Une fin d’année chargée, à tous niveaux, nous interpelle: l’école, le lycée sont chamboulés, les élèves dans la rue; les enseignants disent leurs charges alourdies; les échanges numériques se raréfient; il se passe quelque chose dans notre Education qui « travaille » nos métiers, nos relations, nos organisations.

C’est pourquoi il est intéressant de profiter de quelques repos mérités pour découvrir ce numéro des Dossiers de l’Ingénierie éducative du CNDP, consacrée à … l’innovation: « attracteur étrange », où le concept se définit plus par ses atours que par ses caractéristiques; tout le monde en parle, mais personne ne l’a vraiment vu. … Quoique. Parlons-en ?

L’INNOVATION PEDAGOGIQUE,
N° 63-64, octobre-décembre 2008

Éclairer une notion et proposer des exemples concrets, renforcer chez les enseignants innovants le sentiment d’appartenir à un mouvement, leur donner l’envie de continuer.

Compléments en ligne
Liste d’adresses
« Un point d’actu » : Simulation-Modélisation
Potentiel et limites des outils en technologie, mathématiques et SVT.
Sommaire détaillé et articles en téléchargement
Les articles ici proposés en téléchargement sont au format Acrobat d’Adobe.
Éditorial
Faut-il dire « i-novation » ?
Ce Dossier aurait pu s’intituler « L’i-novation », tant les TICE paraissent y inscrire leur marque, tant elles entretiennent des relations étroites avec elle depuis l’origine, ne serait-ce qu’en raison des intentions de leurs initiateurs, qui y voyaient un moyen de développer les pédagogies actives et l’autonomie de l’élève, d’agir sur l’organisation des équipes et des emplois du temps, d’inciter à l’interdisciplinarité, de lutter contre l’échec scolaire.

Le risque de confusion entre innovation technique et innovation pédagogique subsiste évidemment. Pour essayer de le dépasser, nous avons regroupé nos interlocuteurs en trois groupes distincts :
– des passeurs, pour qui l’innovation doit être interrogée sur la transférabilité de ses expériences entre enseignants et sur celle des compétences qu’elle développe chez les élèves ; qui parient, en dépit du contexte, sur ses capacités d’extension, sur l’efficacité des acteurs en réseau, sur les forums consacrés au sujet par le secteur associatif ;
– des enseignants qui tentent de dépasser le stade de la spontanéité individuelle et d’élaborer une réflexion sur ce que leurs pratiques de classe comportent d’innovant ;
– et des enseignants isolés qui présentent ce qu’ils ont imaginé faire en classe, sans juger nécessaire de préciser à chaque instant ce que leurs initiatives recèlent d’innovant : TICE au quotidien, usages déjà bien intégrés, savoir-faire implicites, souvent maintenus dans un état d’invisibilité proche de la non-reconnaissance.

Ces trois groupes entretiennent des liens ténus, nous ne les relierons pas par des passerelles artificielles. Il suffit que les expériences mises en avant puissent être considérées comme porteuses de micro-ruptures utiles et que le discours de l’innovation soit parfaitement conscient des conditions dans lesquelles la créativité pédagogique – qui sert de régulateur dans l’évolution des formes de l’enseignement – a quelque chance d’être renforcée.
Le but de ce numéro : éclairer une notion et proposer des exemples concrets, renforcer chez les enseignants innovants le sentiment d’appartenir à un mouvement, leur donner l’envie de continuer.

Enjeux et Initiatives
Un débat développé entre des chercheurs et des enseignants précède les réponses données par trois grands témoins à la question : comment les innovations lancées par quelques-uns peuvent-elles avoir un effet d’entraînement sur le plus grand nombre ? Et, pour considérer le problème sous un angle différent, cette interrogation : quelles comparaisons établir entre l’entrée de la télévision dans l’espace scolaire et celle, ultérieure, des TIC ?

Innovation pédagogique : la notion, des pratiques : table ronde
Dès que le thème de ce Dossier a été programmé, organiser une table ronde est apparu comme une double nécessité :
– confronter les avis sur le caractère innovant de l’intégration des technologies, sur leur impact dans la vie de la classe et dans celle des enseignants…
– mais surtout estimer la dynamique du changement dans un domaine qui a déjà une histoire.

