Des trésors dans nos poubelles

29 05 2012

Ce n’est pas nouveau, l’art de la récup  a déjà donné lieu à des expositions, des concours… Des artistes offrent une deuxième vie à des matériaux recyclables, certes, mais qui envahissent nos poubelles : plastique, métal, carton. Pour mieux prendre conscience des volumes de déchets et des possibilités de leurs reconversion artistique, voici un petit tour du monde « Art d’éco » :

Le plastique, inventé en 1869, est de plus en plus utilisé mais 15 % seulement sont recyclés dans le monde. Il représente même un 8ème continent -c’est son nom- : une gigantesque plaque de déchets, découverte dans l’océan Pacifique (6 fois la France), en 1997. Il donne lieu aussi à un jeu interactif au Futuroscope de Poitiers pour nous sensibiliser à la pollution marine.

– Un artiste urbain new-yorkais propose un spectacle étonnant : Joshua Allen Harris fabrique des animaux ou créatures bizarres à l’aide de sacs plastiques et de scotch, qu’il place au-dessus des bouches de métro. Le souffle qui s’en échappe gonfle les structures, leur donnant ainsi une vie éphémère.

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Martine Camillieri, plasticienne française, est une pionnière en matière de détournement et de recyclage : installations d’objets, (autels et temples), photos (camion-bidons) et son site de gardiennage virtuel d’objets perdus, livres (de cuisine pour les enfants, manuel écologique),  tout est prétexte pour jouer avec les objets, questionner nos pratiques de consommation. Martine Camillieri milite pour une écologie douce, cultive l’art et la drôlerie : toujours dans l’optique de « ré-enchanter » le quotidien, elle conçoit des buffets décalés, de la vaisselle comestible ou bio-dégradable.


– 300 millions de tonnes : c’est la production annuelle de papier -que nous recyclons à plus de 70 % en France. Le gros problème c’est le tri. Comme les autres déchets, il est devenu un terrain d’exploration pour des artistes qui en font des vêtements, des robots … ou des livres comme en Argentine : une maison d’édition pas comme les autres « Eloïsa Cartonera » est née … de la débâcle économique en 2001 ; des recycleurs ramassent papiers et cartons pour les revendre à des usines de récupération. Un écrivain argentin s’en mêle et lance une maison d’édition ; les plus belles pièces servent à faire des couvertures de livres. L’atelier grandit dans un quartier populaire ; les habitants, enfants ou adultes, armés de pochoirs, de pinceaux et de peinture participent à l’aventure. Le concept est en train de faire le tour du monde.

 

 

 

 

 

 

– Quoi de plus résistant que le métal ? Les métaux ont une grande espérance de vie, surtout sous forme de déchets ! Des canettes à l’informatique, l’électronique ou l’automobile, ils ont été les symboles du progrès mais causent des dégâts durables dans l’environnement. Leur réutilisation permet aux artistes de devenir les rois du recycl’art. Exemple la galerie Brauer : ce dernier, plasticien, sculpteur, peintre graphiste, partage sa galerie avec d’autres designers pour réhabiliter des objets déchus ; une sorte de pied-de-nez- à la société de consommation frénétique : sculptures lumineuses, accumulations électroniques aux allures vintage, « l’objet enfin de vie devient une trésor en devenir ». Rien n’est jamais figé.

 A l’occasion de la conférence sur le développement durable, RIO + 20, du 20 au 22 juin, l’accent sera mis sur deux thèmes spécifiques : une économie verte dans le contexte de l’éradication de la pauvreté et un cadre institutionnel pour le développement durable. En parallèle, le Sommet des Peuples appelle à une large mobilisation contre la marchandisation de la nature… En attendant, les déchets d’oeuvres sont déjà une transition écologique !


 



Entre-scotch

10 02 2012

Au lieu d’utiliser de la peinture, Max Zorn découpe au scalpel des bandes de scotch et les superpose pour réaliser des tableaux. Cette idée lui est venue en observant le travail de designers de voitures qui  projetaient, à toute vitesse, leurs idées sur de grands tableaux, à l’aide de rubans adhésifs. Depuis quelque années, le « tape art » qui existait déjà en tant qu’art urbain et le scotch multicolore permettaient de réaliser des fresques, comme celle-ci dans le métro parisien (exécutée par un collectif slovène, ORTO).

TapeArt – Fejzo & Luka Ursic from Multipraktik on Vimeo.

