L’amour avec un grand @

12 07 2011

Qui se cache derrière l’autre ? Les jeunes filles ont toujours rêvé du prince charmant mais avec Internet, qui peut se vanter d’avoir rencontré un prince ? Ou quel homme est assuré de vouer des sentiments à une « meetic » donzelle ? L’immensité de la toile est-elle le garant d’un choix plus approprié ou au contraire, le refuge des timides ou des pervers dragueurs ?  Bref, que nous apporte le virtuel dans un quotidien bouleversé par la technologie ?

LES REGLES DU JEU…

La rencontre s’est banalisée. Avec le web, il suffit d’un clic pour créer le contact : liberté enivrante où les rites amoureux ont fait place à un comportement de consommation, où les couples apprennent curieusement à se connaître par « l’intime ». La question de la relation durable est obsolète même si quelques romantiques cultivent le plaisir d’échanger à distance. La bulle de confort, créée par l’environnement virtuel, invite chacun à se placer au centre de son existence : la liberté de choix n’offre pas que des vêtements ou du mobilier sur la toile ; comme on retourne un article non conforme, on débranche aussi facilement pour interrompre à tout moment, une relation non satisfaisante. L’engagement est ainsi évité ; l’aventure peut repartir à zéro avec un autre internaute ! Ce flirt déguisé devient alors un loisir quand le face à face intervient sans installer pour autant des liens solides mais, au contraire, une sorte de « quitte ou double » : le « sexamour » comme l’appelle Jean Claude Kaufmann dans son livre paru en 2010. Les sentiments n’arrivent souvent qu’en deuxième préoccupation, même si les femmes oscillent plus facilement entre attirance et romantisme.
Si les règles du jeu ont changé avec la sexualité comme enjeu majeur, l’amour reste une valeur sûre : les blogs, les réseaux sociaux livrent, la plupart du temps, avec sincérité, des goûts personnels, des impressions, reflétant une société qui n’a de technologique que le moyen moderne de communication, surtout dans le domaine de la relation amoureuse.

OU LE VIRTUEL DESENCHANTE

Comment trouver des repères ? Quelle est la norme dans cette société de liberté de choix généralisée pour construire sa vie amoureuse ?

Il est certain que sur Internet, on peut se lâcher plus facilement, se mettre en scène ou faire preuve de dérision mais fantasmer l’autre peut être dangereux car l’illusion est facile et les rendez-vous manqués sont d’autant plus violents pour ceux qui les subissent que la déconnexion est rapide, le rejet brutal. La toile est un univers cruel où la concurrence et la stratégie sont plus convaincantes que dans le monde réel. L’autre facette dangereuse de ces rencontres « cliquées » consiste à combler ses frustrations par le recours habituel aux sites ludiques. La recherche de l’engagement, du couple, de la famille ne peut se combiner avec la facilité d’un rendez-vous illusoire sur la toile. Aux U.S.A. Meetic est appelé un « misery business », c’est-à-dire une activité florissante qui pallie les aléas du quotidien. Autrement dit, la griserie de la liberté peut être un piège pour celui ou celle qui multiplie les expériences en faisant de la technologie une arme à double tranchant : l’égoïsme, la société de consommation, le mensonge pour des liens qui se tissent, sans témoin croit-on, alors qu’écrits et images s’inscrivent pour longtemps dans la mémoire numérique !

Disons qu’ Internet a changé la donne mais l’individu existe avant tout par sa vie réelle. A chacun de savoir ce qu’il souhaite qu’on retienne de lui. Si les réseaux sociaux permettent de s’exprimer sans entraves, de conjurer ses angoisses, laissons un peu le mystère être porteur de tendance : c’est un outil de séduction inusable !

 

A BIENTOT ET BONNES VACANCES !

 



Sympa, Symbaloo !

8 01 2011

Une interface facilement paramétrable, un outil à la fois ergonomique et convivial pour créer votre bureau virtuel et garder en mémoire vos signets, quel internaute même débutant n’en a pas rêvé ? Des pages personnalisables existent déjà : monyahoo.com, Netvibes, igoogle, mais ce service esthétique et original s’appelle symbaloo.

Créé en 2006 aux Pays-Bas, ce bureau virtuel propose 52 cases, différenciées par des codes couleur. Outre les services web (google, pages jaunes…), l’utilisateur choisit les sites les plus pertinents pour créer un portail thématique (ou pas). Par exemple, ici, le travail d’une collègue documentaliste, qui a créé une multitude de bureaux disciplinaires  : des photos libres aux langues en passant par l’orientation ou la littérature de jeunesse.

