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Cérémonie du 11 novembre 2008 à Chanteloup

Mercredi 11 mars 2009

Cérémonie de commémoration de la guerre 14-18 à Chanteloup-en-Brie, culte républicain ?

Par Clotilde, 1èreL1

Chaque année les communes de France rendent hommage aux anciens combattants, en particulier à ceux qui sont issus de leur commune. Des réunions ont lieu autour d’un monument irrigué en leur honneur. Le nom des soldats de la ville où se situe le bâtiment sont inscrits dessus, afin que leurs mémoires soient conservées.

Monument aux morts de Chanteloup-en-Brie

Lors de la cérémonie, le maire est présent et fait un discours. Il peut y avoir des anciens combattants, mais de la seconde guerre mondiale à présent. Un drapeau français avec le nom de la commune écrit dessus est souvent tenu, ce qui est un geste nationaliste.

Par exemple, à la cérémonie du 11 novembre dernier à laquelle j’ai assisté, à Chanteloup-en-Brie, le maire ainsi que ses adjoints ont lu un discours. Un ancien soldat, (photo ci-dessus à droite) de la seconde guerre mondiale était présent et il y avait un porte drapeau. Des enfants ont été choisis afin de porter la gerbe de fleurs jusqu’au monument et l’y déposer. Suite au discours, une bande audio de la Marseillaise a été enclenchée, suivit d’une minute de silence.

Avant, il y avait aussi la lecture des noms, inscrits sur le monument, à voix haute.

On peut parler d’un culte républicain, car cela fait référence à une guerre qui a eu lieu au nom de la République Française. De plus, des éléments présents durant la cérémonie sont des allégories de cette République, comme le drapeau français ou l’écoute de la Marseillaise.

Chaque année, on rend hommage à des citoyens français qui ont accomplis leur devoir civique envers leur pays et donc envers leur République.

Mais ces cérémonies se font aussi suivant la devise de la République Française : «  Liberté, fraternité, égalité ». Ce culte est ouvert à toutes personnes désirant s’y rendre, ce n’est n’y privé, ni réservé à certaine unité, et chacun est libre d’aller y rendre un hommage. Comme nous pouvons le lire dans l’article d’Antoine Prost «  c’est d’abord un culte ouvert ; il ne se déroule pas dans un espace clos, fermé, mais sur des places publiques, en un lieu qui a un centre, un pôle, mais qui n’appartient à personne, puisqu’il est à tous ».

Puis, durant cette cérémonie, on ne fait pas de différences parmi les soldats morts, ils sont tous honorés en tant que héros, ayant combattu pour la France (jusqu’à la mort pour la plupart) et ce, peut importe leur condition. Ils sont tous vu comme une seule unité, comme il est dit par Antoine Prost «  La mort a frappé indifféremment républicains et conservateurs, libres penseurs et cléricaux ; la République cesse d’être un parti : c’est la France même, et il faut exprimer cette réconciliation pour les consolider ».

De plus, il n’y a pas de notion religieuse durant les cérémonie «  c’est ensuite un culte laïque, qui n’a ni dieu, ni prêtre. Ou plutôt le dieu, le prêtre et le croyant se confondent : au vrai, le citoyen s’y célèbre lui-même ». Ainsi, les principes républicains sont respectés durant les cérémonies.

« Ce culte est un hommage aux citoyens qui ont accompli sans réserve leur devoir civique. En conservant leur mémoire, le monument est déjà un haut lieu du civisme ; sur cette tombe, on ne divinise ni l’armée ni la patrie, et conserver les noms de tous les citoyens morts à la guerre, en faire l’appel individuel est une façon de marquer que la République n’est rien d’autre que les citoyens » Ce passage que l’on peut lire dans l’article d’Antoine Prost montre que ce culte permet de se rappeler que ce sont les citoyens qui font vivre la République, quels qu’ils soient.

« Les monuments aux morts sont ainsi devenus le lieu privilégié non d’une mémoire de la République, à l’instar des statues de celle-ci, mais d’un culte républicain, d’une religion civile ». C’est donc un hommage rendu par des citoyens, à d’autres citoyens, sortant du passé et qui se sont battus pour la République. C’est ce dévouement qui est ici désigné comme un acte héroïque «  ceux qui l’ont accompli jusqu’à la mort ne doivent jamais être oublié, et réciproquement, honorer les citoyens morts pour la cité est affirmer la grandeur du devoir civique » .

Source: Antoine Prost, « les monuments aux morts. Culte républicain ? Culte civique ? Culte patriotique » dans Les lieux de mémoire, sous la direction de Pierre Nora.