Sympa, Symbaloo !

8 01 2011

Une interface facilement paramétrable, un outil à la fois ergonomique et convivial pour créer votre bureau virtuel et garder en mémoire vos signets, quel internaute même débutant n’en a pas rêvé ? Des pages personnalisables existent déjà : monyahoo.com, Netvibes, igoogle, mais ce service esthétique et original s’appelle symbaloo.

Créé en 2006 aux Pays-Bas, ce bureau virtuel propose 52 cases, différenciées par des codes couleur. Outre les services web (google, pages jaunes…), l’utilisateur choisit les sites les plus pertinents pour créer un portail thématique (ou pas). Par exemple, ici, le travail d’une collègue documentaliste, qui a créé une multitude de bureaux disciplinaires  : des photos libres aux langues en passant par l’orientation ou la littérature de jeunesse.

Même principe que pour netvibes, vous « jetez » les blocs présents sur la page proposée et « ajoutez » de moteurs de recherche ou des flux RSS comme vous le souhaitez. Quand vous désirez publier votre bureau, il peut être en lien ou en bannière sur votre site et les visiteurs peuvent l’ajouter.

A la fois méta-moteur et page d’accueil, cet outil présente un intérêt certain pour nos élèves consommateurs : révisions, orientation, expositions virtuelles, mais aussi dans le cadre des TICE pour les sensibiliser à l’organisation de leur espace numérique. Tutoriel ici ou . Alors conquis ?



BONNE ANNEE !

1 01 2011

A tous les lecteurs, les blogueurs et les autres,  BONNE ANNEE…



Les potins du net

16 12 2010

Une sélection de vidéos pour des vacances réjouissantes, avant d’entamer 2011 sur le pied de guerre :

POLE EMPLOI COMME  SI VOUS Y ETIEZ…

Pôle emploi version 2040 : grâce à LA BORNE, créée par une bande de comédiens, vous pouvez accéder au plein emploi. LA BORNE est une agence robotisée et vous propose des métiers aussi porteurs que « conflicteur », « vaseman », ou « entameur de discussion ».
Denis Podalydès, sociétaire de la comédie française, est à l’origine de ce site humoristique (précurseur ?) sur les absurdités du trop réel Pôle Emploi. Les testes d’embauche y sont farfelus … Exemple :

LA RETRAITE

  • 1° c’est un gros mot
  • 2° pouvoir s’arrêter à 85 ans
  • 3° une contraception un peu désuète…

La conclusion est malheureusement très terre-à-terre  : Désormais tu ne peux compter que sur toi.
Liens utiles : Daiymotion, Facebook, Twitter

YOUTUBE AU MUSEE  GUGGENHEIM

La première biennale de webvideo provenant des 4 coins du monde : professionnelles, amateurs, anonymes…. Le musée est fasciné par l’émergence d’une certaine forme d’art. Les vidéos sont téléchargées sur une chaîne ouverte à cette occasion ici et la pré-sélection de 125 films a donné quelques 25 finalistes  parmi lesquelles cet extrait :

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DE LA CONCURRENCE POUR FACEBOOK

Depuis cet automne, plusieurs réseaux  sociaux pointent le bout de leur nez. Point commun à ces petits nouveaux : la volonté d’offrir une alternative à Facebook comme Twitter qui a percé en site complémentaire mais non concurrentiel.

Panorama :

DIASPORA : la vie privée reste vraiment privée puisque vous êtes votre propre hébergeur (à condition d’avoir de la place sur son disque dur) et vous créez votre propre réseau social…

– Bienvenue sur PATH : limité à 50 personnes… partager avec les gens qui comptent. PAs de friending ici…

FOLKDIRECT : fonctionnement de type blog. Pas de publicités personnalisées. Mais une fois inscrit, pour inviter des amis à nous rejoindre, on peut utiliser Facebook !

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ONE SOCIAL WEB : un Internet ouvert. . One Social Web veut établir des passerelles entre différents réseaux sociaux.  One Social Web, système de réseau décentralisé , est patronné par l’opérateur de téléphonie mobile Vodafone. Version grannd public pour 2011.



Comme on parle !

