Le storytelling art

29 09 2011

La tendance du storytelling est apparue vers les années 1980 dans les discours politiques américains. Le président Ronald Reagan, ancien acteur et entouré de consultants, formés en écoles de commerce est l’un des premiers à avoir utilisé cette méthode pour convaincre ses électeurs. D’autres disciplines -la sociologie, le droit, l’éducation- ont été séduites car « raconter des histoires » permet de capter l’attention et de susciter l’émotion. Et dans le domaine artistique, Marc Ferrero a inauguré, en 1989, un nouveau rapport à la narration, mais sur les murs. C’est le STORYTELLING ART.

SON UNIVERS ET SA TECHNIQUE

Très tôt influencé par les Comics, cet artiste français, autodidacte, combine la BD, la peinture figurative et les techniques cinématographiques de cadrage. Marc Ferrero a  choisi de quitter « les planches », après divers projets et voyages pour développer s on imaginaire en peinture, mais scenarii en tête, ses personnages, grand format, se déclinent sur des toiles ou l’histoire de héros contemporains, se lit toile après toile. La thématique du monde urbain fournit un décor de gratte-ciel, d’embouteillages, de jeux d’argent et de clubs jazzy pour interpréter un roman graphique, entre les huiles , les acryliques, les pochoirs et les lyrics.

Trois superhéros :

  • Duke, dandy anglais jazzman, fan de poker,
  • Lisa, femme fatale, franco-américaine et
  • Don Cello di Cordoba, champion de polo et fou de tango argentin

sont les personnages récurrents d’une histoire Il était une fois la Comitive , qui luttent contre la pègre new-yorkaise. Sculptures, tableaux en 3D, vidéo-clips, toutes les techniques,  de la BD à la musique, font de cette aventure un vrai thriller dont les protagonistes se promènent aux quatre coins de la planète.

UN FILM, VERSION ACRYLIQUE

Car ce roman graphique est composé, jusqu’à maintenant, de 4 000 oeuvres, propriété de collectionneurs privés. Art séquentiel, aux dimensions de peinture classique, le Storytelling Art doit son originalité au croisement de styles que développe Marc Ferrero : une BD à la verticale  qui se lit dans les musées ou les galeries, dont les acheteurs peuvent créer leur propre histoire (à condition d’en avoir les moyens quand même !).

Depuis son premier salon d ‘art contemporain en 1999, à New York, M. Ferrero a su adapter sa connaissance de scenarii de BD à un décor artistique qui dévoile une intrigue, « un road painting » comme une série TV, semant des indices dans ses tableaux. Il existe même une bande-son grâce à Jérome Obry qui allie la pop rock, le jazz et le tango pour mettre en scène l’univers de la Comitive (dont les membres affiliés reçoivent une newsletter alléchante !).



Portraits de justice

25 02 2011

En décembre dernier, le Nouvel Obs relatait l’éviction d’un dessinateur de presse, François Peyrucq, par le président de la Cour, lors du procès d’un militant basque de l’E.T.A. Protestation vive des journalistes contre ce non-respect des droits de la presse dans les tribunaux. Le dessin est souvent la seule image disponible, quand il n’existe pas de photos d’un accusé ou d’un prévenu, pour illustrer un article ou un reportage de télévision. Une exposition sur le sujet, (terminée depuis le 14 septembre 2010) au Parlement de Bretagne, à Rennes, et le site de la  Bibliothèque du Centre Pompidou, inspiré de cette même expo, nous en apprennent davantage sur un métier peu connu.

PETITE HISTOIRE

A partir du 16e siècle, la gravure a permis de diffuser la représentation d’un procès en images. Après la révolution, le dessin met véritablement en scène, par le regard de l’artiste, les faits qui se déroulent au sein du prétoire : les croquis nombreux traduisent les différents sentiments qui animent les protagonistes. Des affaires, telles que celles de Dreyfus ou de Zola, sont ainsi propulsées dans l’opinion, mobilisée. C’est l’aspect documentaire qui est alors privilégié, mais le dessin d’audience revêt plus tard un côté satirique avec les caricatures qui dénoncent souvent l’institution judiciaire ou fustigent une justice répressive (Daumier).

