Louisiane : la poubelle de l’Amérique

27 05 2010

Etat américain plus connu pour sa musique et son folklore que pour son industrie, la Louisiane fait (ou a fait) parler d’elle pour des raisons moins plaisantes. Après l’ouragan Katrina qui a dévasté la région en août 2006, cette fois, c’est une pollution de vaste ampleur qui menace les côtes et même l’intérieur des terres en pénétrant dans les marais. L’occasion de rappeler l’histoire de ce coin d’Amérique, dont le sous-sol est l’enjeu économique depuis déjà des décennies.

ORIGINES

BayouLouisianeRené-Robert Cavelier de la Salle prend possession du Mississippi, au nom du roi de France,  le 9 avril 1682 et baptise, en l’honneur du roi Soleil, cette vaste région  « Louisiane » qui s’étend au Nord, des Grands Lacs,  jusqu’au Sud, le Golfe du Mexique.

– Colonisée à la fin du règne de Louis XIV, elle est l’objet de mirifiques investissements de la Compagnie des Indes car la Louisiane a un potentiel de fertilité (agriculture,  riz, tabac, plantations) et de commerce (fourrures, céréales…).

– Mais elle a un goût de danger aussi : les marais et ses fièvres, les indiens… et les colons ne se bousculent pas pour habiter cet endroit inhospitalier.  Alors on y envoie d’anciens prisonniers, des prostituées et on fait appel à la main-d’oeuvre docile du Sénégal.

– La banqueroute des investisseurs aboutit à la cession de la rive occidentale du Mississippi à l’Angleterre, en partie aussi à l’Espagne, puis concède à la nouvelle nation « Les Etats-Unis », le droit de naviguer sur le fleuve, et la ville de la Nouvelle-Orléans. Puis, sous Napoléon Bonaparte, le rêve d’empire colonial français en Amérique s’effrite et la Louisiane devient américaine.

Il ne reste,  aujourd’hui, qu’un code civil en langue française et quelques descendants de Français du Canada, les Cadiens -ou Cajuns- pêcheurs de crevettes, établis dans les bayous, qui sont les derniers témoins de la présence française en Louisiane. La partie la plus méridionale a conservé ce nom pour devenir en 1812 le 18ème état américain.

AUJOURD’HUI

louisianeCet état s’étend au nord sur un secteur de basses collines et au Sud, sur un domaine, situé au niveau de la mer, parsemé d’innombrables bayous et rivières. Couverte de bois, elle est infestée d’alligators. D’importants travaux d’endiguement ont été réalisés pour protéger la plaine des crues dévastatrices du Mississippi. De plus, le climat subtropical humide expose la région à de violents cyclones qui frappent la côte. La capitale en est Bâton-Rouge mais la ville principale reste La Nouvelle-Orléans. 67 % de Blancs, 31 % de Noirs et deux minorités, créoles et cajuns composent la population.

L’invasion de l’industrie pétrolière, depuis les années 1930  a défiguré la Louisiane à coup de kilomètres de canaux dans les  marais, d’arbres coupés, d’eaux polluées. La pauvreté est telle dans cet état, que l’on ne s’étonne pas de voir cohabiter le pétrole et la pêche… « Ici, on pense pétrole, on mange pétrole, on est pétrole » raconte un personnage de Lucky Luke. Quatre mille plateformes ont été installées dans le Golfe du Mexique.  Plus d’argent pour cet état conservateur lié au lobby de l’or noir et plus d’emplois pour la population locale. Le forage est devenu indispensable à l’économie locale et surtout nationale, mais c’est surtout en Floride ou en Californie que le produit est dépensé pour satisfaire le mode de vie de quelques-uns. On continue de fermer les yeux sur les dangers de l’industrie pétrolière pour l’écosystème du bayou et malgré l’épisode Katrina, l’érosion des zones côtières n’est plus un sujet d’actualité.