13 12 2010

Nos ancêtres ont emporté en voyage les mots de leur langue maternelle dans des contrées lointaines, au Canada, aux Antilles, en Nouvelle-Calédonie ou l’ont importée chez nos voisins les plus proches : la Belgique, la Suisse ; mais souvent le sens en a été détourné ou bien l’on a inventé des expressions nouvelle au gré de la fantaisie ou des besoins. Dans l’hexagone, la langue française s’est enrichie, à l’inverse d’expressions étrangères, notamment anglophones et les medias aidant, quelques formules toutes faites prennent le pas sur un langage plus étoffé. Certains parlent même de Maladies Auditivement Transmissibles (M.A.T. ?)… Notre langue est-elle, pour autant, en train de s’appauvrir?

LA MELODIE DU BONHEUR

Quand les explorateurs partaient conquérir des pays au bout du monde, ils imposaient leurs coutumes et leurs langues aux habitants mais ceux-ci bariolaient le français, selon leur imaginaire de sonorités nouvelles, d’associations joyeuses, marquées par l’accent autochtone. De retour en France, ces expressions n’ont pas forcément la même signification. Etre bien habillé au Sénégal (la chemise dans le pantalon), c’est être braillé d’où le contraire, imaginé par les mêmes habitants, qui a été introduit en France : débraillé. De même au Québec, « on se met sur son trente-six » pas comme en France ! (sur son trente-et-un). Et si on a la niaque, « on lâche pas la patate ». On pourrait « ambiancer » ainsi  (s’amuser) à rapporter ces savoureuses expressions qui narrent le bon temps, les modes vestimentaires ou les colères et autres désordres, traduits dans les pays francophones pour la plupart.

A MORT LES MOTS !

Le phénomène actuel en France se caractérise plutôt par des tics de langages propres à une époque, à une génération ou à un milieu professionnel. A entendre certains, nous sommes tous affectés par un virus… Victimes de leur emploi abusif, certains mots deviennent des automatismes lexicaux qui jalonnent les conversations entre amis ou envahissent les cours de récrés. Car ces expressions ont désormais un mode de contamination unique : les médias, télévision, presse, blogs… Des tics de langage qui se répandent par mimétisme : Frédéric Pommier, chroniqueur sur France Inter, en a fait un recueil humoristique et dénonce, avec un clin d’oeil, ce conformisme verbal qui nous pousse à répéter « hallucinant »,  « c’est clair », « improbable », « quelque part », les journalistes étant les principaux colporteurs de ces expressions galvaudées mais « juste » incontournables car ce langage établit un mode de relation entre les individus, notamment chez  les adolescents.

Et puis les mots changent : de branché à désuet éculé, de vocable sacré à jargon ringard, la machine sociale ne s’arrête jamais. Les mots reflètent notre pensée, habitent notre inconscient mais quelquefois on préférerait ce proverbe… « le silence est d’or » !

Sources

  • – Mots en toc et formules en tic/Pommier, Frédéric, Le Seuil.
  • – Lâche pas la patate/Treps, Marie ; Ed. Le Sorbier


Friending

29 11 2010

« Nous avons cru inventer une société de communication, nous avons, en fait, inventé une société de solitude »  a prononcé récemment le publicitaire Jacques Séguela. La croissance exponentielle de la toile dans notre vie nous pousserait à tisser des  liens distants et instables qui provoqueraient un sentiment d’isolement. Plusieurs publications récentes tendent à prouver le contraire… Alors piège international ou bien outil pédagogique ?

INTERNET : OUTIL DE DESOCIALISATION OU DE SOLITUDE ?

Nos usages informatiques ne peuvent être séparés de nos pratiques sociales. Selon nos cultures, le « cyberespace » peut devenir source d’enfermement et d’isolement angoissant (Japon) ou outil  de socialisation en matière d’informations privées sur les réseaux ; mais entre les deux, le plus grand nombre se sert d’Internet dans le cadre déjà existant des relations familiales ou des connaissances professionnelles et amicales. L’effet socialisant du web s’apparente aux moyens de communication (dé)passés -téléphone, courrier- et ne se substitue pas à la communication en face à face mais le complète de la même manière. D’ailleurs, force est de constater que le niveau de communication numérique est plus important chez ceux qui, déjà, lisent plus, vont au théâtre ou au cinéma. On ne peut pas dire, non plus, que les nouvelles technologies n’aient aucun impact : les réseaux sociaux, omniprésents, deviennent une marque de notre époque.


