Tous les billets du 2 février 2009

L’adieu aux armes d’Ernest Hemingway

lundi 2 février 2009

Par Natacha, 1ère L2 (lycée Van Dongen)

L’auteur
Ernest Hemingway, né le 21 juillet 1899 est un romancier et nouvelliste américain réputé pour avoir écrit de nombreuses oeuvres à succès dont L’adieu aux armes, un roman inspiré principalement de sa propre vie.
C’est en convalescence dans un hôpital où il passe plusieurs mois pour blessure grave qu’il fait la connaissance d’ Agnes Von Kurowsky, une jeune infirmière dont il s’éprend et qui lui inspire le personnage de Catherine Barkley dans L’ adieu aux armes. Ce roman publié par folio en 1929 est qualifié d’un des « meilleurs romans de gu

erre » et d’un des « plus grands romans d’amour ».

Atteint d’une grave maladie et ne trouvant plus aucune raison de vivre alors qu’ il sentait sa puissance créatrice l’abandonner en même temps que ses forces physiques, Ernest Hemingway se suicide le 2 juillet 1961.
(insuffisant, à étoffer)

Résumé

Frédéric Henry est un jeune américain bénévole dans les ambulances du front italien pendant la Première Guerre mondiale. Alors qu’il rentre de permission, son fidèle ami et compagnon de chambre Rinaldi lui présente une jeune infirmière, Miss Barkley, dont il s’éprend rapidement. Un jour, il se fait grièvement blesser lors d’une offensive et est envoyé dans l’hôpital où Catherine Barkley est infirmière depuis peu. C’est elle qui s’occupera de lui, et c’est dans la petite chambre d’hopital qu’ils passeront la majorité de leur temps et que leur idylle deviendra sérieuse. Alors que Frédéric est presque entièrement rétabli et que le moment pour lui est venu de retourner au front, Catherine lui annonce qu’elle est enceinte…
Malgré tout Frédéric se doit de retourner à ses devoirs mais promet de rejoindre la mère de son futur enfant des que possible. Après avoir tenté une retraite qui aurait pu mal finir, certains de ses collègues ayant été tués ou ayant pris la fuite, Frédéric se fait arrêter par la police des armées qui le prend pour un soldat allemand qui se serait infiltré dans le camp italien. Quelques instants avant de se faire fusiller, il décide de prendre la fuite à son tour et abandonne donc la guerre en disant « Adieu aux armes ».
Il rejoint son épouse en vacances à Stresa et ensemble ils prennent la fuite pour la Suisse. Là bas ils vivent paisibles et heureux, retirés de tout pendant plusieurs mois, préparant l’arrivée de leur futur enfant et profitant des derniers temps de liberté qu’il leur reste. Jusqu’à ce que le jour tant attendu arrive… mais les choses tournent si mal que Frédéric se retrouve plus seul que jamais.

Critique

Ce roman expose certains éléments historiques :
-L’un des chapitres les plus marquants du point de vue historique est le chapitre IX, celui ou Frédéric Henry se fait blesser lors d’une offensive. (pourquoi?)
-Nous trouvons également des nouvelles de l’avancée de la guerre, celles que Frédéric apprend en rentrant au front dans les chapitres XXV, XXVI.
-Dans les chapitres XXX à XXXII, nous sommes face à un autre fait important de l’histoire, la laborieuse tentative de la traversée d’une partie de l’Italie que plusieurs des hommes de Frédéric paieront de leur vie. Se retrouvant seul Frédéric s’échappera, abandonnant la guerre.
-les obligations auxquelles doivent se plier les combattants durant la guerre : les chapitres XXXVI et XXXVII démontrent un système politique cruel, qui oblige les soldats à ne quitter le combat s
ous aucun prétexte et punit sévèrement les désertions (Fusillade des soldats ne se trouvant pas avec leurs troupes (chapitre XXX) ; Projet d’arrestation de Frédéric Henry pour cause de désertion (chapitre XXXVI).)

C’est un livre très intéressant, d’abord parce qu’il est placé du point de vue des Italiens, ce qui est peu ordinaire. Tout au long du roman, leur opinion sur la guerre est explicitement exprimée : ils sont sceptiques, désenchantés. En effet pour eux la guerre est une « poisse » (p.37) contre laquelle il n’y a « rien de pire » et qui ne « se gagne pas par la victoire » (p.58). Ils n’ont pas confiance en leur chance de vaincre et sont du coup persuadés d’une défaite prochaine : l’épuisement de certains, la fuite d’autres en sont des signes avant coureurs…

L’autre centre d’intérêt de ce roman est qu’il suit l’évolution du personnage principal de manière à ce que le lecteur puisse s’identifier à lui. L’auteur se cantonne à nous faire voir ce qu’il voit et à constater ce qu’il constate. Les deux thèmes opposées, l’amour et la guerre, sont en parfait équilibre : ce n’est ni un roman « à l’eau de rose » ni un manuel de méthodologie ou de témoignage profond (?) sur la guerre. Les deux sujets se complètent étonnemment et l’histoire ne pourrait bien entendu pas exister sans l’un des deux thèmes. La thèse sous-jacente est que l’individu ne peut pas être vainqueur, que la société se venge toujours de ceux qui cherchent à échapper à sa tyrannie et qu’il n’y a aucun moyen de la contourner, il faut juste subir. La mort de Catherine est un bon exemple de cette fatalité : « Pauvre, pauvre Cat et c’était le prix à payer pour coucher ensemble. C’était là la fin du piège. C’était tout le bénéfice que l’on retirait de l’amour ».

