L’étrange monde de Mr Tim Burton

9 03 2012

 Après Melbourne, Toronto et Los Angeles, l’exposition « Tim Burton », conçue il  y a 3 ans par le Moma de New-York, est accueillie à la Cinémathèque française de Paris à partir du 7 mars. Dessins, figurines, photographies et accessoires –maquettes et costumes- reconstituent l’univers si particulier de ce cinéaste pour lequel les monstres sont la norme et la normalité, le siège de la haine et de l’intolérance :

  • – rétrospective intégrale
  • – longs et courts métrages projetés, choisis par le cinéaste lui-même
    –  cycle de conférences,
    –  ateliers destinés aux enfants et aux adolescents
    –  stages organisés pendant les vacances de Pâques.

De quoi tenter les nombreux fans de ce cinéaste singulier.

SON ENFANCE

Il la passe à Burbank, en Californie. Banlieue blanche, milieu puritain. Livré à lui-même, il passe beaucoup de temps à visionner des films d’horreur (tirés, le plus souvent , de contes de fées ou légendes folkloriques européennes) et la période d’Halloween lui laisse des souvenirs impérissables, surtout dans  la lumière californienne d’octobre. Lui qui n’aimait pas le sport mais faisait des farces macabres à ses petits camarades  était un enfant solitaire (pour cause de singularité). Son goût pour le morbide n’était pas fait pour rassurer les parents des enfants du voisinage. Plus tard, il trouvera un exutoire  dans la scène punk :  « je me sentais proche de la rage de ces personnages extravagants et de leur look ».

D’ailleurs, lors de l’exposition parisienne, chercheurs et spécialistes de divers champs artistiques aborderont tour à tour le travail du scénario, du décor, des dessins, des costumes, de la musique… pour analyser l’alliance paradoxale de l’enfance et du macabre chez Burton, ainsi que la manière dont le réalisateur a durablement renouvelé les codes de l’iconographie enfantine.

 SON PARCOURS

Après des études artistiques en Californie (il est passionné de dessin depuis son plus jeune âge) Tim Burton débute chez Disney puis passe des courts aux longs métrages : de frankenweenie (1984) à Beetlejuice (1991). Le côté fantastico-macabre et déjanté du réalisateur s’exprime déjà et son génie créatif –outre les deux « Batman »- fait merveille avec celui qui deviendra son acteur fétiche : Johnny Depp. De 1990 à 2008, l’homme aux multiples casquettes (auteur, acteur, producteur, scénariste, réalisateur…) aligne les succès.  La Cinémathèque a réalisé ici une time-line très intéressante sur l’ œuvre de ce scénariste original et producteur avisé.

L’artiste griffonne les portraits de ceux qui deviendront ses héros, les lieux qui le fascinent pour en faire des décors : exubérance et poésie côtoient l’humour caustique pour transmettre sa vision du monde. Il n’a cure de servir les studios hollywoodiens ou de céder à un quelconque courant. C’est un original qui ne livre le meilleur de son art que lorsqu’il est complètement libre : « Je crois que tout ce que je filme participe à une sorte d’exorcisme global. Il ne s’agit pas d’exorciser quelque chose de précis, mais de libérer des images, des visions, de relayer l’imaginaire par des images. Je m’explore moi-même ».

ECRAN NOIR

Tim Burton s’est beaucoup inspiré du roman gothique, un genre littéraire du 18e siècle qui réunit des points communs :

  • – Le décor : L’engouement pour l’histoire et le passé (décors populaires du théâtre élisabéthain tels que château hanté (Macbeth, Hamlet), la crypte (Romeo et Juliette), la prison médiévale (Richard III ou Edward II de Christopher Marlowe), le cimetière (Hamlet).
  • – Les décors naturels sont ceux des contes de bonne femme, paysages nocturnes (Macbeth), sabbats de sorcières (Macbeth), orages déchaînés sur la lande (Le Roi Lear), tempêtes en mer (La Tempête, Un conte d’hiver).
  • – Les personnages : le religieux (l’Inquisition), la femme persécutée, le maudit, le vampire, le bandit
  • – Les situations : le pacte infernal, l’incarcération et la torture, le suicide, les secrets du passé venant hanter le présent
  • – Des procédés narratifs : récit dans le récit.