Même principe que pour netvibes, vous « jetez » les blocs présents sur la page proposée et « ajoutez » de moteurs de recherche ou des flux RSS comme vous le souhaitez. Quand vous désirez publier votre bureau, il peut être en lien ou en bannière sur votre site et les visiteurs peuvent l’ajouter.

A la fois méta-moteur et page d’accueil, cet outil présente un intérêt certain pour nos élèves consommateurs : révisions, orientation, expositions virtuelles, mais aussi dans le cadre des TICE pour les sensibiliser à l’organisation de leur espace numérique. Tutoriel ici ou . Alors conquis ?



Les potins du net

16 12 2010

Une sélection de vidéos pour des vacances réjouissantes, avant d’entamer 2011 sur le pied de guerre :

POLE EMPLOI COMME  SI VOUS Y ETIEZ…

Pôle emploi version 2040 : grâce à LA BORNE, créée par une bande de comédiens, vous pouvez accéder au plein emploi. LA BORNE est une agence robotisée et vous propose des métiers aussi porteurs que « conflicteur », « vaseman », ou « entameur de discussion ».
Denis Podalydès, sociétaire de la comédie française, est à l’origine de ce site humoristique (précurseur ?) sur les absurdités du trop réel Pôle Emploi. Les testes d’embauche y sont farfelus … Exemple :

LA RETRAITE

  • 1° c’est un gros mot
  • 2° pouvoir s’arrêter à 85 ans
  • 3° une contraception un peu désuète…

La conclusion est malheureusement très terre-à-terre  : Désormais tu ne peux compter que sur toi.
Liens utiles : Daiymotion, Facebook, Twitter

YOUTUBE AU MUSEE  GUGGENHEIM

La première biennale de webvideo provenant des 4 coins du monde : professionnelles, amateurs, anonymes…. Le musée est fasciné par l’émergence d’une certaine forme d’art. Les vidéos sont téléchargées sur une chaîne ouverte à cette occasion ici et la pré-sélection de 125 films a donné quelques 25 finalistes  parmi lesquelles cet extrait :

Image de prévisualisation YouTube

DE LA CONCURRENCE POUR FACEBOOK

Depuis cet automne, plusieurs réseaux  sociaux pointent le bout de leur nez. Point commun à ces petits nouveaux : la volonté d’offrir une alternative à Facebook comme Twitter qui a percé en site complémentaire mais non concurrentiel.

Panorama :

DIASPORA : la vie privée reste vraiment privée puisque vous êtes votre propre hébergeur (à condition d’avoir de la place sur son disque dur) et vous créez votre propre réseau social…

– Bienvenue sur PATH : limité à 50 personnes… partager avec les gens qui comptent. PAs de friending ici…

FOLKDIRECT : fonctionnement de type blog. Pas de publicités personnalisées. Mais une fois inscrit, pour inviter des amis à nous rejoindre, on peut utiliser Facebook !

Image de prévisualisation YouTube

ONE SOCIAL WEB : un Internet ouvert. . One Social Web veut établir des passerelles entre différents réseaux sociaux.  One Social Web, système de réseau décentralisé , est patronné par l’opérateur de téléphonie mobile Vodafone. Version grannd public pour 2011.



Pearltrees : l’art d’enfiler les perles

5 11 2010

Vous connaissez Netvibes : la page qui réunit à portée de clic  tous les sites dont vous avez besoin (cinéma/expos/presse… ou éducation à la paix/à la santé/à l’environnement…) Et bien maintenant il y a PEARLTREES, pour, à la fois, garder sous la main les pages web de vos passions, les partager via un blog, facebook ou twitter, ou encore découvrir les passions de vos amis et les ajouter à une branche de votre arbre (non pas généalogique, quoique…). Lisez plutôt…

LES PERLES

Chaque perle est cliquable, mobile et effaçable. Une fenêtre donne des infos sur son contenu, ses liens et ses commentaires éventuels. Le « pearltree » regroupe et organise les perles par thème. C’est donc un dossier où vous classez un contenu défini. Vous organisez votre monde web à partir de vos intérêts, en utilisant l’extension pearltrees. Le plus ? Vos découvertes enrichissent celles des autres et vice-versa puisque vous avez le droit de prendre les pearltrees qui vous intéressent et de les ajouter à votre compte.  Un code couleur (bleu) indique une connexion et vous permet de « rencontrer » ceux qui partagent les mêmes intérêts que vous. Vos pearltrees sont aussi exportables.

