Des trésors dans nos poubelles

29 05 2012

Ce n’est pas nouveau, l’art de la récup  a déjà donné lieu à des expositions, des concours… Des artistes offrent une deuxième vie à des matériaux recyclables, certes, mais qui envahissent nos poubelles : plastique, métal, carton. Pour mieux prendre conscience des volumes de déchets et des possibilités de leurs reconversion artistique, voici un petit tour du monde « Art d’éco » :

Le plastique, inventé en 1869, est de plus en plus utilisé mais 15 % seulement sont recyclés dans le monde. Il représente même un 8ème continent -c’est son nom- : une gigantesque plaque de déchets, découverte dans l’océan Pacifique (6 fois la France), en 1997. Il donne lieu aussi à un jeu interactif au Futuroscope de Poitiers pour nous sensibiliser à la pollution marine.

– Un artiste urbain new-yorkais propose un spectacle étonnant : Joshua Allen Harris fabrique des animaux ou créatures bizarres à l’aide de sacs plastiques et de scotch, qu’il place au-dessus des bouches de métro. Le souffle qui s’en échappe gonfle les structures, leur donnant ainsi une vie éphémère.

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Martine Camillieri, plasticienne française, est une pionnière en matière de détournement et de recyclage : installations d’objets, (autels et temples), photos (camion-bidons) et son site de gardiennage virtuel d’objets perdus, livres (de cuisine pour les enfants, manuel écologique),  tout est prétexte pour jouer avec les objets, questionner nos pratiques de consommation. Martine Camillieri milite pour une écologie douce, cultive l’art et la drôlerie : toujours dans l’optique de « ré-enchanter » le quotidien, elle conçoit des buffets décalés, de la vaisselle comestible ou bio-dégradable.


– 300 millions de tonnes : c’est la production annuelle de papier -que nous recyclons à plus de 70 % en France. Le gros problème c’est le tri. Comme les autres déchets, il est devenu un terrain d’exploration pour des artistes qui en font des vêtements, des robots … ou des livres comme en Argentine : une maison d’édition pas comme les autres « Eloïsa Cartonera » est née … de la débâcle économique en 2001 ; des recycleurs ramassent papiers et cartons pour les revendre à des usines de récupération. Un écrivain argentin s’en mêle et lance une maison d’édition ; les plus belles pièces servent à faire des couvertures de livres. L’atelier grandit dans un quartier populaire ; les habitants, enfants ou adultes, armés de pochoirs, de pinceaux et de peinture participent à l’aventure. Le concept est en train de faire le tour du monde.

 

 

 

 

 

 

– Quoi de plus résistant que le métal ? Les métaux ont une grande espérance de vie, surtout sous forme de déchets ! Des canettes à l’informatique, l’électronique ou l’automobile, ils ont été les symboles du progrès mais causent des dégâts durables dans l’environnement. Leur réutilisation permet aux artistes de devenir les rois du recycl’art. Exemple la galerie Brauer : ce dernier, plasticien, sculpteur, peintre graphiste, partage sa galerie avec d’autres designers pour réhabiliter des objets déchus ; une sorte de pied-de-nez- à la société de consommation frénétique : sculptures lumineuses, accumulations électroniques aux allures vintage, « l’objet enfin de vie devient une trésor en devenir ». Rien n’est jamais figé.

 A l’occasion de la conférence sur le développement durable, RIO + 20, du 20 au 22 juin, l’accent sera mis sur deux thèmes spécifiques : une économie verte dans le contexte de l’éradication de la pauvreté et un cadre institutionnel pour le développement durable. En parallèle, le Sommet des Peuples appelle à une large mobilisation contre la marchandisation de la nature… En attendant, les déchets d’oeuvres sont déjà une transition écologique !


 



L’après Kyoto, c’est maintenant !

15 12 2009

Ratifié par 175 pays (à l’exception des Etats-Unis), ce premier traité international de lutte contre les changements climatiques est entré en vigueur en 2005. Il prévoyait des réductions d’émissions de GES (Gaz à Effets de Serre) par les pays industrialisés de 5,2 % d’ici à 2012, par rapport à ceux de 1990. Elles ont aumenté au contraire de 30 %. Le traité de Kyoto, qui date de 1997, expire fin 2012. Le nouvel accord devrait couvrir la période 2013-2017. Parviendra-t-il à faire mieux ?

sos biodiversiteDepuis la révolution industrielle, l’homme utilise de grandes quantités d’énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz)  pour l’agriculture, le bâtiment, les transports, l’industrie et la production d’électricité (80 % des émissions de CO2). Si la moitié est absorbée par les puits de carbone (l’écosystème comme l’océan ou la forêt qui piège le carbone et joue un rôle essentiel dans les équilibres climatiques), 30 % seront encore présents d’ici 1000 ans ! L’enjeu de Copenhague est bien de gérer des risques et de prendre des mesures spécifiques pour réduire nos émissions et réparer les dommages et les catastrophes naturelles, conséquences du changement climatique.

logoDURABLE DOIT RIMER AVEC EQUITABLE

Cette réunion diplomatique qu’est le sommet de Copenhague est la plus importante de l’histoire après Versailles ou Yalta… Ne pas prendre conscience que les changements doivent se faire dans l’équité signifierait que des millions de personnes seraient privées de nourriture, frappées par les maladies, délocalisées et ce, sur des milliers d’années. L’enjeu est  donc humain.

