Le storytelling art

29 09 2011

La tendance du storytelling est apparue vers les années 1980 dans les discours politiques américains. Le président Ronald Reagan, ancien acteur et entouré de consultants, formés en écoles de commerce est l’un des premiers à avoir utilisé cette méthode pour convaincre ses électeurs. D’autres disciplines -la sociologie, le droit, l’éducation- ont été séduites car « raconter des histoires » permet de capter l’attention et de susciter l’émotion. Et dans le domaine artistique, Marc Ferrero a inauguré, en 1989, un nouveau rapport à la narration, mais sur les murs. C’est le STORYTELLING ART.

SON UNIVERS ET SA TECHNIQUE

Très tôt influencé par les Comics, cet artiste français, autodidacte, combine la BD, la peinture figurative et les techniques cinématographiques de cadrage. Marc Ferrero a  choisi de quitter « les planches », après divers projets et voyages pour développer s on imaginaire en peinture, mais scenarii en tête, ses personnages, grand format, se déclinent sur des toiles ou l’histoire de héros contemporains, se lit toile après toile. La thématique du monde urbain fournit un décor de gratte-ciel, d’embouteillages, de jeux d’argent et de clubs jazzy pour interpréter un roman graphique, entre les huiles , les acryliques, les pochoirs et les lyrics.

Trois superhéros :

  • Duke, dandy anglais jazzman, fan de poker,
  • Lisa, femme fatale, franco-américaine et
  • Don Cello di Cordoba, champion de polo et fou de tango argentin

sont les personnages récurrents d’une histoire Il était une fois la Comitive , qui luttent contre la pègre new-yorkaise. Sculptures, tableaux en 3D, vidéo-clips, toutes les techniques,  de la BD à la musique, font de cette aventure un vrai thriller dont les protagonistes se promènent aux quatre coins de la planète.

UN FILM, VERSION ACRYLIQUE

Car ce roman graphique est composé, jusqu’à maintenant, de 4 000 oeuvres, propriété de collectionneurs privés. Art séquentiel, aux dimensions de peinture classique, le Storytelling Art doit son originalité au croisement de styles que développe Marc Ferrero : une BD à la verticale  qui se lit dans les musées ou les galeries, dont les acheteurs peuvent créer leur propre histoire (à condition d’en avoir les moyens quand même !).

Depuis son premier salon d ‘art contemporain en 1999, à New York, M. Ferrero a su adapter sa connaissance de scenarii de BD à un décor artistique qui dévoile une intrigue, « un road painting » comme une série TV, semant des indices dans ses tableaux. Il existe même une bande-son grâce à Jérome Obry qui allie la pop rock, le jazz et le tango pour mettre en scène l’univers de la Comitive (dont les membres affiliés reçoivent une newsletter alléchante !).



911 : « à l’ombre des tours mortes »

15 09 2011

« Il y aura des attaques spectaculaires dans le mois ou dans les semaines à venir. Elles auront lieu simultanément et provoqueront des dégâts massifs. Les attaques viseront les intérêts américains, peut-être même auront-elle lieu aux Etats-Unis… » Il s’est écoulé 10 ans depuis le crash de deux avions dans les tours jumelles du World Trade Center, 102 minutes qui ont fait 3 000 morts et changé le monde. A l’occasion du dixième anniversaire de cette tragédie, on peut parler de production littéraire et cinématographique sans précédent, liée à une date historique.

LE POIDS DES MOTS

Dans les premières semaines après le 11/09, de nombreux romanciers sont confrontés à la violence des images, trop réelles, trop présentes pour que la fiction trouve sa place. Quelques-uns se voient davantage témoigner, comme Paul Auster, à travers un reportage mais rien (même les assassinats de Kennedy ou M. Luther King) n’est comparable à ce traumatisme. Le premier à s’y coller (sans beaucoup de succès) est un français, Frédéric Beigbeder, avec la problématique essentielle : peut-on romancer le 11 septembre ? Il s’écoulera quelques années avant que les écrivains américains s’emparent du sujet et révèlent la puissance symbolique de ces images spectaculaires : un changement géopolitique, les failles d’une superpuissance, l’illusion démocratique… (Don de Lillo « l’homme qui tombe »…)…