 Dans les fêtes de Noël, Tim Burton est fasciné par les jouets, les rubans et les frises, les clowns (Batman Le Défi), les mimes (Batman) et les engrenages (Edward aux Mains d’Argent, Sleepy Hollow). Bref par le monde de l’enfance.

D’autres éléments font partie du monde étrange de Tim Burton, toujours symboliques d’un univers morbide et macabre  mais qui donnent à la mort la marque d’un recommencement et non d’une fin :

  • La forêt est toujours le passage vers un autre monde, l’arbre, une porte de sortie et le vestige d’un passé inquiétant et mystérieux.
  • Les mains : avant d’être un cinéaste, Tim Burton est un dessinateur et ce don lui a permis de fuir son quotidien maussade.
  • Les têtes : Tim Burton a une fascination morbide et jubilatoire pour la décapitation.(Sleepy Hollow et son Cavalier sans tête qui décapite ses victimes) ; il  aime jouer avec les têtes de ses personnages, imposer à celles-ci des transformations et des mutations. Elles arborent souvent d’impressionnantes cicatrices – Edward aux Mains d’Argent ou un sourire permanent (Le Joker dans Batman) . Le cerveau est souvent proéminent – les Extra-terrestres de Mars Attack- et parfois pour le cacher, on utilise un masque ou un costume (Batman).

Toute sa filmographie ici

Le site de l’exposition au Moma

L’EXPO A LA CINEMATHEQUE

Après son triomphe Outre-Atlantique, l’Exposition parisienne, seule étape européenne nous racontera toute la fantaisie et l’imaginaire de Tim Burton à travers 700 pièces dont ses premières esquisses jusqu’à ses dernières réalisations : Dark shadows et Frankenweenie -film d’animation- dont voici la bande-annonce :

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Sympa, Symbaloo !

8 01 2011

Une interface facilement paramétrable, un outil à la fois ergonomique et convivial pour créer votre bureau virtuel et garder en mémoire vos signets, quel internaute même débutant n’en a pas rêvé ? Des pages personnalisables existent déjà : monyahoo.com, Netvibes, igoogle, mais ce service esthétique et original s’appelle symbaloo.

Créé en 2006 aux Pays-Bas, ce bureau virtuel propose 52 cases, différenciées par des codes couleur. Outre les services web (google, pages jaunes…), l’utilisateur choisit les sites les plus pertinents pour créer un portail thématique (ou pas). Par exemple, ici, le travail d’une collègue documentaliste, qui a créé une multitude de bureaux disciplinaires  : des photos libres aux langues en passant par l’orientation ou la littérature de jeunesse.

Même principe que pour netvibes, vous « jetez » les blocs présents sur la page proposée et « ajoutez » de moteurs de recherche ou des flux RSS comme vous le souhaitez. Quand vous désirez publier votre bureau, il peut être en lien ou en bannière sur votre site et les visiteurs peuvent l’ajouter.

A la fois méta-moteur et page d’accueil, cet outil présente un intérêt certain pour nos élèves consommateurs : révisions, orientation, expositions virtuelles, mais aussi dans le cadre des TICE pour les sensibiliser à l’organisation de leur espace numérique. Tutoriel ici ou . Alors conquis ?



Friending

29 11 2010

« Nous avons cru inventer une société de communication, nous avons, en fait, inventé une société de solitude »  a prononcé récemment le publicitaire Jacques Séguela. La croissance exponentielle de la toile dans notre vie nous pousserait à tisser des  liens distants et instables qui provoqueraient un sentiment d’isolement. Plusieurs publications récentes tendent à prouver le contraire… Alors piège international ou bien outil pédagogique ?

