L’art du camouflage

19 05 2011

Liu Bolin est sculpteur. Il modèle la matière depuis l’âge de 13 ans. Diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Pékin (2001), il a délaissé un moment la sculpture pour des performances éphémères qu’il immortalise sur des photographies.  La destruction de son atelier dans un quartier d’artistes en 2005 sera l’événement déclencheur de son nouveau concept : se fondre dans le décor comme un cri de révolte muet, face aux autorités chinoises.

Le langage de l’image traduit, dans son oeuvre singulière, la croissance économique de la Chine, la société de consommation qui happe l’humanité. Liu « disparait », dans des mises en scène photographiques pour s’abstraire de l’oppression. Pour cela, il choisit soigneusement ses décors, à valeur de symboles : sur des panneaux électoraux, dans des drapeaux, des messages de propagande…

Le plasticien caméléon donne à voir des sculptures humaines qui ne sont pas sans rappeler les personnages traditionnels du théâtre chinois, aux maquillages stylisés, à l’apparence de masques. Mais cet art engagé, à « l’invisibilité » ludique le rend encore plus intégré au monde d’aujourd’hui pour mieux questionner les systèmes économiques, politiques, esthétiques dans un réalisme étudié ( la couleur rouge associée à l’élément  » feu » en Chine…).

L’artiste continue de sculpter : hommes sans yeux (Red Hand) ou sculptures enflammées (Burning man). Ses travaux exposés à Paris, Vérone, Londres New York ou Shangaï depuis 2007 lui valent une reconnaissance internationale.




C’est du chinois

10 09 2010

L’écriture chinoise se compose d’idéogrammes (idéo = idées, gramme = écrit) qui datent de plus de 5000 ans. Symbolisant des objets, ils ont évolué vers une simplification pour aider à la modernisation et à l’alphabétisation du plus grand nombre, à partir de 1956. Cette simplification, critiquée par la suite, a engendré la remise à l’ordre du jour des pictogrammes d’origine. Et ces signes font partie aujourd’hui de l’enseignement programmé dans de nombreuses écoles françaises.

Lisa Bresner, écrivain et sinologue, et Isabelle Lenoble ont créé un court film d’animation pour décrypter l’écriture des idéogrammes de façon ludique. Un dragon facétieux encourage la jeune héroïne à écrire le nom des objets qui disparaissent de son univers, pour les voir réapparaître : ici, son chat. Lisa Bresner, en février 2007, a déjà publié « Mes premières leçons de chinois » pour explorer cet univers de signes mystérieux, accompagné d’un CD pour découvrir aussi la dimension sonore de cette langue.


C’est la société rennaise Vivement lundi qui a produit le premier épisode de ce court-métrage, qui devrait devenir une série, dédiée aux plus jeunes. Présenté aux acheteurs du Marché International du Film d’Animation à Annecy, il participera, auvec quatre autres films français sélectionnés, au festival International d’Ottawa en octobre.



C'est du chinois – Pilote
envoyé par Vivement_Lundi. – Films courts et animations.



Shangaï, le »Paris » de l’Orient

10 05 2010

L’histoire des expositions universelles commence à Londres en 1851, au Crystal Palace alors que s’exprime la révolution industrielle : mutations et inventions au programme, puis l’art fait son entrée à Paris lors de l’expositon de 1855. Enfin la manifestation se dote de pavillons nationaux en 1867 pour un concept qui met en compétition tous les continents représentés.

L’EXPO UNIVERSELLE 2010

Jamais, depuis un siècle et demi, un pays émergent n’avait accueilli d’exposition universelle. Quand Shangaï est élue en 2002, la décision ne suscite pas d’enthousiasme particulier, ces manifestations ayant perdu de leur lustre d’antan. A l’origine, elles avaient pour but de faire connaître des savoir-faire, une culture, et mettre en avant la montée en puissance des pays organisateurs. Après les Jeux Olympiques de Pékin,  Shangaï a vu les choses en grand : 200 invitations lancées, plus de 5 km2 d’espace alloué  (un record !) et un slogan chargé d’incertitude et d’espoir : « Une ville meilleure, une vie meilleure ». Pour couvrir les frais énormes de cette opération, 4 millions de yuan d’obligations ont été émises,  faisant ainsi rentrer le domaine privé dans la construction et la gestion des infra-structures : une première pour une manifestation internationale.

Autre révolution : l’expo accessible en ligne peut être visible  en temps réel et surtout en 3D.

PROMOTION DE LA CULTURE

expo mascotteL’exposition à Shangaï s’est ouverte le 1er mai et dure jusqu’au 31 octobre 2010,  l’occasion pour les pays participants de promouvoir leur identité culturelle et même pour certains, d’y célébrer leur fête nationale.

