Causette : » l’anti-elle »

17 06 2010

causette 1Pour la première fois, j’entends parler de ce magazine pour « femmes de méninges », un bimestriel féminin donc, qui cible des lectrices entre 25 et 40 ans (Aïe, je ne rentre pas dans la catégorie !). Qu’à cela ne tienne, je me rue chez mon kiosquier, mais le magazine n’est pas dispo. Deux jours plus tard, je tiens l’OVNI dans mes mains !

Une couverture sobre en noir et blanc pour cette édition : une femme à lunettes chaussée de clarks semble lancer quelque chose ; pas de mannequin savamment maquillé et des titres d’articles qui ne présument pas de rubriques de l’été à venir : « Comment effacer vos rondeurs avant la plage », « Belle même en sortant de l’eau… » ou « j’ai découvert l’amour à 50 ans ! ». Le sous-titre de Causette annonce la couleur :« PLUS FEMININ DU CERVEAU QUE DU CAPITON », loin des pages fashion où sont exposés les accessoires « trendy » comme le  » it-bag » indispensable.

causette 2Les rubriques de Causette se succèdent, alternant les reportages sérieux comme l’interview de Florence Aubenas, ancienne ôtage en Irak, journaliste au Nouvel Obs et « l’adoption en Haïti, arnaques et pognon », et des sujets plus légers, dans des rubriques intitulées par exemple « la cabine d’effeuillage » pour un portrait de Gustave Kervern, auteur avec Benoît Delépine, de « Mammuth« , ou l’élection de « la quiche d’or » de Causette pour l’évolution des mentalités ! (attribuée cette année à une styliste brésilienne  pour une collection de lingerie ultra-sexy mais… munie d’une puce GPS, pour que le mari piste sa femme !).

L’unité, c’est le ton adopté anti-conformiste qui valorise des articles audacieux, engagés et bien féminins (non féministes) pour des consommatrices qui s’assument comme elles sont, et lectrices curieuses sans hypocrisie. Autre (r)évolution : pas de publicité mais de belles photos, non numériques et non retouchées. Un magazine qui ne se fond pas dans un moule et qui vous parle politique ou culture, mais aussi coups de gueule ou causerie en jouant sur la complicité et l’humour, cela change des mags paillettes ou intellos et le côté décalé achève d’en faire un bimestriel (pour l’instant) attachant et original.

Un magazine qui ne se voit pas toujours dans les stands de presse, qui parle des femmes et dont le concepteur est un homme, ça vaut le coup d’y jeter un coup d’oeil !

Pour vous faire une idée, consultez le blog !

pompomgirlpompomgirlpompomgirlpompomgirlpompomgirl



Lettre à Pascal Garnier, écrivain

2 03 2010

pascalgarnierJe ne vous aurais peut-être jamais lu, si mes collègues documentalistes et moi-même ne vous avions reçu un jour d’avril 2002, pour notre traditionnelle semaine de la littérature de jeunesse. « Le chemin de sable » était alors le titre retenu. Et depuis, j’ai fait du… chemin en votre compagnie, ou plutôt en celle de vos héros.

En effet, lorsqu’on a,  entre les mains,  un de vos petits bijoux, romans courts mais condensés de vies ordinaires que vous sortez de l’anonymat, le temps d’un épisode de leur vie, on ne souhaite  plus vous quitter (façon de parler, je crois que vous préférez la solitude !). Oui, vous ! car vos héros de papier sont sortis de votre imagination, de votre histoire et ce sont des rencontres inoubliables : Yolande, tondue à la libération qui regarde la vie par le trou de la serrure, et son frère Bernard, aussi fêlé et ammoral que le cancer et l’envie de meurtre étouffent, David, le greffé du foie, qui fait un rejet de la donneuse « C’est moi qu’on a greffé autour de ton putain de foie » et qui préfère, avant de s’en jeter un petit dernier, sauter dans la Saône « Allez, ça va, promis je me remets à l’eau ! »

Vous avez débuté en déplorant la pauvreté de votre vocabulaire et une orthographe  capricieuse et pourtant vous voilà à la tête d’une bibliographie impressionnante : de la Solution esquimau au Grand Loin en passant par Comment va la douleur et tant d’autres ?

