Bouton, un rayon de soleil

15 12 2011

« Bouton, je t’ai dit que j’allais voir les docteurs, ils m’ont dit que j’avais le cancer… » Bouton, c’est le porte-parole, le confident, le grigri de Johana, ventriloque et marionettiste. Elle crée, depuis l’enfance, des personnages de carton ou de tissu. Avec son âme d’enfant, Bouton, candide,  est la petite voix intérieure de Johana, celle qui pose les questions qu’elle n’ose pas se poser. « Qu’est-ce que je deviendrai quand tu ne seras pour là ? ».  Car Johana va mourir. Son cancer du sein a migré vers les os.

Rencontré par hasard, le réalisateur Res Balzi décide de consacrer un documentaire à la marionnettiste, pour dire l’injustice de mourir à 30 ans, les forces qui manquent, entre sourires et larmes, entre réalité documentaire  et fiction poétique : Bouton s’envole dans la chaussure de Johana avec son amoureuse, le Petit Chaperon Rouge …

Le film « Bouton » vient de recevoir le prix du public du festival du documentaire de Montréal.

Extrait :

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Le storytelling art

29 09 2011

La tendance du storytelling est apparue vers les années 1980 dans les discours politiques américains. Le président Ronald Reagan, ancien acteur et entouré de consultants, formés en écoles de commerce est l’un des premiers à avoir utilisé cette méthode pour convaincre ses électeurs. D’autres disciplines -la sociologie, le droit, l’éducation- ont été séduites car « raconter des histoires » permet de capter l’attention et de susciter l’émotion. Et dans le domaine artistique, Marc Ferrero a inauguré, en 1989, un nouveau rapport à la narration, mais sur les murs. C’est le STORYTELLING ART.

SON UNIVERS ET SA TECHNIQUE

Très tôt influencé par les Comics, cet artiste français, autodidacte, combine la BD, la peinture figurative et les techniques cinématographiques de cadrage. Marc Ferrero a  choisi de quitter « les planches », après divers projets et voyages pour développer s on imaginaire en peinture, mais scenarii en tête, ses personnages, grand format, se déclinent sur des toiles ou l’histoire de héros contemporains, se lit toile après toile. La thématique du monde urbain fournit un décor de gratte-ciel, d’embouteillages, de jeux d’argent et de clubs jazzy pour interpréter un roman graphique, entre les huiles , les acryliques, les pochoirs et les lyrics.

Trois superhéros :

  • Duke, dandy anglais jazzman, fan de poker,
  • Lisa, femme fatale, franco-américaine et
  • Don Cello di Cordoba, champion de polo et fou de tango argentin

sont les personnages récurrents d’une histoire Il était une fois la Comitive , qui luttent contre la pègre new-yorkaise. Sculptures, tableaux en 3D, vidéo-clips, toutes les techniques,  de la BD à la musique, font de cette aventure un vrai thriller dont les protagonistes se promènent aux quatre coins de la planète.

UN FILM, VERSION ACRYLIQUE

Car ce roman graphique est composé, jusqu’à maintenant, de 4 000 oeuvres, propriété de collectionneurs privés. Art séquentiel, aux dimensions de peinture classique, le Storytelling Art doit son originalité au croisement de styles que développe Marc Ferrero : une BD à la verticale  qui se lit dans les musées ou les galeries, dont les acheteurs peuvent créer leur propre histoire (à condition d’en avoir les moyens quand même !).

Depuis son premier salon d ‘art contemporain en 1999, à New York, M. Ferrero a su adapter sa connaissance de scenarii de BD à un décor artistique qui dévoile une intrigue, « un road painting » comme une série TV, semant des indices dans ses tableaux. Il existe même une bande-son grâce à Jérome Obry qui allie la pop rock, le jazz et le tango pour mettre en scène l’univers de la Comitive (dont les membres affiliés reçoivent une newsletter alléchante !).



