Vacances en enfer

10 10 2008

Passer Noël en Irak, trinquer à Beyrouth ou se balader en Afghanistan, mais oui c’est possible ; des agences de voyage anglaises ou françaises proposent ces programmes insolites à des voyageurs blasés, « accros d’adrénaline ». Atypique ou choquant ?

DARK TOURISM

« Ou l’attrait des choses sombres » n’est pas nouveau. En 1979, l’hôtel Sumerland a été conçu pour des vacances de luxe à l’intérieur d’une zone de guerre. Et les sites de  guerre -plages du débarquement en Normandie-, les lieux historiques -circuit de Dallas, en mémoire du président JFK assassiné-, faisaient déjà partie du phénomène.
Aujourd’hui ce tourisme de l’extrême se répand « comme une traînée de poudre »  pour satisfaire les amateurs de sensations fortes. Après les fanatiques d’archéologie se rendant en Irak, une autre race de touristes apparaît.

DESTINATION CHAOS

Ces  grands enfants ne sont pas à l’affût des minarets en spirale ou du roi légendaire de Babylone, mais plutôt de chars d’assaut à photographier ou de coups de fusil et d’explosions à filmer : l’attrait du chaos ! Le « war tourist » recherche une aventure palpitante après avoir épuisé les destinations banales mais le vrai casse-cou parcourt les zones de guerre en solo, comme ce jeune étudiant américain, qui voulait traverser la frontière turque vers l’Irak avec l’aide de rebelles kurdes du PKK.

Photo de Babel TravelA tel point que les guides de survie se multiplient. Exemple : le best-seller « the world’s Most Dangerous Places » de Robert Pelton qui explique, entre autres, comment éviter les prises d’ôtages ou s’extirper d’un coup d’état, recense les adresses utiles et les numéros d’ambassades (comme vous le savez, à l’ère des nouvelles technologies, il suffit de faire le 118 pour vous tirer d’un mauvais pas !!).
Une forme de tourisme à réserver aux voyageurs bien aguerris car les voyagistes, compte tenu de la demande, n’hésiteront pas à multiplier les destinations « à potentiel ».

Alors si vous vous sentez l’âme d’un baroudeur et si vous voulez raconter vos aventures à une kyrielle de petits-enfants ébahis, GET DANGEROUS BUT STAY SAFE !

SOURCES

Lennon, J. et Foley, M. 2000, Dark tourism, London : Continuum, 256 p.

KAELBER, Lutz, 2007, “A Memorial as Virtual Traumascape : Darkest Tourism in 3D and Cyber-Space to the Gas Chambers of Auschwitz.” e-Review of Tourism Research. Vol 5, n°2, p 24-33.

HACHEY, Isabelle, 2004, « Tourisme de guerre, vacances en enfer », Cyberpress.ca.

Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane, village martyr. www.oradour.org.



Capitaine étoilé ***

29 05 2008

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Pendant des milliers d’années, les Routes de la soie (par la terre) et des épices (par la mer) ont contourné et sillonné le continent asiatique. Grâce à elles, les différentes cultures et civilisations se sont développées, au contact les unes des autres, depuis le 16ème siècle. Olivier Roellinger, digne héritier des capitaines corsaires, parcourt les océans pour marier l’histoire de la mer et des épices à la cuisine, pour le plus grand plaisir de nos papilles.

VOYAGEUR AU LONG COURS

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Cuisinier étoilé, à la tête des maisons de Bricourt à Cancale (I. et Vilaine), Olivier Roellinger consacre trois mois, chaque année, à la découverte de nouvelles escales. De l’Inde au Vietnam, en passant par le Chili ou Madagascar, il part à la rencontre de ceux qui, ailleurs, cultivent, pêchent ou récoltent les produits qu’il associera aux coquillages, poissons et légumes d’ici, pour inventer toujours de nouvelles cartes.

LE PARFUM DES EPICES

En allant sur place, on côtoie les hommes et la vie qui se cachent derrière la vanille de Madagascar, le thon du Pacifique ou les piments lampions du Brésil… « La cuisine, comme la vie, n’est belle que lorsqu’elle est métisse ». Les amoureux de sa table font ainsi provision de souvenirs : les stars en sont la coriandre, l’anis, le curry, le poivre long d’Indonésie, epices1.jpg
la cardamome ou le sésame. Olivier en a fait des poudres parfumées : Retour des Indes (14 épices différents), la Serenissima (cannelle, girofle, safran, poivre de Guinée) ou bien l’huile de combava et le vinaigre celtique, dont il partage les secrets, depuis l’ouverture de son épicerie au 2 rue de Saint-Malo à Cancale depuis septembre 2004.

ESCALE A CANCALE

foret-tropic.jpgCe flibustier retrouve le bonheur de l’enfance lorsqu’il est aux fourneaux. Et malgré le trac de « l’assiette blanche », il développe toujours de nombreux projets : un comptoir d’épices aux Galeries Lafayette (mai), un café Roellinger, littéraire et gourmand au festival des Etonnants Voyageurs et pourquoi pas une école des Epices à Cancale ?

Navigation clandestine où les influences méditerranéennes, africaines et amazoniennes font réfléchir O. Roellinger à « un plat qui saurait restituer l’atmosphère de la forêt tropicale après l’averse »…

Fermez les yeux, humez !…

A consulter :

  • www.maisons-de-bricourt.com
  • www.saveursdumonde.net
  • w.cuisine-corsaire.fr (cours de cuisine)
  • Olivier Roellinger, trois étoiles de mer de Christian Lejalé chez Flammarion.