Vous faites preuve d’humour (noir, cela va sans dire) : accident, suicide, maladie, la vie de vos bouquins débute souvent par la mort. Quel engrenage ! « Mon passé est triste, mon présent catastrophique, mais par bonheur, je n’ai pas d’avenir ». Comment comprendre que tous ces destins tragiques nous passionnent malgré la banalité de leur quotidien si ce n’est un art peu commun de donner du relief à des personnalités plus ou moins lisses ? Comment expliquer que l’on comprend le geste du meurtrier, que l’on s’intéresse à la mouche d’Odette, retraitée paisible de Lune captive dans un oeil mort ou que l’on fait sienne une affirmation comme celle-ci : « Dire que les alpinistes s’éreintaient à gravir des sommets pour dominer le monde alors qu’il suffisait d’un verre grossissant pour arriver au même résultat.», tellement désarmante de vérité ? Votre style inimitable et vos phrases précises « Son corps sous la couverture de brancard ne fait pas plus de relief qu’un parapluie fermé. »

valadouleur

panda

A26

Votre talent est diabolique, Monsieur Garnier : on se penche sur des destinées improbables d’inconnus alors que l’on accorde une attention toute relative aux difficultés domestiques de nos collègues ou amis : l’odieux devient aimable, le pervers sympathique, le crétin solaire…

On se prend à douter : vous clamez votre amour des gens et  votre tolérance dans vos interviews, mais seriez-vous un

escroc sentimental au point de manipuler notre inconscient pour vous attirer notre sympathie ? Non, en vérité, je suis, nous sommes « accros » à votre talent et c’est tout !

SOUVENIRS

Pgarnier1

PGarnier2



Sherlock Holmes : du mythe au film

9 02 2010

Le célèbre détective, accompagné de son fidèle Watson, est né de l’imagination de Arthur Conan Doyle ; ou plus exactement de sa rencontre avec le docteur Bell, professeur de chirurgie clinique alors qu’Arthur était étudiant à l’université d’Edimbourg. Quel homme était-il ? le Sherlock de Guy Ritchie est-si loin  de la légende ?

LE HEROS LITTERAIRE

Pas d’enfance ou de paternité évoquées dans les livres mais c’est à l’université qu’il affine sa méthode d’observation et de déduction. A 24 ans, il commence ses enquêtes et pendant de longues années, il s’attellera au démantèlement de l’organisation criminelle du professeur Moriarty. On dénombre pas moins de 500 affaires importantes et un millier d’enquêtes tout au long de sa carrière même si son « père » a voulu le faire mourir, lassé d’écrire des intrigues policières. Mais le succès du héros est tel que, dix ans plus tard, Sherlock Holmes renaît à la vie.

sherlock ombreCet homme mince, de grande taille, au visage étroit, est connu pour porter des manteaux de tweed ou des robes de chambre gris souris dans l’intimité, et surtout, il fume le cigare et la pipe. Il n’est pas enclin à l’effort physique mais pour être efficace dans son travail, il pratique le baritsu (un art martial inventé par Doyle dans une des dernières aventure de Holmes). Très impliqué dans ses enquêtes, il peut faire preuve d’une certaine oisiveté quand rien ne l’oblige à bouger. C’est dans ces moments-là qu’il s’adonne à la drogue. La nature froide et insensible l’éloigne des femmes … et des détectives officiels pour lesquels il éprouve une certaine condescendance, car ses dons et son expérience sortent de l’ordinaire. L’art en général, et la musique tout particulièrement, le laissent rêveur ; il joue du violon avec un certain talent.

On a souvent représenté le fameux détective, furetant, la loupe à la main, coiffé de son inévitable casquette à carreaux. Il possède un raisonnement logique, rationnel qui ne laisse pas de place à l’intuition. Son co-locataire  Watson devient son biographe et ce dernier concourt à sa renommée en exploitant le côté sensationnel des enquêtes.

DU LIVRE AU FILM

Affiche SherlockLes aventures  de Sherlock Holmes ont été portées à l’écran plus de 200 fois et nous ont habitué au portrait d’un détective flegmatique, analyste et infaillible. Depuis sa première apparition dans un film muet en 1900, elles ont fait l’objet d’adaptations à la radio, à la télévision, au cinéma et même en bande dessinée. La dernière version date de 1989, orchestrée par le réalisateur Billy Wilder ; l’atmosphère victorienne y était recrée et les dialogues brillants offraient une variation originale sur Holmes et Watson.
Aujourd’hui, la sortie du film de Guy Ritchie, fait débat. Version totalement dépoussiérée de la légende holmésienne, ce film, boosté aux effets spéciaux, propose deux heures d’action, menées tambour battant, dans un Londres du 19ème siècle, reconstitué comme jamais. Scotland Yard laisse la vedette au célèbre détective pour une saga qui mêle enquête criminelle et magie noire. Redondant pour certains, dynamique pour d’autres, il présente un héros débarrassé des stéréotypes et assez proche du héros de papier et le Docteur Watson tient une autre place que celle incarnée par Basil Rathborne, surtout joué par Jude Law, auquel Sherlock n’adressera jamais la phrase de légende « Elémentaire, mon cher Watson ! ».