Tout pour la musique

11 03 2011

Et si l’harmonie venait de la nature, tout simplement ? Des corbeaux sur des lignes électriques, un paysage banal, mais cette photo vue sur un journal, a inspiré Jarbas Agnelli, musicien brésilien. La position des volatiles sur les fils, se traduit par une mélodie envoûtante, agrémentée d’arrangements musicaux…

Birds on the Wires from Jarbas Agnelli on Vimeo.


Une étudiante américaine a choisi  « de se donner en spectacle » pour son examen de fin d’année. Son but  ? Prouver qu’elle connaît parfaitement le langage des signes … dans une chorégraphie toute personnelle :

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OK go, groupe de rock américain, a l’habitude de créer des clips surprenants ; le dernier en date met en vedette des chiens dressés bien accompagnés par ce groupe,  dont le nom vient de leur enfance : en colonie de vacances, leur moniteur leur disait « OK Go ! ». A voir ci-dessous !

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BONNE FIN DE VACANCES, pour ceux qui y sont encore !



Portraits de justice

25 02 2011

En décembre dernier, le Nouvel Obs relatait l’éviction d’un dessinateur de presse, François Peyrucq, par le président de la Cour, lors du procès d’un militant basque de l’E.T.A. Protestation vive des journalistes contre ce non-respect des droits de la presse dans les tribunaux. Le dessin est souvent la seule image disponible, quand il n’existe pas de photos d’un accusé ou d’un prévenu, pour illustrer un article ou un reportage de télévision. Une exposition sur le sujet, (terminée depuis le 14 septembre 2010) au Parlement de Bretagne, à Rennes, et le site de la  Bibliothèque du Centre Pompidou, inspiré de cette même expo, nous en apprennent davantage sur un métier peu connu.

PETITE HISTOIRE

A partir du 16e siècle, la gravure a permis de diffuser la représentation d’un procès en images. Après la révolution, le dessin met véritablement en scène, par le regard de l’artiste, les faits qui se déroulent au sein du prétoire : les croquis nombreux traduisent les différents sentiments qui animent les protagonistes. Des affaires, telles que celles de Dreyfus ou de Zola, sont ainsi propulsées dans l’opinion, mobilisée. C’est l’aspect documentaire qui est alors privilégié, mais le dessin d’audience revêt plus tard un côté satirique avec les caricatures qui dénoncent souvent l’institution judiciaire ou fustigent une justice répressive (Daumier).

METIER  : REPORTER

La prise de photographies, tolérées jusque-là, a été strictement interdite par une loi de 1954. Le dessin d’audience est ainsi le seul à témoigner du déroulement d’un procès : son cadre, son mobilier, les costumes, la gestuelle des avocats ou l’organisation même de la cour de justice. Souvent diplômé des Beaux-Arts, l’artiste est aussi journaliste. L’outil de publication peut justifier un parti pris caricatural (Charlie Hebdo, le canard enchaîné,…). Les dessinateurs actuels emploient d’ailleurs le mot « couvrir » pour énumérer les différents procès auxquels ils assistent. Leur collaboration avec des grands quotidiens ou des hebdos, en font des reporters spécialisés sur les grands moments de procédure : interrogatoire, réquisitoire, délibération.


Des noms comme Tignous, François Peyruck, Cabu, Riss ou Sylvie Guillot trouveront-ils le moyen de renouveler le genre ? Car depuis quelques années, les caméras et appareils photos sont rentrés dans l’enceinte du tribunal : la technologie numérique pourrait apporter un second souffle à cet art, produit dans l’urgence, qui s’attache à décortiquer les rouages judiciaires sans connaître la fin du « film »…




Le monde selon Moebius

10 02 2011

Un des rares à être publié outre-Atlantique dans le 9ème art, c’est MOEBIUS, comme l’anneau du même nom, Jean Giraud alias Gir et Moëbius, fait souvent référence à sa double facette ; deux pseudonymes pour une identité artistique aux styles différents. Gir s’est inspiré de la photographie, du cinéma pour devenir plus tard Moebius et sortir du cadre traditionnel de la BD. La métamorphose est un thème cher à jean Giraud qui préside à la scénographie de l’exposition MOEBIUS TRANSE-FORME, actuellement à la fondation Cartier.

