Tous les billets de février 2009

Clavel soldat de Léon Werth

Vendredi 13 février 2009

Lecture de Clavel Soldat

Par Madeleine, 1ère L1 (lycée Van Dongen)

ce livre est un témoignage, raconté par Clavel, soldat de la première guerre mondiale. Son récit débute quasiment au début de la guerre, il raconte ce qu’il y vit : des jours entiers sans dormir, ou si peu, les pieds dans la boue. Dans les tranchées, ou dans les villages, le lecteur suit Clavel, et ses impressions, son récit : comme tout témoignage de la guerre 14-18, il est atrocement réaliste, le lecteur est confronté à cette dure réalité qu’est la guerre, entre les hommes qui sont morts depuis un mois ou plus et que l’on a pas pu enterrer, ou ceux blessés par les obus, et qui ne seront soignés que très tard…ou pas .

Ce que j’apprécie dans ce livre, outre certain passages difficiles, c’est que Clavel ne raconte pas la guerre avec haine, jamais aucune haine dans ses yeux lorsqu’il est face à un allemand . Clavel fait la guerre, parce qu’il est obligé.

Un très beau témoignage de guerre. A lire

madeleine BARTNIG


L’équipage de Joseph Kessel

Jeudi 12 février 2009

Par Laurène, 1ère L1 (lycée Van Dongen)

Brèves sur l’auteur :

Joseph Kessel est née le 10 février 1898 en Argentine.

Il fit des études littéraires en France, et s’engagea volontairement dans un régiment d’aviation en 1916 (d’où il tira par la suite l’inspiration pour son roman « L’équipage »).

Après être devenu correspondant de guerre(en 1940)puis résistant français, il reprit l’écriture de ses livres jusqu’à sa mort. L’Equipage parut le 04 février 1977, il repose sur des expériences personnelles de l’auteur et en ce sens, il me semble qu’il s’agit d’une réalité romancé.

Résumé :

L’histoire se déroule durant la première guerre mondiale, Jean Herbillon est un jeune homme enthousiaste qui vient de terminer sa formation d’observateur aérien et qui s’apprête à rejoindre son escadrille au front. Il laisse derrière lui ses parents, sa compagne, son frère, ses amis et part pour l’inconnu en quête de gloire et d’une certaine reconnaissance. Ce héros plein de rêves et de fierté ne se doute pas encore de la triste réalité qui l’attend. En effet, honoré de défendre son pays et grisé à l’idée de se battre Jean n’a pas encore conscience des ravages de la guerre, il ne réalise pas au moment où il part que, comme beaucoup de ses camarades, il pourrait y laisser sa vie.

Ce roman est le récit de belles amitiés viriles, d’une histoire d’amour complexe (entre le héros et une fille rencontrée un soir) et d’une guerre ravageuse.

Ecrit en 1923,(soit peu de temps après la fin de la première guerre mondiale) « L’équipage » relate du parcours d’un soldat quelque peu orgueilleux que la guerre va profondément transformer. Ce ne sont pas vraiment les combats qui sont détaillés dans ce livre, mais plutôt les observations et les émotions d’un groupe de personnes qui partage un quotidien difficile, terrifiant.

Dans ce roman, on nous rappelle que partir à la guerre à cette époque était source de fierté et d’honneur pour un grand nombre d’hommes(les jeunes notamment). Et puis on découvre par l’intermédiaire de personnages variés, toutes sortes d’états d’esprit et de sentiments tels que: le courage, la méfiance, la terreur, le dégout, la tristesse, la pitié ou encore l’amour. L’auteur propose ainsi une vison de la guerre moins vive que celle des tranchées mais différente et cependant tout aussi émouvante.

Je conseille « l’Equipage » à tous ceux qui aiment lire car il m’a beaucoup plus (malgré la personnalité du héros, à laquelle j’ai eu des difficultés à m’habituer au début) et qu’il m’a semblé très bien écrit. Egalement parce que c’est un récit poignant qui permet un autre regard sur la guerre tout en demeurant triste et réaliste.