Max, qui vit à Amsterdam, a admiré l’éclairage des vieilles rues, un brun doré qui projette des ombres, créant des images graphiques séduisantes ; il décide alors d’utiliser du plexi-glass pour y appliquer du scotch brun translucide. Ces portraits sont souvent inspirés du cinéma,  de la chanson ou de la peinture. Les superpositions dévoilent plus ou moins de lumière et sculptent les visages d’une manière saisissante.

Il réalise ses oeuvres en parcourant l’Amérique du Nord, le Canada et l’Australie en passant par l’Europe où il escalade lampadaires et immeubles pour offrir ses créations au regard de tous dans les rues de San Sebastian, Lisbonne ou Berlin.

Belle performance au final !

Le site de Max Zorn

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Autre graffeur, australien cette fois, Buff Diss, parcourt le monde avec ses rouleaux de scotch et décore aussi bien  des surfaces verticales qu’horizontales mais aussi dans le « vide », dans l’air, de la 3D sans endommager les murs !

Sa galerie ici

Autre artiste, cette jeune femme française Eugénie Fauny, qui travaille avec le scotch d’une très belle manière.

« Mille fragments de mots, de lettres, de couleurs et d’images s’entre-scotchent, s’arrachent au papier et se restructurent sur les tableaux (toile, plexiglas, bois) et sur les objets détournés (lampes, bidons, valise) de cette plasticienne hors-norme. Adepte de la poésie lettriste, elle crée à l’aide du ruban adhésif repositionné, un souffle cadencé, heurté, hyper-ventilé, témoin acerbe et juste de nos modes de communication. Sans concession pour elle-même, Eugénie Fauny, au son déchirant du scotch qu’elle coupe de ses dents, recrée ainsi ses propres messages… arrachés… au ruban de la vie. »

En fait « l’art scotch » n’est pas vraiment une invention du 21e siècle et son précurseur s’appelle : Gil Joseph Wolman. Celui-ci  entreprend en 1959 un travail  résolument pictural, incluant des matières plastiques, des cirages, des papiers mâchés dans lesquels il inscrit des écritures et des graffitis. Avec l’Art scotch commence, en 1964, la période la plus prolifique du travail de Gil Joseph Wolman :fragments de textes et d’images arrachés par des bandes adhésives dans des journaux et qui restent inscrits sur la colle.  Reportés  sur divers supports (planches de bois, toiles) en lignes superposées qui posent autant la question de la constitution du tableau dans sa relation au monde que la « dissolution et la constitution du mouvement » (titre de l’exposition Wolman à la galerie Valérie Schmidt en 1968). La densité du scotch fait un effet de matière et le procédé rigoureux, par bandes régulières posées horizontalement, donne aux mots une nouvelle dimension.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toutes ces expériences manuelles, montage et jeu graphiques, chroniques du monde, constituent les prémices des graffitis et de l’art urbain.

 

 



Des nouilles … au caviar

26 01 2012

Vik Muniz, artiste brésilien, mêle la photographie et la création d’oeuvre d’art dans une vision très personnelle de chefs-d’oeuvres connus : il joue les illusionnistes à l’aide de matériaux plus ou moins incongrus : sang de synthèse, chocolat, confitures mais aussi diamants, papier journal… Comment est-il passé d’une enfance pauvre à Sao Paulo aux expositions dans les musées, sans une véritable éducation artistique mais avec la même obsession, la perception visuelle ?

SON ORIGINALITE

Pour tout bagage, Vik Muniz a suivi des cours de dessin dans un atelier du soir et découvre l’histoire de l’art via des magazines ou quelques livres. Il emporte avec lui, aux Etats-Unis, son pays d’adoption, un kaléidoscope d’images qu’il s’amuse à reproduire, plus tard, pour offrir au spectateur un regard neuf sur des oeuvres classiques. Pas question pour lui de peinture à l’huile ou d’encres mais des matériaux inhabituels -du sucre, du fil de fer, des cendres- pour créer des simulations d’oeuvres, que la photographie immortalisera.
Son originalité tient à la multiplicité des supports qu’il utilise : des spaghettis pour la Méduse de Caravage, du caviar pour Frankenstein, des pièces de puzzle pour Picasso, des diamants pour les portraits de Marilyn Monroe et de Liz Taylor. Entre souvenirs de voyage et Pop Art, Vik Muniz interroge le statut de l’image médiatique, car les oeuvres mythiques dont il s’inspire deviennent des trompe-l’oeil : pour l’artiste, notre monde d’images doit nous rendre sceptique et nous inviter à retrouver une réalité chaque fois différente.

