Lettre à Pascal Garnier, écrivain

2 03 2010

pascalgarnierJe ne vous aurais peut-être jamais lu, si mes collègues documentalistes et moi-même ne vous avions reçu un jour d’avril 2002, pour notre traditionnelle semaine de la littérature de jeunesse. « Le chemin de sable » était alors le titre retenu. Et depuis, j’ai fait du… chemin en votre compagnie, ou plutôt en celle de vos héros.

En effet, lorsqu’on a,  entre les mains,  un de vos petits bijoux, romans courts mais condensés de vies ordinaires que vous sortez de l’anonymat, le temps d’un épisode de leur vie, on ne souhaite  plus vous quitter (façon de parler, je crois que vous préférez la solitude !). Oui, vous ! car vos héros de papier sont sortis de votre imagination, de votre histoire et ce sont des rencontres inoubliables : Yolande, tondue à la libération qui regarde la vie par le trou de la serrure, et son frère Bernard, aussi fêlé et ammoral que le cancer et l’envie de meurtre étouffent, David, le greffé du foie, qui fait un rejet de la donneuse « C’est moi qu’on a greffé autour de ton putain de foie » et qui préfère, avant de s’en jeter un petit dernier, sauter dans la Saône « Allez, ça va, promis je me remets à l’eau ! »

Vous avez débuté en déplorant la pauvreté de votre vocabulaire et une orthographe  capricieuse et pourtant vous voilà à la tête d’une bibliographie impressionnante : de la Solution esquimau au Grand Loin en passant par Comment va la douleur et tant d’autres ?

Vous faites preuve d’humour (noir, cela va sans dire) : accident, suicide, maladie, la vie de vos bouquins débute souvent par la mort. Quel engrenage ! « Mon passé est triste, mon présent catastrophique, mais par bonheur, je n’ai pas d’avenir ». Comment comprendre que tous ces destins tragiques nous passionnent malgré la banalité de leur quotidien si ce n’est un art peu commun de donner du relief à des personnalités plus ou moins lisses ? Comment expliquer que l’on comprend le geste du meurtrier, que l’on s’intéresse à la mouche d’Odette, retraitée paisible de Lune captive dans un oeil mort ou que l’on fait sienne une affirmation comme celle-ci : « Dire que les alpinistes s’éreintaient à gravir des sommets pour dominer le monde alors qu’il suffisait d’un verre grossissant pour arriver au même résultat.», tellement désarmante de vérité ? Votre style inimitable et vos phrases précises « Son corps sous la couverture de brancard ne fait pas plus de relief qu’un parapluie fermé. »

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Votre talent est diabolique, Monsieur Garnier : on se penche sur des destinées improbables d’inconnus alors que l’on accorde une attention toute relative aux difficultés domestiques de nos collègues ou amis : l’odieux devient aimable, le pervers sympathique, le crétin solaire…

On se prend à douter : vous clamez votre amour des gens et  votre tolérance dans vos interviews, mais seriez-vous un

escroc sentimental au point de manipuler notre inconscient pour vous attirer notre sympathie ? Non, en vérité, je suis, nous sommes « accros » à votre talent et c’est tout !

SOUVENIRS

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Kiosque virtuel

31 03 2009

« Issuu » a été lancé fin 2007 et s’est imposé comme une sorte de YouTube des magazines en ligne. N’importe qui peut y proposer un un document pdf, word, powerpoint etc… sous forme interactive, le site se chargeant de réaliser une version « feuilletable« . Beaucoup de magazines, mais aussi des books de graphistes… et pourquoi pas un recueil de fables ?…

Ma collègue de lettres a fait écrire à ses élèves de 6e leur propre recueil de fables parodiques, inspirées de La Fontaine. Ils ont imaginé d’autres épisodes, inversé des situations ou modernisé  certaines histoires. Ils ont aussi, à l’instar de Queneau, utilisé le dictionnaire pour remplacer chaque nom par le nom suivant dans l’ordre alphabétique et ont procédé de la même manière pour les verbes et les adjectifs.

Dernière étape : la salle multimedia pour la mise en page et les illustrations. Avec l’outil en ligne Issuu, voici ce que donne le recueil d’Emilie.  (Cliquez sur « full screen » et tournez les pages). Joli, non ?