UNE NAVIGATION INTELLIGENTE


Chaque navigation est enregistrée et transforme votre surf en carte, interconnectée grâce à des perles communes, d’où des ramifications de plus en plus riches, au gré de la sensiblité des différents internautes. L’organisation ainsi construite en arborescence retrace le chemin parcouru vers votre information. Un exemple avec la cartographie de Biblioblogosphère de Silvère Mercier « bibliobsédé », chargé de médiation numérique au Centre Pompidou.

Un outil original, à mi-chemin entre les marque-pages et les cartes heuristiques, qui permet de capturer des URL dans des « réseaux de perles » instructifs. A explorer dans les CDI et pourquoi pas dans les disciplines d’enseignement !

L’inscription, c’est ici



Confession d’un enfant du siècle

18 05 2010

generation_ySi vous êtes né comme moi dans les années 80-90, vous faites partie de la génération  » Y » (prononces why), une dénomination américaine pour désigner notre génération, par rapport à celle de nos parents, baptisée « X » (par l’écrivain Douglas Coupland dans son roman Génération X). Le terme « génération Y » est apparu en même temps qu’une évolution du marketing, de la consommation et d’un état d’esprit de la jeunesse, qui n’a rien à voir avec la pyramide des âges. Explications…

PORTRAIT

Enfants des baby-boomers, notre quotidien n’a plus grand chose à voir avec le leur. Nous ne voulons pas être une génération sacrifiée. Les « Y » ont pour penchant de remettre en cause ce qu’on veut leur imposer : non à l’idéologie mais oui à l’engagement social, non aux traditions, oui à la vraie  vie, à la convivialité, aux rencontres interculturelles, non à la hiérarchie, oui au collaboratif et au partage d’informations.

Nos soldats de plomb, ce sont les jeux videos, nous cours d’étudiants, nos travaux pratiques de lycéens se baladent sur clé USB, nos amis virtuels ou non forment une grande famille (Nos parents n’auraient pas pu participer à un apéro géant ?? !). Notre provenance géographique ou nos centres d’intérêt ne constituent pas un handicap et nos CV sont hyper costauds : l’enseignement supérieur et l’accès aux diplômes ne sont plus réservés à une minorité. Alors, elle est pas belle la vie ??

DE NOUVEAUX CODES

tagsDe nouveaux outils, des nouvelles valeurs mais… de nouvelles attentes, sortir des chemins balisés, s’adapter en permanence. A nos comportements consuméristes, correspondent une quête personnelle de reconnaissance, d’identité, d’indépendance mais aussi de nouvelles pratiques de formation, de recrutement, de management.

La génération Y est impatiente mais mobile et branchée. Notre capacité « multi-tâches » sidère nos parents : envoyer un texto tout en conversant ou en répondant à des questions de cours  n’a rien d’étonnant. Pour nous, l’action prime : s’investir dans une association (Sans-papiers, droit au logement, écologie…), c’est plus tendance que d’adhérer à un parti politique. Sociologiquement, le portable nous a aidé à couper le cordon avec nos parents mais nous rapproche de nos amis ; rapidement informés, nous sommes consommateurs de musique, de cinéma… en téléchargement. Tout, tout de suite, c’est un peu notre credo ; « googlisés », nous avons réponse à tout dans la seconde ; Now Generation chantent les Black eyed peas.

Nous avons de la difficulté à entrer sur le marché du travail ; les stages non rémunérés, les C.D.D. à répétition ne nous facilitent pas la tâche et la crise économique aidant, nous prendrons de plein fouet l’ardoise de la dette publique, celle des retraites ou du déficit de la sécu. Alors, au travail, nous voulons une rémunération équitable, un manager à l’écoute ; pas ou peu de rapports hiérarchiques mais un partage de l’information, des décisions clairement expliquées et des compétences avérées ; le statut de « chef » est obsolète. N’oubliez pas que nous représenterons près d’un actif sur deux en 2015.

Nous voulons prendre la relève des quinquas (nombreux !) auxquels se heurtent les quadras, mais sommes-nous prêts ? Car nous sommes comme ça, nous les « YErs« , ambitieux… mais réalistes et si, dans un contexte de chômage élevé, nous ne parvenons pas à atteindre nos objectifs, eh bien, nous créerons nos entreprises grâce à notre réseau. Et puis, même si nous n’avons pas fait de service militaire, nous avons le  casque vissé sur la tête prêts au changement !