Les chiffres  Actuellement                                  A venir…

  • 0,7 % augmentation de la t° au 20e s.                          – Réduction de 80 % des GES pour les pays  développés
  • 6,8 Mds d’H rejettent 4 t de CO2/an                          –  9 Mds d’H à la fin de ce siècle
  • (20 t/américains, 9 t/Européens, et 1 t/Indiens)

SI LE CLIMAT EST UN BIEN PUBLIC, QUELLES SONT LES PRECONISATIONS ?

Production de CO2 plafonnée à 720 Mds de t. Si cette production était allouée au prorata de la population, les pays développés auraient « droit » à 150 mds de t…. Autrement dit, les pays riches ont déjà passé leur quota de 140 mds de t. Ils ont donc épuisé leur droit d’émettre !

  • – Les pays développés (moins d’1/5 de la population mondiale) sont responsables de 70 % des émissions de carbone,
  • – 20 millions de personnes sont menacées par la hausse du niveau des mers,
  • – 26 millions ont été déplacées en raison de catastrophes naturelles depuis 1750.

La prédominance du nucléaire a ralenti les investissements dans d’autres types d’énergies. Il faudrait stopper les subventions au nucléaire, qui n’est pas une énergie durable au regard des déchets mais aussi du coût, et aider au développement des énergies renouvelables via des incitations financières et réglementaires.

Pour ne pas dépasser une hausse des températures de plus de 2°C d’ici 2100, les Etats disposent de plusieurs outils : recours aux énergies renouvelables, stockage du carbone, lutte contre la déforestation, économie bas carbone…

fonte glacier2009 devrait être la cinquième année la plus chaude de l’histoire, a annoncé le 6 décembre l’OMM (Organisme Mondial de la Météorologie), après avoir recoupé les données de trois laboratoires différents. L’OMM a également mesuré que la calotte glacière de l’Arctique connaît pour la troisième année consécutive un niveau de fonte record. Les scénarios catastrophes sont expliqués ici

Selon le Courrier International, il sera plus difficile d’arriver à un accord à Copenhague qu’à Kyoto, car les pays en voie de développement voudraient eux aussi s’enrichir en brûlant du charbon. Or, les sources d’énergie et leurs gaz à effets de serre augmentent l’effet de serre naturel ; c’est ce qu’on appelle l’effet de serre additionnel. L’effort de restriction s’appuiera également sur une forte implication des pays émergents.

Concilier la maîtrise des émissions de GES et les différents modèles économiques sera le point d’achoppement. Ce débat doit être abordé dans un climat lucide et responsable  dans un souci d’équité entre le Nord et le Sud. Sur le plan international scientifique, il est indispensable que des réseaux de surveillance des émissions soient créés pour vérifier également le respect des engagements internationaux.

ET SI LE SOMMET DE COPENHAGUE ECHOUAIT ???

Pour éduquer nos élèves les plus jeunes, nous pouvons nous référer à :

  • – ce site et pour comprendre,
  • cette petite vidéo, « la fabrication du pull cachemire »,  présente les principales problématiques et notions liées au  développement durable, mais aussi  les liens entre mondialisation et développement des pays du Sud :

http://www.dailymotion.com/video/xbepju

 



Terres à brader

12 12 2008

Des particuliers fortunés se sont offert des îles et de vastes espaces en Patagonie mais depuis quelques mois, c’est à l’échelle internationale que se concluent des transactions, pour le moins désastreuses, à l’heure où sévissent, dans ces mêmes pays, les émeutes de la faim.

 L’OR NOIR DE DEMAIN

Pour anticiper le manque de terres cultivables et de   produits agricoles ou développer les agrocarburants, de grands groupes (Daewoo) ou des gouvernements (Chine, Corée du Sud, Emirats Arabes Unis) investissent dans l’achat ou la location de milliers d’hectares de terre aux dirigeants de pays pauvres comme Madagascar, le Soudan, le Laos, l’Indonésie, les Philippines, moyennant une aide aux infrastructures ou le développement de centrales électriques ou de zones inondables.

Ces contrats juteux permettent à ces pays « néocolonialistes » de faire main basse sur de vastes territoires agricoles, poussant les petits exploitants (sans titre de propriété) des pays sous-développés à se réfugier aux abords de grandes villes, sans ressources, dans des abris de fortune.

DELOCALISATION : LES RISQUES

L’idée de louer ou vendre des terres au détriment du marché intérieur risque d’attirer le mécontentement populaire (voir l’envolée des prix alimentaires en Indonésie). Mais ces opérations menées par des promoteurs peu scrupuleux et encouragés par des politiques avides de profits, risquent de coûter cher en matière denvironnement : l’assèchement de marécages ou la destruction de forêts primaires d’eucalyptus en Papouasie viendront accroître les gaz à effets de serre. Et ce ne sont pas les autochtones qui bénéficieront de ces investissements !

Des chiffres :

  • Madagascar : 1 million d’hectares loués par Daewoo Logistics (la 1/2 de la surface cultivée)
  • Pakistan : 900 000 ha contrôlés par les Emirats Arabes Unis,

mais aussi,

  • – 500 000 ha achetés par la Suède en Ukraine
  • -2,4 millions d’ha au Cambodge en tractation pour le Koweit et le Qatar.

En passant de 5,5 milliards d’habitants en 1995 à 9 milliards en 2050, la  population augmentera de 76 %. Face à ce bouleversement et à la course effrénée des terres arables, l’O.N..U. a publié un document  mettant en avant les risques du « néocolonialisme ». Mise en garde, jusque-là peu écoutée.

Courrier International