METIER  : REPORTER

La prise de photographies, tolérées jusque-là, a été strictement interdite par une loi de 1954. Le dessin d’audience est ainsi le seul à témoigner du déroulement d’un procès : son cadre, son mobilier, les costumes, la gestuelle des avocats ou l’organisation même de la cour de justice. Souvent diplômé des Beaux-Arts, l’artiste est aussi journaliste. L’outil de publication peut justifier un parti pris caricatural (Charlie Hebdo, le canard enchaîné,…). Les dessinateurs actuels emploient d’ailleurs le mot « couvrir » pour énumérer les différents procès auxquels ils assistent. Leur collaboration avec des grands quotidiens ou des hebdos, en font des reporters spécialisés sur les grands moments de procédure : interrogatoire, réquisitoire, délibération.


Des noms comme Tignous, François Peyruck, Cabu, Riss ou Sylvie Guillot trouveront-ils le moyen de renouveler le genre ? Car depuis quelques années, les caméras et appareils photos sont rentrés dans l’enceinte du tribunal : la technologie numérique pourrait apporter un second souffle à cet art, produit dans l’urgence, qui s’attache à décortiquer les rouages judiciaires sans connaître la fin du « film »…




Le monde selon Moebius

10 02 2011

Un des rares à être publié outre-Atlantique dans le 9ème art, c’est MOEBIUS, comme l’anneau du même nom, Jean Giraud alias Gir et Moëbius, fait souvent référence à sa double facette ; deux pseudonymes pour une identité artistique aux styles différents. Gir s’est inspiré de la photographie, du cinéma pour devenir plus tard Moebius et sortir du cadre traditionnel de la BD. La métamorphose est un thème cher à jean Giraud qui préside à la scénographie de l’exposition MOEBIUS TRANSE-FORME, actuellement à la fondation Cartier.

TRAIT DE GENIE

Créateur de la série Blueberry, co-fondateur de Métal Hurlant et des Editions Humanoïdes Associés, Jean Giraud (né en 1938), a profondément influencé les univers de la Science-Fiction (Arzach, le Garage Hermétique, l’Incal), de la BD, de la vidéo et du cinéma (Le 5ème élément, Abyss, Alien, Tron).

Ses lectures adolescentes (SF, Asimov, Moorcock), ses études d’arts appliqués, ses voyages et ses rencontres (Jigé, Jodorowsky) caractérisent toute son oeuvre, remplissent son imaginaire. Au fil des années, il expérimente tous les possibles en matière de narration graphique. C’est un principe directeur que de « voir en relief », de laisser libre cours à son imagination. Ce « jongleur de l’espace-temps » arpente même sa propre création aux côtés de ses personnages dans sa dernière série Inside Moebius.


L’espace des possibles pour le dessinateur, c’est le désert, un élément naturel qu’il se plaît  à peupler de créatures hybrides, mi-animales, mi-mécaniques, dans des décors de protubérances tentaculaires ou de végétations foisonnantes. « Quand on est en méditation, c’est la réalité qui devient un désert » assène-t-il. L’humain, l’animal, le végétal et le minéral s’amalgament pour donner lieu à des mutations brutales : pétrification, désintégration, vieillissement. Il s’agit, à travers le dessin, de défier les lois de la rationalité et de la vraisemblance.

Moebius revendique sa fascination pour la transformation. De ses « rêves lucides » et de sa passion pour les sciences et la nature, naît un univers graphique révolutionnaire dans la mesure où le rêve le fait accéder à un abîme de possibilités et la transe à un processus créatif.

METAMOEBIUS

De sa réflexion incessante sur le monde qui l’entoure et de son intérêt pour la génétique Métamoebius (en référence au portrait filmé de l’exposition) a bousculé les lois de la nature et créé des connexions originales entre les espèces existantes. Les danses tribales maliennes, les costumes chinois du 16e siècle ou ceux des époques précolombiennes l’ont inspiré pour dessiner les costumes  d’Alien de Ridley Scott ; mais plus que la métamorphose plastique, ses dessins ou ses films d’animation traduisent son goût pour le vivant en perpétuelle évolution, son évasion du réel pour illustrer ses fantasmes jusqu’à inventer un langage propre : les cokefluch (plat préparé par un synthétiseur d’aliments), la gondole antigrav (véhicule pour circuler dans le Garage Hermétique) ou l’arangue (véhicule à trois roues), l’Edelfe (petit être de la planète Edena) ou moins poétique l’Homéopute (femme à pratiques sexuelles relaxantes dans l’Incal).