Sources utilisées :
www.edistat.com.list.php?AUTEUR=Joseph+Kessel( date de parution de L’équipage)
www.académie-française.fr (biographie de Joseph Kessel)
Dictionnaire Hachette 2008(vérification de la bio)



La chambre des Officiers, Marc Dugain

Jeudi 12 février 2009

Par Jessica, 1ère L1 (lycée Van Dongen)

La chambre des Officiers, Marc Dugain

Lieux : PARIS ( VAL-DE-GRÂCE)

Epoque: Guerre 1914-1918 .

Début de l’histoire = Début de la guerre

Durée de l’histoire= Jusqu’à la fin de la guerre

Personnages: Adrien _ Ingénieur des arts; vit en dordogne ( en province ) ; Son père est mort mais il lui reste sa mère et ses deux soeurs. Son meilleur amis s’apellent Bonnard et son amour d’un Soir : Clémence , elle va jouer une rôle important dans le moral du personnage principal : Adrien.

Clémence_Adrien rencontre Clémence à la Gare de l’Est avant d’aller au front . Il lui propose de passer une nuit avec lui et elle accepte malgrè le fait Qu’elle vient de laisser s’en aller son fiancé futur en Guerre.

Henri de Pananster_ Breton,Catholique,Capitaine,sculte,calme,riche et noble. Il a perdu la moitié de son menton à cause d’un obus . Il a l’œil crevé , l’orbite défoncé par le fer d’un cheval. Il aurait pu y rester si il n’y avait pas de la boue pour arrêter l’hémorragie.

Weil_Juif,Aviateur,Visage Brûlé, Jovial et plaisante Beaucoup.Il a perdu un oeil au cours de la bataille.

Marguerite_Fille de grand bourgeois , mal aimée par sa famille, Infirmière à l’avant, blessée au visage lors d’une attaque : Sourde et défiguré. C’est elle la pire des trois puisque c’est une femme qui ne pourra plus être aimé des hommes et qui donc n’a plus d’avenir .

Résumé:

Adrien voit sa vie changer lorsqu’on lui apprend qu’il doit défendre sa patrie dans la guerre. Du haut de ses 22 ans , le petit Provincial s’engage dans les rangs des français . Mais à peine va t-il commencer que la guerre est déjà finie pour lui . La guerre il la passera dans un Hôpital de Paris , le VAL-DE-GRÂCE , où se trouve toutes les Gueules cassées ( Les victimes de guerres). Ce livre ne nous parle pas de la guerre en elle-même et de ses bataille dans les tranchés mais il nous parle de l’horreur de la guerre dans le mental des Soldats. L’après guerre est le plus dur ; le regard des gens surtout mais aussi , pour certain, le rejet des gens qu’on aime …

Le passage m’ayant donner envie de réagir c’est quand l’ancien patron d’Adrien ne l’a pas engagé car il était défiguré. Il pense qu’avec son visage il ne pourra plus vendre. Cela me met hors de moi puisque pendant tout le long de son séjour au val-de-grâce il n’a pensé qu’aux regards des autres lorsqu’il sortira. Et quand enfin il prend confiance en lui on le rejette.

Je vous conseille ce livre car il est très émouvant et très bien écrit. Il est vu à travers de vrais soldats et a même reçu le Prix des libraires

JESSICA K.

Travail personnel, qui donne envie de lire le livre. C’est cependant bien incomplet sur l’auteur (a-t-il vécu la guerre ?), la date de parution, et sur le contexte historique.


Faire du tourisme à Arras et à Lagny

Vendredi 6 février 2009

Voici un article paru dans le supplément parisien du Nouvel Observateur n°2308 du 29 janvier 2009

Cliquez sur l’article pour l’agrandir

La brochure de l’office du tourisme d’Arras Cliquez ici

La brochure de l’office du tourisme de Lagny Cliquez ici


Café littéraire à Lagny

Vendredi 6 février 2009

Aux élèves des 1ères L1 et L2

Samedi 14 février de 9h à 12h, un café littéraire est organisé.