 

Ils se sont d’abord focalisé sur les mécanismes du fanatisme et le psychisme des terroristes puis sur le jour du 11/09 mais c’est le monde d' »après » qui retiendra leur attention : Jonathan Safran Foer « Extrêmement fort et incroyablement près« , ou Joseph O’Neil « Netherland » ; mais aussi sur les conséquences militaires  : Freedom de Jonathan Franzen.

La BD, elle aussi, s’interroge et progressivement, elle est passée de la narration cauchemardesque, la question du deuil (« mardi 11 septembre« /Henrik Rehr,  « le 11ème jour« /Sandrine Revel), au registre de la politique-fiction (la série « 9/11 » en France) et même a offert, plus récemment (2009-2010) des réponses sur le mode humoristique avec « Ben Laden dévoilé » ou « Bush et Ben ». L’album-référence a été publié en 2004 par Art Spiegelman,  qui a vécu cette journée dramatique à New York même « A l’ombre des tours mortes« . Aujourd’hui, la tendance serait plutôt à la revanche (Holly terror de Frank Miller). A noter que certains dessinateurs – Enki Bilal, Stan Lee (Spiderman), avaient prophétisé la destruction de monuments symboliques (la Tour Eiffel, les tours jumelles), dès 1988.

LE CHOC DES IMAGES

L’attentat a tourné en boucle sur nos petits écrans et face à l’onde de choc, les cinéastes américains ont préféré cacher ce que l’Amérique n’était pas prête à voir. Du court-métrage de Sean Penn au film de Spike Lee, la 25e heure, le choc visuel des tours qui s’effondrent, des corps qui tombent est avant tout une réalité humaine. Comme pour la littérature, la fiction a mis du temps à trouver sa place. Il est d’abord question des héros malgré eux : les pompiers new-yorkais de World Trade Center de Oliver Stone, ou les passagers du Vol 93, qui ont évité l’impact du quatrième avion sur la Maison Blanche. Par la suite, l’événement est cristallisé par l’invasion (« La guerre des mondes » en 2005 avec Tom Cruise) ou la destruction des humains (« Je suis une légende » en 2007 avec Will Smith, avant le plus récent 2012 ou Cow-boys et envahisseurs avec Harrison Ford. Mais Hollywood a aussi  traduit une prise de conscience et une remise en question avec des films plus engagés contre l’administration Bush et l’occupation militaire en Irak et en Afghanistan. C’est le cas de Syriana (2006) ou Mensonges d’état de Ridley Scott (2008) et Green zone (2010) quand le héros recherche vainement des armes de destruction massive en Irak.

Les plasticiens, quant à eux, ont contourné la représentation par différentes techniques, à la fois puzzles d’une Amérique violentée et instantanés d’une architecture audacieuse mais fragilisée. A la date souvenir, 70 oeuvres seront exposées au Museum of Modern Art, souvent antérieures à la tragédie, mais qui illustrent ce que l’art renvoie au monde après les horreurs des guerres, des génocides ou bombes atomiques.

L’attentat du 11/9, s’il a changé New York et les Américains, a laissé une empreinte dans les domaines culturel et artistiques d’Islam. Du 7 au 17 septembre, un festival, Islam and the City (ICI) célèbre les relations avec l’Amérique, à travers des concerts, des débats, films et une pièce de théâtre « 11 septembre » pour que l’amalgame entre terrorisme et religion ne soit désormais qu’un cliché. Il comptera, parmi ses invités, Shérif El Gamal, le directeur du projet Park51, « la mosquée de Ground zéro ».

Par ses images multidiffusées, les scènes spectaculaires d’une catastrophe en direct ont imprimé pour toujours notre imaginaire. Métaphore artistique : l’Histoire majuscule a réduit en poussière des vies bien réeelles mais les fictions donnent aussi « tendresse et sens à tout cet espace hurlant » (De Lillo).

