Des virtuoses de photoshop

8 01 2010

Erik-JohanssenmerTout le monde connaît ce logiciel de photomontage. Chacun peut s’amuser à incruster des personnages dans un décor ou truffer ses photos de détails anachroniques ou insolites mais certains photographes professionnels, déjà artistes par leur parcours, ont le don de nous surprendre par le rendu final, parfois aussi surréaliste qu’un tableau de Dali ou de Escher. C’est le cas de Erik Johansson et de Christophe Huet.

Dans l’imaginaire du premier, le petit devient immense, l’horizontal vertical, le relief plat ou inversement. A partir de ses propres photos -angles de prise de vue, éclairage ne sont pas laissés au hasard – Erik fusionne deux images ou plus, retravaille la couleur, la texture pour obtenir des résultats saisissants. Photographe suédois de 24 ans, ses manipulations photographiques ont déjà fait le tour du net : vingt heures de travail en moyenne pour chaque photo.

Exemple :


Erik-Johanssen-route bisjpg– pour la route déroulée, Erik a d’abord pris en photo le bitume seul, puis quelqu’un qui déroule une bâche ; la couleur a été retravaillée pour donner l’apparence du bitume à la bâche.

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– pour le « tableau qui coule », l’artiste à photographié le ruissellement d’une bassine renversée, puis la photo du modèle debout sur un miroir et enfin superposé un cliché du parquet par transparence !


Autre magicien de la retouche, Christophe Huet a travaillé pour de grandes multinationales : Yoplait, Playstation, Nike… la pub Perrier où tout fond, c’est lui ! Son talent a servi également la cause d’associations de lutte contre le cancer ou le sida. Il a longtemps rêvé d’être musicien avant de devenir photographe. Il est d’ailleurs l’auteur de l’accompagnement musical de son site. Allez vous balader : l’originalité témoigne de la créativité d’un artiste confirmé. Cerise sur le gâteau : le making-off ou les étapes de la mise en images.

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Et si vous vous sentez une âme de créateur, ou l’envie d’égaler ces deux artistes, rendez-vous ici ou pour apprendre à manier un logiciel de retouche photo.



Artistes de toile

18 09 2008

Vous chattiez, vous surfiez, ne vous en déplaise, vous pouvez créer maintenant. Le net.art est apparu au début des années 90, pratique développée par Fred Forest,(artiste français, pionnier de l’art video et du net.art) utilisant toutes les fonctionnalités du web (html, ftp, peer to peer*…). Il révolutionne la conception du travail artistique.

LE NET.ART

Ou web art utilise le réseau Internet comme support de diffusion. Certaines propositions sont statiques (une simple page HTML), d’autres sont interactives (l’utilisateur peut transformer l’oeuvre), d’autres encore sont génératives (modifiables selon les instructions d’un programme), enfin des oeuvres contributives (avec participation volontaire du public).

Nouvelle forme d’art, libérée des contraintes du marché traditionnel, elle est conçue comme un art en suspens, offert et transformable à l’infini, en interaction avec son découvreur : le spectateur.

http://net.art-generator.com/

Sur ce site, laissez aller votre imagination et créez, avec la souris, votre propre tableau !

LES OEUVRES DU NET.ART

Terme inventé par Pitz Schultz et repris par l’artiste slovène Vuk Cosic, le Net.art a son grand rendez-vous en Autriche : Ars Electronica. On parle aussi de musée dynamique, destiné à présenter des oeuvres, des expériences et des événements, en rapport avec la culture numérique : oeuvres qui ne sont pas objets définitifs. Des DVD d’artistes sont proposés à la vente (de 39 € … à 5000 €). Conçus pour s’adapter à tous les formats, sans début ni fin, comme un « tableau » en mouvement, les vidéos peuvent illustrer un Fashion Show, une exposition thématique, une installation pour la Nuit Blanche à Paris. Les artistes du numérique utilisent, outre les protocoles du web, les techniques de création graphique assistée par ordinateur. Ils y associent la vidéo, la photo, le photomontage, la conception 3D…

Cet espace virtuel qu’est le net conjugue fiabilité, garantie et ubiquité mais consommation rime avec péremption…. Les musées seraient-ils en train de perdre un patrimoine ? Par ce nouvel espace d’expression, le net.art revendique son caractère éphémère qui traduit la mobilité d’un monde en perpétuelle métamorphose.