Maison des lycéens

Apportez votre roman.

Pour le préparer, analysez la façon dont l’auteur traite les points suivants :

– Description des combats, de la violence.
– Présence de la mort dans le roman ?

– Description de l’attente

– Les relations entre poilus.
– Description des poilus, de leur courage, de leurs souffrances : des héros ?
– Perception/présence de l’ennemi
– Les liens familiaux
– La perception de l’arrière par les poilus.
– La description des difficultés de l’arrière
– Le message/jugement délivré par le roman sur la guerre.

On vous proposera de lire des extraits en lien avec ces thèmes. Essayez d’ici samedi de les repérer !

Télécharger les documents qui seront distribués samedi :

polycopies-cafe-litteraire


Ateliers de lecture à haute voix à Lagny

Jeudi 5 février 2009

Aux élèves de 1ère L du lycée Van Dongen
Voici la répartition et le calendrier des ateliers de lecture à haute voix
Cliquez ici

Voici les textes choisis par André LONCIN – cliquez ici

Biographie d’André LONCIN (sources site internet de France culture) :

André LONCIN.  directeur de la Compagnie « le petit théâtre » nombreux spectacles à destination du jeune public en tournée dans toute la France.
Après une formation de comédien à l’Institut Supérieur des Arts du Spectacle (INSAS) à Bruxelles, André Loncin descend à Paris pour y suivre le cours privé d’Alain Knapp « les Ateliers de l’Acteur-Créateur ». En 1987, il crée sa compagnie « Le petit théâtre ». Depuis, parallèlement à son travail de metteur en scène et de comédien au sein de sa compagnie, il a créé diverses lectures/spectacles. Il anime également en partenariat avec le rectorat des ateliers de lecture à voix haute en milieu scolaire, ainsi que des ateliers de formation à la lecture auprès du personnel d’animation des médiathèques.
Compagnie André Loncin – 16 rue d’Ozoir – 77340 Pontault-Combault
Tél.: 01 60 29 11 15 / 06 16 39 24 85 / fax: 01 60 29 02 48 / http://www.idablaska.com


Extrait du Feu d’Henri Barbusse

Jeudi 5 février 2009

Par Paula, 1ère L2 (lycée Van Dongen)

“j’suis pas sale comme ca, dans l’civil, disait Blaire. – ben, mon pauv’ vieux, ça doit salement te changer ! dit Barque. – Heureusement, renchérit Tirrette, parce qu’alors, en fait de gosses, tu f’rais des petits nègres à ta femme ! Blaire se fâcha. – Qu’est-c’ que tu m’embètes, toi ? Et pis après ? c’est la guerre. Et toi, face d’aricot, tu crois p’t’etre que ça n’te change pas la trompette et les manières, la guerre ? Ben, r’garde-toi, bec de singe, peau d’fesse ! Faut-il qu’un homme soye bête pour sortir des choses comme v’la toi “

– “Halte !” Une fusillades intensive, furieuse, inouie, battait les parapets de la tranchée ou on nous fit arreter en ce moments la. -” Fritz en met ! I’craint une attaque; i’s’affole ! c’qu’il en met !” C’etait une grele dense qui fondait sur nous, hachait terriblement l’espace, raclait et effleurait toute la plaine. Je regardai a un créneau. J(eus une rapide et étrange vision : Il y avait, en avant de nous, à une dizaine de mètres au plus, des formes allongées, inertes, les unes à coté des autres (Un rang de soldats fauchés) et arrivant en nuée, de toutes parts, les projectiles criblaient cet alignements de morts ! Les balles qui écorchaient la terre par raies droites en soulevant de minces nuages linéaires, trouaient, labouraient les corps rigidement collés au sol, cassaient les membres raides, s’enfoncaient dans des faces balfardes et vidées, crevaient, avec des éclaboussements, des yeux liquéfiés et on voyait sous la rafales se remuer un peu et se déranger par endroits la file des morts.”


