Expression libre

11 06 2010

A quoi servent les nouvelles technologies ? je vous propose une sélection de vidéos artistiques et un site politico-rock… A vous de choisir, lequel soulève votre enthousiasme ?

LE LABORATOIRE d’IMAGES ET RUBIKA

rubikaC’est un projet mené par un directeur artistique, Christian Janicot, qui associe des artistes d’horizons variés -mais du monde papier- aux étudiants de Supinfocom, école d’animation en images de synthèse.

Les univers graphiques des artistes ont donc pris vie pour donner douze courts-métrages qui bousculent les codes de la 3D  ;  « trop d’hyperréalisme tue l’imaginaire ! » : saynètes burlesques, dessins en noir et blanc, antihéros, le tout d’une esthétique décoiffante comme le « renversant » Rubika, de Guillaume Plantevin, une planète où la gravité se vit à l’horizontale ! Ces douze courts-métrages participent au festival d’Annecy

Et, pour voir un extrait de Rubika, c’est ici

annefrank

LA CACHETTE D’ANNE FRANK

Le musée hollandais, pour ses 50 ans, a recréé l’univers virtuel de la jeune juive, cachée dans un immeuble avant sa déportation. Du grenier au sous-sol, la visite guidée (en anglais) se fait grâce à la souris par des vues à 360°. Cette « annexe secrète », aménagée comme elle l’était du temps de la clandestinité, présente à l’aide de textes,  vidéos et documents, les protecteurs, les événements du monde extérieur, les objets, la vie quotidienne pendant la seconde guerre mondiale. C’est ici

MON WAKA, OPERATION SEDUCTION

Lancé le 17 mai dernier et hébergé chez Skyblog, qui assure la modération, ce blog se veut un outil de  communication envers les jeunes. L’Etat, puis que c’est lui le « promoteur » a investi 2 millions d’euros pour séduire un public qui « lâche ses coms » mais est plus familier de Skyrock et facebook que des services d’informations du gouvernement.

L’orienteur, les ressources, l‘alternance, la sécurité : « exprime-toi pour que ça bouge ! », autant de rubriques pour guider la génération des 15-25 ans. Et l’état « de proximité » tutoie les Djeuns’ :  « t’as envie de partir ?… « , « t’es boursier ?… » pour s’exprimer comme sur skyrock. Pour se faire une idée ou  à consulter :





Logorama : quand les héros sont des logos

19 03 2010

Bienvenue à Los Angeles, la capitale du cinéma et de la pub: LOGORAMA, film d’animation français, vient de remporter l’oscar du meilleur court-métrage d’animation 2010 ; les Américains ont adoré cet « objet visuel non-identifiable », créé par un collectif de jeunes graphistes français, H5.

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Logorama a nécessité cinq ans de travail à François Alaux, Hervé de Crécy et Ludovic Houplain, des graphistes déjà célèbres, récents pensionnaires de Beaubourg et du MoMa, réalisateurs de clips pour Massive Attack ou Goldfrapp et que Dior, Cartier et Saint-Laurent ont déjà appelés à la rescousse. Carte de visite irréprochable pour des « post-ados » qui se sont amusés à fabriquer un film exclusivement  composé de logotypes détournés, qui plus est, sans l’autorisation de la plupart des marques (près de 3000 !).

Ce mini-polar raconte une course-poursuite entre deux policiers (bonshommes Michelin) et un gangster Ronald Mac Donald’s (à l’allure du joker de Batman), dans une ville de marques, construite selon le modèle urbain américain.  Ecriture du scénario, choix des logos, décors et personnages donnent un rythme et une virtuosité assez incroyables.

macdo-300x181En bref, Ronald (le méchant) débarque dans un Pizza Hut, armé d’une mitrailleuse siglée de la Fraction Armée Rouge et prend un enfant en otâge (Haribo). Un séisme viendra semer le désordre dans la ville provoquant l’évasion du zoo du lion MGM, du crocodile Lacoste et du panda WWF entre autres, et l’engloutissement de la ville. Le paradis californien se transforme en capitale de la violence, du pétrole et du fric.

Les auteurs donnent libre cours à l’interprétation de chacun, les codes culturels étant différents d’un pays à l’autre. « Fascination béate pour les marques et hommage à la société de consommation » disent les uns, travail visuel abouti et dénonciation du système pour les autres, à chacun de lire le message caché qu’il veut bien y voir : hommes et planète sont bien vivants ; les marques « virtuelles » provoqueront-elles la mort des uns et la destruction de l’autre ?

Il n’en reste pas moins que les symboles de la toute-puissance industrielle et financière se font malmener avec jubilation par ces trois iconoclastes. « Je ne veux pas mettre le feu au monde, mais juste allumer une flamme dans ton coeur » chante le générique de fin…

Image de prévisualisation YouTube

Le making-off du film :




H5 Logorama from Etapes on Vimeo.