SA TECHNIQUE

Sa technique vise à élargir la gamme des moyens classiques au service de l’art contemporain. Mais c’est grâce à la photo argentique qu’il entend déclencher les mécanismes psychiques de la représentation et susciter une participation du spectateur. L’optique suggérerait presque une notion philosophique : celle du cours des choses éternellement effacé par l’immédiateté.

Il  parsème, dans ses collections,  une dose d’humour espiègle pour mieux induire le spectateur en erreur et sensibiliser, d’une manière plus générale, le public à la lecture de l’image. Ces oeuvres plastiques redéfinissent les contours, les ombres d’une peinture selon le matériau choisi : le sirop de chocolat  brun brillant sur l’image de Pollock amène de la sensualité ; le fil gris pour les prisons de Piranèse rappelle l’enfermement et le mystère, l’utilisation de pigments purs dans ses remakes de toiles de maîtres renouvelle la toile pour un rendu presque tactile, mettant ainsi en cohérence sujets et matériaux.

Sa dernière exposition à Avignon s’intitule avec justesse « le musée imaginaire » : 110 oeuvres revisitées pour une mise en abyme de l’Histoire des arts. Après le succès récompensé de l’exposition et du film documentaire l’accompagnant « Waste land », qui lui a été consacré en 2008 au Museum of  Modern Art de New York, nul doute que cet illusionniste nous réapprendra sans cesse à regarder l’art  photographique ou pictural comme une histoire des représentations suivant des échelles de valeur, des techniques et des époques.

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L’art du camouflage

19 05 2011

Liu Bolin est sculpteur. Il modèle la matière depuis l’âge de 13 ans. Diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Pékin (2001), il a délaissé un moment la sculpture pour des performances éphémères qu’il immortalise sur des photographies.  La destruction de son atelier dans un quartier d’artistes en 2005 sera l’événement déclencheur de son nouveau concept : se fondre dans le décor comme un cri de révolte muet, face aux autorités chinoises.

Le langage de l’image traduit, dans son oeuvre singulière, la croissance économique de la Chine, la société de consommation qui happe l’humanité. Liu « disparait », dans des mises en scène photographiques pour s’abstraire de l’oppression. Pour cela, il choisit soigneusement ses décors, à valeur de symboles : sur des panneaux électoraux, dans des drapeaux, des messages de propagande…

Le plasticien caméléon donne à voir des sculptures humaines qui ne sont pas sans rappeler les personnages traditionnels du théâtre chinois, aux maquillages stylisés, à l’apparence de masques. Mais cet art engagé, à « l’invisibilité » ludique le rend encore plus intégré au monde d’aujourd’hui pour mieux questionner les systèmes économiques, politiques, esthétiques dans un réalisme étudié ( la couleur rouge associée à l’élément  » feu » en Chine…).

L’artiste continue de sculpter : hommes sans yeux (Red Hand) ou sculptures enflammées (Burning man). Ses travaux exposés à Paris, Vérone, Londres New York ou Shangaï depuis 2007 lui valent une reconnaissance internationale.




L’art foot

4 06 2010

oneshotA la veille de cette coupe du monde tant attendue par des millions d’aficionados, on serait tenté de voir en ce jeu parfois guerrier, un condensé de culture populaire, de rituel collectif, d’émotion mais aussi d’enjeux financiers et politiques. Sous ces différentes facettes, le football réunit de quoi inspirer des peintres, des sculpteurs, des photographes et l’exposition ONE SHOT, à Charleroi, le prouve.

LE LANGAGE DU FOOT

La télévision se charge, tous les 4 ans, de mettre en scène la compétition internationale et ne retient, le plus souvent, que la performance physique, les  gestes techniques ou les buts marqués. Mais au-delà du regard concentré du spectateur, l’oeil exercé d’un écrivain, d’un cinéaste, de tout créateur y trouve un matériau d’ordre psychologique ou plastique. Dans Zidane, un portrait du XXIe siècle, deux réalisateurs ont braqué une vingtaine de caméras sur l’individu face à un entourage où les distances, les rythmes sonores et visuels dégagent une trame passionnelle, écrivent une tragédie selon contrepiedles états d’âme du héros. Le spectacle « Contrepied« , création de la Compagnie française Black, blanc, beur, propose un langage chorégraphique qui mêle les codes du football à ceux du hip-hop.