BurkeLa Louisiane, terre de sacrifices ? C’est ce que dénonce l’écrivain james Lee Burke. Entre indifférence honteuse et prise de conscience tardive, les gouvernements successifs n’ont fait qu’aggraver la destruction de cette région, privée d’aides fédérales pour lutter contre la drogue, l’alcool et la criminalité. La Louisiane a toujous payé dans sa chair la colonisation, les planteurs et aujourd’hui les compagnies pétrolières, sans compter le racisme ambiant, cultivé pour mieux diviser et assurer le pouvoir aux patrons de l’empire pétrochimique. Une Amérique en souffrance, en voie de sous-développement…




LIRE AUSSI :
  • – Jésus prend la mer de James Lee Burke, Editions Rivages
  • – Autant en emporte le vent/Mitchell, Margaret
ou VOIR :
  • – Louisiana stories/ film documentaire ; 2008
  • – Dans la brume électrique/Tavernier, Bertrand ; tiré d’un ouvrage de Burke.


Confession d’un enfant du siècle

18 05 2010

generation_ySi vous êtes né comme moi dans les années 80-90, vous faites partie de la génération  » Y » (prononces why), une dénomination américaine pour désigner notre génération, par rapport à celle de nos parents, baptisée « X » (par l’écrivain Douglas Coupland dans son roman Génération X). Le terme « génération Y » est apparu en même temps qu’une évolution du marketing, de la consommation et d’un état d’esprit de la jeunesse, qui n’a rien à voir avec la pyramide des âges. Explications…

PORTRAIT

Enfants des baby-boomers, notre quotidien n’a plus grand chose à voir avec le leur. Nous ne voulons pas être une génération sacrifiée. Les « Y » ont pour penchant de remettre en cause ce qu’on veut leur imposer : non à l’idéologie mais oui à l’engagement social, non aux traditions, oui à la vraie  vie, à la convivialité, aux rencontres interculturelles, non à la hiérarchie, oui au collaboratif et au partage d’informations.

Nos soldats de plomb, ce sont les jeux videos, nous cours d’étudiants, nos travaux pratiques de lycéens se baladent sur clé USB, nos amis virtuels ou non forment une grande famille (Nos parents n’auraient pas pu participer à un apéro géant ?? !). Notre provenance géographique ou nos centres d’intérêt ne constituent pas un handicap et nos CV sont hyper costauds : l’enseignement supérieur et l’accès aux diplômes ne sont plus réservés à une minorité. Alors, elle est pas belle la vie ??

DE NOUVEAUX CODES

tagsDe nouveaux outils, des nouvelles valeurs mais… de nouvelles attentes, sortir des chemins balisés, s’adapter en permanence. A nos comportements consuméristes, correspondent une quête personnelle de reconnaissance, d’identité, d’indépendance mais aussi de nouvelles pratiques de formation, de recrutement, de management.

La génération Y est impatiente mais mobile et branchée. Notre capacité « multi-tâches » sidère nos parents : envoyer un texto tout en conversant ou en répondant à des questions de cours  n’a rien d’étonnant. Pour nous, l’action prime : s’investir dans une association (Sans-papiers, droit au logement, écologie…), c’est plus tendance que d’adhérer à un parti politique. Sociologiquement, le portable nous a aidé à couper le cordon avec nos parents mais nous rapproche de nos amis ; rapidement informés, nous sommes consommateurs de musique, de cinéma… en téléchargement. Tout, tout de suite, c’est un peu notre credo ; « googlisés », nous avons réponse à tout dans la seconde ; Now Generation chantent les Black eyed peas.

Nous avons de la difficulté à entrer sur le marché du travail ; les stages non rémunérés, les C.D.D. à répétition ne nous facilitent pas la tâche et la crise économique aidant, nous prendrons de plein fouet l’ardoise de la dette publique, celle des retraites ou du déficit de la sécu. Alors, au travail, nous voulons une rémunération équitable, un manager à l’écoute ; pas ou peu de rapports hiérarchiques mais un partage de l’information, des décisions clairement expliquées et des compétences avérées ; le statut de « chef » est obsolète. N’oubliez pas que nous représenterons près d’un actif sur deux en 2015.

