Terres à brader

12 12 2008

Des particuliers fortunés se sont offert des îles et de vastes espaces en Patagonie mais depuis quelques mois, c’est à l’échelle internationale que se concluent des transactions, pour le moins désastreuses, à l’heure où sévissent, dans ces mêmes pays, les émeutes de la faim.

 L’OR NOIR DE DEMAIN

Pour anticiper le manque de terres cultivables et de   produits agricoles ou développer les agrocarburants, de grands groupes (Daewoo) ou des gouvernements (Chine, Corée du Sud, Emirats Arabes Unis) investissent dans l’achat ou la location de milliers d’hectares de terre aux dirigeants de pays pauvres comme Madagascar, le Soudan, le Laos, l’Indonésie, les Philippines, moyennant une aide aux infrastructures ou le développement de centrales électriques ou de zones inondables.

Ces contrats juteux permettent à ces pays « néocolonialistes » de faire main basse sur de vastes territoires agricoles, poussant les petits exploitants (sans titre de propriété) des pays sous-développés à se réfugier aux abords de grandes villes, sans ressources, dans des abris de fortune.

DELOCALISATION : LES RISQUES

L’idée de louer ou vendre des terres au détriment du marché intérieur risque d’attirer le mécontentement populaire (voir l’envolée des prix alimentaires en Indonésie). Mais ces opérations menées par des promoteurs peu scrupuleux et encouragés par des politiques avides de profits, risquent de coûter cher en matière denvironnement : l’assèchement de marécages ou la destruction de forêts primaires d’eucalyptus en Papouasie viendront accroître les gaz à effets de serre. Et ce ne sont pas les autochtones qui bénéficieront de ces investissements !

Des chiffres :

  • Madagascar : 1 million d’hectares loués par Daewoo Logistics (la 1/2 de la surface cultivée)
  • Pakistan : 900 000 ha contrôlés par les Emirats Arabes Unis,

mais aussi,

  • – 500 000 ha achetés par la Suède en Ukraine
  • -2,4 millions d’ha au Cambodge en tractation pour le Koweit et le Qatar.

En passant de 5,5 milliards d’habitants en 1995 à 9 milliards en 2050, la  population augmentera de 76 %. Face à ce bouleversement et à la course effrénée des terres arables, l’O.N..U. a publié un document  mettant en avant les risques du « néocolonialisme ». Mise en garde, jusque-là peu écoutée.

Courrier International

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