Des apprentis artistes
19 10 2009
Ou comment façonner des sculptures en préparant un B.E.P. de chaudronnier. Treize jeunes du lycée professionnel Robert Buron, à Laval, vont s’atteler, tout au long de l’année, à la fabrication de sculptures sur le thème de « Ubu dans la vie quotidienne ». Ils ont, pour les accompagner :
- – leur professeur de français qui les fera travailler sur la pièce de l’écrivain lavallois Afred Jarry, Ubu Roi,
- – leur enseignant en structure métallique,
- – le sculpteur Louis Derbré.
REALISATION D’OUVRAGES CHAUDRONNES
A priori, cet intitulé ne laisse pas envisager une quelconque motivation artistique. Les secteurs d’activités concernent, en effet, plutôt la construction navale, ferroviaire ou aéronautique. L’enseignement dispensé utilise des manipulations sur différents postes d’atelier, faisant appel à des notions de dessin industriel, de traçage et à la programmation de commandes numériques ; des débouchés comme tuyauteur, soudeur ou chaudronnier sont proposés aux élèves, soit directement après le B.E.P., soit en poursuivant leurs études par un bac professionnel « Structures métalliques » -bâtiment métal, verre, aluminium-, organisation et gestion de travaux…
Rien qui ne fasse apparaître une dimension artistique. Et pourtant… le profil de l’élève requiert une bonne représentation des objets dans l’espace, le goût de la précision et du travail soigné, de la dextérité… de là à se muer en artiste, il n’y a qu’un pas !
UN PROJET INNOVANT
A l’initiative d’une commerçante qui voulait dynamiser une rue piétonne du centre ville, ce projet va permettre en outre, à une discipline méconnue de faire valoir son travail et de motiver les jeunes : les sculptures réalisées seront exposées dans cette rue et un vote du public sera organisé pour sélectionner l’oeuvre qui méritera de figurer en bonne place à la mairie de Laval, tandis que les autres rejoindront le jardin de la Perrine.
Les élèves ont déjà choisi leur thème : un Ubu skieur ou un Ubu pêcheur verront le jour avec les conseils prodigués par le « maître » Louis Derbré et même si les formes à représenter ne sont pas évidentes, ce projet artistique est un challenge pour le chef de travaux du lycée et ses élèves, un aboutissement original qui va dévoiler un potentiel de créativité dont les auteurs n’étaient sans doute pas conscients.
Confiants et conscients de vivre une belle aventure, ces jeunes ont une mission d’ici juin 2010 : celle de susciter la curiosité, d’attirer le regard, d’émouvoir, de surprendre le passant ou le touriste qui découvrira leurs réalisations. Ce sera sans doute leur plus belle récompense !
Catégories : Artistik









GCM, entendez par là, Grand Corps Malade, vient d’utiliser ses talents de « slammeur » pour scander ses inquiétudes « sur l’école à deux vitesses, les réformes à deux balles, les profs sous-payés… ». Est-ce que le message passe mieux par la poésie ? D’où vient le slam et l’engouement qu’il suscite depuis quelques années ?


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