Le tenori-on : touché c’est joué !

26 03 2009

L’année 2008 a vu la création d’un nouvel « instrument », mi-synthétiseur, mi-boîte à rythme, destiné au grand public : ,le tenori-on inspiré de deux autres grilles de pads tactiles, intègre la même interface mais ne nécessite pas obligatoirement une liaison ordinateur.

http://www.hi-nu.com/actu/upload/em_jazzmutant.jpgPRESENTATION

Réservé d’abord à la Grande-Bretagne, ce pavé numérique, orné de leds n’a rien de classique. Il a été développé par un japonais, Toshio Iwai, afin d’obtenir un objet autant musical que visuel. il a déjà emporté l’adhésion de Björk, Peter Gabriel ou The Chemical Brothers. Cet outil crée de l’interaction entre un joueur amateur et des sons et des boutons lumineux : des logiciels de programmation s’interfacent avec les pads tactiles et lumineux. En somme, la visualisation est le mot d’ordre de cet objet futuriste : structure tubulaire gris métallisé qui contraste avec les leds bleus. Outre un séquenceur de 16  pistes (pour les initiés !), il dispose de 253 sons internes (cordes, basses, percussions…). Muni de deux hauts-parleurs, le Tenori-on peut vous accompagner en voyage : il s’auto-alimente avec des piles.

FONCTIONNEMENT

La saisie des notes se répartit selon 6 modes. Pour faire simple : le sens vertical donne la hauteur de la note et l’horizontal la ligne de temps en mode « score ». Je vous laisse le soin de découvrir la démo sur vidéo :

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Les modes se combinent pour obtenir une expression musicale et riche. Sachez que cette machine est prévue autant pour les autodidactes que les initiés (un peu complexe quand même !). Pour la somme de 950 euros, vous disposez d’un outil que vous pouvez utiliser partout, et créer vos propres compositions : musiques planantes ou pulsations électro. Il n’en reste pas moins un instrument numérique. Le concept et l’ergonomie sont originaux mais la qualité sonore n’est pas son point fort. Amateurs de musique classique ou de chansons du cru, passez votre chemin !

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La boîte à malice

16 03 2009

La discovery box est une boîte virtuelle qui s’anime d’un clic, affichant, selon les faces d’un cube, une photo, une vidéo ou un texte explicatif. Elle s’adresse principalement aux enseignants ou aux élèves, qui, techniciens avertis, peuvent créer la boîte de leur choix, pour présenter un projet pédagogique.

Le site Discovery Box s’inspire de la boîte de Thomas Clarkson qui sillonna les routes de l’Angleterre de 1787 à 1794, dans le but de dénoncer l’esclavage. Dans sa boîte, il stockait une collection de produits artisanaux ou un  plan de navire négrier, tous objets qui lui servaient d’argumentaire pour prouver les conditions épouvantables du voyage des esclaves, faire réfléchir sur les clichés africains et étayer ainsi sa lutte antiesclavagiste.

Les capsules numériques n’auront sans doute pas la même portée que la boîte de Clarkson : grâce à lui, le commerce d’esclaves fut interdit par le Parlement britannique le 25 mars 1807. Mais elles permettent de choisir un thème, de télécharger les contenus multimedias qui serviront à exposer un travail de manière originale. Quant au vrai coffre de bois de Clarkson, il se trouve au musée de Wisbech, sa ville natale, au nord de Cambridge. (Le site est en anglais).

Un exemple ici



Galerie d’art

7 03 2009

 Vous connaissiez la VPC (vente par correspondance) mais l’art aussi se met à votre portée, que ce soit pour un vernissage, en chaussons depuis votre salon, mais sans les petits fours, ou pour un achat très personnel : un portrait de votre ADN à accrocher sur les murs de votre appartement. Pour le premier, il s’agit du collectif Manytoo : il rassemble essentiellement des élèves des Beaux-Arts de Quimper et organise sa première exposition numérique. Pour le second, une société de création de tableaux peronnalisés avec l’ADN de ses clients vous propose ses services…

VERNISSAGE VIRTUEL

  Le collectif Manytoo, élèves Quimpérois donc, a habitué le public à sortir des parcours balisés pour s’exposer par leurs propres moyens. Ils ont, par exemple, investi, chacun à leur tour, leurs appartements, invitant le public à y entrer, comme dans une galerie.