Nous voulons prendre la relève des quinquas (nombreux !) auxquels se heurtent les quadras, mais sommes-nous prêts ? Car nous sommes comme ça, nous les « YErs« , ambitieux… mais réalistes et si, dans un contexte de chômage élevé, nous ne parvenons pas à atteindre nos objectifs, eh bien, nous créerons nos entreprises grâce à notre réseau. Et puis, même si nous n’avons pas fait de service militaire, nous avons le  casque vissé sur la tête prêts au changement !

CDD



Faisons une fleur aux abeilles

5 03 2010

Un jeu video mis au point par trois étudiants de l’ESIEA (Ecole Supérieure d’Informatique Electronique  Automatique) de Laval, au printemps 2009, est en passe de devenir le premier serious game de sensibilisation au sort des abeilles auprès du grand public et des élus.

UN OUTIL AU SERVICE DE LA BIODIVERSITE
abeilleDepuis plusieurs années, la survie des abeilles est l’objet de toutes les attentions. Cette survie est fragilisée par la toxicité des produits utilisés dans l’agriculture, l’affaiblissement des colonies, variable d’un pays à l’autre, la sur-mortalité hivernale, ces deux derniers facteurs étant encore inexpliqués ; en cause aussi, la détérioration de la biodiversité qui rend les abeilles plus vulnérables aux parasites. Le colloque « Faisons une fleur aux abeilles », en janvier 2010, a placé ce jeu virtuel au sein de ses préoccupations car il est urgent de reconquérir une biodiversité opérationnelle.

L’activité de  butinage se traduit par le transport des grains de pollen jusqu’aux stigmates pour la fécondation de l’ovule par le pollen et ainsi, assurer la reproduction des plantes. Sans le butinage des abeilles (et autres insectes pollinisateurs), il n’y aurait pas de production de framboises, de mûres, de cassis, groseilles et myrtilles, et une variété importante d’arbres fruitiers,  de cultures maraîchères et de semences potagères (carotte, endive, poireau…) disparaîtrait.

C’est pourquoi, Bee-oh s’inscrit parfaitement dans l’esprit du Grenelle environnement et de l’année internationale de la Biodiversité.

DANS LA PEAU D’UNE ABEILLE

beeoh

L’Ecole d’Ingénieurs de Laval (trois étudiants et leur professeur) s’est associée au « Réseau Biodiversité pour les abeilles » pour créer Bee-Oh. Au-delà du côté ludique, est vie apparu un intérêt pédagogique. Ce simulateur interactif contient trois applications qui permettent de se placer selon trois points de vue :

  • – celui de l’abeille, qui quitte la ruche à la recherche du pollen,
  • – celui de l’agriculteur qui décide des cultures à implanter,
  • – celui de l’apiculteur qui observe l’état de ses ruches.

Ces trois modules de jeux s’interfèrent une fois connectés mais peuvent être utilisés seuls (exemple : si l’agriculteur fait de mauvais choix, l’abeille devra voler plus longtemps).

Les paysages ruraux mis en scène favorisent l’immersion du joueur dans l’environnement habituel de l’insecte : ruches, jachères apicoles et de nombreuses fleurs (sainfoin, mélilot blanc, trèfle…). Les données réelles ont été fournies par le Réseau Biodiversité. La différence avec un jeu vidéo ? Il n’y a pas de score à battre.

Ce projet étudiant n’est pas encore commercialisé mais son impact lors du dernier Salon Virtuel de Laval a démontré qu’il pourrait intéresser des associations et le monde de l’éducation en général.

Image de prévisualisation YouTube

(L’image et la video proviennent d’un jeu déjà commercialisé Bee oh bee)

A VOIR



Do u spik SMS ?