La singularité de ce roman tient enfin à sa simplicité : il est en effet dénué de mots littéraires, savants et est rédigé avec un vocabulaire extrêmement simple. La rigueur dont fait preuve l’auteur avec ce style concret est d’ailleurs assez impressionnante, ainsi que la façon extrêmement réaliste et objective dont il montre les choses (contradictoire : est-ce objectif ou subjectif ?). Les développements psychologiques sont ici remplacés par le récit de l’action,  c’est à dire qu’aucun des personnages ne nous livre réellement ses pensées mais nous les connaissons à force de suivre chacun d’eux tout au long du roman. Ce procédé est utilisé afin d’atteindre un style qu’on pourrait qualifier de « dépouillé ».


Capitaine Conan de Roger Vercel

lundi 2 février 2009

Par Diane, 1ère L2 (lycée Van Dongen)

L’auteur

Roger Vercel est né Roger Cretin, il prit par la suite un nom de plume. La Première Guerre mondiale interrompit ses études de lettres. Au début de la guerre, en raison de sa mauvaise vue, il est brancardier sur les champs de bataille du nord et de l’est de la France. L’armée manque de gradés : il est incité à rentrer à Saint-Cyr dont il sort officier. Il terminera la guerre sur le front d’Orient et ne sera démobilisé qu’un an après l’Armistice. Il rejoint alors Dinan où il est nommé en 1921 professeur de lettres au Collège. C’est à Dinan qu’il s’éteindra en 1957.
Ses souvenirs de guerre inspirent quelques-uns de ses premiers livres (Notre père Trajan, Conan, Léna), mais c’est le monde maritime qui est au cœur de son œuvre. Au Large de l’Eden lui vaut le Prix du Comité Fémina France-Amérique en 1932. Il obtient le prix Goncourt en 1934 pour Capitaine Conan. Ce roman fut porté à l’écran par Bertrand Tavernier en 1996.

Résumé

L’histoire commence dans les Balkans, au bord du Danube. L’armistice vient d’être déclaré, permettant aux soldats français de rentrer dans les villes roumaines pour fêter leur victoire. Mais à peine la guerre finie officiellement, les ennuis commencent… les exactions, telles le vol ou les désertions temporaires, tolérées pendant le conflit, sont à présent punies et parfois sévèrement : « La guerre[…] nous avait tous gâtés ; elle avait trop longtemps servi d’excuse à un laisser-aller de mauvais aloi. Il était temps de revenir aux saines traditions ! » Norbert, le narrateur, devient avocat, et défend du mieux qu’il peut les soldats incriminés. Malgré tous ses efforts, le jeune Jean Erlane est condamné « à la peine de mort avec dégradation militaire ». Maigre consolation, Erlane mourra au champ de bataille. Le meilleur ami de Norbert, le lieutenant Conan, est un homme qui n’accepte pas la fin de la guerre, et qui n’hésite pas à falsifier la vérité pour que ses hommes ne soient pas inquiétés. Mais comment ces hommes, habitués aux combats et à la violence, trouveront-ils leur place dans un monde ne rêvant que de paix ? C’est là un dur débat, et tous n’ont pas pas la réponse à ce problème. Ainsi Conan continue ses exactions, et incite ses hommes à faire de même. Peu de temps après, Norbert et lui sont mutés dans une tranchée près des lignes russes. Dans un dernier combat, ils retrouvent un peu de leurs sensations et accomplissent un dernier coup d’éclat héroïque. Enfin, plusieurs années plus tard, Norbert et Conan se retrouvent.

Critique

Ce livre est un témoignage important sur les difficultés rencontrées par les poilus pour le retour à la vie normale, civile. En effet, comme dit plus haut, les poilus étaient habitués aux combats et aux libertés que la guerre leur permettaient ; alors quand ces libertés leur furent brutalement arrachées, on peut comprendre qu’ils soient désorientés. Surtout que certains, comme Conan, n’acceptent pas la fin de la guerre et le retour à la vie civile. Le retrait du danger et de l’action les rend amorphes, avec une envie de retrouver un peu de cette action qu’ils ont perdue, quitte à en faire les frais juridiquement. Comme le dit Conan : » La v’la leur paix ! C’est quand les lopettes et les mufles ont le droit de piétiner de vrais hommes pour se venger dessus de leur quatres ans de coliques. Une belle dégueulasserie ! » Selon Conan, la paix profite aux hommes de pouvoir, mais ne sied pas aux soldats endurcis. Et même si, comme à la fin du roman, certaines actions militaires continuent après l’armistice, cela ne suffit pas. Sans compter que les soldats sont mal vus par les civils, car ils leur rappellent l’horreur de la guerre. A cela s’ajoute les dizaines de « Gueules-Cassées » et de traumatisés qui hantent les hopitaux et qui n’auront aucune chance de retrouver une vie « normale ». A quoi servent les récompenses, quand elles ne peuvent vous aider à tourner la page ?

Ce livre évoque aussi l’ambiguité de la justice dans la guerre. Certains soldats appliquèrent leur propre justice et leur propre jugement, et furent traités en héros pour cela. Quand la guerre fut finie, ces « actes héroïques » se transformèrent en « actes de barbarie » violents et injustes.  Les désertions, les vols, les « manquements au devoir »; étaient tolérés pendant la guerre. Du moment que les poilus français tuaient le plus d’ennemis possible, les dirigeants fermaient les yeux sur ces exactions. A la fin du conflit, ces mêmes dirigeants estimèrent qu’ils fallait de nouveau civiliser ses anciens soldats, et punirent ce qui étaient à présent à leurs yeux des « crimes de guerre ». Les concepts mêmes de liberté et de justcie deviennent flous, sont remis en cause.

