Extrait de Verdun, Jules Romains.

Par Cynthia, 1ère L2

Verdun est un extrait du cycle romanesque Les hommes de bonne volonté, écrit par Jules Romains. Cet épisode raconte la vie de plusieurs soldats partis au front, durant la première guerre mondiale. L’extrait est une partie d’un dialogue entre Jallez et Jerphanion. Ce dernier est un soldat en permission. Ils sont assis à une terrasse et le soldat raconte à son amie ce qu’il vit chaque jour dans les tranchées de Verdun, avec beaucoup d’émotion et d’amertume. J’ai choisi ce passage car le personnage prend du recul, il démystifie cette bataille historique. Loin d’être épique, le quotidien du poilu s’avère minable, dérisoire.

Qu’est-ce qui m’a le plus démoralisé durant cette période ? Oh ! même pas les trois jours de famine. Je crois bien que c’est l’état dans lequel était ce secteur qu’on nous donnait à garder, l’aspect lamentable de ces trous qu’on osait appeler nos tranchées… oui la pauvreté de tout cela, l’absence d’organisation, de prévision ; et le travail que nous avons dû faire pour creuser hâtivement, sous les sifflements d’obus des deuxièmes, des troisièmes lignes, que ces feignants de la Région Fortifiée avaient eu six mois, un an, pour préparer, sans même s’exposer aux marmites ; un travail qui s’ajoutait à l’épuisement de la faction, des alertes, des corvées… D’abord c’est incroyable comme on peut s’attacher, accorder du prix à ce qu’il y a d’organisé, d’humain dans un secteur ; surtout bien entendu quand on le pratique pendant longtemps, et que chaque fois qu’on y remonte on retrouve des habitudes, des petites manies qu’on y a laissées. Mais même s’il est nouveau pour vous, les habitudes, les petites manies du prédécesseur ont fait le lit des vôtres. Le lieu est habitable, même s’il y pleut des obus. Ce ravin d’Haudromont était scandaleusement inhabitable… Il y a encore ceci, qu’en arrivant là-haut, je m’attendais, comme disent les journalistes, à “entrer dans le fournaise de Verdun”. Tu comprends ? Obus de tous les cotés, bataille dans les bois, avances, reculs ; attaques, contre-attaques ; une avalanche de périls massifs… donc, certainement quelque chose de plus terrible que ce que nous avons trouvé… des rafales d’émotions plus répétées et plus violentes…

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