Depuis le 12 octobre, la Fondation Cartier présente les oeuvres de J. Giraud à travers plus de 400 documents. Une première partie est consacrée aux personnages, de Blueberry, héros de western, à John Difool, détective privé de l’Incal, et à des autoportraits comme un double de l’auteur lui-même qui préfigure la deuxième partie, celle de l’univers métaphorique où se confond rêve et réalité, entre images labyrinthiques, mutations humaines et sculptures cristallines.

Le monde de Moebius existe comme ce ruban à face unique mais image miroir, constamment en devenir, à la fois éphémère et tendant vers l’immortalité.

Voir aussi :



Clovis Trouille, un peintre anar

22 10 2010

« Il est vrai que je n’ai jamais travaillé en vue d’obtenir un grand prix à une biennale de Venise quelconque, mais bien plutôt pour mériter dix ans de prison »… Vous avez dit subversif ? Clovis Trouille l’a revendiqué toute sa vie au point de ne jamais faire de la peinture son métier pour garder son indépendance.

UN PEINTRE SULFUREUX ET ANARCHISTE

Ce diplômé des Beaux-arts d’Amiens, au patronyme mystérieux (mais authentique), né en 1889, gagne sa vie en illustrant des journaux d’Amiens puis en devenant peintre maquilleur : il éclaircit le teint, retouche un sein, dessine une arcade sur les mannequins de plâtre exposés dans les vitrines. Il peint pendant ses heures de loisirs. mais mobilisé en 1914 et traumatisé par la guerre, il bascule dans l’anarchie et ne cessera de dénoncer la collusion de l’église, de l’armée et de l’état.

Sa peinture est plus remarquable par l’histoire qu’elle raconte que par sa technique avant-gardiste. Il utilise l’huile et  le collage, préfigurant le pop-art. Lecteur de Sade, il fait de nombreuses références à l’écrivain érotique, et pourfend, en même temps, l’armée et le clergé. Avec humour, il met en scène ses propres funérailles, se nourrit de références littéraires (le bateau ivre) ou picturales (l’embarquement pour Cythère). Cet éternel contestataire, toujours incisif, a su se faire remarquer, sans presque jamais exposer, par son refus de la norme et son côté « surréaliste ».

VOYOU, VOYANT, VOYEUR

L’artiste est découvert par Dali en 1930 lors de l’exposition des Ecrivains et Artistes Révolutionnaires, avec Remembrance qui recèle tous les thèmes développés par Clovis Trouille qui dit lui-même pratiquer « un art voyou, voyant, voyeur ». C’est le titre de l’exposition, mise au point par trois villes : L’Isle-Adam, Charleville-Mézières et Laval. Par son inspiration (l’imagerie populaire) et ses compositions, l’oeuvre de Clovis s’inscrit dans la continuité de Rousseau, peintre lavallois. Ses toiles aux couleurs vives exaltent la liberté de moeurs, la fascination pour les mises en scène macabres où se mêlent autant le voyeurisme que l’attirance pour le monde du music-hall et du cirque dans une provocation joyeuse et humoristique.



Au musée d’art naïf, Vieux-Château, place de la Trémoille, du 16 octobre’au 16 janvier, à Laval. Tél. 02 43 53 39 89. Du mardi au samedi de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h ; le dimanche de 14 h à 18 h. Entrée : 1 €, visite commentée : 2 €.