Cela prouve qu’en dehors du cadre médiatique, le football peut servir de révélateur et que le spectateur lambda peut « lire »  autre chose que le reportage anecdotique de la partie qui se joue. C’est ainsi que l’art s’intéresse aux formes, aux aspects sociaux et politiques du football. C’est ainsi que l’art s’intéresse aux formes, aux aspects sociaux et politiques du football.

ONE SHOT

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Photo extraite du film Kill the referee

Depuis son ouverture en mars 2010, l’exposition intrigue : la cinquantaine d’artistes récrée l’univers du football, à travers des oeuvres surprenantes et différents aspects témoignent de son implication dans la société : du comportement haineux des hooligans à l’exploitation du tiers-monde en passant par la surmédiatisation de ses idoles.

L’espace de création B.P.S. 22 consacre son hall principal aux sculptures, photos et dessins, tandis que la salle annexe propose vidéos et projections sur grand écran. Les artistes, originaires de Suisse, Afrique du Sud, Royaume-Uni, France, Japon, Mexique… illustrent l’évolution de ce sport sur une trentaine d’années. Entre le développement des clubs supporters et les liens entre football et politique, les souvenirs d’enfance liés à cette tradition populaire et le merchandising accru, la culture « anti-foot » des années 80 a fait place au culte du spectacle de masse dont ont été nourris les artistes exposés qui assument cet héritage populaire et le transforment en métaphore du monde contemporain.

FootcontrerasUn jeune artiste français, Cyprien Gaillard, explore la violence des supporters tandis que Kendell Geers pose des masques d’hommes politiques sur des  ballons. Les phases de jeux célébrées par les photos de Robert Davies se mêlent aux dessins de Laurent Dandois. Mais les femmes ne sont pas en reste : le foot a inspiré les napperons de Maria Zgragger imprimés de stades ou les cardigans de Julie Henry aux motifs footballistiques.


Bref, dans ce match art-sport, les entrées, multiples, sont empreintes d’émotion et d’humanité. Les gradins, autant que la pelouse, témoignent d’une ferveur presque « religieuse » et chaque artiste a su interpréter, à sa manière, un spectacle qui réunit toutes les couches de la population.

Expo ONE SHOT BPS22 – Charleroi



Logorama : quand les héros sont des logos

19 03 2010

Bienvenue à Los Angeles, la capitale du cinéma et de la pub: LOGORAMA, film d’animation français, vient de remporter l’oscar du meilleur court-métrage d’animation 2010 ; les Américains ont adoré cet « objet visuel non-identifiable », créé par un collectif de jeunes graphistes français, H5.

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Logorama a nécessité cinq ans de travail à François Alaux, Hervé de Crécy et Ludovic Houplain, des graphistes déjà célèbres, récents pensionnaires de Beaubourg et du MoMa, réalisateurs de clips pour Massive Attack ou Goldfrapp et que Dior, Cartier et Saint-Laurent ont déjà appelés à la rescousse. Carte de visite irréprochable pour des « post-ados » qui se sont amusés à fabriquer un film exclusivement  composé de logotypes détournés, qui plus est, sans l’autorisation de la plupart des marques (près de 3000 !).

Ce mini-polar raconte une course-poursuite entre deux policiers (bonshommes Michelin) et un gangster Ronald Mac Donald’s (à l’allure du joker de Batman), dans une ville de marques, construite selon le modèle urbain américain.  Ecriture du scénario, choix des logos, décors et personnages donnent un rythme et une virtuosité assez incroyables.

macdo-300x181En bref, Ronald (le méchant) débarque dans un Pizza Hut, armé d’une mitrailleuse siglée de la Fraction Armée Rouge et prend un enfant en otâge (Haribo). Un séisme viendra semer le désordre dans la ville provoquant l’évasion du zoo du lion MGM, du crocodile Lacoste et du panda WWF entre autres, et l’engloutissement de la ville. Le paradis californien se transforme en capitale de la violence, du pétrole et du fric.

Les auteurs donnent libre cours à l’interprétation de chacun, les codes culturels étant différents d’un pays à l’autre. « Fascination béate pour les marques et hommage à la société de consommation » disent les uns, travail visuel abouti et dénonciation du système pour les autres, à chacun de lire le message caché qu’il veut bien y voir : hommes et planète sont bien vivants ; les marques « virtuelles » provoqueront-elles la mort des uns et la destruction de l’autre ?