INTERNET : OUTIL DE DESOCIALISATION OU DE SOLITUDE ?

Nos usages informatiques ne peuvent être séparés de nos pratiques sociales. Selon nos cultures, le « cyberespace » peut devenir source d’enfermement et d’isolement angoissant (Japon) ou outil  de socialisation en matière d’informations privées sur les réseaux ; mais entre les deux, le plus grand nombre se sert d’Internet dans le cadre déjà existant des relations familiales ou des connaissances professionnelles et amicales. L’effet socialisant du web s’apparente aux moyens de communication (dé)passés -téléphone, courrier- et ne se substitue pas à la communication en face à face mais le complète de la même manière. D’ailleurs, force est de constater que le niveau de communication numérique est plus important chez ceux qui, déjà, lisent plus, vont au théâtre ou au cinéma. On ne peut pas dire, non plus, que les nouvelles technologies n’aient aucun impact : les réseaux sociaux, omniprésents, deviennent une marque de notre époque.


PARTAGE ET INFORMATION

Internet serait-il alors un média démocratique ? Quels types de relations se mettent en place ? Twitter, Flickr ou Facebook sont des sites de partage qui ont fait, par la massification des usages, se multiplier par onze le nombre des internautes, en quinze ans. Les façons de communiquer se sont transformées (blogs wikis…), notamment en ce qui concerne l’information et la politique  : une prise de parole en « public », une interaction qui permet, à chacun, de s’identifier à un public, comme l’a fait la presse au siècle dernier. « La foule » peut alors se passer d’intermédiaire (comme la presse justement ou la publicité) pour donner son avis, partager une opinion, mais à distance entre des millions de personnes.

Les sociologues  voient dans les réseaux un stabilisateur social dans la mesure où les utilisateurs y trouvent les occasions de s’entraider, d’échanger des remarques, d’évoluer. Ces liens nouveaux enrichissent et « comblent des espaces vides entre groupes sociaux. » L’organisation d’apéros géants ou de manifs témoignent de cette mutation en cours, même si ces relations, dites « faibles », concourent rarement à des actions collectives. Le journaliste et  blogueur américain, Malcolm Gladwell, a fait débat aux Etats-Unis, en soutenant que les « réseaux sociaux ne peuvent entraîner un réel engagement social, un activisme IRL (In the Real Life), à défaut d’une organisation structurée, hiérarchisée en présence de liens forts« , rien de révolutionnaire, quoi ! Malgré tout, les connexions distantes entre membres d’un réseau permettent aux anonymes de faire entendre leur voix.

VIE PRIVEE, VIE PUBLIQUE

Et si la technologie n’avait pour ambition que d’offrir à chacun l’occasion d’affirmer sa personnalité, son identité ? Certes, le concept d’amitié est plutôt bouleversé, « affadi » diront certains. Dans ce cas, la technologie peut-elle véritablement aider à se construire ? Que peut gagner notre vie privée à être publique ?

Depuis des années, on assiste à une exposition de plus en plus grande de l’intimité d’internautes alors que les mêmes se sentent fichés ou surveillés. C’est ce que l’expert, Daniel Kaplan, appelle « le paradoxe de la vie privée ». Hormis les réels problèmes qu’engendre Internet pour des personnes vulnérables, Il constate que que les utilisateurs des réseaux sont beaucoup moins inconscients qu’il n’y paraît.  Ils gèrent le risque en semant des indices implicites ou « baratinent » mais ce n’est pas de la transparence passive, au contraire ; il y a une forme de « théâtralisation de soi ». Parmi les motivations  :  être reconnu personnellement ou professionnellement, partager des passions et accéder à des services, l’utilisateur des réseaux sociaux place en dernier la protection de la vie privée.  La législation existe mais les sanctions ne sont pas souvent appliquées ; quant à la C.N.I.L., elle ne maîtrise plus la surveillance publique, dépassée par l’ampleur du phénomène. Pour D. Kaplan, la logique voudrait que « le web devienne lui-même un réseau social » (sans intermédiaire, comme Facebook), car la vie privée a une valeur sociale (base de réflexion pour nous frotter aux autres et réagir) et cette valeur-là « nous permet d’avoir une vie publique ».