PARTAGE ET INFORMATION

Internet serait-il alors un média démocratique ? Quels types de relations se mettent en place ? Twitter, Flickr ou Facebook sont des sites de partage qui ont fait, par la massification des usages, se multiplier par onze le nombre des internautes, en quinze ans. Les façons de communiquer se sont transformées (blogs wikis…), notamment en ce qui concerne l’information et la politique  : une prise de parole en « public », une interaction qui permet, à chacun, de s’identifier à un public, comme l’a fait la presse au siècle dernier. « La foule » peut alors se passer d’intermédiaire (comme la presse justement ou la publicité) pour donner son avis, partager une opinion, mais à distance entre des millions de personnes.

Les sociologues  voient dans les réseaux un stabilisateur social dans la mesure où les utilisateurs y trouvent les occasions de s’entraider, d’échanger des remarques, d’évoluer. Ces liens nouveaux enrichissent et « comblent des espaces vides entre groupes sociaux. » L’organisation d’apéros géants ou de manifs témoignent de cette mutation en cours, même si ces relations, dites « faibles », concourent rarement à des actions collectives. Le journaliste et  blogueur américain, Malcolm Gladwell, a fait débat aux Etats-Unis, en soutenant que les « réseaux sociaux ne peuvent entraîner un réel engagement social, un activisme IRL (In the Real Life), à défaut d’une organisation structurée, hiérarchisée en présence de liens forts« , rien de révolutionnaire, quoi ! Malgré tout, les connexions distantes entre membres d’un réseau permettent aux anonymes de faire entendre leur voix.

VIE PRIVEE, VIE PUBLIQUE

Et si la technologie n’avait pour ambition que d’offrir à chacun l’occasion d’affirmer sa personnalité, son identité ? Certes, le concept d’amitié est plutôt bouleversé, « affadi » diront certains. Dans ce cas, la technologie peut-elle véritablement aider à se construire ? Que peut gagner notre vie privée à être publique ?

Depuis des années, on assiste à une exposition de plus en plus grande de l’intimité d’internautes alors que les mêmes se sentent fichés ou surveillés. C’est ce que l’expert, Daniel Kaplan, appelle « le paradoxe de la vie privée ». Hormis les réels problèmes qu’engendre Internet pour des personnes vulnérables, Il constate que que les utilisateurs des réseaux sont beaucoup moins inconscients qu’il n’y paraît.  Ils gèrent le risque en semant des indices implicites ou « baratinent » mais ce n’est pas de la transparence passive, au contraire ; il y a une forme de « théâtralisation de soi ». Parmi les motivations  :  être reconnu personnellement ou professionnellement, partager des passions et accéder à des services, l’utilisateur des réseaux sociaux place en dernier la protection de la vie privée.  La législation existe mais les sanctions ne sont pas souvent appliquées ; quant à la C.N.I.L., elle ne maîtrise plus la surveillance publique, dépassée par l’ampleur du phénomène. Pour D. Kaplan, la logique voudrait que « le web devienne lui-même un réseau social » (sans intermédiaire, comme Facebook), car la vie privée a une valeur sociale (base de réflexion pour nous frotter aux autres et réagir) et cette valeur-là « nous permet d’avoir une vie publique ».

Pour gagner l’adhésion du plus grand nombre, le fait de se protéger devrait lui aussi être valorisé par la société et cela passe par l’éducation. On peut enseigner, à l’école, les moyens de se protéger des dangers d’Internet mais il faudrait aussi tirer le meilleur possible de cet outil « pour se construire  comme individu autonome et socialement inséré, reconnu et apprécié… ». Cela suppose de mobiliser la technologie d’une manière différente.