  • – Des parades : défilés de toutes sortes, des exhibitions de danse de musique traditionnelle et moderne, des costumes du monde entier.
  • – Des spectacles : pas moins de 7000 seront proposés aux visiteurs.
  • – Le festival des arts arabes (Syrie, Egypte, régions du Golfe),
  • expo afriqueSpectacles musicaux d’Afrique,
  • Carnaval, écoles de samba, rhum et tabac seront à l’honneur pour la culture sud-américaine et, entre autres, le cirque du Soleil pour les Etats-Unis.
  • – Coutumes originales de l’Océanie (Samoa, Iles Marshall…) au travers de danses et  chansons folkloriques.
  • – Une journée dédiée à l’Italie et son compositeur Ennio Moricone.
  • – La fête de la musique, produit français qui s’est exporté dans le monde entier, avec un concert de « M » (Mathieu Chedid.)
  • – la comédie musicale indienne Bollywood,
  • – le Japon à l’honneur le 12 juin avec les mangas, dessins animés et jeux videos…

LE SITE

pavillon-chine-01Le site choisi a tout de même été vidé de ses occupants : 18 000 familles et 270 entreprises déplacées, indemnisées selon les autorités locales ; car la construction, débutée en 2006 comprend aussi un village, un complexe résidentiel de magasins, de loisirs, de bureaux pour le personnel de l’expo, sur 30 ha. Trois espaces présentent la Chine mais le pavillon national déjà baptisé « couronne orientale » sera conservé pour devenir un musée national d’histoire.  Autre espace, consacré à l’aéronautique, construit à l’aide de technologies de pointe, respectueuses de l’environnement,  a la forme d’un nuage.

Par ailleurs, indépendamment du pavillon national, chaque communauté urbaine aura la possibilité de mettre en valeur des réalisations en matière de gestion ou d’aménagement urbain, dans le domaine des transports, de l’architecture, des hautes technologies ou du tourisme, etc… Le pavillon français, lui,  fait honneur à la nature. L’architecte Jacques Ferrier préfigure un monde construit où la nature et les  sens occupent une place prépondérante !

Même si les nations continuent à rivaliser sur l’originalité ou l’esthétisme de leur pavillon, les expos sont axées sur des thèmes communs (les océans, l’image…) et laissent des bâtiments incontournables comme la tour Eiffel, l’Atomium à Bruxelles, la Space Needle à Seattle… Le musée d’Orsay en conserve des maquettes, des photos, des dessns et d’autres collections sont archivées ou même numérisées. La prochaine exposition universelle se déroulera à Milan en 2015.

A VOIR

Expo Universelle 2010: Le Pavillon Français en 3D from INfluencia on Vimeo.



Tchin Chine (1/6)

5 02 2008

jo2008.jpgPuisque la Chine est à l’honneur cette année, pourquoi ne pas se montrer curieux de sa culture et de ses pratiques locales ? Calendrier oblige, place aux FETES pour ce premier article : fêtes traditionnelles qui dépendent du calendrier lunaire ; la plus célèbre étant la fête du Nouvel An Chinois (entre le 21/01 et le 19/02).

Elle correspond à la première lune du 1er mois de l’année et fut dénomméepekin4.jpg
fête du Printemps en 1912 pour la distinguer du nouvel an chrétien. On y faisait des offrandes pour s’assurer de bonnes récoltes. Actuellement c’est l’occasion, pour la famille, de se réunir. Ce jour-là, les Chinois échangent des Hong-Bao, enveloppes rouges porte-bonheur contenant quelques billets de banques. Nombreux sont ceux qui n’hésitent pas à parcourir toute la Chine ou revenir de l’étranger pour cette festivité (2008 sera l’année du Rat !).

pekin3.jpgLa Fête des Lanternes, célébrée depuis la dynastie des Han (-202 à 221) clôt les festivités du nouvel an. Jadis, c’était l’occasion de reconduire avec des lanternes, les ancêtres venus rendre visite depuis l’au-delà. Aujourd’hui, les lanternes, toujours présentes, sont suspendues aux porches des maisons ou au bout de bâtons qu’enfants et adultes tiennent en défilant dans les rues. C’est à ce moment-là également que la célèbre danse du dragon est exécutée. Une dizaine de danseurs animent l’animal, fait de perches de bambou et de soie, illuminé de l’intérieur par des bougies et pouvant mesurer 10 m de long !

La Fête des morts, le 5 avril est la fête de la Toussaint chinoise.

La Fête des bateaux-Dragons célèbre en juin le suicide du poète pekin21.jpg
Homme d’Etat Qu Yuan, tombé en disgrâce auprès de l’empereur, victime de la calomnie. La population jeta des boulettes de riz pour empêcher les poissons de le mutiler. Ce sont les mêmes gâteaux triangulaires, fourrés de jujubes, marrons, noix et porc que l’on déguste aujourd’hui.

Fête de la Mi-Automne : célébrée depuis la dynastie des Tang (618-907) c’est un jour d’adoration du dieu de la Lune. elle est l’occasion de célébrer les liens familiaux. Elle est également appelée Fête des Gâteaux de la Lune, car, sous la dynastie mongole, la population avait été appelée à la révolte grâce à des messasges glissés dans ces gâteaux.

Notons que, outre ces fêtes traditionnelles, le 1er janvier est un jour férié, le 8 mars celui de la Fête internationale des Femmes, le 1er mai… celle du travail (fête internationale) et le 1er octobre est le jour de la Fête Nationale.

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  • Ressources :
  • La Chine et les Chinois (Les Encyclopes de chez Milan)
  • La Chine du XIXe siècle à nos jours (Autrement Junior)
  • Vivre comme… les Chinois (De la Martinière Jeunesse)