28 01 2010

SMSAstuce phonétique, le langage SMS (Short Message Service), largement utilisé par nos ados, est en passe de devenir le langage codé par excellence, hermétique aux adultes. Doit-il être toléré, combattu pour que le plus grand nombre, en tous cas sur Internet, se fasse comprendre ?

analogies-sonoresCertains y voient un appauvrissement du vocabulaire dans le sens où le SMS populaire n’utilise que quelques abréviations pour communiquer avec un petit nombre ; il n’a rien d’un langage universel puisqu’il n’existe pas de syntaxe standard. On constate d’ailleurs la fréquence des verbes « aimer,  « aller »,  « vouloir », « pouvoir ». D’autres y voient un procédé de raccourci phonétique, ludique et créatif. Le paradoxe, tout de même, réside dans l’observation de graphies inattendues qui allongent plutôt que d’écourter :

  • – l’absence d’une seule lettre (la dernière souvent, maigre économie !),
  • – la réduction des lettres doublées à une seule,
  • – l’emploi des majuscules ou des chiffres (A2m1 pour à demain, anniversR….  anniv étant plus bref !)

Que peut-on en déduire ? Que ces jeunes font preuve d’1compétence ou… d’1 compétence ? (ce qui revient au même dans le langage SMS !). Le danger vient plutôt du fait que les les jeunes enfants « acquièrent cette compétence » avant de maîtriser l’écrit standard ou normalisé (ce qui n’est pas le cas des jeunes adultes).

Les sociolinguistes se penchent sur la question mais aucune conclusion n’est avancée pour le moment. De plus, les technologies évoluent très rapidement ; dans ce cas le langage abrégé est-il une menace ou peut-il être considéré comme un enrichissement au même titre que l’apparition des acronymes (SIDA) et autres apocopes (ado) ?  Le moins que l’on puisse dire est qu’il est réservé à un tranche de la population et qu’il ne suscite pas d’intérêt particulier de la part des non-utilisateurs. il n’est pas sûr que ce langage codé perdure ! Une symphonie inHeV en quelque sorte…

Pour vous aider à comprendre :

un traducteur de textos en ligne

Et en exemple 😉 une fable de LafontN

Extrait de  » Le corbeau et le renard »

Traduction SMS » Phil Marso

mètre korbo, sur 1 arbre p’Rché,
tenè en son bek 1 froma’J.
mètre renar, par l’od’Er aléché,
l’8 t’1 a p’E prè ce langa’J :
« é ! bjr, mrs du korbo,
ke vs ête joli ! ke vs me 100’blé bô !
100 mentir, 6 votr’ rama’J
se raport’ a votr’ pluma’J,
vs ête le fénix dê ote 2 cê boa »
a cê mo le korbo ne se 100 pa 2 joa;
É pr montré sa b’L voa,
il ouvr’ 1 lar’J bek, l’S tom’B sa proa.
le renar 100 sèzi, É 10 : « mon bon msr,
aprené ke tou flat’Er
vi ô D’pan 2 cel’8 ki l’ékout’ :
c’7 leson vo bi’1 1 froma’J, 100 dout’ » .

http://www.profsms.com




Destination 2010 : Istanbul

26 01 2010

2010, dernière année où le choix d’une capitale de la culture pouvait se faire en dehors de l’Union Européenne : il échoue à Istanbul, alors que les négociations d’adhésion s’annoncent difficiles.

istanbul[1]Ce sera l’occasion pour celle qui a perdu son titre de capitale au profit d’Ankara, de prouver son sérieux et sa compétitivité en matière de mise en valeur du patrimoine. De plus, la ville recevra des subventions financières avoisinant 1,5 millions euros selon le cahier des charges prévu.

  • – Nombreux chantiers de restauration de monuments (le dôme de Sainte-Sophie, les murailles byzantines de Théodose…)
  • – Rencontres internationales d’artistes et de plasticiens, designers turcs et européens,
  • – Films documentaires sur la légende urbaine façonnée par différentes cultures,
  • – Manifestations visant à impliquer la population stambouliote des centres périphériques d’Istanbul.

Fondée par l’empereur romain Constantin (330), l’ancienne Byzance, devenue Constantinople et Istanbul aujourd’hui, est une métropole de 14 millions d’habitants.