Il n’en reste pas moins que les symboles de la toute-puissance industrielle et financière se font malmener avec jubilation par ces trois iconoclastes. « Je ne veux pas mettre le feu au monde, mais juste allumer une flamme dans ton coeur » chante le générique de fin…

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Le making-off du film :




H5 Logorama from Etapes on Vimeo.



Des virtuoses de photoshop

8 01 2010

Erik-JohanssenmerTout le monde connaît ce logiciel de photomontage. Chacun peut s’amuser à incruster des personnages dans un décor ou truffer ses photos de détails anachroniques ou insolites mais certains photographes professionnels, déjà artistes par leur parcours, ont le don de nous surprendre par le rendu final, parfois aussi surréaliste qu’un tableau de Dali ou de Escher. C’est le cas de Erik Johansson et de Christophe Huet.

Dans l’imaginaire du premier, le petit devient immense, l’horizontal vertical, le relief plat ou inversement. A partir de ses propres photos -angles de prise de vue, éclairage ne sont pas laissés au hasard – Erik fusionne deux images ou plus, retravaille la couleur, la texture pour obtenir des résultats saisissants. Photographe suédois de 24 ans, ses manipulations photographiques ont déjà fait le tour du net : vingt heures de travail en moyenne pour chaque photo.

Exemple :


Erik-Johanssen-route bisjpg– pour la route déroulée, Erik a d’abord pris en photo le bitume seul, puis quelqu’un qui déroule une bâche ; la couleur a été retravaillée pour donner l’apparence du bitume à la bâche.

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– pour le « tableau qui coule », l’artiste à photographié le ruissellement d’une bassine renversée, puis la photo du modèle debout sur un miroir et enfin superposé un cliché du parquet par transparence !


Autre magicien de la retouche, Christophe Huet a travaillé pour de grandes multinationales : Yoplait, Playstation, Nike… la pub Perrier où tout fond, c’est lui ! Son talent a servi également la cause d’associations de lutte contre le cancer ou le sida. Il a longtemps rêvé d’être musicien avant de devenir photographe. Il est d’ailleurs l’auteur de l’accompagnement musical de son site. Allez vous balader : l’originalité témoigne de la créativité d’un artiste confirmé. Cerise sur le gâteau : le making-off ou les étapes de la mise en images.

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Et si vous vous sentez une âme de créateur, ou l’envie d’égaler ces deux artistes, rendez-vous ici ou pour apprendre à manier un logiciel de retouche photo.



Le musée Hergé

4 01 2010

Ce musée consacré à l’oeuvre de Hergé a ouvert ses portes il y a 6 mois à Louvain-la Neuve, à une trentaine de kilomètres de Bruxelles, 102 ans après la naissance de Tintin. Outre les BD de de Georges Rémi, seront présentées également des peintures et des créations publicitaires.

LE MUSEE

musee herge logo52000 m2 d’exposition permanente : des planches originales renouvelées régulièrement, une maquette du sous-marin du professeur Tournesol dans le Trésor de Rackham le Rouge, c’est ce qu’a voulu la veuve (seconde épouse) de Hergé pour rendre hommage à l’oeuvre de son époux décédé. Moulinsart, quant à elle, société qui gère les droits d’exploitation des « Aventures de Tintin », a travaillé sur le logo du musée : emblème qui associe l’auteur, son héros et l’architecture du musée.

EXPOSITIONS

Des expositions temporaires seront proposées au public : la première est dédiée à l’Asie, à travers Tchang-Tchong-Jen, artiste méconnu et ami de Hergé avec lequel il a collaboré pour écrire le Lotus bleu, dont c’est l’anniversaire (70 ans). Un dossier pédagogique est mis à disposition des enseignants en vue d’une visite au musée. Il place le lecteur dans le contexte historique de l’album (1920-1930) et met en perspective la collaboration de Tchang et Hergé pour retracer le Shangaï de ces années-là. Exposition jusqu’au 28/02/2010.

Cet espace d’expos temporaires permettra aussi à de jeunes auteurs de se faire connaître. Les organisateurs ont tablé sur la visite de 200 000 personnes par an. Il semblerait que l’affluence record des dernières vacances scolaires laisse augurer d’un franc succès auprès des tintinophiles.