L’adieu aux armes d’Ernest Hemingway

Lundi 2 février 2009

Par Natacha, 1ère L2 (lycée Van Dongen)

L’auteur
Ernest Hemingway, né le 21 juillet 1899 est un romancier et nouvelliste américain réputé pour avoir écrit de nombreuses oeuvres à succès dont L’adieu aux armes, un roman inspiré principalement de sa propre vie.
C’est en convalescence dans un hôpital où il passe plusieurs mois pour blessure grave qu’il fait la connaissance d’ Agnes Von Kurowsky, une jeune infirmière dont il s’éprend et qui lui inspire le personnage de Catherine Barkley dans L’ adieu aux armes. Ce roman publié par folio en 1929 est qualifié d’un des « meilleurs romans de gu

erre » et d’un des « plus grands romans d’amour ».

Atteint d’une grave maladie et ne trouvant plus aucune raison de vivre alors qu’ il sentait sa puissance créatrice l’abandonner en même temps que ses forces physiques, Ernest Hemingway se suicide le 2 juillet 1961.
(insuffisant, à étoffer)

Résumé

Frédéric Henry est un jeune américain bénévole dans les ambulances du front italien pendant la Première Guerre mondiale. Alors qu’il rentre de permission, son fidèle ami et compagnon de chambre Rinaldi lui présente une jeune infirmière, Miss Barkley, dont il s’éprend rapidement. Un jour, il se fait grièvement blesser lors d’une offensive et est envoyé dans l’hôpital où Catherine Barkley est infirmière depuis peu. C’est elle qui s’occupera de lui, et c’est dans la petite chambre d’hopital qu’ils passeront la majorité de leur temps et que leur idylle deviendra sérieuse. Alors que Frédéric est presque entièrement rétabli et que le moment pour lui est venu de retourner au front, Catherine lui annonce qu’elle est enceinte…
Malgré tout Frédéric se doit de retourner à ses devoirs mais promet de rejoindre la mère de son futur enfant des que possible. Après avoir tenté une retraite qui aurait pu mal finir, certains de ses collègues ayant été tués ou ayant pris la fuite, Frédéric se fait arrêter par la police des armées qui le prend pour un soldat allemand qui se serait infiltré dans le camp italien. Quelques instants avant de se faire fusiller, il décide de prendre la fuite à son tour et abandonne donc la guerre en disant « Adieu aux armes ».
Il rejoint son épouse en vacances à Stresa et ensemble ils prennent la fuite pour la Suisse. Là bas ils vivent paisibles et heureux, retirés de tout pendant plusieurs mois, préparant l’arrivée de leur futur enfant et profitant des derniers temps de liberté qu’il leur reste. Jusqu’à ce que le jour tant attendu arrive… mais les choses tournent si mal que Frédéric se retrouve plus seul que jamais.

Critique

Ce roman expose certains éléments historiques :
-L’un des chapitres les plus marquants du point de vue historique est le chapitre IX, celui ou Frédéric Henry se fait blesser lors d’une offensive. (pourquoi?)
-Nous trouvons également des nouvelles de l’avancée de la guerre, celles que Frédéric apprend en rentrant au front dans les chapitres XXV, XXVI.
-Dans les chapitres XXX à XXXII, nous sommes face à un autre fait important de l’histoire, la laborieuse tentative de la traversée d’une partie de l’Italie que plusieurs des hommes de Frédéric paieront de leur vie. Se retrouvant seul Frédéric s’échappera, abandonnant la guerre.
-les obligations auxquelles doivent se plier les combattants durant la guerre : les chapitres XXXVI et XXXVII démontrent un système politique cruel, qui oblige les soldats à ne quitter le combat s
ous aucun prétexte et punit sévèrement les désertions (Fusillade des soldats ne se trouvant pas avec leurs troupes (chapitre XXX) ; Projet d’arrestation de Frédéric Henry pour cause de désertion (chapitre XXXVI).)