Pour gagner l’adhésion du plus grand nombre, le fait de se protéger devrait lui aussi être valorisé par la société et cela passe par l’éducation. On peut enseigner, à l’école, les moyens de se protéger des dangers d’Internet mais il faudrait aussi tirer le meilleur possible de cet outil « pour se construire  comme individu autonome et socialement inséré, reconnu et apprécié… ». Cela suppose de mobiliser la technologie d’une manière différente.

Sources :

  • – Les liaisons numériques. ers une nouvelle sociabilité ? /Casilli, Antonio ; Ed. Le Seuil
  • – La Démocratie Internet. Promesses et limites/Cardon, Dominique ; Ed. le Seuil
  • – Mediactivistes/Cardon, Dominique ; Ed. Les presses de Science Po
  • -Informatique, libertés, identités/Kaplan, Daniel ; FYP Editions.


Pearltrees : l’art d’enfiler les perles

5 11 2010

Vous connaissez Netvibes : la page qui réunit à portée de clic  tous les sites dont vous avez besoin (cinéma/expos/presse… ou éducation à la paix/à la santé/à l’environnement…) Et bien maintenant il y a PEARLTREES, pour, à la fois, garder sous la main les pages web de vos passions, les partager via un blog, facebook ou twitter, ou encore découvrir les passions de vos amis et les ajouter à une branche de votre arbre (non pas généalogique, quoique…). Lisez plutôt…

LES PERLES

Chaque perle est cliquable, mobile et effaçable. Une fenêtre donne des infos sur son contenu, ses liens et ses commentaires éventuels. Le « pearltree » regroupe et organise les perles par thème. C’est donc un dossier où vous classez un contenu défini. Vous organisez votre monde web à partir de vos intérêts, en utilisant l’extension pearltrees. Le plus ? Vos découvertes enrichissent celles des autres et vice-versa puisque vous avez le droit de prendre les pearltrees qui vous intéressent et de les ajouter à votre compte.  Un code couleur (bleu) indique une connexion et vous permet de « rencontrer » ceux qui partagent les mêmes intérêts que vous. Vos pearltrees sont aussi exportables.

UNE NAVIGATION INTELLIGENTE


Chaque navigation est enregistrée et transforme votre surf en carte, interconnectée grâce à des perles communes, d’où des ramifications de plus en plus riches, au gré de la sensiblité des différents internautes. L’organisation ainsi construite en arborescence retrace le chemin parcouru vers votre information. Un exemple avec la cartographie de Biblioblogosphère de Silvère Mercier « bibliobsédé », chargé de médiation numérique au Centre Pompidou.

Un outil original, à mi-chemin entre les marque-pages et les cartes heuristiques, qui permet de capturer des URL dans des « réseaux de perles » instructifs. A explorer dans les CDI et pourquoi pas dans les disciplines d’enseignement !

L’inscription, c’est ici



Expression libre

11 06 2010

A quoi servent les nouvelles technologies ? je vous propose une sélection de vidéos artistiques et un site politico-rock… A vous de choisir, lequel soulève votre enthousiasme ?

LE LABORATOIRE d’IMAGES ET RUBIKA

rubikaC’est un projet mené par un directeur artistique, Christian Janicot, qui associe des artistes d’horizons variés -mais du monde papier- aux étudiants de Supinfocom, école d’animation en images de synthèse.