LEB, les couleurs de la poésie

23 10 2009

leb1Depuis 6 ans, l’artiste mayennais était allé voir plus loin que son vert département. Il est revenu avec un style qui s’est affirmé et se répand dans une explosion de couleurs, d’humour et de chants d’oiseaux.

On a plaisir, une fois poussée la porte de la chapelle des Calvairiennes, à se retrouver dans un monde vibrant où le rouge le dispute au jaune ou au bleu. La faune mais aussi les étoiles, la lune colorent ou animent ces 75 oeuvres. Un univers fantasque et exubérant que cet autodidacte révèle au grand jour par la variété et le souci du détail.

LEB se définit avant tout comme un coloriste. Les formats sont de taille car il aime les grands espaces. Et dans cet univers, il insère des éléments : une mèche de cheveux personnelle comme moustache de Dali, des morceaux de dentelles au fenêtres, un soleil enrelief sur une toile ; monde de rêve et de poésie chatoyant, mais pas si éloigné de la vraie vie. Il aime Miro, Dali mais aussi Prévert.

 Quelquefois absurde, caricaturale ou contestataire -il dénonce parfois les injustices- la peinture de LEB veut passer un message, imprimer les esprits, secouer les consciences. Gouache, acrylique, moulages de plâtre ou de terre cuite sont les instruments qui servent à construire une toile ou une sculpture autour d’un symbole. Tout est le reflet d’une capacité à s’émerveiller, s’étonner, s’amuser : le  banal devient insolite, le réel transcendé.

« Comment faites-vous pour faire briller le soleil ? » demande un enfant… C’est le talent d’un peintre autodidacte à la limite du surréalisme et du naïf.

  Présente jusqu’au 25 octobre, l’exposition peut ravir vos yeux sinon, faites un détour ici.

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Des apprentis artistes

19 10 2009

chaudronnerie1lightOu comment façonner des  sculptures en préparant un B.E.P. de chaudronnier. Treize jeunes du lycée professionnel Robert Buron, à Laval, vont s’atteler, tout au long de l’année, à la fabrication de sculptures sur le thème de « Ubu dans la vie quotidienne ». Ils ont,  pour les accompagner :

  • – leur professeur de français qui les fera travailler sur la pièce de l’écrivain lavallois Afred Jarry, Ubu Roi,
  • – leur enseignant en structure métallique,
  • – le sculpteur Louis Derbré.

REALISATION D’OUVRAGES CHAUDRONNES

A priori, cet intitulé ne laisse pas envisager une quelconque motivation  artistique. Les secteurs d’activités concernent, en effet,  plutôt la construction navale, ferroviaire ou aéronautique. L’enseignement dispensé utilise des manipulations sur différents postes d’atelier, faisant appel à des notions de dessin industriel, de traçage et à la programmation de commandes numériques ; des débouchés comme tuyauteur, soudeur ou chaudronnier sont proposés aux élèves, soit directement après le B.E.P., soit en poursuivant leurs études par un bac professionnel « Structures métalliques » -bâtiment métal, verre, aluminium-, organisation  et gestion de travaux…

Rien qui ne fasse apparaître une dimension artistique. Et pourtant… le profil de l’élève requiert une bonne représentation des objets dans l’espace, le goût de la précision et du travail soigné, de la dextérité… de là à se muer en artiste, il n’y a qu’un pas !

UN PROJET INNOVANT

A l’initiative d’une commerçante qui voulait dynamiser une rue piétonne du centre ville, ce projet va permettre en outre, à une discipline méconnue de faire valoir son travail et de motiver les jeunes : les sculptures réalisées seront exposées dans cette rue et un vote du public sera organisé pour sélectionner l’oeuvre qui méritera de figurer en bonne place à la mairie de Laval, tandis que les autres rejoindront le jardin de la Perrine.

ubuLes élèves ont déjà choisi leur thème : un Ubu skieur ou un Ubu pêcheur verront le jour avec les conseils prodigués par le « maître » Louis Derbré  et même si les formes à représenter ne sont pas évidentes, ce projet artistique est un challenge pour le chef de travaux du lycée et ses élèves, un aboutissement original qui va dévoiler un potentiel de créativité dont les auteurs n’étaient sans doute pas conscients.

Confiants et conscients de vivre une belle aventure, ces jeunes ont une mission d’ici juin 2010 : celle de susciter la curiosité, d’attirer le regard, d’émouvoir, de surprendre le passant ou le touriste qui découvrira leurs réalisations. Ce sera sans doute leur plus belle récompense !