TRAIT DE GENIE

Créateur de la série Blueberry, co-fondateur de Métal Hurlant et des Editions Humanoïdes Associés, Jean Giraud (né en 1938), a profondément influencé les univers de la Science-Fiction (Arzach, le Garage Hermétique, l’Incal), de la BD, de la vidéo et du cinéma (Le 5ème élément, Abyss, Alien, Tron).

Ses lectures adolescentes (SF, Asimov, Moorcock), ses études d’arts appliqués, ses voyages et ses rencontres (Jigé, Jodorowsky) caractérisent toute son oeuvre, remplissent son imaginaire. Au fil des années, il expérimente tous les possibles en matière de narration graphique. C’est un principe directeur que de « voir en relief », de laisser libre cours à son imagination. Ce « jongleur de l’espace-temps » arpente même sa propre création aux côtés de ses personnages dans sa dernière série Inside Moebius.


L’espace des possibles pour le dessinateur, c’est le désert, un élément naturel qu’il se plaît  à peupler de créatures hybrides, mi-animales, mi-mécaniques, dans des décors de protubérances tentaculaires ou de végétations foisonnantes. « Quand on est en méditation, c’est la réalité qui devient un désert » assène-t-il. L’humain, l’animal, le végétal et le minéral s’amalgament pour donner lieu à des mutations brutales : pétrification, désintégration, vieillissement. Il s’agit, à travers le dessin, de défier les lois de la rationalité et de la vraisemblance.

Moebius revendique sa fascination pour la transformation. De ses « rêves lucides » et de sa passion pour les sciences et la nature, naît un univers graphique révolutionnaire dans la mesure où le rêve le fait accéder à un abîme de possibilités et la transe à un processus créatif.

METAMOEBIUS

De sa réflexion incessante sur le monde qui l’entoure et de son intérêt pour la génétique Métamoebius (en référence au portrait filmé de l’exposition) a bousculé les lois de la nature et créé des connexions originales entre les espèces existantes. Les danses tribales maliennes, les costumes chinois du 16e siècle ou ceux des époques précolombiennes l’ont inspiré pour dessiner les costumes  d’Alien de Ridley Scott ; mais plus que la métamorphose plastique, ses dessins ou ses films d’animation traduisent son goût pour le vivant en perpétuelle évolution, son évasion du réel pour illustrer ses fantasmes jusqu’à inventer un langage propre : les cokefluch (plat préparé par un synthétiseur d’aliments), la gondole antigrav (véhicule pour circuler dans le Garage Hermétique) ou l’arangue (véhicule à trois roues), l’Edelfe (petit être de la planète Edena) ou moins poétique l’Homéopute (femme à pratiques sexuelles relaxantes dans l’Incal).

Depuis le 12 octobre, la Fondation Cartier présente les oeuvres de J. Giraud à travers plus de 400 documents. Une première partie est consacrée aux personnages, de Blueberry, héros de western, à John Difool, détective privé de l’Incal, et à des autoportraits comme un double de l’auteur lui-même qui préfigure la deuxième partie, celle de l’univers métaphorique où se confond rêve et réalité, entre images labyrinthiques, mutations humaines et sculptures cristallines.

Le monde de Moebius existe comme ce ruban à face unique mais image miroir, constamment en devenir, à la fois éphémère et tendant vers l’immortalité.

Voir aussi :



BONNE ANNEE !