Rencontre entre l’architecture et la BD

9 10 2010

Jean-Marc Thévenet, ex-directeur du festival de la BD à Angoulême et Francis Rambert, directeur de l’Institut Français d’Architecture se sont vus proposer la mise en oeuvre de l’exposition Archi et BD, la ville dessinée, au Palais de Chaillot, depuis juin dernier. Pour le premier « le mode ludique de la BD est plus actuel que jamais » ; pour le second : « c’est un signe si les plus grands architectes du moment, Herzog et de Meuron, se servent des cases et des bulles pour faire comprendre leurs projets futurs ». Servie par une scénographie inédite, l’exposition se veut une articulation de ces deux mondes dans une chronologie ponctuée de références aux métropoles internationales.

LA VILLE DESSINEE

Elle regroupe deux types de créations : architecture et bande dessinée qui sont, depuis longtemps, visionnaires. A travers les productions éditoriales des deux dernières décennies, l’importance du décor urbain pose, avec pertinence, la question d’une ville meilleure (François Schuiten et Benoît Peeters, Enki Bilal…), qu’elle soit européenne ou asiatique. Cette dimension onirique fait partie des univers explorés par les architectes. Ils cherchent dans la BD un moyen de communiquer leur travail par l’album, les cases ou les bulles, mettant en scène un projet pour sensibiliser à l’architecture (les Suisses Herzog et de Meuron ont présenté ainsi leur projet urbain Metrobasel).

Vers les années 60, l’ambiance high tech et le mouvement Pop’art marquent l’époque en proposant une nouvelle esthétique de vie quotidienne -transport, habitat…- (l’exposition universelle de 1958 fut, à ce titre, très innovante). Archigram, groupe d’architectes et les auteurs de l’école belge matérialisent cette vision plus ou moins utopiste (Les pirates du silence de Franquin). Le support populaire qu’est la BD, sa souplesse narrative deviennent un élément de parenté avec l’architecture ; les univers s’entrecroisent pour raconter la ville ou l’habitat (Jacques Rougerie « Habiter la mer », inspiré de jules Verne).

  • – De même, la bande dessinée se nourrit de supports inattendus comme la peinture ou le cinéma. Alors qu’en Chine, il n’y a pas si longtemps, elle était considérée comme un art décadent, elle devient, dans le monde entier, un patrimoine de référence avec ses propres courants graphiques.
  • – L’architecture emprunte, elle aussi parfois, au cinéma des instruments comme le storyboard dans le cadre de concours ou de publications.

La vision urbaine est un bel exemple de ce mélange des univers d’autant plus que cette influence esthétique se retrouve dans les jeux vidéos, un support graphique émergent.

LA SCENOGRAPHIE

Plutôt qu’un étalage répétitif de planches de petites dimensions, l’exposition est rythmée par un va-et-vient des références entre architecture et BD. La scénographie joue sur les agrandissements de planches ou de cases. Autre impératif : la lumière. Une membrane blanche (le barrisol, nouveau matériau), déformable, est rétro-éclairée  pour baliser un parcours presque irréel dans une sorte de vaisseau spatial. C’est un jeu de cache-cache entre les deux  expressions artistiques, imaginé par l’agence Projectiles. La membrane, tenue par une sorte d’échafaudage,  est tirée ou poussée en coulisses, formant un relief mouvant où apparaissent les planches originales, les maquettes, films et documents sonores.

Après Paris, New York, Tokyo est devenue une vitrine architecturale et culturelle, concomitamment avec l’avènement du manga. L’exposition nous fait ainsi  voyager, de villes suspendues ou mobiles à des chaos universels aux dimensions de guerre civile. Carnet de voyages,  imaginaires ou réels, à travers des espaces urbains pour mieux appréhender la concordance de ces dédales d’images où le visiteur se sent habitant plus que spectateur.

A voir au Palais de Chaillot, 1 place du Trocadéro jusqu’au 28 novembre.

François Schuiten



La folie Playmobil?