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Réalité ou fiction : le destin tragique du Japon

24 03 2011

Ce n’est pas la fin du monde et pourtant le Japon vient d’enregistrer la catastrophe la plus importante de son histoire, naturelle et nucléaire, depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Que ce soit à cause de la localisation de l’archipel volcanique ou à cause de la science, ce pays a subi des séismes destructeurs et des bombes atomiques dont se nourissent largement les mangas, films d’animation et d’action et oeuvres picturales. Bien plus qu’une inspiration légitime, cette tendance à l’ultra-réalisme serait ancrée dans la pensée profonde japonaise.
Japon: les animes apocalyptiques - Libération vidéo
Japon: les animes apocalyptiques – Libération vidéo

LES CATACLYSMES, DE LA REALITE A LA FICTION

Fukushima, comme un écho à Hiroshima, vient rappeler la douloureuse histoire du Japon. Les 6 et 9 août 1945, deux villes japonaises vivaient un cauchemar atomique. Ce potentiel de destruction, le Japon y est exposé aussi par un emplacement au carrefour de deux plaques tectoniques, le nombre important de volcans en activité (une vingtaine dont le mont Fuji), des pluies abondantes et de nombreux typhons en provenance du Pacifique. Entre irradiation et séisme, les désastres sont devenus des « classiques » de la fiction japonaise.

Une évocation emblématique, en manga, fut celle de Gen d’Hiroshima de Keiki Nakasawa, âgé de 6 ans quand la bombe explosa : souffrances du peuple japonais dans un Japon fasciste et fanatique, mort lente ou condamnation des survivants, l’incompréhension et la colère, la peur et la faim au ventre (1972)… Plus tôt, en 1954, la thématique du monstre, fruit des expériences nucléaires américaines, a fait de Godzilla, lézard géant préhistorique, une allégorie des armes nucléaires et a incarné  la peur que ces expériences se reproduisent, après les attaques de Nagasaki et Hiroshima (films, comics et jeux vidéos).

Des scenarii post-apocalyptiques (destruction du monde, survie de jeunes héros, reconstruction ou mort) ont vu le jour ces dernières années, avec l’Arme ultime. D’autres publications comme La submersion du Japon en 1972 ou A spirit of the sun décrivent un pays aux prises avec les éléments (tremblement de terre, tsunami) . Le dessin animé Ponyo sur la falaise de Miyazaki (2009) évoque un tsunami, monstre marin qui engloutit un village, une manière poétique d’incarner la force de la nature. Tokyo magnitude 8 suit le parcours de Jin et Nanako, deux camarades de lycée, dans un Tokyo en ruines, suite à un tremblement de terre.  La grande vague de Hokusaï est sans doute, quant à elle, l’une des plus anciennes illustrations (1831) du phénomène de tsunami.

C’est dire la panoplie de personnages, de Gen à Astro boy, qui fait partie de la culture populaire au Japon. Mais la fin du monde n’existe pas dans la mythologie japonaise ! Comment expliquer alors ces références si souvent empruntées à la réalité  et le stoïcisme dont font preuve les Japonais ?

LA SERENITE, PARADE RELIGIEUSE

Les phénomènes exceptionnels qui ont déjà mis à mal cette île du bout du monde sont une fatalité, une épreuve que la vie inflige et qui doit concourir à la renaissance, à la reconstruction. Contrairement à la philosophie occidentale qui veut que l’Homme domine la nature, les croyances japonaises sont  centrées sur le shinto, qui met l’accent sur l’harmonie entre l’homme et la nature. Le bouddhisme, de son côté,  invite à l’acceptation, au renoncement sans amertume ni frustration. On admire la sérénité de ces hommes et femmes et la solidarité envers les autres, dans leur malheur :  ces qualités sont parties intrinsèques de leur nature ; ils se savent éphémères et ont un sens aigu du temps qui passe. A travers les mangas, la peinture ou le cinéma, les Japonais exorcisent leurs peurs, souvent dans la violence. Et si la science devient folle, nul doute qu’ils relèveront le défi, en adoptant l’attitude qui consiste à rester maître d’eux pour reconstruire leur avenir, telle une éternelle revanche !