1 01 2011

A tous les lecteurs, les blogueurs et les autres,  BONNE ANNEE…



Les potins du net

16 12 2010

Une sélection de vidéos pour des vacances réjouissantes, avant d’entamer 2011 sur le pied de guerre :

POLE EMPLOI COMME  SI VOUS Y ETIEZ…

Pôle emploi version 2040 : grâce à LA BORNE, créée par une bande de comédiens, vous pouvez accéder au plein emploi. LA BORNE est une agence robotisée et vous propose des métiers aussi porteurs que « conflicteur », « vaseman », ou « entameur de discussion ».
Denis Podalydès, sociétaire de la comédie française, est à l’origine de ce site humoristique (précurseur ?) sur les absurdités du trop réel Pôle Emploi. Les testes d’embauche y sont farfelus … Exemple :

LA RETRAITE

  • 1° c’est un gros mot
  • 2° pouvoir s’arrêter à 85 ans
  • 3° une contraception un peu désuète…

La conclusion est malheureusement très terre-à-terre  : Désormais tu ne peux compter que sur toi.
Liens utiles : Daiymotion, Facebook, Twitter

YOUTUBE AU MUSEE  GUGGENHEIM

La première biennale de webvideo provenant des 4 coins du monde : professionnelles, amateurs, anonymes…. Le musée est fasciné par l’émergence d’une certaine forme d’art. Les vidéos sont téléchargées sur une chaîne ouverte à cette occasion ici et la pré-sélection de 125 films a donné quelques 25 finalistes  parmi lesquelles cet extrait :

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DE LA CONCURRENCE POUR FACEBOOK

Depuis cet automne, plusieurs réseaux  sociaux pointent le bout de leur nez. Point commun à ces petits nouveaux : la volonté d’offrir une alternative à Facebook comme Twitter qui a percé en site complémentaire mais non concurrentiel.

Panorama :

DIASPORA : la vie privée reste vraiment privée puisque vous êtes votre propre hébergeur (à condition d’avoir de la place sur son disque dur) et vous créez votre propre réseau social…

– Bienvenue sur PATH : limité à 50 personnes… partager avec les gens qui comptent. PAs de friending ici…

FOLKDIRECT : fonctionnement de type blog. Pas de publicités personnalisées. Mais une fois inscrit, pour inviter des amis à nous rejoindre, on peut utiliser Facebook !

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ONE SOCIAL WEB : un Internet ouvert. . One Social Web veut établir des passerelles entre différents réseaux sociaux.  One Social Web, système de réseau décentralisé , est patronné par l’opérateur de téléphonie mobile Vodafone. Version grannd public pour 2011.



Comme on parle !

13 12 2010

Nos ancêtres ont emporté en voyage les mots de leur langue maternelle dans des contrées lointaines, au Canada, aux Antilles, en Nouvelle-Calédonie ou l’ont importée chez nos voisins les plus proches : la Belgique, la Suisse ; mais souvent le sens en a été détourné ou bien l’on a inventé des expressions nouvelle au gré de la fantaisie ou des besoins. Dans l’hexagone, la langue française s’est enrichie, à l’inverse d’expressions étrangères, notamment anglophones et les medias aidant, quelques formules toutes faites prennent le pas sur un langage plus étoffé. Certains parlent même de Maladies Auditivement Transmissibles (M.A.T. ?)… Notre langue est-elle, pour autant, en train de s’appauvrir?

LA MELODIE DU BONHEUR

Quand les explorateurs partaient conquérir des pays au bout du monde, ils imposaient leurs coutumes et leurs langues aux habitants mais ceux-ci bariolaient le français, selon leur imaginaire de sonorités nouvelles, d’associations joyeuses, marquées par l’accent autochtone. De retour en France, ces expressions n’ont pas forcément la même signification. Etre bien habillé au Sénégal (la chemise dans le pantalon), c’est être braillé d’où le contraire, imaginé par les mêmes habitants, qui a été introduit en France : débraillé. De même au Québec, « on se met sur son trente-six » pas comme en France ! (sur son trente-et-un). Et si on a la niaque, « on lâche pas la patate ». On pourrait « ambiancer » ainsi  (s’amuser) à rapporter ces savoureuses expressions qui narrent le bon temps, les modes vestimentaires ou les colères et autres désordres, traduits dans les pays francophones pour la plupart.

