Pourvu qu’on ait l’ivresse …

7 12 2009

L’alcool chez les jeunes, phénomène de société, commerce florissant ou éducation laxiste, fait souvent la une des medias. Dans notre société, il est omniprésent : depuis la fin du verre dans les fêtes familiales jusqu’à la « biture » du vendredi ou du samedi soir, il n’y a qu’un pas.

L’ALCOOL « DEFONCE » OU L’ALCOOL  » MEDICAMENT »

alcool-dangerLa France est depuis toujours un pays grand consommateur d’alcool. Des études ont montré que d’une part, un jeune commence à boire lors de réunions de famille vers 12-13 ans -coupe de champagne, « un petit doigt pour goûter »- et que d’autre part, la consommation diffère selon les régions : le Nord, la Picardie ou l’Ile de France sont peu touchées ; en revanche les Pays de Loire et  la Bretagne ont une culture qui valorise la fête, l’ivresse et la capacité « à tenir ! » !  Les modes de consommation ont d’ailleurs changé, privilégiant le « binge drinking » comme au Royaume-Uni  : boire le plus rapidement pour atteindre l’état de « défonce ».

A l’âge de l’adolescence, on est aussi désireux de se montrer adulte, en transgressant les règles imposées par les parents,  de faire partie du groupe  « si tu ne bois pas, t’es pas des nôtres », de désinhiber les complexes qui sont inhérents à cet âge où l’on n’est plus un enfant mais pas encore un adulte ;  l’alcool donne, momentanément, l’impression de dépasser toutes ces  barrières, d’anesthésier les souffrances, de passer un bon moment. (Le mot « alcool »  vient de l’arabe « al kohol  » = fard). Mais c’est justement, pendant cette période, que l’on risque de devenir « accro » ou de bifurquer vers des drogues dures pour augmenter les effets.

L’ALCOOL, LE PIEGE

alcool2La  récupération de ce jeune public, docile et influençable, a très vite intéressé les industriels de l’alcool et des spiritueux. Les grandes surfaces constituent le lieu de prédilection de vente : le vin et la bière sont encore prisés mais de nouveaux produits dérivés,  où le sucre tient une grande place et le goût de l’alcool plus atténué, font fureur  dans les soirées (Desperados à la tequila, le 21 citronné, Kriska à la vodka…). Ces produits bénéficient même de gros coups de pub lors de soirées étudiantes ou en boîtes de nuit.  Les alcools sont « redosés » pour attirer les jeunes (les bières passent ainsi de 5 ° à 12-13° !) et leur packaging relooké ; les boissons dites « légères » sont bues en plus grandes quantités.

Cette drogue, qui permet d’oser, amène son lot d’accidents en fin de week-end : l’alcool est responsable de 43 % des accidents mortels des 18-24 ans. Plus on est alcoolisé, plus on perd le contact avec la réalité et plus on prend de risques  : conduire, se battre, relations sexuelles non protégées… L’hospitalisation pour coma éthylique des – 24 ans a augmenté de 50 % de 2004 à 2007. Enfin, plus on boit jeune et plus on risque d’être alcoolique, adulte. Le cerveau garde le réflexe : en cas de  coup dur, on a vite fait de recourir à l’alcool.

La prévention est indispensable mais l’accumulation d’interdits donnerait plutôt envie de transgresser. Malgré la loi sur l’interdiction de la vente d’alcool aux – 18 ans et les open-bars, il reste la publicité sur Internet (notamment sur les réseaux sociaux comme Facebook et Myspace) et les puissants lobbies pèsent lourd dans l’économie ! Le rôle de la famille est donc très important : l’alcool ne doit pas être tabou mais il faut apprendre au jeune qu’une consommation modérée est préférable, et plus agréable qu’une cuite.  L’alcool est une maladie et pour cela, des organismes disposent de services d’aide téléphonique (parler -et écouter- en toute liberté)  permettent d’être conseillés sur l’usage et l’abus d’alcool.

En France :

AU CDI

  • – Médecine et santé coll. portail des Sciences chez Larousse
  • En savoir plus  : l’alcool de Sean Connolly chez Gamma
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