C’est un livre très intéressant, d’abord parce qu’il est placé du point de vue des Italiens, ce qui est peu ordinaire. Tout au long du roman, leur opinion sur la guerre est explicitement exprimée : ils sont sceptiques, désenchantés. En effet pour eux la guerre est une « poisse » (p.37) contre laquelle il n’y a « rien de pire » et qui ne « se gagne pas par la victoire » (p.58). Ils n’ont pas confiance en leur chance de vaincre et sont du coup persuadés d’une défaite prochaine : l’épuisement de certains, la fuite d’autres en sont des signes avant coureurs…

L’autre centre d’intérêt de ce roman est qu’il suit l’évolution du personnage principal de manière à ce que le lecteur puisse s’identifier à lui. L’auteur se cantonne à nous faire voir ce qu’il voit et à constater ce qu’il constate. Les deux thèmes opposées, l’amour et la guerre, sont en parfait équilibre : ce n’est ni un roman « à l’eau de rose » ni un manuel de méthodologie ou de témoignage profond (?) sur la guerre. Les deux sujets se complètent étonnemment et l’histoire ne pourrait bien entendu pas exister sans l’un des deux thèmes. La thèse sous-jacente est que l’individu ne peut pas être vainqueur, que la société se venge toujours de ceux qui cherchent à échapper à sa tyrannie et qu’il n’y a aucun moyen de la contourner, il faut juste subir. La mort de Catherine est un bon exemple de cette fatalité : « Pauvre, pauvre Cat et c’était le prix à payer pour coucher ensemble. C’était là la fin du piège. C’était tout le bénéfice que l’on retirait de l’amour ».

La singularité de ce roman tient enfin à sa simplicité : il est en effet dénué de mots littéraires, savants et est rédigé avec un vocabulaire extrêmement simple. La rigueur dont fait preuve l’auteur avec ce style concret est d’ailleurs assez impressionnante, ainsi que la façon extrêmement réaliste et objective dont il montre les choses (contradictoire : est-ce objectif ou subjectif ?). Les développements psychologiques sont ici remplacés par le récit de l’action,  c’est à dire qu’aucun des personnages ne nous livre réellement ses pensées mais nous les connaissons à force de suivre chacun d’eux tout au long du roman. Ce procédé est utilisé afin d’atteindre un style qu’on pourrait qualifier de « dépouillé ».


Capitaine Conan de Roger Vercel

Lundi 2 février 2009

Par Diane, 1ère L2 (lycée Van Dongen)

L’auteur

Roger Vercel est né Roger Cretin, il prit par la suite un nom de plume. La Première Guerre mondiale interrompit ses études de lettres. Au début de la guerre, en raison de sa mauvaise vue, il est brancardier sur les champs de bataille du nord et de l’est de la France. L’armée manque de gradés : il est incité à rentrer à Saint-Cyr dont il sort officier. Il terminera la guerre sur le front d’Orient et ne sera démobilisé qu’un an après l’Armistice. Il rejoint alors Dinan où il est nommé en 1921 professeur de lettres au Collège. C’est à Dinan qu’il s’éteindra en 1957.
Ses souvenirs de guerre inspirent quelques-uns de ses premiers livres (Notre père Trajan, Conan, Léna), mais c’est le monde maritime qui est au cœur de son œuvre. Au Large de l’Eden lui vaut le Prix du Comité Fémina France-Amérique en 1932. Il obtient le prix Goncourt en 1934 pour Capitaine Conan. Ce roman fut porté à l’écran par Bertrand Tavernier en 1996.