CDD



Les e-traces : le pétrole du XXIe siècle

23 03 2010

downloadLa littérature a déjà mis en scène ce que les technologies qualifiées de « nouvelles » pourraient entraîner dans un système où la justice sociale ferait défaut et qui permetttraient autant l’émancipation que l’asservissement des hommes (Huxley, Orwell, Bradbury…). Dans le cadre du Festival organisé par LDH (Ligue des Droits de l’Homme) sur le thème « Les droits humains à l’ère des nouvelles technologies » : Technologie mon amour, deux artistes belges, Nicolas Malevé et Michel Cleempoel ont présenté YOOGLE, « un jeu de l’oie » interactif pour prendre conscience du fichage lié au web 2.0.

SOURIEZ VOUS ETES NUMERISES

Le projet e-traces (incluant Yoogle) s’intéresse à la circulation des infos que nous laissons sur les forums ou les chats, les moteurs de recherche, les sites de rencontres. Il s’articule autour de trois axes :

  • -un site d’informations qui regroupe des articles sur les constats ou inquiétudes face à l’intrusion d’Internet et/ou du numérique dans notre vie privée,
  • – le contexte d’une surveillance généralisée, facilitée par le web 2.0,
  • – et un projet de « jeu sérieux » : Yoogle.yoogle LOGO

Précieuses archives que ces données collectées dans la presse internationale sur la vidéosurveillance, les puces RFID (Radio Frequency Identification), le bluetooth (connexion sans câble entre appareils électroniques), et qui permettent de s’interroger sur l’emballement technologique où l’impensable devient possible et où le « no limit » fascine sans que nous mesurions les effets de puissants dispositifs que nous ne maîtrisons pas.

Enjeux humains et sociaux sur le plan du droit (droit à l’image, protection de la vie privée, relations humaines virtuelles) de la science (les nanotechnologies, les données médicales personnelles, les biotechnologies), de la géolocalisation (carte d’identité, GPS) : toutes ces technologies « parlent de nous » sans le moindre pouvoir de décision de notre part et nous sont imposées sans alternatives (carte d’identité). Liaisons dangereuses puisque cette exploitation des données ne garantit aucune confidentialité, que ce soit sur le plan informatique ou sur le plan juridique. A lire avec intérêt.

yoogle1

YOOGLE, le SERIOUS GAME

aboutusChaque inscription, achat, enregistrement, consultation sur un site agit comme autant de capteurs reliés à des systèmes informatiques, capables d’interpréter nos mouvements, nos aspirations, nos données personnelles à des fins d’exploitation. Le prolongement ludique du projet e-traces : Yoogle permet, de manière humoristique et édifiante, de découvrir les coulisses du web 2.0 en jouant tour à tour l’internaute lambda, l’administrateur (d’un réseau social par exemple), l’entreprise ou l’état qui achète les profils d’acheteurs à des fins commerciales, et/ou de contrôle ou de propagande.

goQue vous soyez l’un ou l’autre, vous lancez les dés virtuellement et l’aventure commence ! L’usager pourra se faire peur en réalisant que son comportement dans un jeu en ligne (prudence, agressivité, décision, malhonnêteté…) servira à lui délivrer des publicités ciblées ou que sa recherche d’emploi, depuis son portable de bureau, sera notifiée via l’intranet de l’entreprise. Même si les scénarios frisent quelquefois la caricature, vous affrontez la dure loi du web 2.0 : embûche et entourloupe pour une  traçabilité de plus en plus sophistiquée dans les domaines aussi variés que le self scanning dans les supermarchés, la navigation par GPS ou la vidéosurveillance des espaces publics ou privés.

Le tout numérique pose la question du respect des droits humains et sous l’aspect d’une interface anodine, peut conduire à un fichage illégitime dont nous sommes inconscients. C’est tout l’enjeu de ce projet où les banques, les administrations, les  gouvernements « nuiront gravement » à la démocratie et à la liberté, si les consommateurs (et surtout les jeunes) ne sont pas avertis de cette récupération … invisible.

A lire :

  • – La zone du dehors/Damasio, Alain ; Folio
  • – Thomas Drimm t. 1 : la fin du monde tombe un jeudi/Cauwelaert, Didier ; Albin Michel (jeunesse).

A voir :

  • –  N° 9 (en DVD), de Shane Acker, film d’animation édité par Twin Pics