Extrait choisi : »Les délits des soldats » , chapitre IV, p.63 : »La prison? N°18. » à P.67: « …justice militaire ».

Je voudrais conseiller ce livre à ceux qui apprécient le droit, les tentatives parfois couronnées de succès de Norbert sont vraiment intéressantes, et bien sûr, le récit de ses soldats rendus à une vie auxquels ils ne sont plus habitués est vraiment poignant.


Les Croix de bois de Roland Dorgelès

lundi 2 février 2009

Par Viktor, 1ère L2 (lycée Van Dongen)

L’auteur

De son vrai nom Laurent Lecavelé, Roland Dorgelès est né à Amiens en 1886. Après un bref passage à l’École des beaux-arts de Paris, il devient journaliste et mène une vie de bohème, jusqu’à la guerre, qu’il fait, dès 1914, comme engagé volontaire dans l’infanterie. C’est son livre Les Croix de bois qui lui vaut en 1919 à la fois la gloire et le prix Femina. Il devient alors élu à l’Académie Goncourt en 1929, et accède à la présidence du jury en 1955. Les Croix de Bois fut son plus grand succès, par la suite il écrivit d’autres romans sur la guerre, l’après-guerre et ses voyages. Il est mort le 18 Mars 1973 à Paris.

Résumé

L’histoire du livre, c’est la guerre 1914-1918 vue par les poilus dans les tranchées. L’horreur de la guerre y est dépeinte, mais aussi les moment de joie comme de peine que vivent les soldats, comme par exemple lors de missions périlleuses, lors de leurs journées de repos ou bien dans les bistrots, qu’ils affectionnent tant. Le livre suit plus particulièrement une équipe d’environ une dizaine de soldats, parmi ces personnages il y a : Jacques Larcher, le principal narrateur, un engagé volontaire (c’est sous ce nom que se cache en réalité Roland Dorgelès) ; Bréval, le caporal ; Fouillard, l’un des deux cuisiniers ; Bouffioux, appelé le « gros Bouffioux », un peu simplet, cuisinier qui se sert de son rôle pour ne pas aller combattre ; Belin, dit « le petit Belin » ; Broucke, le « chtimi » qui fait rire tout le monde ; Sulphart et Lemoine, deux camarades qui ne se quittent jamais ; et Gilbert Demachy, un engagé volontaire qui dès son arrivée se lie d’amitié avec Jacques Larcher et va se révéler être l’un des soldats les plus courageux.

Critique

Le roman présente une sorte de témoignage romancé, car c’est un peu ce qu’a vécu Roland Dorgelès. Toutefois dans le livre il utilise un faux nom pour son personnage, et en invente même d’autres afin d’ajouter des éléments de camaraderie plus forts, par exemple. Il n’y a pas de lieux précis et encore moins de dates, il est seulement évoqué quelques noms de batailles qu’ont vécues certains soldats comme la bataille de la Marne qui eut lieu du 5 au 12 Septembre 1914 ou bien celle de Guise (P.14) qui eut lieu elle aussi en 1914. De ce fait, l’histoire se déroule certainement peu après ces batailles, donc début 1915. Concernant les lieux, ils ne sont pas donnés avec précision, cependant il est fait allusion aux paysages « d’Artois ou de Champagne, de Lorraine ou des Flandres » (p.203), ou bien à Nancy (p.201) et à Dormans (p.5), mais rien de précis.

Différents aspects de la guerre sont évoqués, ceux des tranchées majoritairement, mais certains chapitres montrent la guerre vue au premier plan, sur le terrain, ces passages sont souvent très détaillés et sanglants, notamment un passage très émouvant sur une longue agonie de l’un d’eux, qui dure plus de 5 pages (p.231-236)

Les différentes mentalités des civils de l’époque sont montrées lors de l’avant-dernier chapitre « Le retour du héros », où l’un des soldats (Sulphart) rentre chez lui après une blessure de guerre : il est souvent mal accueilli et peu écouté, ses histoires lassant tout le monde. Les personnes qu’ils rencontrent n’ont souvent aucune reconnaissance envers les anciens soldats (p.246-247 au bureau de tabac), parlent souvent de la guerre en faisant part de leurs stratégies alors qu’ils n’y participent pas et ne se sacrifient pas pour la France (p.246).

Ce livre m’a plutôt plu car il donne une vision de la Grande Guerre détaillée à travers des personnages charismatiques, souvent drôles et bourrus. Le livre est plutôt long et les chapitres n’ont pas de liens entre eux, étant différents épisodes isolés. Cependant le livre est plutôt facile à lire si l’on n’est pas pressé car le langage est simple et l’usage du langage familier rend la lecture plus drôle et vivante. Je pense qu’il est aussi intéressant de le lire pour se donner une idée de la guerre selon le point de vue de poilus plein d’humour malgré les situations souvent difficiles qu’ils rencontrent.


Le Feu de Henri Barbusse

lundi 2 février 2009

Par Paula, 1ère L2 (lycée Van Dongen)

L’auteur

C’est en 1916, pendant son séjour dans les hôpitaux, qu’Henri Barbusse, soldat d’escouade de la première guerre mondiale, a écrit son livre Le Feu publié par les éditions Flammarion en novembre 1916. Ce livre remportera aussitôt le prix Goncourt. Considéré comme un chef d’oeuvre de la littérature de guerre, ce roman épique est l’un des témoignages les plus vrais et pathétiques des Poilus de cette première guerre mondiale. (insuffisant, à étoffer)

Résumé

L’auteur est un poilu qui a vécu la guerre du côté francais durant l’année 1915. Son roman est une partie de sa vie pendant la guerre. La plupart du temps, les scènes se déroulent dans les tranchées ou pendant le repos des combattants. L’auteur retranscrit les conversations de ses amis de guerre, pour dévoiler leurs sentiments face à toute l’horreur qu’ils vivent. (insuffisant, à étoffer)

Critique

Cet ouvrage est relaté du point de vue d’un Poilu. Henri Barbusse est l’un des premiers parmi les écrivains de la génération du Feu, a avoir osé raconter la réalité de cette guerre, perçue de l’intérieur.