Les univers graphiques des artistes ont donc pris vie pour donner douze courts-métrages qui bousculent les codes de la 3D  ;  « trop d’hyperréalisme tue l’imaginaire ! » : saynètes burlesques, dessins en noir et blanc, antihéros, le tout d’une esthétique décoiffante comme le « renversant » Rubika, de Guillaume Plantevin, une planète où la gravité se vit à l’horizontale ! Ces douze courts-métrages participent au festival d’Annecy

Et, pour voir un extrait de Rubika, c’est ici

annefrank

LA CACHETTE D’ANNE FRANK

Le musée hollandais, pour ses 50 ans, a recréé l’univers virtuel de la jeune juive, cachée dans un immeuble avant sa déportation. Du grenier au sous-sol, la visite guidée (en anglais) se fait grâce à la souris par des vues à 360°. Cette « annexe secrète », aménagée comme elle l’était du temps de la clandestinité, présente à l’aide de textes,  vidéos et documents, les protecteurs, les événements du monde extérieur, les objets, la vie quotidienne pendant la seconde guerre mondiale. C’est ici

MON WAKA, OPERATION SEDUCTION

Lancé le 17 mai dernier et hébergé chez Skyblog, qui assure la modération, ce blog se veut un outil de  communication envers les jeunes. L’Etat, puis que c’est lui le « promoteur » a investi 2 millions d’euros pour séduire un public qui « lâche ses coms » mais est plus familier de Skyrock et facebook que des services d’informations du gouvernement.

L’orienteur, les ressources, l‘alternance, la sécurité : « exprime-toi pour que ça bouge ! », autant de rubriques pour guider la génération des 15-25 ans. Et l’état « de proximité » tutoie les Djeuns’ :  « t’as envie de partir ?… « , « t’es boursier ?… » pour s’exprimer comme sur skyrock. Pour se faire une idée ou  à consulter :





Les e-traces : le pétrole du XXIe siècle

23 03 2010

downloadLa littérature a déjà mis en scène ce que les technologies qualifiées de « nouvelles » pourraient entraîner dans un système où la justice sociale ferait défaut et qui permetttraient autant l’émancipation que l’asservissement des hommes (Huxley, Orwell, Bradbury…). Dans le cadre du Festival organisé par LDH (Ligue des Droits de l’Homme) sur le thème « Les droits humains à l’ère des nouvelles technologies » : Technologie mon amour, deux artistes belges, Nicolas Malevé et Michel Cleempoel ont présenté YOOGLE, « un jeu de l’oie » interactif pour prendre conscience du fichage lié au web 2.0.

SOURIEZ VOUS ETES NUMERISES

Le projet e-traces (incluant Yoogle) s’intéresse à la circulation des infos que nous laissons sur les forums ou les chats, les moteurs de recherche, les sites de rencontres. Il s’articule autour de trois axes :

  • -un site d’informations qui regroupe des articles sur les constats ou inquiétudes face à l’intrusion d’Internet et/ou du numérique dans notre vie privée,
  • – le contexte d’une surveillance généralisée, facilitée par le web 2.0,
  • – et un projet de « jeu sérieux » : Yoogle.yoogle LOGO

Précieuses archives que ces données collectées dans la presse internationale sur la vidéosurveillance, les puces RFID (Radio Frequency Identification), le bluetooth (connexion sans câble entre appareils électroniques), et qui permettent de s’interroger sur l’emballement technologique où l’impensable devient possible et où le « no limit » fascine sans que nous mesurions les effets de puissants dispositifs que nous ne maîtrisons pas.

Enjeux humains et sociaux sur le plan du droit (droit à l’image, protection de la vie privée, relations humaines virtuelles) de la science (les nanotechnologies, les données médicales personnelles, les biotechnologies), de la géolocalisation (carte d’identité, GPS) : toutes ces technologies « parlent de nous » sans le moindre pouvoir de décision de notre part et nous sont imposées sans alternatives (carte d’identité). Liaisons dangereuses puisque cette exploitation des données ne garantit aucune confidentialité, que ce soit sur le plan informatique ou sur le plan juridique. A lire avec intérêt.