12 03 2010

Depuis le 10/12 et jusqu’au 9 mai 2010, le Musée des Arts Décoratifs à Paris vous propose de partager vos souvenirs avec vos enfants ; la figurine inventée par un allemand, Hans Beck, en temps de crise pétrolière a bercé deux générations d’enfants. Comment la poupée à la coupe au bol est-elle devenue un incontournable des coffres à jouets ?

playmobil

PETIT HOMME, GROS SUCCES

Avant Playmobil, les figurines étaient, le plus souvent, en plomb, en aluminium peint, en papier. Leur mouvement était figé, puisqu’ils tenaient debout grâce à un socle. Leur univers était guerrier ou sportif : soldats, indiens, cowboys, cyclistes, footballeurs. L’imaginaire jouait à plein, des armées livraient leurs combats sur les parquets des chambres d’enfants. C’est cet univers qu’a reproduit, à ses débuts, la gamme des jouets playmobil. Puis de nouveaux accessoires, de nouveaux thèmes apparaissent, inspirés par les dessins des enfants eux-mêmes ; les univers se féminisent avec des marchandes des quatre saisons, des fleuristes, des princesses, des infirmières ou des reines d’Egypte.

En 35 ans, ce concept inédit, aux bras et jambes articulés, accompagnés d’accessoires, s’est adapté à l’évolution de la société et aux pays qui l’ont importé. A noter : 3000 variétés crées depuis 1974 et une progression du chiffre d’affaires qui ne connaît pas la crise, sans la débauche de technologie qui envahit le marché du jouet !

LA « PLAYMODEPENDANCE »

Si les créateurs actuels des playmobils épluchent les livres d’histoire, écument les musées et découpent des photos, c’est pour mieux coller à la réalité et les accessoires sont de plus en plus nombreux à équiper le pompier, ou même le Romain, validé par un historien ! Mais à force de combiner ces différents accessoires, certains passionnés ont fini par customiser leurs anciens playmobils !

playmobil2Et là, les scénarios sont infinis : de l’armée de Chouans, (démontés à la pince et accessoirisés « époque » -6 mois de travail-) à l’animation de films en passant par les détournements les moins conventionnels, la customisation effrénée dépasse l’imagination du premier créateur :

  • – bijoux, meubles,
  • – personnages comme les Village People, les Dupond de Tintin ou le désormais célèbre Sarkobil. Inutile de dire que la marque n’apprécie pas toujours ces détournements, soucieuse de préserver une image sobre, neutre (pas de violence ni de références politiques ou religieuses). Les plus fous ont tenté les clips videos façon « Seigneur des anneaux » ou » Pirates des Caraïbes », ou se sont attaqués à la reproduction de tableaux célèbres comme « le radeau de la méduse », forts des nombreux échanges possibles sur les innombrables sites et forums dédiés à ces petits personnages.

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Pour une fois qu’il n’est pas question de technologie, de jeux de massacre sur écran, applaudissons des deux mains ces grands enfants qui transmettent aux leurs une passion originale aux palettes innombrables, dénuée d’agressivité et … presque pédagogique !

http://www.dailymotion.com/video/x1pnc7



LEB, les couleurs de la poésie

23 10 2009

leb1Depuis 6 ans, l’artiste mayennais était allé voir plus loin que son vert département. Il est revenu avec un style qui s’est affirmé et se répand dans une explosion de couleurs, d’humour et de chants d’oiseaux.

On a plaisir, une fois poussée la porte de la chapelle des Calvairiennes, à se retrouver dans un monde vibrant où le rouge le dispute au jaune ou au bleu. La faune mais aussi les étoiles, la lune colorent ou animent ces 75 oeuvres. Un univers fantasque et exubérant que cet autodidacte révèle au grand jour par la variété et le souci du détail.

LEB se définit avant tout comme un coloriste. Les formats sont de taille car il aime les grands espaces. Et dans cet univers, il insère des éléments : une mèche de cheveux personnelle comme moustache de Dali, des morceaux de dentelles au fenêtres, un soleil enrelief sur une toile ; monde de rêve et de poésie chatoyant, mais pas si éloigné de la vraie vie. Il aime Miro, Dali mais aussi Prévert.

 Quelquefois absurde, caricaturale ou contestataire -il dénonce parfois les injustices- la peinture de LEB veut passer un message, imprimer les esprits, secouer les consciences. Gouache, acrylique, moulages de plâtre ou de terre cuite sont les instruments qui servent à construire une toile ou une sculpture autour d’un symbole. Tout est le reflet d’une capacité à s’émerveiller, s’étonner, s’amuser : le  banal devient insolite, le réel transcendé.