En marge de ces récents événements, il faut souligner l’initiative de Café Salé qui réunit des passionnés de création graphique : dessin, BD, manga, photo, webdesign… Ils ont créé un blog collaboratif Tsunami, des images pour le Japon, un projet artistique et solidaire pour venir en aide aux victimes de la catastrophe. Les dessins originaux mis en ligne seront mis aux enchères et feront l’objet d’un ouvrage collectif. Les bénéfices seront reversés à l’Association Give2Asia.

SOURCES :

  • – Hiroshima, l’histoire de la première bombe atomique ; Editions Gallimard Jeunesse
  • – Mangas, 60 ans de bande dessinée japonaise/Gravett, Paul ; Editions du Rocher
  • – le site Japoninfos.com


Le monde selon Moebius

10 02 2011

Un des rares à être publié outre-Atlantique dans le 9ème art, c’est MOEBIUS, comme l’anneau du même nom, Jean Giraud alias Gir et Moëbius, fait souvent référence à sa double facette ; deux pseudonymes pour une identité artistique aux styles différents. Gir s’est inspiré de la photographie, du cinéma pour devenir plus tard Moebius et sortir du cadre traditionnel de la BD. La métamorphose est un thème cher à jean Giraud qui préside à la scénographie de l’exposition MOEBIUS TRANSE-FORME, actuellement à la fondation Cartier.

TRAIT DE GENIE

Créateur de la série Blueberry, co-fondateur de Métal Hurlant et des Editions Humanoïdes Associés, Jean Giraud (né en 1938), a profondément influencé les univers de la Science-Fiction (Arzach, le Garage Hermétique, l’Incal), de la BD, de la vidéo et du cinéma (Le 5ème élément, Abyss, Alien, Tron).

Ses lectures adolescentes (SF, Asimov, Moorcock), ses études d’arts appliqués, ses voyages et ses rencontres (Jigé, Jodorowsky) caractérisent toute son oeuvre, remplissent son imaginaire. Au fil des années, il expérimente tous les possibles en matière de narration graphique. C’est un principe directeur que de « voir en relief », de laisser libre cours à son imagination. Ce « jongleur de l’espace-temps » arpente même sa propre création aux côtés de ses personnages dans sa dernière série Inside Moebius.


L’espace des possibles pour le dessinateur, c’est le désert, un élément naturel qu’il se plaît  à peupler de créatures hybrides, mi-animales, mi-mécaniques, dans des décors de protubérances tentaculaires ou de végétations foisonnantes. « Quand on est en méditation, c’est la réalité qui devient un désert » assène-t-il. L’humain, l’animal, le végétal et le minéral s’amalgament pour donner lieu à des mutations brutales : pétrification, désintégration, vieillissement. Il s’agit, à travers le dessin, de défier les lois de la rationalité et de la vraisemblance.

Moebius revendique sa fascination pour la transformation. De ses « rêves lucides » et de sa passion pour les sciences et la nature, naît un univers graphique révolutionnaire dans la mesure où le rêve le fait accéder à un abîme de possibilités et la transe à un processus créatif.

METAMOEBIUS

De sa réflexion incessante sur le monde qui l’entoure et de son intérêt pour la génétique Métamoebius (en référence au portrait filmé de l’exposition) a bousculé les lois de la nature et créé des connexions originales entre les espèces existantes. Les danses tribales maliennes, les costumes chinois du 16e siècle ou ceux des époques précolombiennes l’ont inspiré pour dessiner les costumes  d’Alien de Ridley Scott ; mais plus que la métamorphose plastique, ses dessins ou ses films d’animation traduisent son goût pour le vivant en perpétuelle évolution, son évasion du réel pour illustrer ses fantasmes jusqu’à inventer un langage propre : les cokefluch (plat préparé par un synthétiseur d’aliments), la gondole antigrav (véhicule pour circuler dans le Garage Hermétique) ou l’arangue (véhicule à trois roues), l’Edelfe (petit être de la planète Edena) ou moins poétique l’Homéopute (femme à pratiques sexuelles relaxantes dans l’Incal).