A MORT LES MOTS !

Le phénomène actuel en France se caractérise plutôt par des tics de langages propres à une époque, à une génération ou à un milieu professionnel. A entendre certains, nous sommes tous affectés par un virus… Victimes de leur emploi abusif, certains mots deviennent des automatismes lexicaux qui jalonnent les conversations entre amis ou envahissent les cours de récrés. Car ces expressions ont désormais un mode de contamination unique : les médias, télévision, presse, blogs… Des tics de langage qui se répandent par mimétisme : Frédéric Pommier, chroniqueur sur France Inter, en a fait un recueil humoristique et dénonce, avec un clin d’oeil, ce conformisme verbal qui nous pousse à répéter « hallucinant »,  « c’est clair », « improbable », « quelque part », les journalistes étant les principaux colporteurs de ces expressions galvaudées mais « juste » incontournables car ce langage établit un mode de relation entre les individus, notamment chez  les adolescents.

Et puis les mots changent : de branché à désuet éculé, de vocable sacré à jargon ringard, la machine sociale ne s’arrête jamais. Les mots reflètent notre pensée, habitent notre inconscient mais quelquefois on préférerait ce proverbe… « le silence est d’or » !

Sources

  • – Mots en toc et formules en tic/Pommier, Frédéric, Le Seuil.
  • – Lâche pas la patate/Treps, Marie ; Ed. Le Sorbier


Clovis Trouille, un peintre anar

22 10 2010

« Il est vrai que je n’ai jamais travaillé en vue d’obtenir un grand prix à une biennale de Venise quelconque, mais bien plutôt pour mériter dix ans de prison »… Vous avez dit subversif ? Clovis Trouille l’a revendiqué toute sa vie au point de ne jamais faire de la peinture son métier pour garder son indépendance.

UN PEINTRE SULFUREUX ET ANARCHISTE

Ce diplômé des Beaux-arts d’Amiens, au patronyme mystérieux (mais authentique), né en 1889, gagne sa vie en illustrant des journaux d’Amiens puis en devenant peintre maquilleur : il éclaircit le teint, retouche un sein, dessine une arcade sur les mannequins de plâtre exposés dans les vitrines. Il peint pendant ses heures de loisirs. mais mobilisé en 1914 et traumatisé par la guerre, il bascule dans l’anarchie et ne cessera de dénoncer la collusion de l’église, de l’armée et de l’état.

Sa peinture est plus remarquable par l’histoire qu’elle raconte que par sa technique avant-gardiste. Il utilise l’huile et  le collage, préfigurant le pop-art. Lecteur de Sade, il fait de nombreuses références à l’écrivain érotique, et pourfend, en même temps, l’armée et le clergé. Avec humour, il met en scène ses propres funérailles, se nourrit de références littéraires (le bateau ivre) ou picturales (l’embarquement pour Cythère). Cet éternel contestataire, toujours incisif, a su se faire remarquer, sans presque jamais exposer, par son refus de la norme et son côté « surréaliste ».

VOYOU, VOYANT, VOYEUR

L’artiste est découvert par Dali en 1930 lors de l’exposition des Ecrivains et Artistes Révolutionnaires, avec Remembrance qui recèle tous les thèmes développés par Clovis Trouille qui dit lui-même pratiquer « un art voyou, voyant, voyeur ». C’est le titre de l’exposition, mise au point par trois villes : L’Isle-Adam, Charleville-Mézières et Laval. Par son inspiration (l’imagerie populaire) et ses compositions, l’oeuvre de Clovis s’inscrit dans la continuité de Rousseau, peintre lavallois. Ses toiles aux couleurs vives exaltent la liberté de moeurs, la fascination pour les mises en scène macabres où se mêlent autant le voyeurisme que l’attirance pour le monde du music-hall et du cirque dans une provocation joyeuse et humoristique.



