L’informatique : une science à part entière

15 05 2012

Pour la plupart de nos contemporains, l’informatique est perçue comme une technologie. Depuis ses débuts l’informatique a un double aspect :

  • – scientifique, issu de la logique mathématique (que peut-on calculer au moyen d’un algorithme ?)
  • – technique, avec la construction de machines de traitement de données qui chiffrent des messages.

Elle a aussi un statut inédit :

  • – comme les maths, elle étudie des objets abstraits (listes, graphies…) mais
  • – comme les sciences, sa méthodologie repose sur une interaction avec des objets concrets, les ordinateurs.

Ni une branche de la physique, ni une partie des mathématiques, l’informatique est une autre science qui va devenir une matière de l’enseignement secondaire à la rentrée 2012, justifiée par sa méconnaissance alors que ses enjeux doivent conduire à maîtriser la complexité de ses systèmes.

En tant que « science jeune », l’informatique n’a pas encore acquis ce statut de science. L’utilisation quotidienne d’outils informatiques, de plus en plus précoce, laisse croire qu’on peut en acquérir les concepts fondamentaux par une pratique fréquente, comme si l’on devenait cuisinier en mangeant ou musicien en écoutant de la musique !

Pourtant, on observe la distanciation progressive des étudiants et ingénieurs en informatique, par rapport à la maîtrise du fonctionnement d’un ordinateur ou à celle des architectures informatiques, d’où la nécessité de comprendre les grands principes de programmation et les pouvoirs d’expression des langages utilisés afin de les renouveler. Pour preuve : le dernier langage « novateur » : java date de 1995, peut-être un signe de qualité mais au vu de l’impact du web et de la croissance des besoins en informatique, la conception de nouveaux langages s’impose.

L’ISN (Informatique et Sciences du  Numérique) entrera donc dans les programmes de terminale S avec 4 concepts de base : information, langage, machine, algorithme, avec une pédagogie centrée sur la réalisation de projets à travers des travaux de groupes, à raison de 2 h par semaine (Coefficient 2 au baccalauréat). L’enseignement s’appuiera sur des professeurs de mathématiques, de physique qui recevront une formation en présentiel ou à distance. Cette nouvelle option ne visera pas à pré-orienter les élèves mais à les sensibiliser à la diversité des métiers et emplois générés par l’économie numérique.

Dans le cadre de projets menés en équipe, de nombreux domaines d’application peuvent être abordés en lien avec la découverte des métiers et des entreprises du secteur du numérique : graphisme et images, sécurité, prise de décision, communication, robotique, etc… Des connaissances et des compétences en science de la vie et de la terre (code génétique, géosciences) peuvent également contribuer à l’élaboration de ces projets. En se développant largement, la société numérique suscite de nouvelles questions éthiques et juridiques ; les projets conduits auront aussi pour objectif de mettre en lumière ces problématiques.

           Illustration The Huffington Post

  Sources

 



SLAM vous dit quelque chose ?

18 05 2009

GCM, entendez par là, Grand Corps Malade, vient d’utiliser ses talents de « slammeur » pour scander ses inquiétudes « sur l’école à deux vitesses, les réformes à deux balles, les profs sous-payés… ». Est-ce que le message passe mieux par la poésie ? D’où vient le slam et l’engouement qu’il suscite depuis quelques années ?

L’ART DE LA PAROLE

Né à Chicago dans les années 80, le slam est une forme d’expression poétique qui prend source dans toutes les traditions orales du monde, que ce soit chez les Grecs et l’Agora en passant par les griots d’Afrique de l’Ouest ou les duels d’improvisation du Brésil ou de Cuba.

En anglais, « slam » signifie « claquement »  ; pour des textes lus, scandés,  et qui doivent secouer l’auditoire, une forme de poésie déclamée, proche du rap à capella. En faisant participer le public à des scènes de poésie ouvertes et par le biais de compétitions, Mark Smith, ouvrier en  bâtiment et poète, a redonné un nouveau souffle à cette forme d’art qui privilégie l’excellence sur le plan oral et sur celui de l’écriture. Les grands noms du slam en France sont Grand Corps Malade et Abd Al Malik, (sur scène à Laval le 4juin prochain). Ils travaillent les textes à la virgule près, en vers le plus souvent, les thèmes et la forme varient ; les mots rythment le phrasé, sont musique à eux seuls ; le timbre de la voix, la diction sont les seuls « costumes » de scène ; pas de décor ou d’accessoires ; ceux qui montent sur scène prennent le pouvoir et souvent « répandent le virus ».

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LE SLAM, OUTIL DE LA LANGUE

C’est, entre autres, dans le milieu scolaire qu’il séduit les professeurs de français, soucieux de motiver leurs élèves pour l’étude de la poésie. L’écriture slam permet d’aborder de nombreuses figures de style -allitérations, assonances-, champs lexicaux, et de comprendre ce que signifie la musique des mots. Pour les plus grands, il peut être utilisé pour illustrer des exemples de poésie engagée : arguments et mise en forme du langage renouvellent le genre. Les professeurs de F.L.E. y voient un support à l’apprentissage de la langue par son côté ludique et socio-culturel.

Aors slam : phénomène de mode ou mouvement culturel à part entière ?

Pour connaître ses origines, son histoire :

Fiches pédagogiques et réflexions sur le slam :

Un exemple d’exercices effectués pour un concours SNCF l’an dernier dans mon établissement