Sources :

  • – Les liaisons numériques. ers une nouvelle sociabilité ? /Casilli, Antonio ; Ed. Le Seuil
  • – La Démocratie Internet. Promesses et limites/Cardon, Dominique ; Ed. le Seuil
  • – Mediactivistes/Cardon, Dominique ; Ed. Les presses de Science Po
  • -Informatique, libertés, identités/Kaplan, Daniel ; FYP Editions.


Pearltrees : l’art d’enfiler les perles

5 11 2010

Vous connaissez Netvibes : la page qui réunit à portée de clic  tous les sites dont vous avez besoin (cinéma/expos/presse… ou éducation à la paix/à la santé/à l’environnement…) Et bien maintenant il y a PEARLTREES, pour, à la fois, garder sous la main les pages web de vos passions, les partager via un blog, facebook ou twitter, ou encore découvrir les passions de vos amis et les ajouter à une branche de votre arbre (non pas généalogique, quoique…). Lisez plutôt…

LES PERLES

Chaque perle est cliquable, mobile et effaçable. Une fenêtre donne des infos sur son contenu, ses liens et ses commentaires éventuels. Le « pearltree » regroupe et organise les perles par thème. C’est donc un dossier où vous classez un contenu défini. Vous organisez votre monde web à partir de vos intérêts, en utilisant l’extension pearltrees. Le plus ? Vos découvertes enrichissent celles des autres et vice-versa puisque vous avez le droit de prendre les pearltrees qui vous intéressent et de les ajouter à votre compte.  Un code couleur (bleu) indique une connexion et vous permet de « rencontrer » ceux qui partagent les mêmes intérêts que vous. Vos pearltrees sont aussi exportables.

UNE NAVIGATION INTELLIGENTE


Chaque navigation est enregistrée et transforme votre surf en carte, interconnectée grâce à des perles communes, d’où des ramifications de plus en plus riches, au gré de la sensiblité des différents internautes. L’organisation ainsi construite en arborescence retrace le chemin parcouru vers votre information. Un exemple avec la cartographie de Biblioblogosphère de Silvère Mercier « bibliobsédé », chargé de médiation numérique au Centre Pompidou.

Un outil original, à mi-chemin entre les marque-pages et les cartes heuristiques, qui permet de capturer des URL dans des « réseaux de perles » instructifs. A explorer dans les CDI et pourquoi pas dans les disciplines d’enseignement !

L’inscription, c’est ici



Clovis Trouille, un peintre anar

22 10 2010

« Il est vrai que je n’ai jamais travaillé en vue d’obtenir un grand prix à une biennale de Venise quelconque, mais bien plutôt pour mériter dix ans de prison »… Vous avez dit subversif ? Clovis Trouille l’a revendiqué toute sa vie au point de ne jamais faire de la peinture son métier pour garder son indépendance.

UN PEINTRE SULFUREUX ET ANARCHISTE

Ce diplômé des Beaux-arts d’Amiens, au patronyme mystérieux (mais authentique), né en 1889, gagne sa vie en illustrant des journaux d’Amiens puis en devenant peintre maquilleur : il éclaircit le teint, retouche un sein, dessine une arcade sur les mannequins de plâtre exposés dans les vitrines. Il peint pendant ses heures de loisirs. mais mobilisé en 1914 et traumatisé par la guerre, il bascule dans l’anarchie et ne cessera de dénoncer la collusion de l’église, de l’armée et de l’état.

Sa peinture est plus remarquable par l’histoire qu’elle raconte que par sa technique avant-gardiste. Il utilise l’huile et  le collage, préfigurant le pop-art. Lecteur de Sade, il fait de nombreuses références à l’écrivain érotique, et pourfend, en même temps, l’armée et le clergé. Avec humour, il met en scène ses propres funérailles, se nourrit de références littéraires (le bateau ivre) ou picturales (l’embarquement pour Cythère). Cet éternel contestataire, toujours incisif, a su se faire remarquer, sans presque jamais exposer, par son refus de la norme et son côté « surréaliste ».