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YOOGLE, le SERIOUS GAME

aboutusChaque inscription, achat, enregistrement, consultation sur un site agit comme autant de capteurs reliés à des systèmes informatiques, capables d’interpréter nos mouvements, nos aspirations, nos données personnelles à des fins d’exploitation. Le prolongement ludique du projet e-traces : Yoogle permet, de manière humoristique et édifiante, de découvrir les coulisses du web 2.0 en jouant tour à tour l’internaute lambda, l’administrateur (d’un réseau social par exemple), l’entreprise ou l’état qui achète les profils d’acheteurs à des fins commerciales, et/ou de contrôle ou de propagande.

goQue vous soyez l’un ou l’autre, vous lancez les dés virtuellement et l’aventure commence ! L’usager pourra se faire peur en réalisant que son comportement dans un jeu en ligne (prudence, agressivité, décision, malhonnêteté…) servira à lui délivrer des publicités ciblées ou que sa recherche d’emploi, depuis son portable de bureau, sera notifiée via l’intranet de l’entreprise. Même si les scénarios frisent quelquefois la caricature, vous affrontez la dure loi du web 2.0 : embûche et entourloupe pour une  traçabilité de plus en plus sophistiquée dans les domaines aussi variés que le self scanning dans les supermarchés, la navigation par GPS ou la vidéosurveillance des espaces publics ou privés.

Le tout numérique pose la question du respect des droits humains et sous l’aspect d’une interface anodine, peut conduire à un fichage illégitime dont nous sommes inconscients. C’est tout l’enjeu de ce projet où les banques, les administrations, les  gouvernements « nuiront gravement » à la démocratie et à la liberté, si les consommateurs (et surtout les jeunes) ne sont pas avertis de cette récupération … invisible.

A lire :

  • – La zone du dehors/Damasio, Alain ; Folio
  • – Thomas Drimm t. 1 : la fin du monde tombe un jeudi/Cauwelaert, Didier ; Albin Michel (jeunesse).

A voir :

  • –  N° 9 (en DVD), de Shane Acker, film d’animation édité par Twin Pics


De l’audace, toujours de l’audace !

18 01 2010

insectes-mouches-00019De belles images léchées, des musiciens talentueux, de bonnes intentions : une fois n’est pas coutume, faisons le buzz avec des navets, du mauvais goût ou … du burlesque. C’est pour l’humour, vous l’aurez compris, par ce ciel plombé de neige ou de brouillard…

Le web nous réserve le meilleur sur ce site qui répertorie  ce qui se fait de plus kitsch. Et il y a le choix ! Plus de 1000 graphismes dont le mauvais goût le dispute à la ringardise comme un retour aux premières réalisations avec le logiciel flash. Exemple :

  • – un CV en ligne, digne de 2001 l’odyssée de l’espace,
  • – un site qui allie « la paillette et la tête de veau », boucherie Marcel et fils, vous pouvez même signer le livre d’or, mais si ! (Ne ratez pas le son, du Michaël Jackson à l’orgue électrique, inoubliable !)
  • – et ce site perso d’une lycéenne, à l’image de toute une génération de skyblog  (épileptique, s’abstenir) !

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Dans un autre genre, les mouches mortes Magnus Muhr prouvent qu’avec une feuille, un crayon … et des petits insectes, on peut rapidement devenir peintre du futur (?). Bricoleur ou graphiste, à vous de voir mais ce sont bel et bien des natures mortes que nous propose cet auteur suédois puisque les mouches (non pas en 3D) mais bien réelles (mortes évidemment) sont intégrées à l’oeuvre. Qui n’a pas tenté de faire voler ces insectes après leur avoir arraché les ailes ou ôté une patte… pour  voir ! Magnus  Muhr, lui, respecte l’entité de la bestiole mais la met en scène pour le meilleur et pour le pire. Alors quand le photographe met les mouches dans des situations « de la vie quotidienne », on ne résiste pas : en train de prendre leur bain de soleil sur une serviette,  de courir un 100 m, ou d’uriner contre un mur…



