L’adieu aux armes d’Ernest Hemingway

Par Natacha, 1ère L2 (lycée Van Dongen)

L’auteur
Ernest Hemingway, né le 21 juillet 1899 est un romancier et nouvelliste américain réputé pour avoir écrit de nombreuses oeuvres à succès dont L’adieu aux armes, un roman inspiré principalement de sa propre vie.
C’est en convalescence dans un hôpital où il passe plusieurs mois pour blessure grave qu’il fait la connaissance d’ Agnes Von Kurowsky, une jeune infirmière dont il s’éprend et qui lui inspire le personnage de Catherine Barkley dans L’ adieu aux armes. Ce roman publié par folio en 1929 est qualifié d’un des « meilleurs romans de gu

erre » et d’un des « plus grands romans d’amour ».

Atteint d’une grave maladie et ne trouvant plus aucune raison de vivre alors qu’ il sentait sa puissance créatrice l’abandonner en même temps que ses forces physiques, Ernest Hemingway se suicide le 2 juillet 1961.
(insuffisant, à étoffer)

Résumé

Frédéric Henry est un jeune américain bénévole dans les ambulances du front italien pendant la Première Guerre mondiale. Alors qu’il rentre de permission, son fidèle ami et compagnon de chambre Rinaldi lui présente une jeune infirmière, Miss Barkley, dont il s’éprend rapidement. Un jour, il se fait grièvement blesser lors d’une offensive et est envoyé dans l’hôpital où Catherine Barkley est infirmière depuis peu. C’est elle qui s’occupera de lui, et c’est dans la petite chambre d’hopital qu’ils passeront la majorité de leur temps et que leur idylle deviendra sérieuse. Alors que Frédéric est presque entièrement rétabli et que le moment pour lui est venu de retourner au front, Catherine lui annonce qu’elle est enceinte…
Malgré tout Frédéric se doit de retourner à ses devoirs mais promet de rejoindre la mère de son futur enfant des que possible. Après avoir tenté une retraite qui aurait pu mal finir, certains de ses collègues ayant été tués ou ayant pris la fuite, Frédéric se fait arrêter par la police des armées qui le prend pour un soldat allemand qui se serait infiltré dans le camp italien. Quelques instants avant de se faire fusiller, il décide de prendre la fuite à son tour et abandonne donc la guerre en disant « Adieu aux armes ».
Il rejoint son épouse en vacances à Stresa et ensemble ils prennent la fuite pour la Suisse. Là bas ils vivent paisibles et heureux, retirés de tout pendant plusieurs mois, préparant l’arrivée de leur futur enfant et profitant des derniers temps de liberté qu’il leur reste. Jusqu’à ce que le jour tant attendu arrive… mais les choses tournent si mal que Frédéric se retrouve plus seul que jamais.

Critique

Ce roman expose certains éléments historiques :
-L’un des chapitres les plus marquants du point de vue historique est le chapitre IX, celui ou Frédéric Henry se fait blesser lors d’une offensive. (pourquoi?)
-Nous trouvons également des nouvelles de l’avancée de la guerre, celles que Frédéric apprend en rentrant au front dans les chapitres XXV, XXVI.
-Dans les chapitres XXX à XXXII, nous sommes face à un autre fait important de l’histoire, la laborieuse tentative de la traversée d’une partie de l’Italie que plusieurs des hommes de Frédéric paieront de leur vie. Se retrouvant seul Frédéric s’échappera, abandonnant la guerre.
-les obligations auxquelles doivent se plier les combattants durant la guerre : les chapitres XXXVI et XXXVII démontrent un système politique cruel, qui oblige les soldats à ne quitter le combat s
ous aucun prétexte et punit sévèrement les désertions (Fusillade des soldats ne se trouvant pas avec leurs troupes (chapitre XXX) ; Projet d’arrestation de Frédéric Henry pour cause de désertion (chapitre XXXVI).)

C’est un livre très intéressant, d’abord parce qu’il est placé du point de vue des Italiens, ce qui est peu ordinaire. Tout au long du roman, leur opinion sur la guerre est explicitement exprimée : ils sont sceptiques, désenchantés. En effet pour eux la guerre est une « poisse » (p.37) contre laquelle il n’y a « rien de pire » et qui ne « se gagne pas par la victoire » (p.58). Ils n’ont pas confiance en leur chance de vaincre et sont du coup persuadés d’une défaite prochaine : l’épuisement de certains, la fuite d’autres en sont des signes avant coureurs…

L’autre centre d’intérêt de ce roman est qu’il suit l’évolution du personnage principal de manière à ce que le lecteur puisse s’identifier à lui. L’auteur se cantonne à nous faire voir ce qu’il voit et à constater ce qu’il constate. Les deux thèmes opposées, l’amour et la guerre, sont en parfait équilibre : ce n’est ni un roman « à l’eau de rose » ni un manuel de méthodologie ou de témoignage profond (?) sur la guerre. Les deux sujets se complètent étonnemment et l’histoire ne pourrait bien entendu pas exister sans l’un des deux thèmes. La thèse sous-jacente est que l’individu ne peut pas être vainqueur, que la société se venge toujours de ceux qui cherchent à échapper à sa tyrannie et qu’il n’y a aucun moyen de la contourner, il faut juste subir. La mort de Catherine est un bon exemple de cette fatalité : « Pauvre, pauvre Cat et c’était le prix à payer pour coucher ensemble. C’était là la fin du piège. C’était tout le bénéfice que l’on retirait de l’amour ».

La singularité de ce roman tient enfin à sa simplicité : il est en effet dénué de mots littéraires, savants et est rédigé avec un vocabulaire extrêmement simple. La rigueur dont fait preuve l’auteur avec ce style concret est d’ailleurs assez impressionnante, ainsi que la façon extrêmement réaliste et objective dont il montre les choses (contradictoire : est-ce objectif ou subjectif ?). Les développements psychologiques sont ici remplacés par le récit de l’action,  c’est à dire qu’aucun des personnages ne nous livre réellement ses pensées mais nous les connaissons à force de suivre chacun d’eux tout au long du roman. Ce procédé est utilisé afin d’atteindre un style qu’on pourrait qualifier de « dépouillé ».

Laisser un commentaire

Vous devez être identifié pour laisser un commentaire.