« Comment faites-vous pour faire briller le soleil ? » demande un enfant… C’est le talent d’un peintre autodidacte à la limite du surréalisme et du naïf.

  Présente jusqu’au 25 octobre, l’exposition peut ravir vos yeux sinon, faites un détour ici.

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le street art s’expose à Paris

8 09 2009

affiche1Le graffiti est une expression brute, parfois brutale : certains admirent  les artistes, d’autres  dénoncent les voyous. Pour vous en faire une idée personnelle, vous pouvez vous rendre à la Fondation Cartier, au sud de Paris, habituellement dédiée aux artistes connus et reconnus.

graf1Sur la façade, un graff monumental annonce la couleur : il a été dessiné par Amaze, graffeur américain, ce qui veut dire « surprendre ». C’est d’ailleurs aux Etats-Unis que le mouvement est né à la fin des années 60. Né dans la rue propose au sous-sol des films, des photos qui illustrent les débuts d’un mouvement urbain de contestation passive, le moyen de s’affirmer pour des jeunes, noirs ou portoricains, en majorité, par leur signature cryptée. Puis les styles évoluent : la 3D apparaît, de la lettre on passe à l’image. Les tags de plus en plus grands deviennent des masterpieces. Les vandales se revendiquent artistes. Certains graffeurs de l’époque sont devenues des légendes et leurs peintures continuent à inspirer les nouvelles générations à travers le monde.

Toujours au sous-sol, sont exposés des blackbooks, cahiers que les graffeurs passent de mains en mains pour y dessiner leurs dernières trouvailles : de nouvelles lettres, de nouvelles couleurs.  Voilà un art qui a commencé sur les murs et sur les trains, dans la clandestinité, et se dévoile aujourd’hui dans les musées ! Le caractère éphémère du graffiti est ainsi déplacé de son contexte. Faut-il y voir une standardisation mercantile au risque de décevoir les « purs et durs » ? A vous de voir, l’expo se termine fin novembre…

Un avant-goût avec ces quelques images :

Image de prévisualisation YouTube


 




Enquête de frissons

18 06 2009

Née à la fin du 19ème siècle, la police technique et scientifique allie la biologie, l’électronique, l’informatique, la microscopie, la chimie, la balistique… pour apporter des preuves indéniables lors d’une investigation policière. Comme toute science, elle profite des avancées techniques et donne lieu depuis février 2009, jusqu’en janvier 2010 à une exposition à la Cité des Sciences à Paris : « Crim’Expo ».

LA POLICE SCIENTIFIQUE

D’abord crée au Royaume-Uni en 1780, puis arrivée en France un siècle plus tard, la police scientifique compte, aujourd’hui en France, 5 laboratoires (Lille, Lyon, Marseille, Paris et Toulouse). Depuis le moulage de l’empreinte des chaussures jusqu’à l’entomologie (dater la mort d’une personne par l’étude des larves que son cadavre abrite), en passant par les preuves à partir d’armes à feu ou d’explosifs, l’immense travail qui s’accomplit lors d’une enquête criminelle doit aboutir à structurer l’enquête pour découvrir les indices et étayer les interrogatoires des différents suspects.

Depuis la fin des années 80, grâce, notamment, à la mise au point de l’identification par l’ADN, le nombre d’éléments de preuves nécessaires à l’élucidation d’une scène de crime ne cesse d’augmenter. L’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale  -I.R.C.G.N.- (à Rosny-Sous-Bois) ne compte pas moins de 220 personnes dont 190 sont regroupées en « spécialités »  :

  • – l’une pour les travaux de physique, chimie (toxicologie, explosifs, balistique, etc…),
  • – la deuxième s’occupe d‘ingénierie et traite les problèmes d’informatique et de véhicules,
  • – la troisième, appelée « identification humaine« , concerne les empreintes digitales, la génétique, l’entomologie et la médecine légale.


Les personnels sont également dotés d’appareils de plus en plus pointus : géoradars par exemple, pour détecter un corps dans du béton ou un coffre-fort enseveli.