– le langage des poilus : dans les dialogues, l’auteur retranscrit le langage de ses frères. Les poilus ont perdu leur propre langage, et s’en sont inventé un nouveau, adapté aux réalités des tranchées.

– les sentiments et les sensations des poilus : leurs tristesses, joies et émotions sont évoquées de façon à croire que l’on y est intégré réellement. Par exemple, Henri Barbusse décrit avec précision le sentiment de petitesse qu’éprouvent les combattants face à la guerre, et ressuscite avec authenticité leurs sensations lorsqu’ils sont frolés par les rats, hantés par la même odeur de cadavres… Il retranscrit et dévoile toute l’horreur vécue dans les tranchées. Il soumet le lecteur aux tensions des combats les plus intenses, il témoigne du supplice de l’attente lors des guets et la proximité de la mort quotidienne. Le dégoût, la perte de confiance, la peur, le sang, la haine, tout ce que les soldats n’ont pu exprimer en revenant de la guerre est magnifiquement raconté dans ce roman. On découvre aussi l’arrière des tranchées, les situations de repos : les poilus se sentent paisible et craignent le retour au tranchées. Même dans la misère la plus complète, on retrouve un minimum de gaité chez ces hommes – cela m’a paru réaliste.

– un récit précis et détaillé du sacrifice de toute une génération d’hommes.

Moi qui ne suis que très peu attiré par les livres sur la guerre, j’ai trouvé ce roman plutôt facile à comprendre, bien écrit et prenant. C’est un témoignage pacifiste important, fondé sur le quotidien, avec tantôt des bribes de souvenirs, tantôt des anecdotes. L’histoire est très sentimentale et un lien fort se créée entre les personnages, Henri Barbusse et le lecteur. Comme glissé dans un clan, on se met facilement à la place des personnages. Toutefois, je n’ai pas entièrement aimé ce livre. L’auteur s’exprimant dans le langage familier des poilus, cela rend parfois la lecture un peu difficile. L’histoire en elle-même paraissait plutôt longue et sans trop de rebondissements. Ce témoignage reste néanmoins très intéressant car cela concerne nos aïeux et retrace une partie de leur vie mémorable. Je le conseille à tous, surtout aux fanatiques de livres sur la guerre, à ceux qui aiment se mettre dans la peau des personnages, ceux qui sont passionnés par les émotions et les sentiments…


Les Thibault III, L’été 1914 de Roger Martin du Gard

lundi 2 février 2009

Par Julie, 1ère L2 (lycée Van Dongen)

L’auteur

Roger Martin du Gard est un écrivain français né en 1881 qui a dans ces romans, comme dans Jean Barois ou dans la saga Les Thibault, dans ses pièces de théâtre comme Le testament du père Leleu, Farce paysanne, décrit son temps et relié l’histoire à des crises individuelles. Pour l’ensemble de son œuvre il reçut en 1937 le prix Nobel de littérature. Citation de Roger Martin du Gard : » Je ne peux pas admettre la violence, même contre la violence ».

Les Thibault est une saga de romans composé de 10 parties : Le cahier gris, Le pénitencier, La Belle Saison; La Consultation ; La Sorellina ; La Mort du père ; L’été 1914 (début, suite et fin); Epilogue.

Nous allons ici nous intéresser à la première partie de l’été 1914, c’est à dire du 28 juin au 26 juillet.

Résumé

L’histoire se déroule à Genève où on découvre Jacques Thibault, un jeune écrivain français issue de la bourgeoisie. Il fait partie d’un groupe de révolutionnaires socialistes constitué d’intellectuels venant du monde entier qui se réunissent  pour parler de changement, de politique, de modernisation, de révolution. Le « chef » est Meynestrel, le Pilote. Jacques a un frère, Antoine, médecin qui vit à Paris dans la maison de son père récemment décédé. Envoyé en mission à Paris, il décide de lui rendre visite et de lui parler de la guerre qui approche. Les deux frères ont une longue discussion au cours de laquelle ils s’opposent : en effet Antoine ne croit pas qu’une guerre soit possible, ce qui énerve Jacques qui, emporté par ses émotions, ne réussit pas réussi à exposer son point de vue. Antoine a du mal à comprendre son frère, comme par exemple le fait qu’il refuse l’héritage de son père.