Résumé

L’histoire commence dans les Balkans, au bord du Danube. L’armistice vient d’être déclaré, permettant aux soldats français de rentrer dans les villes roumaines pour fêter leur victoire. Mais à peine la guerre finie officiellement, les ennuis commencent… les exactions, telles le vol ou les désertions temporaires, tolérées pendant le conflit, sont à présent punies et parfois sévèrement : « La guerre[…] nous avait tous gâtés ; elle avait trop longtemps servi d’excuse à un laisser-aller de mauvais aloi. Il était temps de revenir aux saines traditions ! » Norbert, le narrateur, devient avocat, et défend du mieux qu’il peut les soldats incriminés. Malgré tous ses efforts, le jeune Jean Erlane est condamné « à la peine de mort avec dégradation militaire ». Maigre consolation, Erlane mourra au champ de bataille. Le meilleur ami de Norbert, le lieutenant Conan, est un homme qui n’accepte pas la fin de la guerre, et qui n’hésite pas à falsifier la vérité pour que ses hommes ne soient pas inquiétés. Mais comment ces hommes, habitués aux combats et à la violence, trouveront-ils leur place dans un monde ne rêvant que de paix ? C’est là un dur débat, et tous n’ont pas pas la réponse à ce problème. Ainsi Conan continue ses exactions, et incite ses hommes à faire de même. Peu de temps après, Norbert et lui sont mutés dans une tranchée près des lignes russes. Dans un dernier combat, ils retrouvent un peu de leurs sensations et accomplissent un dernier coup d’éclat héroïque. Enfin, plusieurs années plus tard, Norbert et Conan se retrouvent.

Critique

Ce livre est un témoignage important sur les difficultés rencontrées par les poilus pour le retour à la vie normale, civile. En effet, comme dit plus haut, les poilus étaient habitués aux combats et aux libertés que la guerre leur permettaient ; alors quand ces libertés leur furent brutalement arrachées, on peut comprendre qu’ils soient désorientés. Surtout que certains, comme Conan, n’acceptent pas la fin de la guerre et le retour à la vie civile. Le retrait du danger et de l’action les rend amorphes, avec une envie de retrouver un peu de cette action qu’ils ont perdue, quitte à en faire les frais juridiquement. Comme le dit Conan : » La v’la leur paix ! C’est quand les lopettes et les mufles ont le droit de piétiner de vrais hommes pour se venger dessus de leur quatres ans de coliques. Une belle dégueulasserie ! » Selon Conan, la paix profite aux hommes de pouvoir, mais ne sied pas aux soldats endurcis. Et même si, comme à la fin du roman, certaines actions militaires continuent après l’armistice, cela ne suffit pas. Sans compter que les soldats sont mal vus par les civils, car ils leur rappellent l’horreur de la guerre. A cela s’ajoute les dizaines de « Gueules-Cassées » et de traumatisés qui hantent les hopitaux et qui n’auront aucune chance de retrouver une vie « normale ». A quoi servent les récompenses, quand elles ne peuvent vous aider à tourner la page ?

Ce livre évoque aussi l’ambiguité de la justice dans la guerre. Certains soldats appliquèrent leur propre justice et leur propre jugement, et furent traités en héros pour cela. Quand la guerre fut finie, ces « actes héroïques » se transformèrent en « actes de barbarie » violents et injustes.  Les désertions, les vols, les « manquements au devoir »; étaient tolérés pendant la guerre. Du moment que les poilus français tuaient le plus d’ennemis possible, les dirigeants fermaient les yeux sur ces exactions. A la fin du conflit, ces mêmes dirigeants estimèrent qu’ils fallait de nouveau civiliser ses anciens soldats, et punirent ce qui étaient à présent à leurs yeux des « crimes de guerre ». Les concepts mêmes de liberté et de justcie deviennent flous, sont remis en cause.

Extrait choisi : »Les délits des soldats » , chapitre IV, p.63 : »La prison? N°18. » à P.67: « …justice militaire ».

Je voudrais conseiller ce livre à ceux qui apprécient le droit, les tentatives parfois couronnées de succès de Norbert sont vraiment intéressantes, et bien sûr, le récit de ses soldats rendus à une vie auxquels ils ne sont plus habitués est vraiment poignant.


Les Croix de bois de Roland Dorgelès

Lundi 2 février 2009

Par Viktor, 1ère L2 (lycée Van Dongen)

L’auteur

De son vrai nom Laurent Lecavelé, Roland Dorgelès est né à Amiens en 1886. Après un bref passage à l’École des beaux-arts de Paris, il devient journaliste et mène une vie de bohème, jusqu’à la guerre, qu’il fait, dès 1914, comme engagé volontaire dans l’infanterie. C’est son livre Les Croix de bois qui lui vaut en 1919 à la fois la gloire et le prix Femina. Il devient alors élu à l’Académie Goncourt en 1929, et accède à la présidence du jury en 1955. Les Croix de Bois fut son plus grand succès, par la suite il écrivit d’autres romans sur la guerre, l’après-guerre et ses voyages. Il est mort le 18 Mars 1973 à Paris.

