Abandon d’enfants

2 12 2008

En France, à l’approche des mois d’été, la radio ou la télévision nous alertent sur les chiens errants ou ces pauvres petits animaux domestiques que leurs propriétaires larguent dans la nature pour passer des vacances tranquilles. Viendrait-il à l’idée des mêmes personnes de laisser leurs enfants sur une aire d’autoroute ?

AUX U.S.A.

Attention troupeaux d\'enfantsAux Etats-Unis oui ; plus exactement dans l’état du Nebraska. Une loi, faute d’avoir précisé une date limite, autorise,  en quelque sorte, les parents à abandonner leur enfant même s’il n’est plus un nourrisson. En septembre dernier, les hôpitaux et les institutions ont dû accueillir des pré-adolescents et des adolescents, originaires d’autres états, parfois éloignés.

Une façon comme une autre de faire reconnaître par les parents, leurs difficultés à affronter la crise d’adolescence, mais aussi des troubles comportementaux qui relèvent, pour certains, de psychiatrie. Plafonds de ressources atteints, mauvaise couverture sociale : non seulement, le vide juridique engendré par la loi du Nebraska, mais aussi le manque de services sociaux et de soins psychiatriques dans tous les états, révèlent au grand jour le manque national de services efficaces et adaptés à l’enfance.

ET EN FRANCE ?

Depuis le 19e siècle jusqu’à nos jours, la tendance allait plutôt à la « maternité protégée » pour garder l’enfant mais on facilitait l’abandon d’enfant pour la mère. Ainsi, sous couvert d’anonymat, l’enfant était-il adoptable, privé de son histoire première, même si, de plus en plus, ces enfants-là ressentent la recherche identitaire comme une nécessité pour se construire pleinement.

Ce n’est que le 11 juillet 1966, que la loi se saisit du problème de l’abandon moral et matériel des enfants. Aujourd’hui, un enfant,  non reconnu, devient pupille de l’Etat au bout d’un délai de 2 à 6 mois, selon les conditions d’abandon par le ou les parents. Mais depuis les années 80, l’adoption a fait chuter le nombre de pupilles de l’Etat.


Pour résumer, l’abandon est licite si les parents le consentent mais punissable de 3 mois à un an d’emprisonnement si le parent est reconnu coupable d’avoir voulu se décharger de prendre soin de la victime.

Cette réflexion prouve que, d’un côté de l’Atlantique comme de l’autre, les textes de loi sont nécessaires pour contrer les abus, développer une politique d’aide à la famille et admettre de nouvelles dispositions (2002, en France) permettant aux femmes de lever le secret de confidentialité, en cas d’accouchement sous X et ainsi, d’éviter le traumatisme des enfants abandonnés.

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