En 2009, ils reviennent avec une idée originale : le collectif organise en effet sa première exposition numérique… Le concept est né de la distance. En effet, une bonne partie du « Manytoo club », comme ils se sont baptisés, est en voyage d’étude pour l’année. Aux quatre coins du monde à Porto, Bruxelles, Montréal ou encore Poznan, ils ont décidé de se rassembler sur le net et de monter une expo en commun. À des milliers de kilomètres les uns des autres, ils ont travaillé sur le thème « Rassure moi ». Ils ont eu deux semaines pour réaliser une oeuvre et la mettre sur le blog de l’expo.

Depuis lundi 23 février, à 20 h, vous pouvez vous connecter ici et laisser faire les artistes !

leur myspace

 

VOTRE ADN EN PEINTURE

 

Oubliés les tableaux de vos ancêtres qui trônaient dans la maison familiale.. Dépassées les photos de famille encadrées, posées sur les buffets. Aujourd’hui c’est le profil de votre molécule identitaire, votre profil ADN, que vous pouvez afficher au mur. Une représentation en couleur de votre singularité où l’art et la science se mélangent pour donner un air de science-fiction à votre déco.

 

Copyright © <Helys>

Deux créateurs de la société Helys, l’un est docteur en biologie moléculaire et l’autre en biochimie. Yannick Bontemps et Alain Simeon , alors étudiants, trouvaient de la beauté dans les fragments d’ADN : « en même temps, c’est la molécule de la vie ! »

Au-delà de ce « moi »  exposé, il  y a le patrimoine de ses parents que l’on transmet à ses enfants et qui est unique.

Plusieurs étapes sont nécessaires à la fabrication de ces tableaux.

A la commande, un kit de prélèvement  vous est envoyé, (grand coton-tige que l’on frotte à l’intérieur de la joue pour prélever l’ADN comme dans les meilleurs feuilletons américains).

Mon ADNMon ADNMon ADNMon ADNMon ADNMon ADN

 Des fragments de cet ADN sont sélectionnés arbitrairement puis copiés et assemblés, fixés dans un gel, photographiés en haute définition et l’ensemble est colorisé. Le résultat est imprimé sur un support au choix, toile, plaque d’aluminium ou plexiglas.

Dernière touche personnelle, vous pouvez signer l’oeuvre. Ce sera authentique ! Que diriez-vous de figurer dans les collections de chez Christie’s ??

 

 

 



Venise masquée

5 03 2009

C’est l’une des plus importantes fêtes vénitiennes qui se déroule chaque année en février. Le carnaval de Venise est un événement particulier qui conjugue raffinement et beauté, et débute comme chaque année, par le vol de l’ange au campanile (cérémonie d’ouverture du carnaval).

L’HISTOIRE

Dès le Xème siècle, le peuple profitait des derniers jours précédents le Carême pour se divertir avant une longue période d’abstinence. Il savourait les plaisirs et les joies de la vie. En 1094, le carnaval était mentionné dans une charte du doge Faliero.
Les nobles pouvaient alors fraterniser avec le peuple sous des déguisements et sous des masques qui effacent les barrières sociales. La période du carnaval ouvre la saison des opéras et des comédies. Le tout Venise attend les nouveautés avec impatience. Les belles dames aiment se rendre à l’opéra où leurs toilettes,  resplendissent sous les lumières des grands lustres.
Mais le roi de la fête est sans conteste, le Masque. Les personnages de la comédie italienne offrent des trésors de caractères pour des déguisements plus beaux les uns que les autres : Arlequin, Polichinelle, Brighella, Scaramouche, Colombine et Pierrot.
LES MASQUES TRADITIONNELS
Le masque le plus célèbre est la Bauta qui désignait au départ un capuchon de soie noire, accompagné d’un mantelet de dentelle que l’on coiffait d’un tricorne et que l’on portait avec un masque blanc la Larva ou Volto. Hommes, femmes, nobles et bourgeois arpentaient Venise en Bauta. Le Tabarro une large cape complétait le costume et garantissait l’anonymat total. A part la Bauta, les femmes portaient un petit masque noir ovale, la Moretta.
Au XVIIIe siècle le Grand Conseil avait même obligé les femmes de la noblesse à fréquenter les théâtres et les cafés masquées pour préserver leur réputation et celle de leurs maris.
Bauta et Moretta n’étaient pas obligatoirement portés lors du carnaval, mais pour passer incognito. Par contre, pendant le carnaval, d’autres masques furent portés comme celui du médecin de la peste. Avec son long bec d’oiseau de proie, autrefois empli d’herbes aromatiques, ses lunettes et son chapeau à large bord, il évoquait à la foule que l’homme est bien peu de choses…