Buzz musical récréatif

24 11 2009

Un réalisateur de clips a utilisé de simples films de webcams pour monter un kaléidoscope inédit. Avec des angles originaux et monté en « split screen » (écran partagé), le groupe de musique japonais SOUR, sujet du clip, a des chances de se faire remarquer !

http://www.dailymotion.com/video//span/span/pdivobject%20classid=clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000%20width=480%20height=365%20codebase=http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0param%20name=allowFullScreen%20value=true%20/param%20name=allowScriptAccess%20value=always%20/param%20name=src%20value=http://www.dailymotion.com/swf/x9sd2z&related=0%20/param%20name=allowfullscreen%20value=true%20/embed%20type=application/x-shockwave-flash%20width=480%20height=365%20src=http://www.dailymotion.com/swf/x9sd2z&related=0%20allowscriptaccess=always%20allowfullscreen=true/embed/objectbr%20/stronga%20href=http://www.dailymotion.com/video/x9sd2z_sour-hibi-no-neiro_musicSOUR%20-%20Hibi%20no%20neiro/a/strongbr%20/emenvoyé%20par%20a%20href=http://www.dailymotion.com/vadlefouvadlefou/a.%20-br%20//em/divp

A quoi ressembleront les Dj’s du futur ? De quoi vous faire tourner la tête, non ?

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Mickaël Jackson : des dizaines de personnes, à Stockholm,  exécutent la chorégraphie de Thriller. Bel hommage !

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Kiosque virtuel

31 03 2009

« Issuu » a été lancé fin 2007 et s’est imposé comme une sorte de YouTube des magazines en ligne. N’importe qui peut y proposer un un document pdf, word, powerpoint etc… sous forme interactive, le site se chargeant de réaliser une version « feuilletable« . Beaucoup de magazines, mais aussi des books de graphistes… et pourquoi pas un recueil de fables ?…

Ma collègue de lettres a fait écrire à ses élèves de 6e leur propre recueil de fables parodiques, inspirées de La Fontaine. Ils ont imaginé d’autres épisodes, inversé des situations ou modernisé  certaines histoires. Ils ont aussi, à l’instar de Queneau, utilisé le dictionnaire pour remplacer chaque nom par le nom suivant dans l’ordre alphabétique et ont procédé de la même manière pour les verbes et les adjectifs.

Dernière étape : la salle multimedia pour la mise en page et les illustrations. Avec l’outil en ligne Issuu, voici ce que donne le recueil d’Emilie.  (Cliquez sur « full screen » et tournez les pages). Joli, non ?



La boîte à malice

16 03 2009

La discovery box est une boîte virtuelle qui s’anime d’un clic, affichant, selon les faces d’un cube, une photo, une vidéo ou un texte explicatif. Elle s’adresse principalement aux enseignants ou aux élèves, qui, techniciens avertis, peuvent créer la boîte de leur choix, pour présenter un projet pédagogique.

Le site Discovery Box s’inspire de la boîte de Thomas Clarkson qui sillonna les routes de l’Angleterre de 1787 à 1794, dans le but de dénoncer l’esclavage. Dans sa boîte, il stockait une collection de produits artisanaux ou un  plan de navire négrier, tous objets qui lui servaient d’argumentaire pour prouver les conditions épouvantables du voyage des esclaves, faire réfléchir sur les clichés africains et étayer ainsi sa lutte antiesclavagiste.

Les capsules numériques n’auront sans doute pas la même portée que la boîte de Clarkson : grâce à lui, le commerce d’esclaves fut interdit par le Parlement britannique le 25 mars 1807. Mais elles permettent de choisir un thème, de télécharger les contenus multimedias qui serviront à exposer un travail de manière originale. Quant au vrai coffre de bois de Clarkson, il se trouve au musée de Wisbech, sa ville natale, au nord de Cambridge. (Le site est en anglais).

Un exemple ici