Jacques rentre à Genève rapporter les nouvelles de France et est aussitôt renvoyé à Paris par le Pilote qui lui dit qu’il aura peut être besoin de quelqu’un là-bas. De retour à Paris il passe voir voir son frère qui est appelé pour une urgence : M. de Fontanin a tenté de se donner la mort dans un hôtel, c’est sa fille Jenny qui vient demander l’aide d’Antoine. Jenny aperçoit alors Jacques, ils se connaissent et ont eu des sentiments l’un pour l’autre, mais c’était avant que Jacques fasse une fugue avec une autre fille et parte à Genève. Jacques et Jenny sont confus de cette rencontre inattendus et un froid glacial naît entre eux. Daniel, le frère de Jenny et ami de Jacques qui fait son service militaire à ce moment là, obtient une permission de quelques jours pour venir au chevet de son père mourant. Pendant ce temps là la situation politique ne cesse de se dégrader et la guerre se fait sentir de plus en plus proche. Jacques se rend de temps à autre au journal l’Humanité où les rédacteurs le renseignent sur l’évolution du conflit. En raccompagnant Daniel à la gare à la fin de sa permission, il revoit Jenny et lui avoue ses sentiments, elle refuse de l’écouter au début puis finit par lui avouer qu’elle aussi l’aime, ils décident de se retrouver le lendemain chez elle.Après avoir appris quelques nouvelles et discuté avec d’autres socialistes, il prend conscience que pour se battre il lui faudrait des moyens. Il se décida alors à récupérer sa part de l’héritage, ce que son frère accepte sans discuter. Jacques se rend alors chez Jenny, elle n’est pas chez elle, il décide donc de l’attendre.

Critique

L’ouvrage nous montre tout d’abord un aspect politique de la guerre, ou plus précisément de l’avant guerre. On assiste à l’approche de la guerre montrée par des évènements qui ont vraiment eu lieu comme l’attentat de Sarajevo, et par des personnes qui ont vraiment existé  comme Jean Jaurès. Il évoque l’Europe entière, les conflits Serbes, les grèves en Russie, les alliances, les menaces entre états , les raisons de la guerre. Ce livre nous montre également les mentalités de l’avant guerre en nous montrant deux frères, Jacques et Antoine, qui n’ont pas du tout le même regard sur la situation. Jacques veut une révolution et s’attend à ce qu’une guerre éclate ; Antoine ne pense pas que la guerre soit possible car pour lui les dirigeants font tout pour maintenir la paix et ce qui l’interesse avant tout c’est de pouvoir exercer son métier sans que rien autour ne le gêne. On voit aussi qu’à Paris les gens ne se doutent pas que la guerre peut être déclarée et que les journaux préfèrent parler de l’affaire Caillaux en première page plutôt que des conflits en Autriche qui sont minimisés.

J’ai trouvé dans ce livre, qu’il y avait des passages assez difficiles à lire car il y a beaucoup de descriptions,de nombreuses explications sur la situation géopolitique, qui ont tendance à faire décrocher. Cependant ces passages sont nécessaires et nous font entrer dans l’histoire. Les personnages sont attachants, le fait que malgré toutes leurs différences, ils tentent de garder un lien alors qu’ils ont parfois du mal à se comprendre, qu’ils ne partagent pas les mêmes opinions, comme Jacques avec son frère mais aussi avec son ami Daniel, rend le livre intéressant. On a envie de lire la suite pour savoir comment ils réagiront pendant la guerre : est-ce qu’elle va les rapprocher ou au contraire les opposer?

Sources : Dictionnaire Larousse www.evene.frhttp://www.proverbes-citations.com/martindugard.htm


Les Champs d’honneur de Jean Rouaud

lundi 2 février 2009

Par Zoé, 1ère L2 (lycée Van Dongen)

L’auteur

Les Champs d’honneur est le premier roman de Jean Rouaud. Ce dernier nait en 1952 dans un village de Loire-Atlantique. Il passe son enfance entouré par une famille très présente. Cependant, la mort de son père alors qu’il était encore enfant le bouleverse profondément (elle sera, par la suite, une grande source d’inspiration). Après avoir obtenu sa maîtrise de lettres, il écrit des articles pour le journal Presse Océan et vend des journaux dans un kiosque. Il publie Les champs d’honneur en 1990. L’année de sa publication, le livre obtient le prix Goncourt. Les champs d’honneur est le premier volume d’une suite romanesque. Il est suivi de quatre romans : Des hommes illustres , Le monde à peu près , Pour vos cadeaux et Sur la scène comme au ciel. Dans tous ses romans , Jean Rouaud s’attache à raconter son enfance et la vie des gens qui l’ont marqué…

Résumé

Il s’agit d’une biographie de la famille de l’auteur. Celui-ci fait le récit de son histoire familiale et le portrait des membres de sa famille.  L’action se déroule dans la Loire-Inférieure au vingtième siècle. Trois personnes d’une même famille meurent à quelques jours d’intervalle: le père ( Joseph ) , la grande tante (Marie ) et le grand-père maternel (Alphonse) . Leur mort ravive le souvenir de la disparition de deux frères de la famille , Joseph et Emile (les grand-oncles du narrateur), victimes de la Grande Guerre en 1916.  Le récit n’est pas construit selon un ordre chronologique . En effet , l’auteur « promène » le lecteur d’anecdotes en anecdotes , de personnages en personnages , en ne donnant que très peu de repères chronologiques précis. Il s’agit d’un livre  sur la vie , la mort (celles des personnages structurent complètement le récit), le temps, la famille et la mémoire, aussi bien familiale qu’individuelle. La Grande-Guerre est mise de côté pendant la quasi-totalité du livre. En effet , elle n’est réellement abordée que dans les dernières parties , les plus courtes. Le quotidien et la mort des personnages de la famille, racontées dans la totalité du livre , sont influencés par la Grande Guerre. Le lecteur ne prend conscience de cette influence qu’à la fin du livre . Cela renforce toute l’intensité du récit.

Arbre généalogique : Les liens fraternels sont indiqués par le symbole _ . Les mariages sont indiqués par le symbole + . Le nom des enfants issus de chaque mariage sont indiqués sous le symbole?.

Mathilde + Emile  _  Joseph  _  Marie  _ Pierre + « Grand mère »               Alphonse + Aline

?                                                       ?                                                     ?

Rémi                                                Joseph                   +                 « Maman »

?