Au musée d’art naïf, Vieux-Château, place de la Trémoille, du 16 octobre’au 16 janvier, à Laval. Tél. 02 43 53 39 89. Du mardi au samedi de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h ; le dimanche de 14 h à 18 h. Entrée : 1 €, visite commentée : 2 €.



Gotan Project : le tango électro

20 10 2010

Une même passion pour le rythme et la danse, un pari fou de mêler l’électronique au tango argentin, une rencontre improbable de trois musiciens aux talents et expériences diverses, et c’est la naissance du groupe GOTAN PROJECT en 1998. Composé de deux DJ européens et d’un guitariste argentin : Eduardo Makaroff, Philippe Cohen-Solal et Christophe H. Muller, le trio dépoussière les traditions pour mêler artistiquement le bandonéon de Astor Piazzola et leurs propres compositions. C’est le tango revu et corrigé (au grand dam de certains puristes), revisité par l’électronique et le verlan… gotan !

UN PEU D’HISTOIRE

Le guitariste Eduardo Makaroff explique, dans une interview donnée au Monde, que le tango est une expression populaire au même titre que le football, en Argentine. Mais une fois dépassé ce cliché, l’histoire du tango révèle le côté multiculturel de cette musique, appartenant autant aux descendants espagnols et aux esclaves afro-amérindiens qu’aux italiens ou juifs ukrainiens qui ont débarqué un jour dans le port de Buenos Aires. (Histoire du tango).

Et puis la capitale française a donné ses lettres de noblesse à une pratique populaire issue de traditions folkloriques et rurales argentines. « C’est la deuxième capitale du tango » qui lui a permis de se renouveler : les jeunes hommes de bonnes famille sont venus le danser à Paris, plus romantique et d’avant-garde que Buenos Aires ; le tango a fait fureur ensuite dans toute l’Europe, et des milieux populaires argentins, le tango est devenu danse mondaine ..

LA TRADITION ENRICHIE

Après les percussions africaines du premier album La revancha del tango en 2001, l’ajout de cuivres depuis le dernier CD, façon jazz, traduit un nouveau langage qui renouvelle la matière première et va chercher d’autres rythmes comme la chacacera ou la zamba argentine.

Mais Gotan Project, ce n’est pas que de la musique, ce sont aussi des voix et des morceaux inspirés de la littérature ( Cortazar) et du cinéma ; et comme Gotan avait une vocation contestataire, il utilise aussi des extraits de propagandes des années 50-60. L’ensemble contribue à des ambiances et des niveaux de lecture différents, une sorte de métissage sonore, reconnu internationalement (parfois appelé « l’electroauthentica »).

De 2006 à 2008, les tournées s’enchaînent dans le monde entier, puis la sortie d’un live fin 2008 et en 2009, chacun des trois musiciens s’adonne à des projets en solo, toujours aussi variés : bande originale de documentaire pour l’un, exploration de musique noire péruvienne pour l’autre ou enregistrement de titres country à Nashville pour le troisième. Ces escapades inspirent le trio pour créer 20 morceaux, habillés d’influences éclectiques : sonorités empruntées au blues New Orleans, à la techno allemande ou la musique éthiopienne.  Tango 3.0 sort en avril de cette année et précède une tournée qui se poursuit encore en Europe et en Amérique du Nord.

C’est donc un rendez-vous avec la musique du monde que nous propose Gotan Project, une musique qui se danse les yeux dans les yeux !

PROCHAINS CONCERTS

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Teaser GOTAN PROJECT – « La Gloria » from Ya Basta records on Vimeo.

Découvrez la playlist Tango Electro avec Gotan Project