À quoi sert l’innovation pédagogique ? Tribune libre
La base de données Innoscope recense sur le site du ministère de l’Éducation nationale des centaines d’actions et de projets pédagogiques innovants réalisés chaque année dans les établissements scolaires. De leur côté, des associations promeuvent l’innovation pédagogique en organisant des concours de projets ou en rassemblant des enseignants innovants, comme à Rennes en mars 2008. Malgré cela, malgré la reconnaissance et l’encouragement dont elle bénéficie, l’innovation pédagogique semble, dans notre pays, condamnée à la marge. Elle ne réussit pas à produire des effets visibles d’entraînement sur un système scolaire où les pratiques conservatrices demeurent majoritaires. L’investissement dans l’expérimentation pédagogique, la valorisation et la diffusion d’exemples de pratiques innovantes dans une perspective de contamination par « tache d’huile » ne parviennent pas à atteindre leurs objectifs. Les enseignants innovants se disent isolés, souvent marginalisés, et se lassent. L’innovation pédagogique ne servirait-elle en définitive à un système immobile qu’à donner l’illusion qu’il se transforme, sans désespérer la frange de ceux qui agissent de l’intérieur pour le changer ?
À lire

Écoles innovantes
Un pont entre les grandes questions que pose l’innovation pédagogique et les pratiques observées dans la mise en œuvre locale d’un programme international qui s’appuie sur les technologies numériques pour promouvoir le changement.

Le 1er Forum des enseignants innovants. L’innovation, au cœur de la classe et comme levier de changement du système éducatif
Les plus intéressantes des expériences rassemblées au cours d’une manifestation sont placées en évidence pour l’information de tous : quel profit l’institution souhaite-t-elle dès lors en tirer pour impulser une rénovation durable, continue ?

La télévision et les professeurs
Le rapport des enseignants à la télévision n’est qu’un pan de l’histoire de l’expérience télévisuelle à l’école et il est vrai que la mémoire qui en survit dans l’institution est celle où obstacles mentaux et barrages matériels cumulaient leurs effets pour rendre les nouvelles technologies suspectes aux enseignants. Aujourd’hui, ni l’environnement ni les acteurs ne sont les mêmes ; des politiques de formation et d’équipement ont été lancées à grande échelle. Cette fois, l’école française se réconciliera-t-elle avec la modernité ?
À lire (PDF, 252 ko)

Connaissez-vous vos élèves ? (suite) télé, ordi, et collège…

Selon une enquête de la CPAM et de l’académie de Paris, un élève parisien de 3e sur deux passe son temps libre face à la télévision, l’ordinateur ou la console de jeux.

Passer plus de trois heures par jour devant un écran et se coucher trop tard : c’est le quotidien de la majorité des élèves de 3e à Paris. En effet, ils seraient plus de 80 % à s’endormir après 22 heures et environ un sur deux à passer leur temps libre face à la télévision, l’ordinateur ou une console de jeux, selon une enquête de la CPAM et l’académie de Paris sur le comportement et la santé des collégiens de la capitale de la 6e à la 3e.

L’étude s’appuie sur les réponses à un questionnaire de 8 000 élèves dans treize arrondissements. Tabac, alcool, cannabis : la consommation s’accroît fortement entre la 6e et la 3e. En la matière, les filles dépassent même souvent les garçons. Elles sont en effet 32 % à boire contre 30 % de leurs camarades masculins en 3e, et 17 % à fumer contre 11 % des garçons. Leurs habitudes se rejoignent en matière de cannabis (10 %), mais l’usage de psychotropes serait un peu élevé dans l’Ouest parisien, réputé plus aisé. Enfin, les collégiens interrogés se disent heureux.

Quand il s’agit de «noter» leur vie, huit élèves sur dix donnent une note supérieure à la moyenne. « 30 % d’entre eux n’en parlent à personne quand ils ont un problème. C’est un signe de fragilité», relativise Jean-Pierre Giordanella, directeur de la prévention à la CPAM de Paris.

source: Le Figaro, 17 déc.

A rapprocher du travail de recherche et de sa publication en DVD sur les adolescents et le sommeil, déjà évoqué ici,

Penser à l’Ecole ? Vous n’y pensez pas ! autour des « ateliers philo »…

disponible sur demande (mel + adresse )

La mission « innovation et expérimentation » de l’académie de Paris a conduit l’enquête sur ces formes et dispositifs émergeants dans les endroits parfois étonnants où la pensée et la complexité sont autorisées pour les élèves, tous âges, tous niveaux (sauf… les Terminales).

Ainsi, dans un contexte où beaucoup de collègues peuvent être amenés à penser que tout est bouclé, que tout le programme, rien que le programme, seulement le programme, semble s’imposer, dans le même temps, des espaces de respiration, de temps suspendu de l’évaluation, de confidentialité et de construction de sens, se multiplient. Appellations diverses, modalités variées, inspirations différentes; et pourtant, ces pratiques partagent bien quelque chose: une considération positive pour tous les élèves, une ingénierie pédagogique fondée sur des éléments de pédagogie institutionnelle (tour de parole, rituels, coopération), un temps long et protégé pour apprendre ensemble … à s’écouter et à poser des questions ouvertes, universelles et nécessaires (dirait Kant).