Nine-Narrateur -Zizou

Critique

La partie qui traite de la Première Guerre Mondiale (p.153-171) est relativement courte et divisée en trois chapitres. Elle se concentre sur les années 1914-1916 . Plusieurs thèmes et problèmes liés à la Grande Guerre sont évoqués. Premièrement , le narrateur fait une description des combats dans les tranchées. Il traite de la création et de l’utilisation des gaz de combat ( p.153-155 ) et décrit les souffrances qu’ils créent chez les soldats ( p.156 ) : brûlures , destruction des poumons… Les conditions de vie des soldats sont également décrites ( p.159 et 168) : le manque d’hygiène , la pluie , la boue , le manque de nourriture et de sommeil , la présence de cadavres , la mort et la peur omniprésentes… Le narrateur fait également allusion aux soldats français provenant des colonies ( p.157 ). Ces derniers sont, d’une certaine manière, victimes de racisme lors des combats. En effet, on les envoie facilement dans les zones polluées par les gaz, sous prétexte que « ces gens du désert ont l’habitude du vent de sable qui pique aussi les yeux et les bronches ». Ensuite, la prise en charge et les soins apportés aux soldats lorsqu’ils sont blessés sont abordés à travers le cas de Joseph (p.160-161) , blessé au front et transporté à Tours pour être soigné. La souffrance, le manque de matériel et notamment celui de morphine sont mis en avant par le narrateur. Ce dernier explique également que des images pieuses et patriotiques des soldats morts sont vendues dans les cures. Dans le troisième chapitre,  on traite des permissions à travers le personnage d’Emile (p.165-167). Le narrateur montre que le soldat et sa famille, notamment sa femme Mathilde, sont en décalage . En effet , il était très difficile pour les soldats des permissions d’oublier la vie au front lorsqu’ils étaient à l’arrière. Leurs familles , à mille lieux de l’horreur des tranchées , ne reconnaissaient plus leur proche. On aborde également le problème des corps des soldats non restitués à leurs familles , la longue attente de ces dernières ( parfois plus de dix ans )… Enfin , c’est avant tout la souffrance des proches qui est développée dans Les Champs d’honneur . On le voit clairement à travers le personnage de Mathilde (la veuve d’Emile) qui espère pendant des années le retour de son mari, et le personnage de la tante Marie, soeur d’Emile et Joseph qui restera marquée à vie par la mort de ses deux frères, et dont les souvenirs la rendent malade. La Grande Guerre est présentée comme provoquant l’éclatement des familles, une blessure qui les a profondément atteintes et dont elles ne se remettront jamais.

J’ai trouvé ce livre intéressant en grande partie pour la singularité du style de Jean Rouaud. La narration (le narrateur complètement effacé , l’absence totale de dialogues), les longues descriptions et portraits des personnages (qui m’ont fait penser aux romans réalistes ), les nombreuses analepses et prolepses qui brouillent le fil de l’histoire et la fin sont très particuliers. Je pense que ce livre pourrait plaire aux élèves qui aiment les romans hors du commun et qui n’ont pas peur des longueurs…


A l’ouest rien de nouveau d’Erich Maria Remarque

lundi 2 février 2009

Par Solène, 1ère L2 (lycée Van Dongen)

L’auteur :

Erich Maria Remarque, de son vrai nom Erich Paul Remarque naquit le 22 juin 1898 à Osnabrück et décéda le 25 septembre 1970 à Locarno (En Suisse). Ecrivain Allemand, il s’inspira de son propre vécu (tout comme Paul il s’engagea et sa mère mourut d’un cancer) pour écrire le roman historique qu’est A l’ouest rien de nouveau (Im Westen nichts Neues), roman non seulement pacifiste mais aussi réaliste, paru en 1929 [Première publication Française en octobre 1956. Livre de Poche, juillet 2006], qui connut un succès mondial. Ce livre a pour héros un soldat allemand qui, lors de la première guerre mondiale, combat en France sur le frond allemand.

Résumé :

A l’ouest rien de nouveau est un roman allemand racontant l’histoire de Paul Bäumer, le narrateur, ainsi que de ses camarades de classe, Albert Kropp, Müller et Leer, tous des jeunes d’à peine 20 ans partant pour le front sous l’influence de leur professeur Kantorek. Ils sympathisent rapidemment avec Tjaden, Haie Westhus et Stanislas Katczincky, l’aîné du groupe. Les atrocités de la guerre vont vite changer leur manière d’aborder ou de voir les choses. Tout d’abord « martyrisé » dans un camp d’entraînement par un supérieur, Himmelstoss, aux méthodes de tortionnaire, ils sont par la suite envoyés à l’arrière puis sur le front où Paul et ses camarades subissent des bombardements continus causant de lourdes pertes. Ils sont alors ramenés à l’arrière, le temps d’attendre des renforts, où ils passent de belles semaines avant que Paul ait une permission de 14 jours. Cette intermède va, pour lui, tout changer. Il trouve sa mère mourante et le voisinage compatissant ou agressif. Il refuse de leur conter les horreurs de la guerre et décide de tout minimiser. Une fois de retour, Paul est de nouveau envoyé à l’arrière où se trouvent des prisonniers russes. Il se surprend à avoir pitié de l’ennemi… Cette pitié va resurgir lorsque, de retour sur le front, perdu dans le no man’s land, il tente de sauver un soldat français. D’autres évènements et d’autres pertes vont totalement anéantir Paul qui estimera tout avoir perdu:  » Les mois et les années peuvent venir. Ils ne me prendront plus rien. Ils ne peuvent plus rien me prendre. »

Critique

Ce livre illustre des faits historiques comme l’engagement naïf des jeunes influencés par leur professeur qui les nomme « la jeunesse de fer » [p.19], comme l’entraînement des jeunes recrues [p.38-39], comme la propagande officielle qui sévit en Allemagne comme en France [p.154], comme l’envoi par les médecins majors de n’importe quel homme au front [p.210] l’organisation de la vie dans les tranchées ou comme l’atrocité de la guerre (particulièrement en été 1918).