Finalement, adapter un livre au cinéma ne se limite pas à une transposition visuelle mais cela exige la construction d’une seconde oeuvre, d’inspiration libre mais respectueuse de l’original, le rendant unique et inoubliable à son tour. Sherlock Holmes, version 2010, comme d’autres héros, aura ses fans et ses détracteurs, la littérature et le cinéma s’enrichissant de leur réflexion en miroir.



Quai des bulles 2009

5 11 2009

Les 23, 24 et 25 octobre, se tenait à Saint-Malo, le traditionnel festival de la BD : Quai des Bulles; Rencontre d’auteurs, d’éditeurs, prix décernés, dédicaces, anniversaires, expos, le cru 2009 avait de quoi réjouir les passionnés.

RENCONTRES


BD2Les Editions DARGAUD, SOLEIL et GLENAT étaient sur le pont et en grande forme pour ce rendez-vous, le plus grand rassemblement d’auteurs après le festival d’Angoulême (335 auteurs attendus !). L’accent était mis sur les 50 ans d’Astérix, et les 40 ans de Glénat. Des animations : Bistro à bulles, Fabrique à Fanzine, rencontres pro-amateurs, espace jeunesse, atelier photo laissaient aux fans un choix exceptionnel de découverte et de partage.
Mais pour les scolaires, présents dans l’auditorium du Palais du Grand Large, Albert UDERZO en personne et le comédien Roger Carel -voix d’Astérix au cinéma- ont raconté une histoire des héros de la fameuse BD, l’un avec sa voix, l’autre avec son crayon, en direct sur la scène du Grand Palais. Les portraits réalisés ont été distribués aux écoles présentes pour la plus grande joie des enfants. (Expo thématique ; Uderzo, la passion magique, présente jusqu’au 15/11 à la tour Bidouane, intra-muros, entrée libre).

BD3

Autres célébrités : Cosey, l’auteur de Jonathan et de l’affiche de l’édition du festival 2009, Jacques Glénat, dessinateur devenu éditeur ont pu partager la vedette avec des lecteurs … devenus auteurs : Hervé Tanquerelle, nantais, Vivès qui fait une entrée remarquée à 25 ans avec Amitié étroite, Nicoby, et Zanzim, dessinateur lavallois avec la sirène des pompiers. Ils abordent le témoignage personnel ou la chronique du quotidien, version intimiste ou parfois surréaliste.

LE FESTIVAL, C’EST AUSSI …

  1. BD1les prix :
  2. * le prix Coup de coeur a récompensé David Prud’Homme pour Répétiko ; à lui de réaliser la carte postale du prochain festival.
  3. * le prix de l’affiche, lui, a été remis à la bande de Tchô : récompense collective pour le mensuel Tchô et son directeur J. Glénat.
  4. – des expos à louer : le Quai des bulles crée, chaque année, des expos originales,
  5. – des interventions, toute l’année, dans les écoles, collèges et lycées de l’ouest,
  6. – un concours découverte Jeunes talents (thèmes connus en mai 2010).

L’année prochaine sera la 30ème édition de ce festival mondialement connu et se déroulera plus tôt dans le mois : les 8, 9 et 10 octobre 2010 Rendez-vous est pris !

Ambiance, cette année…

http://www.dailymotion.com/video/xaxn6u



Un défi-lecture virtuel

29 09 2009

gif animé ordinateurs037.gifOu comment proposer aux enfants de poser leurs yeux sur un texte écrit sans que cela leur paraisse un exercice du siècle passé ???

Des élèves de 5e vont inaugurer un nouveau type de défi-lecture : les livres, variés dans leur nature, seront bien à lire, physiquement, pour en connaître la trame, le ton, les personnages, les lieux ou les techniques auxquels ils font allusion mais l’interface sera un BLOG : plus de feuilles à distribuer, de mail à écrire, mais une plate-forme commune aux 4 classes qui leur servira de « champ de bataille ».