La langue turque est parlée par près de 200 millions de personnes dans le monde. C’est un mélange d’arabe, de persan et de turc, dite « langue ottomane ». Le français a fourni beaucoup de mots d’usage courant. Mais la langue turque a influencé aussi les pays balkaniques (Roumanie,  Serbie, Albanie, Grèce…). L’alphabet est presque phonétique.

La laïcité à la turque est toute relative puisqu’elle s’exerce dans la contrainte étatique : interdiction du voile à l’école et dans les universités ; les établissements religieux appartiennent à l’état ; les principes de l’islam sont dispensés par des « fonctionnaires » et les prêches du vendredi sont d’abord envoyés aux Ministère des Affaires  Religieuses. (A lire, pour plus d’infos sur ce site)

-Le programme  « Capitale de la culture européenne « est ici

– Un site très intéressant sur la modernité de la Turquie, sa créativité et son dynamisme,

– Un site où la place de la Turquie en Europe fait débat (même si cet article date de 2004)

– Une conférence le 15 février prochain  (rue Saint-Jacques à Paris 5e) De la laïcité autoritaire à la démocratie islamique« 

Istanbul carte turquie



L’après Kyoto, c’est maintenant !

15 12 2009

Ratifié par 175 pays (à l’exception des Etats-Unis), ce premier traité international de lutte contre les changements climatiques est entré en vigueur en 2005. Il prévoyait des réductions d’émissions de GES (Gaz à Effets de Serre) par les pays industrialisés de 5,2 % d’ici à 2012, par rapport à ceux de 1990. Elles ont aumenté au contraire de 30 %. Le traité de Kyoto, qui date de 1997, expire fin 2012. Le nouvel accord devrait couvrir la période 2013-2017. Parviendra-t-il à faire mieux ?

sos biodiversiteDepuis la révolution industrielle, l’homme utilise de grandes quantités d’énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz)  pour l’agriculture, le bâtiment, les transports, l’industrie et la production d’électricité (80 % des émissions de CO2). Si la moitié est absorbée par les puits de carbone (l’écosystème comme l’océan ou la forêt qui piège le carbone et joue un rôle essentiel dans les équilibres climatiques), 30 % seront encore présents d’ici 1000 ans ! L’enjeu de Copenhague est bien de gérer des risques et de prendre des mesures spécifiques pour réduire nos émissions et réparer les dommages et les catastrophes naturelles, conséquences du changement climatique.

logoDURABLE DOIT RIMER AVEC EQUITABLE

Cette réunion diplomatique qu’est le sommet de Copenhague est la plus importante de l’histoire après Versailles ou Yalta… Ne pas prendre conscience que les changements doivent se faire dans l’équité signifierait que des millions de personnes seraient privées de nourriture, frappées par les maladies, délocalisées et ce, sur des milliers d’années. L’enjeu est  donc humain.

Les chiffres  Actuellement                                  A venir…

  • 0,7 % augmentation de la t° au 20e s.                          – Réduction de 80 % des GES pour les pays  développés
  • 6,8 Mds d’H rejettent 4 t de CO2/an                          –  9 Mds d’H à la fin de ce siècle
  • (20 t/américains, 9 t/Européens, et 1 t/Indiens)

SI LE CLIMAT EST UN BIEN PUBLIC, QUELLES SONT LES PRECONISATIONS ?

Production de CO2 plafonnée à 720 Mds de t. Si cette production était allouée au prorata de la population, les pays développés auraient « droit » à 150 mds de t…. Autrement dit, les pays riches ont déjà passé leur quota de 140 mds de t. Ils ont donc épuisé leur droit d’émettre !

  • – Les pays développés (moins d’1/5 de la population mondiale) sont responsables de 70 % des émissions de carbone,
  • – 20 millions de personnes sont menacées par la hausse du niveau des mers,
  • – 26 millions ont été déplacées en raison de catastrophes naturelles depuis 1750.

La prédominance du nucléaire a ralenti les investissements dans d’autres types d’énergies. Il faudrait stopper les subventions au nucléaire, qui n’est pas une énergie durable au regard des déchets mais aussi du coût, et aider au développement des énergies renouvelables via des incitations financières et réglementaires.