Ce livre illustre également bien les mentalités et le comportement des personnages de cette période de l’histoire.

Le sentiment le plus fort est la camaderie, « ce que la guerre produisit de meilleur ». L’épisode des bottes de Kemmerich (Ce dernier mourant va léguer ses bottes a ses compagnons), le combat de Paul pour maintenir Kat en vie (Paul va porter Kat sur ces épaules malgrer la fatigue pour trouver un centre médical) ou encore la scène entre Lewandowski et sa femme (dans un hôpital, les hommes vont distraire les infirmières pour que le couple puisse avoir de l’intimité) en sont des exemples.

Ce livre contient aussi une approche de la mort sans tabou, Paul est même surpris de voir le chagrin que la mort d’une seule personne peut causer à la mère de Kemmerich. La mort est pour eux un quotidien : « Notre science de la vie se réduit à la mort ».

Au front, les mentalités sont contraintes de changer. Des complexes disparaissent, le sentiment d’égalité entre les peuples face à la guerre voit petit à petit le jour. Paul se rend par exemple compte que dans un hôpital se trouve un très grand nombre de blessés…. et que ces hôpitaux sont très nombreux en Allemagne, en France comme dans d’autres pays. A l’extérieur, chez les civils, la mentalité est de qualifier de « lâches » les jeunes qui ne s’engagent pas.

Pour finir, ce livre illustre une idéologie trompeuse, qui joue avec la vie des hommes: le médecin major, sans même observer les soldats les déclare « aptes au front », la propagande glorifie la guerre pour avoir plus de recrues, l’Etat donne aux soldats des vêtements neufs et propres juste le temps d’une parade pour le Kaiser.

Ce livre m’a plu puisqu’il dénonce sans tabou ni pudeur le quotidien des soldats. Nous suivons des jeunes d’à peine vingt ans et nous nous rendons compte avec eux qu’ils font partie d’une génération de sacrifiés, que même s’ils reviennent, ils ne pourront plus jamais voir les choses comme auparavant. Ce roman a la particularité de nous plonger entièrement dans ces années de guerre. Des monstruosités, des corps déchiquetés, jusqu’à l’amitié et la solidarité qui se crée ou se renforce entre les soldats, en passant par des états d’esprit différents, rien ne nous est caché. Tout cela rend le livre d’une dureté magnifique.

Extraits choisis: [J’hésite encore…] p. 19-20: « Génération de sacrifiés »

p. 88-89: « Déshumanisation »


Voyage au bout de la Nuit de Louis Ferdinand Céline

lundi 2 février 2009

Par Camille, 1ère L2 (lycée Van Dongen)
L’auteur :
Louis- Ferdinand Auguste Destouches, plus connu sous le nom de Louis Ferdinand Céline, est né en 1894 et mort en 1961.
En 1912, Céline, jeune appelé, rejoint le 12ème régiment à Rambouillet.
En 1914, il est promu Maréchal des logis, son régiment est un des premiers à partir au combat. Pour avoir effectué une mission risquée, lors de laquelle il a été grièvement blessé à l’épaule droite (et non à la tête comme pourrait le dire une certaine « légende »), il sera décoré de la Croix de Guerre avec étoile d’argent le 24 Novembre 1914. Il est donc réformé et est engagé dans un premier temps au service des visas du consulat Français, mais étant réformé à cause de sa blessure, il part pour l’Afrique où il rencontre Henry Graffigny, un intellectuel avec qui il parcourra la Bretagne en 1918.
Après la guerre, désormais marié avec Édith Follet, fille d’un directeur d’hôpital, il décide de passer son Baccalauréat pour pouvoir poursuivre des études de médecine.
Il contracte un contrat avec un hôpital de Genève où sa famille ne le suivra pas. Il part donc pour la Suisse. Il accompagne plusieurs voyages de médecins et parcourt encore une fois l’Afrique et découvre également l’Amérique. Cela l’amène notamment à découvrir les usines Ford au cours d’un séjour à Détroit qui durera un peu moins de 36 heures.
Tout en écrivant oyage au bout de la Nuit, il publie des articles dans une revue médicale. Son contrat à Genève n’ayant pas été renouvelé, après avoir envisagé d’acheter une clinique en banlieue parisienne, il s’essaie à l’exercice libéral de la médecine, à Clichy, où il n’effectuera que très peu d’heures par mois. Pour compléter ses revenus, il occupera un poste polyvalent de concepteur de documents publicitaires de spécialités pharmaceutiques.

C’est toute cette partie de sa vie que Céline raconte à travers les aventures de son antihéros Ferdinand Bardamu, dans son roman le plus connu, le premier, Voyage au Bout de la Nuit, paru en 1932. Mais ce livre n’est pas à proprement parler une autobiographie. Comme l’a dit Céline,  » Je m’arrange avec mes souvenirs en trichant comme il faut « .

Il deviendra plus tard l’écrivain le plus traduit au monde après Proust.