Les puristes diront que le défi-lecture ne doit pas se réduire à un affrontement entre groupes mais le fait de rencontrer les équipes adverses sur le terrain du blog en y amenant photos ou images évocatrices, quiz, désormais exploitables sur le WP, va motiver plus durablement les élèves, fiers de pouvoir montrer à la collectivité leur perspicacité, l’originalité de leurs questions, et le succès de leur groupe :

  • – c’est un blog de classe et non celui d’une seule personne, ce qui crée un sentiment de propriété favorable à l’appropriation de l’outil par chaque individu,
  • – le  blog permet aussi de conserver une trace du cheminement du travail ; la publication de réflexions personnelles dans un contexte réel, les amènera de plus, à juger de façon critique, et les commentaires, autres que ceux de l’enseignant, seront bénéfiques dans leur apprentissage de citoyen.

Chacun pourra, en outre, y valider des items du B2i en se familiarisant avec l’outil « blog ».

Notre pari n’est sûrement pas le premier, mais les collègues de lettres et moi-même sommes enthousiastes et impatients de nous lancer dans l’aventure !

Si vous avez des suggestions ou des commentaires, nous sommes « toute ouïe ».

Voici l’objet de notre défi-délire au stade de départ.



Votre langue au chat ?

5 09 2008

Commençons cette nouvelle année par un sujet « léger »…

Qui est un héros de l’humour, une superstar du one-man show depuis 25 ans ? Qui use et

abuse du bon sens… jusqu’au non-sens en quelques mots ou calembours ? Qui démonte la complexité du monde par des pirouettes désopilantes ? Mais c’est bien sûr le plus grand philosophe belge de ces deux dernières décennies… LE CHAT, oui celui-là…

Ce gros félidé au regard bigleux et au physique passe-muraille est né par hasard en mars 1983, dans le supplément hebdo du quotidien belge Le soir. Rapidement, cet anti-héros (ni intrépide, ni aventurier, mais plutôt débonnaire et casanier) nous livre ses sentences péremptoires, sa philosophie de comptoir sur le quotidien pas si banal que ça !

Son auteur, Geluck, vient du théâtre et non de la BD. Avec son frère, il éCHAfaudait une espèce de journal mural dans les toilettes (le talent s’affiche partout !…). L’ami d’un rédacteur de journal humoristique est passé par là ; il en est ressorti CHAviré… de rires. De scènes de théâtre (pendant 10 ans), aux strips à 3 cases, il n’y a qu’un chat, pardon… qu’un pas. Succès immédiat en Belgique et en Suisse, puis plus tard en France. Philippe Geluck a petit à petit éCHAppé aux émissions de radio pour se consacer au dessin.
Pour ses 20 ans, le Chat s’est exposé à Bruxelles et à Paris et consécration oblige, un espace de 300 m2 lui était dédié au Salon du Livre en mars 2008 et une statue lui sera érigée dans la ville belge de Hotton.

Alors vous qui CHApardez quelquefois les BD du CDI (pour mieux les lire évidemment !), pensez aux copains qui n’auront pas la CHAnce de s’ébaudir, de s’esclaffer, de CHAvourer les leçons bien assénées de ce héros de papier !!

A méditer :

« Si tout va mal c’est parce que les gens se parlent ! Si les gens ne se parlaient pas… ils ne se rendraient pas compte de leurs désaccords. »

« Avec la fonte des pôles, il y aura plus d’eau dans les mers – et donc… davantage de place pour les poissons. Le malheur des pingouins fait le bonheur des sardines ! »

« Ca fait parfois du bien de faire le vide dans sa tête, mais ce sont ceux qui en ont le moins besoin qui le font le plus vite. »

Et si vous essayiez vous aussi ??