Au XVIIIe siècle  les fêtes vénitiennes étaient célèbres dans toute l’Europe. Les carnavals prirent fin lors de l’arrivée des troupes napoléoniennes à Venise le 16 mai 1797.
Afficher l'image en taille réelleAprès deux siècles d’interruption, un petit carnaval recommence en 1979. En 1980, la Biennale de Venise et le metteur en scène Maurizio Scaparro organisent du 13 au 24 février un festival de théâtre. Ce mélange de théâtre et de carnaval fascina les Vénitiens et se développa progressivement en attirant de nombreux touristes.
LA FABRICATION
Le moule du masque de Carnaval
Après avoir moulé en plâtre le modèle sculpté, généralement dans de l’argile, on remplit ce moule de deux ou trois couches de papier mâché (mélange d’enduit et de colle). Une fois sec, on peut démouler. Ne reste qu’à le peindre. En fait, ils sont fignolés pendant des heures, poncés, vieillis, puis vient l’heure de la décoration : aux motifs peints à la main, peuvent s’ajouter des paillettes, des plumes, des strass, de la dentelle, des entourages en orme de lunes ou de soleils. Certains atteignent des sommes vertigineuses (1000, 2000 €, voire plus) et deviennent alors des objets décoratifs.
S’il n’a plus le même lustre qu’autrefois, le carnaval laisse place à l’improvisation et à la surprise des rencontres. Liberté et anonymat garantis par le masque, plaisir artistique et cosmopolitisme incroyable continuent de rendre le carnaval vénitien unique.
Vous en saurez plus en vous rendant ici et pour la magie, voici un aperçu du carnaval 2009 :


 



Fredo Viola, de la musique à voir

12 02 2009

Fredo ViolaUn chanteur coup de coeur, fan de musique classique contemporaine et de cinéma, doué pour les instruments de musique et l’art graphique, qui retranscrit dans ses compositions, la fusion des chants de chorale et les percussions électroniques : c’est Fredo Viola, un nouvel électron libre, révélé par clip vidéo sur le net.

SON PARCOURS
Enfant de parents italo-américains, né à Londres, Fredo part, dès 5 ans, vivre à New York puis à Los Angeles. Il pratique le piano et le violon, participe même à une chorale. Etudiant dans une grande école de cinéma, il se passionne pour les compositeurs tels que Bartok, Shostakovitch ou Stravinsky. Son but : devenir réalisateur (très admiratif de cinéastes comme Fellini et Bergman, qu’il trouve « musicaux »).

Il aura l’occasion de tourner des spots publicitaires pour L’Oréal et de signer la  B.O. de « The Manchurian Candidate », film de Jonathan Demme, en 2004. Ses loisirs le poussent à s’essayer au dessin et au montage d’animation, mais aussi à la création musicale.

Fan de Depeche Mode, Kate Bush et Belle and Sebastian, il n’utilise d’abord que sa voix et un logiciel de production musicale. Premier carton sur Internet avec the sad song (clip et musique). Sa carrière est lancée. Le groupe Massive Attack le remarque et lui demande de collaborer. Il suscite l’enthousiasme général des chroniqueurs de musique.
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UN SAVOIR-FAIRE UNIQUE

Le style de Fredo Viola est surprenant : l’alliance de son passé de soprano, ses années d’écoute de musiques orchestrales et son travail de design d’animation en font un artiste original et prometteur.

D’abord, il donne la primeur à la voix : « les mots sont moins importants que les émotions profondes qui se cachent dessous. Ils détournent l’auditeur de la musique » dit-il. Il revendique d’ailleurs des influences telles que hymne religieux, ballades médiévales, ce qui donne à ses chansons, souvent improvisées, une ligne vocale mélodieuse.

Outre cette technique particulière, Fredo Viola « décrit » ses chansons en utilisant la technologie : « J’incorpore mes idées filmiques à ma musique ». Des collages visuels regroupent des enregistrements de voix et de films (exemples visibles sur son site et ici : ce sont les clusters.

L’ALBUM DE 2009

« Arrangements vocaux soignés », « compositeur hors pair », « dimension mystique », la dernière composition de l’artiste « The turn, » (sortie au printemps prochain), a de quoi susciter la curiosité : des ambiances, des harmonies qui rebondissent sur une version électronique ou des mélodies à la Beatles (voir la playlist à droite). Le packaging est remarquablement illustré, inspiré de l’imagerie religieuse médiévale.