Depuis le 12 octobre, la Fondation Cartier présente les oeuvres de J. Giraud à travers plus de 400 documents. Une première partie est consacrée aux personnages, de Blueberry, héros de western, à John Difool, détective privé de l’Incal, et à des autoportraits comme un double de l’auteur lui-même qui préfigure la deuxième partie, celle de l’univers métaphorique où se confond rêve et réalité, entre images labyrinthiques, mutations humaines et sculptures cristallines.

Le monde de Moebius existe comme ce ruban à face unique mais image miroir, constamment en devenir, à la fois éphémère et tendant vers l’immortalité.

Voir aussi :



Rencontre entre l’architecture et la BD

9 10 2010

Jean-Marc Thévenet, ex-directeur du festival de la BD à Angoulême et Francis Rambert, directeur de l’Institut Français d’Architecture se sont vus proposer la mise en oeuvre de l’exposition Archi et BD, la ville dessinée, au Palais de Chaillot, depuis juin dernier. Pour le premier « le mode ludique de la BD est plus actuel que jamais » ; pour le second : « c’est un signe si les plus grands architectes du moment, Herzog et de Meuron, se servent des cases et des bulles pour faire comprendre leurs projets futurs ». Servie par une scénographie inédite, l’exposition se veut une articulation de ces deux mondes dans une chronologie ponctuée de références aux métropoles internationales.

LA VILLE DESSINEE

Elle regroupe deux types de créations : architecture et bande dessinée qui sont, depuis longtemps, visionnaires. A travers les productions éditoriales des deux dernières décennies, l’importance du décor urbain pose, avec pertinence, la question d’une ville meilleure (François Schuiten et Benoît Peeters, Enki Bilal…), qu’elle soit européenne ou asiatique. Cette dimension onirique fait partie des univers explorés par les architectes. Ils cherchent dans la BD un moyen de communiquer leur travail par l’album, les cases ou les bulles, mettant en scène un projet pour sensibiliser à l’architecture (les Suisses Herzog et de Meuron ont présenté ainsi leur projet urbain Metrobasel).

Vers les années 60, l’ambiance high tech et le mouvement Pop’art marquent l’époque en proposant une nouvelle esthétique de vie quotidienne -transport, habitat…- (l’exposition universelle de 1958 fut, à ce titre, très innovante). Archigram, groupe d’architectes et les auteurs de l’école belge matérialisent cette vision plus ou moins utopiste (Les pirates du silence de Franquin). Le support populaire qu’est la BD, sa souplesse narrative deviennent un élément de parenté avec l’architecture ; les univers s’entrecroisent pour raconter la ville ou l’habitat (Jacques Rougerie « Habiter la mer », inspiré de jules Verne).

  • – De même, la bande dessinée se nourrit de supports inattendus comme la peinture ou le cinéma. Alors qu’en Chine, il n’y a pas si longtemps, elle était considérée comme un art décadent, elle devient, dans le monde entier, un patrimoine de référence avec ses propres courants graphiques.
  • – L’architecture emprunte, elle aussi parfois, au cinéma des instruments comme le storyboard dans le cadre de concours ou de publications.

La vision urbaine est un bel exemple de ce mélange des univers d’autant plus que cette influence esthétique se retrouve dans les jeux vidéos, un support graphique émergent.

LA SCENOGRAPHIE

Plutôt qu’un étalage répétitif de planches de petites dimensions, l’exposition est rythmée par un va-et-vient des références entre architecture et BD. La scénographie joue sur les agrandissements de planches ou de cases. Autre impératif : la lumière. Une membrane blanche (le barrisol, nouveau matériau), déformable, est rétro-éclairée  pour baliser un parcours presque irréel dans une sorte de vaisseau spatial. C’est un jeu de cache-cache entre les deux  expressions artistiques, imaginé par l’agence Projectiles. La membrane, tenue par une sorte d’échafaudage,  est tirée ou poussée en coulisses, formant un relief mouvant où apparaissent les planches originales, les maquettes, films et documents sonores.