Angélique boxe

25 03 2008

angelique.jpgQuelle héroïne étonnante, cette Angélique ! D’abord la couverture du roman : une jeune fille sur un ring contraste avec la typo rose du titre, mais rien à voir avec une romance de la littérature jeunesse ! Et puis les premières lignes vous assènent un direct en plein coeur : « Angélique boxe, boxe, le sac accuse les coups, se balance. La vie ne vaut pas plus… Ce sac fendillé qui s’écarte si peu de son axe, Angélique voudrait l’éclater, l’éventrer, le vider de tout son sable qui amortit et qui étouffe… »

Cette petite fille-là, engluée dans sa banlieue du Nord de la France, a la rage de vivre. Inscrite au club de boxe, après un coma provoqué par une bagarre, elle se défoule désormais sur le sac qui se balance plutôt que sur la cour de récré. La violence dehors (coups, chantage, menaces…), c’est aussi sa violence dedans contre la vie trop rangée de ses parents smicards, puis contre la maladie de sa mère, inéluctable, et le chagrin de son père, incommensurable.
C’est un portrait sans concession que Richard Couaillet nous présente sous la forme alternée d’un journal et d’une narration. Angélique sera plus forte que tous les coups bas qui pleuvent sur sa vie. Inclassable et incassable, elle force notre admiration jusqu’au dénouement : un destin qui ne doit rien à la fatalité !
leon.jpg

Un roman à rapprocher de « Pas demain la veille » de Christophe Léon qui nous offrait le portrait d’une petite fille, Loulou-Antoine : de l’énergie à revendre, une lucidité à tout épreuve pour vaincre la maladie sans se laisser émouvoir par la compassion ou la mièvrerie. Décidément, la frontière est mince entre la littérature jeunesse et la littérature adulte. A conseiller donc, aux jeunes et moins jeunes !



Jane du Far West

6 03 2008

En cette journée internationale de la Femme (8 mars), pourquoi ne pas choisir une héroïne à célébrer en particulier ? L’actu BD me donne l’occasion de vous parler de Martha Jane Cannary : injustice ! Vous devez peut-être à Lucky Luke de connaître son existence sous le nom de Calamity Jane, elle qui a sa place dans la légende du Far West aux côtés de Buffalo Bill ou Davy Crocket !

cowboy-2.gifcowboy-2.gifcowboy-2.gifcowboy-2.gif


calamity-jane.jpg
C’est, en effet, Goscinny qui l’a immortalisée comme personnage de BD : il en a fait une cow-girl excentrique aux jurons abominables, à la descente exceptionnelle de whisky, aux multiples exploits à la carabine. Il n’existe pas de réelle biographie de Jane mais les « Lettres à sa fille », publiées en 1979, révèlent un tout autre visage.

A une époque très puritaine, elle menait une vie sans doute scandaleuse : chercheuse d’or, conductrice de diligence ou serveuse de saloon, mais même la légende du Far West a travesti la vérité, faisant parfois de cette héroïne sans peur, une marginale analphabète et alcoolique.

Ces lettres, dont l’authenticité est elle-même mise en doute, s’adressent à lettres-jane.jpg
la petite fille, Janey, qu’elle mit au monde à 21 ans, et qu’elle abandonna ensuite, faute de pouvoir l’éduquer correctement. Il n’en reste pas moins que sa « biographie », plus remarquable que sa légende, décrit une femme aventureuse mais courageuse, trop indépendante pour son époque, une sorte de féministe avant l’heure !

C’est ce parcours qui est retracé dans le premier tome de Martha Jane Cannary (dessin : Matthieu Blanchin et récit : Christian Perrissin, paru en janvier 2008). Même si certains passages sont romancés, cette biographie, un peu décalée, a le mérite d’être toujours ancrée dans la réalité historique (dessin intimiste en noir et gris, sans case, au graphisme très réussi).

Laissons courir notre imagination, écoutons !

Blibliographie

Lettres à sa fille /Editeur Rivages, 2007
Calamity/Fontaine Sylvie, 2005 (bande dessinée).

Filmographie

  • Une aventure de Buffalo Bill de Cecil B. De Mille (1939)
  • Visage pâle de Norman Mac Leod (1948)
  • La fille des prairies de Georges Sherman (1949)
  • La blonde du Far West de Walter Hill (1995).


Revue de presse en images

9 02 2008

gifjournal11.gif
A l’approche de la 19ème semaine de la presse à l’école : un éclairage pour découvrir ce genre, le dessin de presse, et suivre l’actualité, pour des élèves qui lisent peu de journaux nationaux ou des quotidiens régionaux qui n’en publient pas.

Sur Internet, les dessins de presse sont souvent isolés de leur contexte. Sur papier, les éléments textuels jouent un rôle pour la compréhension en confirmant le message transmis par les messages visuels.tchad.jpg

Alors que le dessin induit un raisonnement a minima, la lecture de l’article voisin va privilégier l’interprétation désirée par l’émetteur et fournir des indications de lieu ou de temps, le dessin faisant office de relais.