VOYOU, VOYANT, VOYEUR

L’artiste est découvert par Dali en 1930 lors de l’exposition des Ecrivains et Artistes Révolutionnaires, avec Remembrance qui recèle tous les thèmes développés par Clovis Trouille qui dit lui-même pratiquer « un art voyou, voyant, voyeur ». C’est le titre de l’exposition, mise au point par trois villes : L’Isle-Adam, Charleville-Mézières et Laval. Par son inspiration (l’imagerie populaire) et ses compositions, l’oeuvre de Clovis s’inscrit dans la continuité de Rousseau, peintre lavallois. Ses toiles aux couleurs vives exaltent la liberté de moeurs, la fascination pour les mises en scène macabres où se mêlent autant le voyeurisme que l’attirance pour le monde du music-hall et du cirque dans une provocation joyeuse et humoristique.



Au musée d’art naïf, Vieux-Château, place de la Trémoille, du 16 octobre’au 16 janvier, à Laval. Tél. 02 43 53 39 89. Du mardi au samedi de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h ; le dimanche de 14 h à 18 h. Entrée : 1 €, visite commentée : 2 €.



Gotan Project : le tango électro

20 10 2010

Une même passion pour le rythme et la danse, un pari fou de mêler l’électronique au tango argentin, une rencontre improbable de trois musiciens aux talents et expériences diverses, et c’est la naissance du groupe GOTAN PROJECT en 1998. Composé de deux DJ européens et d’un guitariste argentin : Eduardo Makaroff, Philippe Cohen-Solal et Christophe H. Muller, le trio dépoussière les traditions pour mêler artistiquement le bandonéon de Astor Piazzola et leurs propres compositions. C’est le tango revu et corrigé (au grand dam de certains puristes), revisité par l’électronique et le verlan… gotan !

UN PEU D’HISTOIRE

Le guitariste Eduardo Makaroff explique, dans une interview donnée au Monde, que le tango est une expression populaire au même titre que le football, en Argentine. Mais une fois dépassé ce cliché, l’histoire du tango révèle le côté multiculturel de cette musique, appartenant autant aux descendants espagnols et aux esclaves afro-amérindiens qu’aux italiens ou juifs ukrainiens qui ont débarqué un jour dans le port de Buenos Aires. (Histoire du tango).

Et puis la capitale française a donné ses lettres de noblesse à une pratique populaire issue de traditions folkloriques et rurales argentines. « C’est la deuxième capitale du tango » qui lui a permis de se renouveler : les jeunes hommes de bonnes famille sont venus le danser à Paris, plus romantique et d’avant-garde que Buenos Aires ; le tango a fait fureur ensuite dans toute l’Europe, et des milieux populaires argentins, le tango est devenu danse mondaine ..

LA TRADITION ENRICHIE

Après les percussions africaines du premier album La revancha del tango en 2001, l’ajout de cuivres depuis le dernier CD, façon jazz, traduit un nouveau langage qui renouvelle la matière première et va chercher d’autres rythmes comme la chacacera ou la zamba argentine.

Mais Gotan Project, ce n’est pas que de la musique, ce sont aussi des voix et des morceaux inspirés de la littérature ( Cortazar) et du cinéma ; et comme Gotan avait une vocation contestataire, il utilise aussi des extraits de propagandes des années 50-60. L’ensemble contribue à des ambiances et des niveaux de lecture différents, une sorte de métissage sonore, reconnu internationalement (parfois appelé « l’electroauthentica »).

De 2006 à 2008, les tournées s’enchaînent dans le monde entier, puis la sortie d’un live fin 2008 et en 2009, chacun des trois musiciens s’adonne à des projets en solo, toujours aussi variés : bande originale de documentaire pour l’un, exploration de musique noire péruvienne pour l’autre ou enregistrement de titres country à Nashville pour le troisième. Ces escapades inspirent le trio pour créer 20 morceaux, habillés d’influences éclectiques : sonorités empruntées au blues New Orleans, à la techno allemande ou la musique éthiopienne.  Tango 3.0 sort en avril de cette année et précède une tournée qui se poursuit encore en Europe et en Amérique du Nord.

C’est donc un rendez-vous avec la musique du monde que nous propose Gotan Project, une musique qui se danse les yeux dans les yeux !

PROCHAINS CONCERTS

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Teaser GOTAN PROJECT – « La Gloria » from Ya Basta records on Vimeo.

Découvrez la playlist Tango Electro avec Gotan Project


Les 100 000 !