Résumé

L’histoire du livre, c’est la guerre 1914-1918 vue par les poilus dans les tranchées. L’horreur de la guerre y est dépeinte, mais aussi les moment de joie comme de peine que vivent les soldats, comme par exemple lors de missions périlleuses, lors de leurs journées de repos ou bien dans les bistrots, qu’ils affectionnent tant. Le livre suit plus particulièrement une équipe d’environ une dizaine de soldats, parmi ces personnages il y a : Jacques Larcher, le principal narrateur, un engagé volontaire (c’est sous ce nom que se cache en réalité Roland Dorgelès) ; Bréval, le caporal ; Fouillard, l’un des deux cuisiniers ; Bouffioux, appelé le « gros Bouffioux », un peu simplet, cuisinier qui se sert de son rôle pour ne pas aller combattre ; Belin, dit « le petit Belin » ; Broucke, le « chtimi » qui fait rire tout le monde ; Sulphart et Lemoine, deux camarades qui ne se quittent jamais ; et Gilbert Demachy, un engagé volontaire qui dès son arrivée se lie d’amitié avec Jacques Larcher et va se révéler être l’un des soldats les plus courageux.

Critique

Le roman présente une sorte de témoignage romancé, car c’est un peu ce qu’a vécu Roland Dorgelès. Toutefois dans le livre il utilise un faux nom pour son personnage, et en invente même d’autres afin d’ajouter des éléments de camaraderie plus forts, par exemple. Il n’y a pas de lieux précis et encore moins de dates, il est seulement évoqué quelques noms de batailles qu’ont vécues certains soldats comme la bataille de la Marne qui eut lieu du 5 au 12 Septembre 1914 ou bien celle de Guise (P.14) qui eut lieu elle aussi en 1914. De ce fait, l’histoire se déroule certainement peu après ces batailles, donc début 1915. Concernant les lieux, ils ne sont pas donnés avec précision, cependant il est fait allusion aux paysages « d’Artois ou de Champagne, de Lorraine ou des Flandres » (p.203), ou bien à Nancy (p.201) et à Dormans (p.5), mais rien de précis.

Différents aspects de la guerre sont évoqués, ceux des tranchées majoritairement, mais certains chapitres montrent la guerre vue au premier plan, sur le terrain, ces passages sont souvent très détaillés et sanglants, notamment un passage très émouvant sur une longue agonie de l’un d’eux, qui dure plus de 5 pages (p.231-236)

Les différentes mentalités des civils de l’époque sont montrées lors de l’avant-dernier chapitre « Le retour du héros », où l’un des soldats (Sulphart) rentre chez lui après une blessure de guerre : il est souvent mal accueilli et peu écouté, ses histoires lassant tout le monde. Les personnes qu’ils rencontrent n’ont souvent aucune reconnaissance envers les anciens soldats (p.246-247 au bureau de tabac), parlent souvent de la guerre en faisant part de leurs stratégies alors qu’ils n’y participent pas et ne se sacrifient pas pour la France (p.246).

Ce livre m’a plutôt plu car il donne une vision de la Grande Guerre détaillée à travers des personnages charismatiques, souvent drôles et bourrus. Le livre est plutôt long et les chapitres n’ont pas de liens entre eux, étant différents épisodes isolés. Cependant le livre est plutôt facile à lire si l’on n’est pas pressé car le langage est simple et l’usage du langage familier rend la lecture plus drôle et vivante. Je pense qu’il est aussi intéressant de le lire pour se donner une idée de la guerre selon le point de vue de poilus plein d’humour malgré les situations souvent difficiles qu’ils rencontrent.