Extrait d’Un long dimanche de fiançailles, Sébastien Japrisot

De Mélissa (1ère L2 – Lycée Van Dongen)

Un long dimanche de fiançailles raconte l’histoire d’une jeune fille tentant de retrouver son fiancé, condamné à mort avec quatre autres camarades pour avoir tenté de fuir le front. Cet extrait, dans lequel un soldat raconte comment il a mené les prisonniers sur le no man’s land pour les abandonner à leur sort, démontre que la cruauté de la guerre est aussi présente entre les soldats français. Il montre aussi l’impact de la guerre sur les homme les plus fragiles.

« J’ai fait de nouveau lier les prisonniers, bras dans le dos,comme il m’était ordonné. Je ne voyais pas l’utilité de le faire, ils était trop fatigués et nous étions trop nombreux pour que l’un d’eux tente de fuir, mais finalement c’était mieux ainsi, cela nous évitait, en cas de betise, d’avoir à tirer. Nous avons marché vers Bouchavesnes, les prisonniers en file, chacun encadré de deux soldats. La tranchée de première ligne ou je devais les conduire portait un numéro, mais à la guerre, il en fallait des tranchées comme des bonhommes, on retenait plus facilement les surnoms. Celle-là, on l’appelait, ne me demandez pas pourquoi, Bingo Crépuscule. A l’entrée des boyaux, après deux kilomètres d’une route crevée par les obus, dans un paysage ou n’existait déjà plus ni maison, ni arbre, ni rien sur la neige, un soldat nous attendait pour nous guider, en train de blaguasser avec des artilleurs.

Les lacis ,ensuite , nous ont semblé interminables ,on pataugeait dans la boue et les prisonniers avaient toutes les peines à marcher. A chaque instant , il nous fallait les soutenir. Le caporal six-sous est tombé dans une flaque. On l’a remis debout, il ne s’est pas plaint. J’avais honte ,comme le chef des dragons qui m’avait parlé au village, d’emmener ainsi , misérables , cinq des nôtres sous les regards des bonhommes qui attendaient de monter en ligne ou en descendre. »

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