Ne manquez pas de visiter le site « the turn TV » où Fredo présente ses clips kaléidoscopiques : expériences graphiques et sonores, éblouissantes d’originalité. Ne reste plus qu’à admirer l’homme sur scène, ce qu’il n’a pas encore fait ! Tendez l’oreille !

Son myspace, sa bio, les critiques



C’est ma vie…

7 02 2009

La revue « Le Tigre » est un magazine indépendant et sans publicité, diffusé en kiosque et en librairie. Elle a publié sur son site, début janvier, le premier « portrait google »…C’est une rubrique où l’on prend au hasard, un internaute pour raconter sa vie grâce à toutes les traces qu’il a laissées sur Internet, volontairement ou non…
Le sort est tombé sur Marc L… dont le journaliste du Tigre dresse un portrait saisissant via les informations que Marc a publiées sur Flickr ou sur Facebook… si saisissant et si inquiétant qu’il s’est répandu à vitesse grand V sur la Toile. A la demande du « héros malgré lui », le texte internet a été « anonymisé » mais la version papier, elle, n’a rien modifié des noms,  des lieux… : de son anniversaire au baptême de sa nièce,  en passant par son voyage au Canada, son métier, la marque de son portable, ses relations sentimentales, le tout daté, chronométré, c’est la voie ouverte jusqu’au numéro de téléphone et même l’adresse en jouant d’astuces !

Un article qui pointe le doigt sur confusion entre vie privée et vie publique sur Internet. A méditer et surtout à faire lire à nos jeunes consommateurs d’Internet pour qu’ils     prennent la mesure des risques à trop dévoiler leur vie privée.



Bumcello, totale impro

30 01 2009

Bumcello, c’est un duo électrique et éclectique, un groupe inclassable d’improvisateurs sorciers qui mêlent sons d’ici et d’ailleurs. Ils laissent libre cours à leur tempérament touche-à-tout pour exploser sur scène, leur terrain d’action privilégié. Bum c’est le batteur, Cyril  Atef et Cello, Vincent Segal, le violoncelliste.

UN DUO HETEROCLITE

Cyril, franco-iranien, apprend les percussions à Los Angeles depuis l’âge de 10 ans. Vincent, lui, naît à Reims. Il obtient un premier prix de conservatoire à Lyon mais sa bourse d’étude le conduit, loin du classique, avec son violoncelle au Canada, puis aux Etats-Unis. Ce sont donc deux univers variés qui se rencontrent à Paris. Après un premier album en 1999, ils nous offrent Nude for love en 2002.

Ces deux alchimistes dessinent des inédits sonores, marient pop et rock, boléro et raga ou world et rap. Leur créativité débordante s’amuse à intégrer des musiques africaines, indiennes ou brésiliennes, le hip-hop ou le classique ;  mais leur tempérament ne s’arrange jamais d’une version figée. Ils donnent de la voix aussi et « l’animal sophistiqué » qui est en eux fait de chaque concert une joute musicale unique, mettant en évidence leur incomparable talent de multi-instrumentistes.

METISSAGE DE SONS

Pop, chant malien, rythmique réunionnaise, musique de chambre s’harmonisent et se complètent au-delà de tout calcul commercial. Seule compte « une musique ouverte où tout se crée et se transforme à la fois ».

Pour Lychee Queen, leur dernier album sorti en 2008, le cocktail, tout aussi détonant mais à la structure plus sage, retranscrit leur capacité à colorer un ensemble cohérent de petites touches sonores ou vocales, ceci en trois jours de studio. On retrouve ainsi, la trompette d’Ibrahim Maalouf, la flûte de Magik Malik (et sa voix dans Eurostar), la voix de Chocolate Genius, la basse de Mama Ohandja, tous deux africains et le mixage de l’américain Tommy Jordan ; musiciens de tous horizons pour un festin mélodique, « melting-potes » d’un opus ethnique et bigarré qui réunit les hommes et les instruments.

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Le virtuose Vincent et l’excentrique Cyril affichent déjà 6 albums et une victoire de la musique, tout en ayant accompagné Matthieu Chedid dans ses tournées. Les découvrir sur scène n’est pas un vain mot, tant ils s’abandonnent à la joie simple de jouer sans contraintes. Prochains concerts

Les sites qui parlent de Bumcello :



Décor à corps

19 01 2009

Tatouage, piercing : un dessin sur le corps, un objet dans la chair, « un moyen de prendre possession du corps légué par nos parents » selon le sociologue David Lebreton ». L’effet mode a été précédé, dans l’histoire, par des pratiques qui servaient à identifier le statut ou le rang, l’appartenance à un groupe.