Après Paris, New York, Tokyo est devenue une vitrine architecturale et culturelle, concomitamment avec l’avènement du manga. L’exposition nous fait ainsi  voyager, de villes suspendues ou mobiles à des chaos universels aux dimensions de guerre civile. Carnet de voyages,  imaginaires ou réels, à travers des espaces urbains pour mieux appréhender la concordance de ces dédales d’images où le visiteur se sent habitant plus que spectateur.

A voir au Palais de Chaillot, 1 place du Trocadéro jusqu’au 28 novembre.

François Schuiten



Le musée Hergé

4 01 2010

Ce musée consacré à l’oeuvre de Hergé a ouvert ses portes il y a 6 mois à Louvain-la Neuve, à une trentaine de kilomètres de Bruxelles, 102 ans après la naissance de Tintin. Outre les BD de de Georges Rémi, seront présentées également des peintures et des créations publicitaires.

LE MUSEE

musee herge logo52000 m2 d’exposition permanente : des planches originales renouvelées régulièrement, une maquette du sous-marin du professeur Tournesol dans le Trésor de Rackham le Rouge, c’est ce qu’a voulu la veuve (seconde épouse) de Hergé pour rendre hommage à l’oeuvre de son époux décédé. Moulinsart, quant à elle, société qui gère les droits d’exploitation des « Aventures de Tintin », a travaillé sur le logo du musée : emblème qui associe l’auteur, son héros et l’architecture du musée.

EXPOSITIONS

Des expositions temporaires seront proposées au public : la première est dédiée à l’Asie, à travers Tchang-Tchong-Jen, artiste méconnu et ami de Hergé avec lequel il a collaboré pour écrire le Lotus bleu, dont c’est l’anniversaire (70 ans). Un dossier pédagogique est mis à disposition des enseignants en vue d’une visite au musée. Il place le lecteur dans le contexte historique de l’album (1920-1930) et met en perspective la collaboration de Tchang et Hergé pour retracer le Shangaï de ces années-là. Exposition jusqu’au 28/02/2010.

Cet espace d’expos temporaires permettra aussi à de jeunes auteurs de se faire connaître. Les organisateurs ont tablé sur la visite de 200 000 personnes par an. Il semblerait que l’affluence record des dernières vacances scolaires laisse augurer d’un franc succès auprès des tintinophiles.



Quai des bulles 2009

5 11 2009

Les 23, 24 et 25 octobre, se tenait à Saint-Malo, le traditionnel festival de la BD : Quai des Bulles; Rencontre d’auteurs, d’éditeurs, prix décernés, dédicaces, anniversaires, expos, le cru 2009 avait de quoi réjouir les passionnés.

RENCONTRES


BD2Les Editions DARGAUD, SOLEIL et GLENAT étaient sur le pont et en grande forme pour ce rendez-vous, le plus grand rassemblement d’auteurs après le festival d’Angoulême (335 auteurs attendus !). L’accent était mis sur les 50 ans d’Astérix, et les 40 ans de Glénat. Des animations : Bistro à bulles, Fabrique à Fanzine, rencontres pro-amateurs, espace jeunesse, atelier photo laissaient aux fans un choix exceptionnel de découverte et de partage.
Mais pour les scolaires, présents dans l’auditorium du Palais du Grand Large, Albert UDERZO en personne et le comédien Roger Carel -voix d’Astérix au cinéma- ont raconté une histoire des héros de la fameuse BD, l’un avec sa voix, l’autre avec son crayon, en direct sur la scène du Grand Palais. Les portraits réalisés ont été distribués aux écoles présentes pour la plus grande joie des enfants. (Expo thématique ; Uderzo, la passion magique, présente jusqu’au 15/11 à la tour Bidouane, intra-muros, entrée libre).