CRIM’EXPO

Le succès des nombreuses séries policières à la télévision, prouve la passion du public pour tout ce qui est investigation scientifique dans le cas d’enquêtes criminelles. Endosser le rôle d’un enquêteur ?
C’est devenu possible, le temps d’une visite à la Cité des Sciences, vous voilà propulsé sur la scène du crime, assumant tour à tour le rôle des différents intervenants. Muni d’un carnet d’enquête, le visiteur observe, expérimente, acquiert une foule d’informations qui doivent l’aider à instruire l’affaire.

Cette expo, réalisée et conçue par l’Institut Royal des Sciences Natuelles de Belgique, très instructive, ludique et interactive, permettra, notamment aux plus jeunes (un parcours leur est réservé) d’aborder la science d’une manière originale, et qui sait, de susciter des vocations ?…

http://www.dailymotion.com/video/x84ddd


Galerie d’art

7 03 2009

 Vous connaissiez la VPC (vente par correspondance) mais l’art aussi se met à votre portée, que ce soit pour un vernissage, en chaussons depuis votre salon, mais sans les petits fours, ou pour un achat très personnel : un portrait de votre ADN à accrocher sur les murs de votre appartement. Pour le premier, il s’agit du collectif Manytoo : il rassemble essentiellement des élèves des Beaux-Arts de Quimper et organise sa première exposition numérique. Pour le second, une société de création de tableaux peronnalisés avec l’ADN de ses clients vous propose ses services…

VERNISSAGE VIRTUEL

  Le collectif Manytoo, élèves Quimpérois donc, a habitué le public à sortir des parcours balisés pour s’exposer par leurs propres moyens. Ils ont, par exemple, investi, chacun à leur tour, leurs appartements, invitant le public à y entrer, comme dans une galerie.

En 2009, ils reviennent avec une idée originale : le collectif organise en effet sa première exposition numérique… Le concept est né de la distance. En effet, une bonne partie du « Manytoo club », comme ils se sont baptisés, est en voyage d’étude pour l’année. Aux quatre coins du monde à Porto, Bruxelles, Montréal ou encore Poznan, ils ont décidé de se rassembler sur le net et de monter une expo en commun. À des milliers de kilomètres les uns des autres, ils ont travaillé sur le thème « Rassure moi ». Ils ont eu deux semaines pour réaliser une oeuvre et la mettre sur le blog de l’expo.

Depuis lundi 23 février, à 20 h, vous pouvez vous connecter ici et laisser faire les artistes !

leur myspace

 

VOTRE ADN EN PEINTURE

 

Oubliés les tableaux de vos ancêtres qui trônaient dans la maison familiale.. Dépassées les photos de famille encadrées, posées sur les buffets. Aujourd’hui c’est le profil de votre molécule identitaire, votre profil ADN, que vous pouvez afficher au mur. Une représentation en couleur de votre singularité où l’art et la science se mélangent pour donner un air de science-fiction à votre déco.

 

Copyright © <Helys>

Deux créateurs de la société Helys, l’un est docteur en biologie moléculaire et l’autre en biochimie. Yannick Bontemps et Alain Simeon , alors étudiants, trouvaient de la beauté dans les fragments d’ADN : « en même temps, c’est la molécule de la vie ! »

Au-delà de ce « moi »  exposé, il  y a le patrimoine de ses parents que l’on transmet à ses enfants et qui est unique.

Plusieurs étapes sont nécessaires à la fabrication de ces tableaux.

A la commande, un kit de prélèvement  vous est envoyé, (grand coton-tige que l’on frotte à l’intérieur de la joue pour prélever l’ADN comme dans les meilleurs feuilletons américains).

Mon ADNMon ADNMon ADNMon ADNMon ADNMon ADN

 Des fragments de cet ADN sont sélectionnés arbitrairement puis copiés et assemblés, fixés dans un gel, photographiés en haute définition et l’ensemble est colorisé. Le résultat est imprimé sur un support au choix, toile, plaque d’aluminium ou plexiglas.

Dernière touche personnelle, vous pouvez signer l’oeuvre. Ce sera authentique ! Que diriez-vous de figurer dans les collections de chez Christie’s ??