Sommaire à découvrir

<!–[if supportFields]>  < ![endif]–>Préambule

Récits de pratique/Etudes de cas

Regard croisé sur les ateliers

Paroles d’élèves

Une principale de collège engagée dans des ateliers philo obligatoires

Des ateliers philo obligatoires au collège

Des ateliers de réflexion collective

Le « Club Philo » au Lycée Professionnel Erik Satie 2007/2008

Des lycéens en filière professionnelle parlent de leur club philo

Des ateliers philo dans le cadre du RASED

Le sport et les ateliers philo à l’école : un même engouement

Former aux ateliers philo : un point de vue

Un atelier philo avec des collégiens volontaires

Initiation à la philosophie au lycée professionnel Flocon

De la tradition de l’agora aux ateliers de philosophie pratique

Des ateliers de philosophie en DSA au collège Utrillo

Des ateliers philo au lycée professionnel Jenatzy

Des ateliers philosophiques en maternelle

Perspectives

Les pratiques à visée philosophique : un espace en construction.

Les 7 romans philosophiques de Matthew Lipman

Les enfants en difficulté et l’atelier philo

Dewey, la philosophie et l’action publique

Trois questions à Michel Tozzi

Un dialogue socratique libertaire : la discussion philosophique entre enfants

Une formation à la philosophie pour enfants à l’Université : l’exemple de Lille.

Prévention de la violence et philosophie pour enfants

« L’heure débat » : un espace de parole

Ressources

? Boîte à méthodes

? Charte des droits des élèves lors de l’atelier philo..

? Quelques exemples de supports déjà utilisés..

? Citations…

? Ressources jeunesse.

? Bibliographie….

? Ressources Internet…

? Organisations, associations…

Ont contribué à la revue: personnels et équipes

L’innovation européenne est-elle une réalité ? Assises européennes de l’innovation, 9 décembre 2008

PFUE-TV En prélude à l’Année européenne de l’innovation en 2009 (si, si), les premières « Assises européennes de l’innovation » se tiendront à Paris, Cité des sciences et de l’industrie, le 9 décembre 2008
Dans quelle mesure l’innovation ( et quelle innovation ?) peut-elle être un élément de réponse pour l’Europe à la crise économique et financière dans le contexte de la globalisation. Ce processus doit se poursuivre tout au long de l’année 2009.
Ces premières assises s’inscrivent dans une volonté de rénovation de la stratégie de Lisbonne : faire de l’économie de la connaissance, c’est-à-dire la recherche, l’innovation et la valorisation économique de la recherche le moteur du développement de l’Europe.

Partant du diagnostic d’une dissociation encore trop grande entre recherche fondamentale et recherche appliquée en Europe, et d’un financement privé de l’innovation technologique insuffisant,  malgré les efforts entrepris dans le cadre de l’Espace européen de la recherche, les «  assises européennes de l’innovation » doivent aboutir à des propositions concrètes élaborées par les acteurs de terrain et relayées ensuite au niveau politique, pour stimuler l’innovation en Europe.

Cet événement rassemblera des acteurs de l’innovation venant de tous les pays d’Europe : chercheurs, universitaires, grandes et petites entreprises innovantes, créateurs de jeunes entreprises innovantes, acteurs de la culture scientifique, spécialistes de la propriété intellectuelle, des financements des petites et moyennes entreprises, des capitaux risques, des fonds d’investissement pour financement à risque et création d’entreprises, responsables d’entreprises et d’organismes de valorisation de la recherche, mais aussi responsables nationaux et régionaux, aussi bien politiques qu’administratifs, responsables de l’innovation et de la politique des pôles de compétitivité.

Comment améliorer le financement des jeunes entreprises innovantes ? Comment mieux valoriser la recherche publique et transférer ses résultats vers le monde socio-économique ? Comment mobiliser toutes les ressources nécessaires, humaines, financières, politiques, pour stimuler la créativité et l’innovation en Europe ? Quelles politiques régionales pour l’innovation ?

L’Education est intégrée à cette réflexion car un atelier est consacré au développement de la culture scientifique et de l’enseignement élémentaire des sciences et techniques pour mieux sensibiliser la société à cette problématique de l’innovation.; la question primordiale de la propriété intellectuelle et des brevets sera bien sûr abordée.

Programme ici