HISTOIRE : SEDUCTION OU PUNITION

En dehors de cet exemple du corps momifié d’un chasseur néolithique, découvert dans les Alpes Italiennes, le premier tatouage décoratif, à but sacré ou religieux, a été découvert en Egypte vers 2200 avant J. Ch. Les peuples primitifs de Polynésie (Iles Marquises, Nouvelle-Zélande),  eux aussi, l’utilisaient pour marquer l’appartenance à un rang social élevé, selon la disposition du tatouage sur le corps.

Dans ces cultures, la pratique du tatouage est souvent un rite imposé par la tribu, lié à un événement familial  : baptême, mariage… C’est aussi un élément de séduction.

  • chez les Maoris, celui qui refusait de s’y soumettre, était considéré comme efféminé, indigne d’appartenir à la  communauté.
  • – En Afrique du Nord, le tatouage est autant décoratif que médical mais en Afrique noire, il est essentiellement tribal et pratiqué par scarification. Il est sensé fortifier la personnalité et augmenter les forces vitales.
  • – En Asie, au Japon, le tatouage était assimilé aux mauvaises moeurs : marquer à vie les criminels ou les prostituées. En Chine, également, il est une sanction au même titre que la castration, la mort ou l’amputation.

Plus récemment, les Yakusas (mafia très importante au Japon) avaient obligation de se faire tatouer, pour devenir membres à part entière. Ce sont souvent de véritables oeuvres d’art qui peuvent recouvrir tout le corps.

On ne peut omettre, plus près de nous, l’immatriculation des juifs dans les camps de concentration. Primo Levi l’a décrit ainsi dans les Naufragés et les Rescapés :

« L’opération n’était pas douloureuse et ne durait pas plus d’une minute, mais elle était traumatisante. Sa  signification symbolique était évidente pour tous : c’est un signe indélébile, vous ne sortirez plus d’ici ; c’est la marque qu’on imprime sur les esclaves et les bestiaux destinés à l’abattoir, et c’est ce que vous êtes devenus. Vous n’avez plus de nom : ceci est votre nouveau nom. »

Partout où il s’est manifesté, le tatouage a contribué à marginaliser ses adeptes, à sa manière : distinguer les classes sociales, marquer le passage d’un état à un autre, identifier les esclaves ou les criminels.

TATOUAGE : TENDANCE OU AFFIRMATION DE  SOI

On ne peut nier que, jusqu’à la moitié du 20e siècle, ces « rites » primitifs étaient plutôt un signe de « retard » des peuples colonisés et incarnaient l’opposé du corps idéal occidentalisé. Alors peut-on parler de tribalisation du corps occidental ?

Les motifs ornementaux qui s’exhibent aujourd’hui sur les corps, ne puisent pas leurs sources dans des rites inconnus de ceux qui s’y adonnent. Ils résultent plutôt d’un choix volontaire et conscient qui traduit un désir de combattre la banalité de l’apparence, contester les normes établies et donc, afficher son corps comme un espace de liberté individuelle. Après un détour  par les palais royaux et les sunlights du show-biz, il s’inscrit en tous cas aux antipodes de la normalité que banalise la chirurgie esthétique.

Ces modifications corporelles s’inscrivent, plus généralement, dans l’appartenance à une culture. Le modèle du corps civilisé n’est pas figé mais s’affirme au contraire dans des représentations dynamiques, plurielles qui s’éloignent du stéréotype occidental.

Ressources :



Lenôtre, maître es-sens

12 01 2009

Fils de cuisiniers normands, Gaston Lenôtre a fait son apprentissage à Pont-Audemer avant d’ouvrir sa première boutique à Paris en 1957. Son talent de créateur et son audace lui permettront de devenir premier traiteur de France, restaurateur étoilé et directeur d’une école de formation. Un parcours au goût de réussite pour un homme exigeant.

LE TALENT AU SERVICE DE LA GOURMANDISE

Lenôtre, c’est avant tout celui qui arompu les codes traditionnels de la pâtisserie, avec une main plus légère en sucre, des alliances de parfums nouvelles et une devise sur laquelle il fonde son métier : le poids, les mesures, la rigueur. Ses élèves en savent quelque chose : en cas de laisser-aller, l’épluchage des amandes est, paraît-il, la corvée la plus redoutable. Le chef a ainsi conçu « Succès », à base de pâte de macaron et de crème de nougatine et « Opéra » aux parfums de chocolat et café.