BD3

Autres célébrités : Cosey, l’auteur de Jonathan et de l’affiche de l’édition du festival 2009, Jacques Glénat, dessinateur devenu éditeur ont pu partager la vedette avec des lecteurs … devenus auteurs : Hervé Tanquerelle, nantais, Vivès qui fait une entrée remarquée à 25 ans avec Amitié étroite, Nicoby, et Zanzim, dessinateur lavallois avec la sirène des pompiers. Ils abordent le témoignage personnel ou la chronique du quotidien, version intimiste ou parfois surréaliste.

LE FESTIVAL, C’EST AUSSI …

  1. BD1les prix :
  2. * le prix Coup de coeur a récompensé David Prud’Homme pour Répétiko ; à lui de réaliser la carte postale du prochain festival.
  3. * le prix de l’affiche, lui, a été remis à la bande de Tchô : récompense collective pour le mensuel Tchô et son directeur J. Glénat.
  4. – des expos à louer : le Quai des bulles crée, chaque année, des expos originales,
  5. – des interventions, toute l’année, dans les écoles, collèges et lycées de l’ouest,
  6. – un concours découverte Jeunes talents (thèmes connus en mai 2010).

L’année prochaine sera la 30ème édition de ce festival mondialement connu et se déroulera plus tôt dans le mois : les 8, 9 et 10 octobre 2010 Rendez-vous est pris !

Ambiance, cette année…

http://www.dailymotion.com/video/xaxn6u



Votre langue au chat ?

5 09 2008

Commençons cette nouvelle année par un sujet « léger »…

Qui est un héros de l’humour, une superstar du one-man show depuis 25 ans ? Qui use et

abuse du bon sens… jusqu’au non-sens en quelques mots ou calembours ? Qui démonte la complexité du monde par des pirouettes désopilantes ? Mais c’est bien sûr le plus grand philosophe belge de ces deux dernières décennies… LE CHAT, oui celui-là…

Ce gros félidé au regard bigleux et au physique passe-muraille est né par hasard en mars 1983, dans le supplément hebdo du quotidien belge Le soir. Rapidement, cet anti-héros (ni intrépide, ni aventurier, mais plutôt débonnaire et casanier) nous livre ses sentences péremptoires, sa philosophie de comptoir sur le quotidien pas si banal que ça !

Son auteur, Geluck, vient du théâtre et non de la BD. Avec son frère, il éCHAfaudait une espèce de journal mural dans les toilettes (le talent s’affiche partout !…). L’ami d’un rédacteur de journal humoristique est passé par là ; il en est ressorti CHAviré… de rires. De scènes de théâtre (pendant 10 ans), aux strips à 3 cases, il n’y a qu’un chat, pardon… qu’un pas. Succès immédiat en Belgique et en Suisse, puis plus tard en France. Philippe Geluck a petit à petit éCHAppé aux émissions de radio pour se consacer au dessin.
Pour ses 20 ans, le Chat s’est exposé à Bruxelles et à Paris et consécration oblige, un espace de 300 m2 lui était dédié au Salon du Livre en mars 2008 et une statue lui sera érigée dans la ville belge de Hotton.

Alors vous qui CHApardez quelquefois les BD du CDI (pour mieux les lire évidemment !), pensez aux copains qui n’auront pas la CHAnce de s’ébaudir, de s’esclaffer, de CHAvourer les leçons bien assénées de ce héros de papier !!

A méditer :

« Si tout va mal c’est parce que les gens se parlent ! Si les gens ne se parlaient pas… ils ne se rendraient pas compte de leurs désaccords. »

« Avec la fonte des pôles, il y aura plus d’eau dans les mers – et donc… davantage de place pour les poissons. Le malheur des pingouins fait le bonheur des sardines ! »

« Ca fait parfois du bien de faire le vide dans sa tête, mais ce sont ceux qui en ont le moins besoin qui le font le plus vite. »

Et si vous essayiez vous aussi ??