Pour ne pas dépasser une hausse des températures de plus de 2°C d’ici 2100, les Etats disposent de plusieurs outils : recours aux énergies renouvelables, stockage du carbone, lutte contre la déforestation, économie bas carbone…

fonte glacier2009 devrait être la cinquième année la plus chaude de l’histoire, a annoncé le 6 décembre l’OMM (Organisme Mondial de la Météorologie), après avoir recoupé les données de trois laboratoires différents. L’OMM a également mesuré que la calotte glacière de l’Arctique connaît pour la troisième année consécutive un niveau de fonte record. Les scénarios catastrophes sont expliqués ici

Selon le Courrier International, il sera plus difficile d’arriver à un accord à Copenhague qu’à Kyoto, car les pays en voie de développement voudraient eux aussi s’enrichir en brûlant du charbon. Or, les sources d’énergie et leurs gaz à effets de serre augmentent l’effet de serre naturel ; c’est ce qu’on appelle l’effet de serre additionnel. L’effort de restriction s’appuiera également sur une forte implication des pays émergents.

Concilier la maîtrise des émissions de GES et les différents modèles économiques sera le point d’achoppement. Ce débat doit être abordé dans un climat lucide et responsable  dans un souci d’équité entre le Nord et le Sud. Sur le plan international scientifique, il est indispensable que des réseaux de surveillance des émissions soient créés pour vérifier également le respect des engagements internationaux.

ET SI LE SOMMET DE COPENHAGUE ECHOUAIT ???

Pour éduquer nos élèves les plus jeunes, nous pouvons nous référer à :

  • – ce site et pour comprendre,
  • cette petite vidéo, « la fabrication du pull cachemire »,  présente les principales problématiques et notions liées au  développement durable, mais aussi  les liens entre mondialisation et développement des pays du Sud :

http://www.dailymotion.com/video/xbepju

 



Pourvu qu’on ait l’ivresse …

7 12 2009

L’alcool chez les jeunes, phénomène de société, commerce florissant ou éducation laxiste, fait souvent la une des medias. Dans notre société, il est omniprésent : depuis la fin du verre dans les fêtes familiales jusqu’à la « biture » du vendredi ou du samedi soir, il n’y a qu’un pas.

L’ALCOOL « DEFONCE » OU L’ALCOOL  » MEDICAMENT »

alcool-dangerLa France est depuis toujours un pays grand consommateur d’alcool. Des études ont montré que d’une part, un jeune commence à boire lors de réunions de famille vers 12-13 ans -coupe de champagne, « un petit doigt pour goûter »- et que d’autre part, la consommation diffère selon les régions : le Nord, la Picardie ou l’Ile de France sont peu touchées ; en revanche les Pays de Loire et  la Bretagne ont une culture qui valorise la fête, l’ivresse et la capacité « à tenir ! » !  Les modes de consommation ont d’ailleurs changé, privilégiant le « binge drinking » comme au Royaume-Uni  : boire le plus rapidement pour atteindre l’état de « défonce ».

A l’âge de l’adolescence, on est aussi désireux de se montrer adulte, en transgressant les règles imposées par les parents,  de faire partie du groupe  « si tu ne bois pas, t’es pas des nôtres », de désinhiber les complexes qui sont inhérents à cet âge où l’on n’est plus un enfant mais pas encore un adulte ;  l’alcool donne, momentanément, l’impression de dépasser toutes ces  barrières, d’anesthésier les souffrances, de passer un bon moment. (Le mot « alcool »  vient de l’arabe « al kohol  » = fard). Mais c’est justement, pendant cette période, que l’on risque de devenir « accro » ou de bifurquer vers des drogues dures pour augmenter les effets.