UN TRAITEUR NOMME PLAISIR

Gaston Lenôtre innove, en 1960, en créant l’activité de traiteur ; et les 500 professionnels qui oeuvrent dans les laboratoires (du boulanger au charcutier) doivent se plier aux consignes : peser, goûter, vérifier. Car, pour transposer les recettes en grande quantité, il ne suffit pas de multiplier les proportions.

Et la présentation, souci de tous les instants, doit « faire envie aux yeux ». Même l’odorat est titillé lorsqu’il imagine un système d’aération depuis sa boutique d’Auteuil, pour diffuser les effluves de nougatine et de tarte aux pommes jusque sur le trottoir !

Les grands couturiers se feront stylistes culinaires pour la bûche de fin d’année ou le gâteau de la Saint-Valentin : Christian Lacroix, Yves Saint-Laurent et dernièrement Karl Lagerfeld se sont prêtés au jeu.

DE L’AUDACE, TOUJOURS DE L’AUDACE

La signature de Lenôtre, lors d’événements ou de réceptions, témoignent de son goût pour les défis :

  • – nourrir 800 000 personnes lors de la coupe du monde de football en 1998,
  • – élaborer un pommier en sucre de 3m de haut, garni de 80 pommes éclairées de l’intérieur, pour l’anniversaire d’un ami,
  • – ou cette pièce montée ornée de 3000 roses en sucre, composée pour le mariage d’une princesse.

En 2000, pour ses 80 ans, ses équipes lui avaient imaginé un énorme gâteau, dressé au milieu du champ de Mars, culminant à 8 m. Enfin, en 2001, la marque se lance dans une nouvelle prouesse : les « macarrés », coup de marketing stimulé par son audace.

Depuis plus de 50 ans, Lenôtre rayonnait dans le monde entier sous la forme de boutiques franchisées, de l’Europe au Japon, en passant par la Thaïlande ou le Qatar. Ses élèves, formés à la tradition de la cuisine française, mais en perpétuel renouvellement, dans l’école créée en 1971, se chargeront de transmettre ce lourd et bel héritage.

Sources :

Le site de Lenôtre

Le site de Pierre Hermé, chocolatier

Fiches métiers



Peace and lobe

7 01 2009

L’équipe de Peace and Lobe, composée de techniciens et de musiciens, tourne depuis plusieurs années, dans les salles de musiques actuelles de la région, pour prévenir les risques auditifs liés aux musiques amplifiées.

UNE ANIMATION

Ces animations pédagogiques, développées par le « Confort Moderne » (Poitiers) et l’ADEME-FLORIDA (Agen), ont pour vocation de faire prendre conscience aux jeunes des risques auditifs liés à leurs pratiques musicales amplifiées et de les aider à gérer ces différentes pratiques (baladeurs, concerts, boîtes de nuit…). Peace and Lobe est un concept de l’Education au sonore, qui a reçu le Décibel d’or en 2000, remis par le Conseil National du Bruit.

UN CONCEPT

L’originalité de ce concept réside dans sa forme puisqu’il réunit sur scène un groupe de musiciens et de techniciens, qui, au travers d’un spectacle interactif, informent sur :

  • l’historique des styles musicaux et de la technique de la reproduction (disque, CD, MP3), de diffusion et de sonorisation,
  • le son et les pratiques amplifiées. Fréquences, volume et décibels, timbre, orchestration et traitements sonores,
  • le travail du son sur scène : répétition « balance » par le groupe et explication,
  • l’oreille et les traumatismes : surdités transitoires, surdité définitive, fatigue auditive…
  • une meilleure gestion sonore : exposition, protection, dépistage, consultation, législation.

Cette troupe a officié au 6×4 (salle de musiques actuelles de Laval) en novembre dernier devant 300 lycéens. L’opération sera renouvelée au printemps et à l’automne 2009. Ce type de message est bien plus pertinent pour une population très jeune, qu’une conférence-débat sur le sujet.

A terme, l’objectif est de réduire les traumatismes sonores et irréversibles. La mise à disposition d’outils pédagogiques permet d’approfondir les éléments abordés, notamment avec les enseignants sur temps scolaire (ou hors). La mesure la plus élémentaire, outre les mesures juridiques qui limitent les décibels (95 pour les baladeurs, 105 pour les discothèques ou salles de concert) reste la paire de bouchons d’oreille, bouchons qui sont d’ailleurs distribués à l’issue de ce concert pédagogique.

http://www.dailymotion.com/video/x63f7r

Sources :