Ses autres œuvres : Mort à crédit , Casse-pipe, Guignol’s band…

Résumé
Lors d’une parade militaire de 1914, Ferdinand Bardamu se laisse emporter par la musique et s’engage pour partir au front pour se battre contre les Allemands.
Une fois sur le champ de bataille, Ferdinand découvre toute l’horreur et l’absurdité de la guerre. Plus tard, il est blessé et soigné dans plusieurs hôpitaux différents, on lui remet alors une médaille de guerre pour son courage. Lors de cette cérémonie, il rencontre Lola, une jeune Américaine. Réformé, il part pour les colonies françaises en Afrique où il découvre les sordides réalités de l’exploitation coloniale.
Souffrant, il quitte le continent noir pour New York, la ville qu’il a toujours voulu découvrir, grâce aux récits de Lola. Dans ce pays qu’il pensait idyllique, il ne connaitra que pauvreté et solitude. Il part donc pour Détroit où il rencontre Molly, une prostituée qui tombe amoureuse de lui et l’entretient. Cependant, Bardamu a en lui un désir d’explorer, il quitte donc sa bien aimée pour retourner en France près de Paris où il s’installe comme médecin dans un quartier misérable : Rancy. Après la mort d’un petit patient atteint d’une maladie incurable, étant mêlé par ailleurs à une affaire de meurtre, il quitte Rancy et abandonne la médecine.
Après avoir séjourné quelques temps à Toulouse avec son ami Robinson rencontré au front et sa fiancée Madelon, il retourne à Paris où il est engagé comme médecin dans un hôpital psychiatrique dirigé par le docteur Baryton. Rapidement ce dernier sombre dans la folie et cède son poste à Bardamu. Son ami Robinson,  resurgit pour pouvoir échapper à Madelon qui l’étouffe. Bardamu le cache dans son hôpital, mais cette dernière le retrouve et le tue à l’aide d’une revolver.
Critique :
A travers le personnage de Bardamu, Céline exprime son dégoût  de la guerre :  les sensations terribles de peur qu’éprouvaient les soldats lorsqu’il partaient en reconnaissance la nuit, le comportement lâche et infâme des capitaines, la vie difficile des civils subissant la guerre, la plupart vivant dans la peur d’être tués – comme on peut le voir lorsque Bardamu lors d’une de ses expéditions nocturnes rencontre une famille n’ayant pas quitté sa maison comme tous les voisins. Toutefois, certains personnages comme Lola montrent que l’on pouvait rester la tête haute et servir son pays.
On y découvre également la propagande faite autour de la colonisation lorsque Bardamu découvre avec étonnement que les colonies ne sont pas aussi fantastiques que l’on pouvait le dire en métropole. Là bas, il fait une chaleur insoutenable, les habitations sont totalement délabrées et les colonisés sont considérés comme des objets.

J’ai trouvé ce livre très intéressant car on y découvre une autre facette de la guerre. Dans beaucoup d’articles la guerre est décrite comme quelque chose d’horrible ; or, ici, Céline la décrit comme quelque chose de totalement inutile et s’en désintéresse complètement une fois qu’il n’est plus au front. Il va même jusqu’à mépriser en quelque sorte les personnes qui militent pour elle. Cependant cette guerre aura marqué son esprit car elle va remettre en cause son existence.
Cependant j’ai eu un peu de mal à entrer dans le livre, certains éléments sont faits pour rester flous, comme la manière dont Bardamu se retrouve au front : on sait qu’il part dans un moment de musique enjouée et s’engage dans l’armée mais on ne comprend pas vraiment comment. En quelques lignes il se passe de la terrasse d’un café à une tranchée. Ce début a été pour moi difficile à accepter. D’autre part, ce roman est entièrement écrit en langage parlé. Le français dans lequel Céline écrit le livre n’est pas toujours très compréhensible : il utilise des expressions argotiques dont je ne connais pas très bien l’origine. Il faut parfois lire des passages à plusieurs reprises, d’autant plus que l’on est habitué à lire dans un langage qui n’est pas celui de l’oral.
Voici quelques passages qui m’ont marquée par leur violence, par l’expression du dégoût de certaines valeurs ou encore par leur langage :
  •  »  « – Si donc ! qu’il y en a une ! et une belle de race ! qu’il insistait lui, et même que c’est la plus belle race du monde et bien cocu qui s’en dédit ! » Et puis voilà, parti pour m’engueuler. J’ai tenu ferme bien entendu.  » c’est pas vrai ! La race, ce que t’appelles comme ça, c’est seulement ce grand ramassis de miteux dans mon genre, chassieux, puceux, transis, qui ont échoué ici poursuivis par la faim, la peste, les tumeurs et le froid, venus vaincu des quatre coins du monde. Ils ne pouvaient pas aller plus loins à cause de la mer. C’est ça la France et puis c’est ça les Français.  » « 

C’est surtout l’expression « race humaine » qui m’a étonnée.

  •  » – Arthur, l’amour c’est l’infini mis à la portée des caniches « 
  •  »  Je ne le vis plus, tout d’abord. C’est qu’il avait été déporté sur le talus, allongé sur le flanc par l’explosion et projeté jusque dans les bras du cavalier à pied, le messager, fini lui aussi. Il s’embrasaient tous les deux pour le moment et pour toujours mais le cavalier n’avait plus de tête, rien qu’une ouverture au dessus du cou, avec du sang dedans qui mijotait en glousglous comme de la confiture dans la marmite. Le colonel avait son ventre ouvert, il en faisait une sale grimace. Ça avait dû faire mal ce coup-là au moment où c’était arrivé. Tant pis pour lui ! « 

C’est ce passage qui m’a le plus marquée, mais non pas par son extrême violence mais surtout par le détachement total de Bardamu lorsqu’il est témoin de cette scène, comme s’il ne cru pas que ce n’eut été vrai.