20 10 2010

Je ne vais pas faire le coup du 100 millième visiteur mais VOUS AVEZ GAGNE mon estime en rendant visite à ce blog.
Merci et que la fête continue !



Rencontre entre l’architecture et la BD

9 10 2010

Jean-Marc Thévenet, ex-directeur du festival de la BD à Angoulême et Francis Rambert, directeur de l’Institut Français d’Architecture se sont vus proposer la mise en oeuvre de l’exposition Archi et BD, la ville dessinée, au Palais de Chaillot, depuis juin dernier. Pour le premier « le mode ludique de la BD est plus actuel que jamais » ; pour le second : « c’est un signe si les plus grands architectes du moment, Herzog et de Meuron, se servent des cases et des bulles pour faire comprendre leurs projets futurs ». Servie par une scénographie inédite, l’exposition se veut une articulation de ces deux mondes dans une chronologie ponctuée de références aux métropoles internationales.

LA VILLE DESSINEE

Elle regroupe deux types de créations : architecture et bande dessinée qui sont, depuis longtemps, visionnaires. A travers les productions éditoriales des deux dernières décennies, l’importance du décor urbain pose, avec pertinence, la question d’une ville meilleure (François Schuiten et Benoît Peeters, Enki Bilal…), qu’elle soit européenne ou asiatique. Cette dimension onirique fait partie des univers explorés par les architectes. Ils cherchent dans la BD un moyen de communiquer leur travail par l’album, les cases ou les bulles, mettant en scène un projet pour sensibiliser à l’architecture (les Suisses Herzog et de Meuron ont présenté ainsi leur projet urbain Metrobasel).

Vers les années 60, l’ambiance high tech et le mouvement Pop’art marquent l’époque en proposant une nouvelle esthétique de vie quotidienne -transport, habitat…- (l’exposition universelle de 1958 fut, à ce titre, très innovante). Archigram, groupe d’architectes et les auteurs de l’école belge matérialisent cette vision plus ou moins utopiste (Les pirates du silence de Franquin). Le support populaire qu’est la BD, sa souplesse narrative deviennent un élément de parenté avec l’architecture ; les univers s’entrecroisent pour raconter la ville ou l’habitat (Jacques Rougerie « Habiter la mer », inspiré de jules Verne).

  • – De même, la bande dessinée se nourrit de supports inattendus comme la peinture ou le cinéma. Alors qu’en Chine, il n’y a pas si longtemps, elle était considérée comme un art décadent, elle devient, dans le monde entier, un patrimoine de référence avec ses propres courants graphiques.
  • – L’architecture emprunte, elle aussi parfois, au cinéma des instruments comme le storyboard dans le cadre de concours ou de publications.

La vision urbaine est un bel exemple de ce mélange des univers d’autant plus que cette influence esthétique se retrouve dans les jeux vidéos, un support graphique émergent.

LA SCENOGRAPHIE

Plutôt qu’un étalage répétitif de planches de petites dimensions, l’exposition est rythmée par un va-et-vient des références entre architecture et BD. La scénographie joue sur les agrandissements de planches ou de cases. Autre impératif : la lumière. Une membrane blanche (le barrisol, nouveau matériau), déformable, est rétro-éclairée  pour baliser un parcours presque irréel dans une sorte de vaisseau spatial. C’est un jeu de cache-cache entre les deux  expressions artistiques, imaginé par l’agence Projectiles. La membrane, tenue par une sorte d’échafaudage,  est tirée ou poussée en coulisses, formant un relief mouvant où apparaissent les planches originales, les maquettes, films et documents sonores.

Après Paris, New York, Tokyo est devenue une vitrine architecturale et culturelle, concomitamment avec l’avènement du manga. L’exposition nous fait ainsi  voyager, de villes suspendues ou mobiles à des chaos universels aux dimensions de guerre civile. Carnet de voyages,  imaginaires ou réels, à travers des espaces urbains pour mieux appréhender la concordance de ces dédales d’images où le visiteur se sent habitant plus que spectateur.

A voir au Palais de Chaillot, 1 place du Trocadéro jusqu’au 28 novembre.

François Schuiten