L’ALCOOL, LE PIEGE

alcool2La  récupération de ce jeune public, docile et influençable, a très vite intéressé les industriels de l’alcool et des spiritueux. Les grandes surfaces constituent le lieu de prédilection de vente : le vin et la bière sont encore prisés mais de nouveaux produits dérivés,  où le sucre tient une grande place et le goût de l’alcool plus atténué, font fureur  dans les soirées (Desperados à la tequila, le 21 citronné, Kriska à la vodka…). Ces produits bénéficient même de gros coups de pub lors de soirées étudiantes ou en boîtes de nuit.  Les alcools sont « redosés » pour attirer les jeunes (les bières passent ainsi de 5 ° à 12-13° !) et leur packaging relooké ; les boissons dites « légères » sont bues en plus grandes quantités.

Cette drogue, qui permet d’oser, amène son lot d’accidents en fin de week-end : l’alcool est responsable de 43 % des accidents mortels des 18-24 ans. Plus on est alcoolisé, plus on perd le contact avec la réalité et plus on prend de risques  : conduire, se battre, relations sexuelles non protégées… L’hospitalisation pour coma éthylique des – 24 ans a augmenté de 50 % de 2004 à 2007. Enfin, plus on boit jeune et plus on risque d’être alcoolique, adulte. Le cerveau garde le réflexe : en cas de  coup dur, on a vite fait de recourir à l’alcool.

La prévention est indispensable mais l’accumulation d’interdits donnerait plutôt envie de transgresser. Malgré la loi sur l’interdiction de la vente d’alcool aux – 18 ans et les open-bars, il reste la publicité sur Internet (notamment sur les réseaux sociaux comme Facebook et Myspace) et les puissants lobbies pèsent lourd dans l’économie ! Le rôle de la famille est donc très important : l’alcool ne doit pas être tabou mais il faut apprendre au jeune qu’une consommation modérée est préférable, et plus agréable qu’une cuite.  L’alcool est une maladie et pour cela, des organismes disposent de services d’aide téléphonique (parler -et écouter- en toute liberté)  permettent d’être conseillés sur l’usage et l’abus d’alcool.

En France :

AU CDI

  • – Médecine et santé coll. portail des Sciences chez Larousse
  • En savoir plus  : l’alcool de Sean Connolly chez Gamma


Vos papiers SVP

13 11 2009

CNILa carte nationale d’identité aura 90 ans en 2010. De simple livret visant à repérer les personnes jugées « dangereuses » à la carte à puce électronique évoquée en 2007, c’est une longue histoire…

Sous Napoléon III, des documents d’identification et le livret ouvrier permettent de suivre les personnes non sédentarisées pour l’un et la conduite et les compétences pour l’autre. Puis, à partir de 1889, apparaît le concept de la nationalité : plus question de contrôler ou discriminer permis conduiremais plutôt exprimer son appartenance à une communauté. Il faut attendre la 4ème république pour que soit mise en place la CNI, symbole d’égalité entre tous les français. Elle est devenue un document banal,  non obligatoire depuis 1955 (puisqu’un permis de conduire par exemple, peut justifier son identité) mais 7 français sur 10 la possèdent.

Dans les années 80, le document en carton fait place à une carte sécurisée et informatisée. Cette évolution correspond à une politique sécuritaire répressive, marquée par la lutte contre l’immigration clandestine et la délinquance. Gratuite depuis 1998, elle reste falsifiable et plus de 200 000 personnes par an se font usurper leur identité.

En Europe,  l’Angleterre est réfractaire à sa mise en place et invoque une atteinte aux libertés, mais en Allemagne, en Belgique, en Espagne, aux Pays-Bas et au Portugal, elle est obligatoire. Elle n’existe pas aux Etats-Unis.

serrureLe projet de carte biométrique ( à puce avec état-civil, photo et empreintes digitales) avait été suspendu en 2005 mais le projet doit être à nouveau déposé en 2010. A voir… en cette période d’affirmation de l’identité nationale.

A noter tout de même l’inquiétude d’associations qui déplorent la multiplication des fichiers informatiques (stockage, diffusion) qui ne respectent pas la vie privée et les libertés. Consultez,  avec intérêt,  le site de la CNIL.



