Extrait du Feu d’Henri Barbusse

Par Paula, 1ère L2 (lycée Van Dongen)

“j’suis pas sale comme ca, dans l’civil, disait Blaire. – ben, mon pauv’ vieux, ça doit salement te changer ! dit Barque. – Heureusement, renchérit Tirrette, parce qu’alors, en fait de gosses, tu f’rais des petits nègres à ta femme ! Blaire se fâcha. – Qu’est-c’ que tu m’embètes, toi ? Et pis après ? c’est la guerre. Et toi, face d’aricot, tu crois p’t’etre que ça n’te change pas la trompette et les manières, la guerre ? Ben, r’garde-toi, bec de singe, peau d’fesse ! Faut-il qu’un homme soye bête pour sortir des choses comme v’la toi “

– “Halte !” Une fusillades intensive, furieuse, inouie, battait les parapets de la tranchée ou on nous fit arreter en ce moments la. -” Fritz en met ! I’craint une attaque; i’s’affole ! c’qu’il en met !” C’etait une grele dense qui fondait sur nous, hachait terriblement l’espace, raclait et effleurait toute la plaine. Je regardai a un créneau. J(eus une rapide et étrange vision : Il y avait, en avant de nous, à une dizaine de mètres au plus, des formes allongées, inertes, les unes à coté des autres (Un rang de soldats fauchés) et arrivant en nuée, de toutes parts, les projectiles criblaient cet alignements de morts ! Les balles qui écorchaient la terre par raies droites en soulevant de minces nuages linéaires, trouaient, labouraient les corps rigidement collés au sol, cassaient les membres raides, s’enfoncaient dans des faces balfardes et vidées, crevaient, avec des éclaboussements, des yeux liquéfiés et on voyait sous la rafales se remuer un peu et se déranger par endroits la file des morts.”

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