Ressources :

* Transfert et partage de fichiers entre machines distantes.

Image de prévisualisation YouTube




Créateurs d’images : LES AFFICHISTES

26 05 2008

A l’époque du tout numérique, comment peut-on définir le métier d’affichiste ? Entre artistes et graphistes, les vrais auteurs s’adaptent (ou pas) à de nouveaux outils, en dehors de toute compromission avec une logique économique. L’affiche reste d’ailleurs un grand témoin de l’histoire. Elle est plus souvent connue ou reconnue que son propre auteur … mais remontons le temps !

HISTORIQUE

affiche-litho1.jpgL’affichage existait déjà dans la Grèce antique, gravée sur le bois de piliers tournants (axones) ou à Rome, écrit à la pourpre ou au charbon sur des murs blancs (album). Au Moyen Age, elle disparaît au profit des crieurs qui annoncent les ordres officiels, pour revenir au 15ème siècle en Angleterre puis en France. L’affiche est bientôt soumise à une règlementation (approbation du juge ou du lieutenant de police à partir de 1669). Les premières affiches commerciales apparaissent surtout au 18ème siècle avec les programmes de théâtre, gravées sur bois puis sur cuivre jusqu’à l’invention, en 1798, de la lithographie.

L’ART NOUVEAU
Il faut attendre le 19ème siècle pour que l’utilisation de la couleur soit introduite( Jules Cheret) et que l’affiche devienne un mode d’expression à part entière : Eugène Grasset qui a donné la petite semeuse à Larousse ou Toulouse-Lautrec qui inaugure une série d’affiches consacrées au cabaret avec la Goulue au Moulin Rouge.



L’impact visuel trouve un nouveau langage : grandes plages colorées, équilibre des rapportscassandre.jpg
textes-images, stylisation des dessins. Début du 20ème siècle, le patchwork géométrique de l’école viennoise (Gustav Klimt) fait place au cubisme brillamment illustré par Cassandre qui joue également sur les slogans : Dubo, Dubon, Dubonnet (1920-1930). Autres affiches célèbres au langage graphique de plus en plus stylisé : le bonhomme Banania de Hervé Moran ou le bouillon Kub de Cappiello.

L’AFFICHE MODERNE

Pendant la seconde guerre mondiale, l’affiche s’est faite propagande pour la Résistance notamment, puis plus tard, pour rappeler le poids idéologique d’un Marx ou d’un Mao Zedong.

Après le photomontage qui allie graphisme et photo, l’humour renouvelle le genre après guerre (1950-1960) : belge, italien, polonais. Puis l’affiche séduit les peintres comme Salvador Dali ou Georges Mathieu. Les agences de publicité se développent ; on note, dans les années 60, un retour au surréalisme avec des affiches psychédéliques. Les supports et les réseaux deviennent sophistiqués mais l’affiche doit affronter la concurrence des moyens audio-visuels.

affichesida.jpgAujourd’hui, elle peut être destinée à servir une campagne (prévention routière, lutte contre le sida) ou refléter les malaises de notre société (la pollution, le tabac…). Elle relaie le plus souvent les événements culturels (concerts, festivals etc…) et la typographie y tient une large place, évoluant sans cesse.

Même si l’informatique est entrée aux Beaux-Arts, les créateurs d’images apprennent toujours à leurs élèves à détourner, piéger, provoquer pour que ces images, mémoires du monde, ne laissent pas indifférent.

Sites :