Une histoire de géants : Royal de luxe

8 10 2009

La compagnie Royal de Luxe, Nantaise depuis 20 ans, vient d’ouvrir les festivités pour les 20 ans de la chute du mur de Berlin. Comme un conte de fée, le Rendez-vous de Berlin déroule la rencontre de deux marionnettes, l’une venant de l’Ouest, l’autre de l’Est, comme symbole de la réunification des deux Allemagnes.

LA COMPAGNIE THEATRALE

Créée en 1979, le Royal, installé dans le Gard puis à Toulouse, a toujours exploré différentes formes de théâtre de rue, qu’elle a exporté en tournée dans tous les pays d’Europe, d’Amérique latine, en Afrique ou en Russie mais aussi au Japon, en Corée, en Australie. Sa caractéristique consiste, depuis plusieurs années déjà,  à bâtir des scénarios inspirés de la ville et de ses habitants : depuis le rituel sur les mises à mort de voitures à Valladolid et Amsterdam en 1987, jusqu’à la commémoration du 5ème centenaire de la découverte de l’Amérique en 1992.

Depuis 1994, le Royal a une prédilection pour les géants : grande parade et énormes machines à musique sur les marchés des villages africains, ou sur les places d’Avignon, où des marionnettes (personnages ou animaux) réinventent  « les petits contes nègres » ou la légende du Titanic. Toujours créative et forte de ses 80 comédiens, la troupe nous réserve des surprises pour la commémoration du bicentenaire de l’indépendance au Chili (janvier 2010), à Anvers dans le cadre d’un festival (08/2010) ou en Australie en 2011…

LES GEANTS NANTAIS FONT LE MUR

Les Berlinois ont découvert ces immenses marionnettes, d’abord la petite fille qui s’est réveillée au coeur de la ville, en ce jour anniversaire,  et va retrouver son oncle, après des années de séparation, dans la ville divisée en deux. L’émotion est palpable ; les spectateurs, des larmes dans les yeux, voient défiler et se rapprocher les deux géants comme la victoire d’un rêve. Du théâtre à taille de ville pour une compagnie qui a dû conquérir les instances politiques : artères à fermer, fils de tramway à couper, immense grue à installer pour l’arrivée à la porte symbolique de Brandebourg, dans un quartier d’ambassades.

« A pas de géant, le conte devient réalité »  titre le Berliner Zeintung. Sûr que ces images resteront gravées dans les esprits :







Un nouveau jeu sur Internet : combattre la grippe

25 08 2009

LA GRANDE GRIPPE EN LIGNE

thegreatflu-300x231Alors que les media nous font craindre le pire pour l’automne, des chercheurs de Rotterdam proposent un jeu intitulé « The Great Flu ». Imaginé plusieurs mois avant que la pandémie n’éclate et d’abord destiné aux jeunes néerlandais, ce jeu connaît un succès international grandissant.
Le joueur dispose d’un budget, au sein d’un centre de lutte contre la maladie, pour mettre en oeuvre les mesures nécessaires à l’éradication du virus : mesures de surveillance, d’information, de stockage et de distribution des médicaments, masques et vaccins, une partie de la somme étant consacrée à la découverte d’un vaccin anti-grippe A. Attention !  Les états politiques supervisent les actions du joueur dans sa gestion budgétaire !

DEBAT

Evidemment, jouer avec la santé, lorsque la réalité d’une pandémie frappe à notre porte, peut poser question : grippe-a1qui mérite de survivre ? A quel prix doit-on enrayer la pandémie mortelle, car tout effort sanitaire a un coût et, bien sûr, les mesures les plus radicales (amélioration de la recherche, achat de vaccins, fermeture d’aéroports) sont plus  dispendieuses que l’information des citoyens et la distribution de masques.


 Finalement, ce jeu pédagogique, même s’il n’a pas obtenu l’agrément de l’O.M.S., peut servir à informer mais aussi à débattre avec les élèves de la bio-éthique, de l’économie financière, de la solidarité… Alors, prise de tête ou prise de conscience pour cette rentrée 2009 ?
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