Pris dans les combats entre l’armée et les rebelles,
les habitants de N’Djamena sont en pleine détresse… (Le Courrier International)

Souvent justifié par des événements socio-politiques, le dessin de presse, sorti de son contexte, entre directement dans l’art graphique. Il suppose, de toutes manières, une approche journalistique de la part du dessinateur et un minimum de références culturelles -géographie, géopolitique, histoire, mythes et symboles- des lecteurs. Mais c’est un bon moyen d’amener les élèves à porter un regard critique sur le traitement de l’actualité par les médias.

orphelins.gif
Qui veut mes ados ? Pour favoriser l’adoption d’adolescents, plus difficiles « à caser » que des bébés, des Américains ont choisi des méthodes de marketing éprouvées. Quitte, explique le Usa Today, à donner l’impression qu’il s’agit de biens de consommation… (Le Courrier International)

Ce regard décalé vise généralement à provoquer, à faire réfléchir, à émouvoir ou même à dénoncer. En tout état de cause, le dessin de presse ne laisse pas indifférent, d’autant plus que, satire ou caricature, il permet d’épingler, avec humour, pays ou personnages, sur des thèmes variés de société. Exemples :

notabac.jpg

Merci à Julo

test-adn.jpg

 D’autres dessins de Olivier Thiébault ici

Répertoire de liens :

Références :

  • Guide du dessin de presse/Forcadell ; Ed. Syros
    Clés pour le dessin d’humour/Schneider, J.B.


La BD qui monte : le manga

17 12 2007

manga1Le terme Manga, créé au 19ème siècle par le peintre Hokusai, est constitué de deux idéogrammes : Man (exécuté de manière rapide et légère) et Ga (dessin). Le manga, tel que nous le connaissons aujourd’hui, ne date que du 20ème siècle et celui qui va imposer sa technique de dessin et de narration pour des décennies, s’appelle Osamu Tezuka.

Les caractéristiques du manga

Presque toujours en noir et blanc, ils sont publiés dans des revues peu coûteuses sur du papier recyclé. Ces story manga utilisent un découpage « cinématographique » : cadrage et découpage temporel. Des personnages aux grands yeux sont supposés renforcer l’expressivité du visage. A noter aussi le recours aux onomatopées, beaucoup plus fréquentes et au champ d’application plus large qu’en France :

  • – le sourire : Niko Niko manga2
  • – le scintillement : Pika Pika , d’où le nom de Pikachu, mascotte qui vaut son pesant de yens.

Les publications s’adressent à des tranches d’âge précises :

  • – Shônen pour jeunes garçons,
  • – Shôjo pour jeunes filles.

et privilégient des thèmes comme le sport, l’action, les combats, les histoires de lycées ou les histoires de méchants. L’impact du Manga, au Japon, dépasse de loin la portée de la BD en France. Plus qu’un loisir, c’est un media très populaire, parfois reconnu comme un art à part entière. Les prétendants pour devenir mangaka (créateurs de mangas), sont des forçats de la créativité.

En France

CandyVers la fin des années 70, l’animation japonaise fait une entrée en force avec Goldodrak, puis Candy pour les filles et Albator pour les garçons. Mais les éditeurs parlent d’effet de mode. Enfin les années 2000, avec l’arrivée d’Internet, des sites spécialisés, des salons, relancent l’engouement pour le manga. Celui-ci s’impose, désormais, dans la lecture adolescente par son prix bon marché et ses sorties régulières.

Une nouvelle génération d’auteurs français, influencés par leurs propres lectures manga, publient des BD métissées des techniques manga et franco-belges.

Adaptés en jeux vidéos, en dessins animés, les mangas ont aussi leur chaîne TV sur Canalsat.


Pour en savoir +

  • – le manga de Stéphane Ferrand, collection Les Essentiels de Milan
  • – Manga, 60 ans de bd japonaise, édition du Rocher, 2005
  • – Animeland, magazine mensuel, hors série n° 5.

Sites

Du dessin à l’animation, extrait d’une émission diffusée sur Arte le 03/03/1998.
Au CDI, à partir de janvier, création d’un rayon « Mangas »  : Histoires courtes de Toriyama, Glaucos de Tanaka, le passage de Kita Konno, Aqua et Aria de Kozue Amano, Guns Smith cats et Nekomajin…